City of Toronto : la ville à 200 à l'heure. Bilan d'un PVTiste - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada
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City of Toronto : la ville à 200 à l’heure. Bilan d’un PVTiste

De Jeremy971

Alors j’avais décidé de donner mes premières impressions dès que j’aurais trouvé un boulot qui aurait vraiment marqué le début de ma nouvelle vie au Canada. C’est fait donc ce seront pas des impressions très marquées mais je pense déjà avoir eu un bon aperçu des possibilités de cette ville.

Le Départ :

Je suis parti de Paris chargé comme une mule avec deux grosses valises d’un poids total de 50 kilos. Je savais que c’était une très mauvaise idée mais je ne voulais pas dépenser des fortunes en vêtements, en manteaux. Et surtout j’avais mes costumes, mes chemises, mes cravates, mes chaussures. Ca prend une place énorme dans une valise !

Donc j’ai réussi à trouver un billet pas cher (400€) sur Air Iceland avec escale à Reijavik (possibilité de deux valises de 25 kilos). Ca m’a permi de voir l’iceland et surtout de survoler le Groenland. J’avais demandé à être placé en hublot pour en avoir plein les yeux et franchement je n’ai pas été déçu :

Je voyais des langues de glace se jeter dans la mer, des montagnes de glace à l’infini. C’était magnifique ! Un très beau moment gravé dans ma mémoire.

Puis vers 19H l’avion est arrivé sur Toronto. Le soleil se couchait et là j’ai eu une vision saisissante. Avec le reflet du soleil couchant, les lacs, et les rivières entourant Toronto étaient dorée. Je voyais des rivières d’or ! Je sais que ça fait cliché mais à ce moment là j’ai eu l’impression de trouver l’eldorado.

Les premiers jours & l’Hospitalité :

Première chose quand je suis arrivé, la roulette d’une de mes valises s’est cassée, j’ai donc du trainer sur le sol à peu près 28kilos de vêtements. Sans compter que je n’avais pas du tout prévu de prendre le taxi mais le bus 192 jusqu’à Kipling. Bref que du bonheur, cette galère aurait pu en être vraiment une si je n’avais pas eu la chance de tomber sur la gentillesse et l’hospitalité des torontois. A chaque escalier, à chaque croisement où j’étais perdu quelqu’un venait et m’aidait. J’ai même pu voir la force des canadiennes qui me soulevaient une de mes valises de 30 kilos sans se plaindre, et me la montaient jusqu’en haut des escaliers. Pour finalement taper la discussion avec moi, et me dire qu’elles adoraient Paris et le fameux “You welcome”. Incroyable Finalement je suis arrivé sans casse à mon auberge HI Toronto face à la St-James Church :

La HI toronto
Comment dire c’est une auberge où on dort pas, j’ai pris un dortoir de 10 lits donc il y avait peu de chance. Mais où on rencontre beacoup de monde, ce qui m’amène à une nouvelle partie de mon aventure.

La French connection & le Ghetto français :

Donc généralement dans les auberges de jeunesse à l’international vous allez toujours trouver des français. Et je peux vous assurer que quand vous venez juste de parler avec l’accueil, ou dans le métro pour essayer de capter ce qu’était le “southbound” ou combien vous allez payer en dollars vos nuits. CA FAIT PLAISIR de trouver des français !

J’ai vraiment eu la chance de rencontrer des français très solidaires, généreux avec qui j’ai pu parler, sortir, me taper des délires, et avec qui je suis toujours en contact. J’ai remarqué au cours de ces deux semaines que la french connection à Toronto vous ouvre des portes également. J’ai pu trouver une colocation à North York parce que le house manager en m’entendant parler anglais m’a tout de suite grillé. Il m’a offert 15 jours de loyer, il m’a baissé mon loyer, il m’a offert des draps, il m’a montré des écoles d’anglais, des bons plans pour la bouffe, les vêtements. Super sympa.
Et j’ai même pu en profiter pour mon boulot car le manager m’a dit qu’il y avait eu un français il y a quelques années dans leur boite. Il avait commencé comme customer service representative et avait fini manager à Vancouver. Et qu’il avait laissé une très bonne impressions. Bref j’ai vraiment aimer être français dans ces moments là. MAIS !

A un moment c’est choisir l’option de facilité, à trop parler français, je me suis dit que je ne progresserai pas en anglais. Et je narriverai jamais à rencontrer des canadiens. Et il y a aussi quelque chose qui m’a frappé c’est la mentalité française.

Mentalité française & Mentalité canadienne :

Je viens d’arriver donc je ne peux pas encore me faire un avis tranché sur la mentalité canadienne mais par contre
sur la française je commence à bien connaitre la question. Comment l’illustrer ?

Lorsque vous allez chercher du boulot vous allez très certainement aller au centre francophone sur college street.

Très bon endroit avec des ateliers, des ordinateurs. Bref parfait pour faire son resume, cerner un peu le marché, répondre à des annonces. Mais un jour que j’étais sur un ordinateur, le conseiller du centre, pour des raisons de confidentialité je l’appelerai M. Double Double, reçoit une nana qui lui explique que ça fait trois mois qu’elle cherche du boulot, qu’elle galère, qu’elle a besoin d’aide bref limite désespérée. Et là, j’ai eu l’impression de refaire 8000km, et de retourner sur Paris. Le gars commence à lui expliquer que lui il a galéré pendant 2 ans, que c’est la crise, qu’on a pas du boulot comme ça, qu’il est pas là pour lui trouver du travail. Limite elle se serait mise à pleurer, il lui aurait foutu des claques…

J’ai eu aussi rendez-vous avec Monsieur Double Double. Sincèrement il a de très bons conseils, il est très drôle, il connait bien le marché du travail, un vrai professionnel. Mais sa mentalité française m’a tellement exaspéré. Je lui dis que je viens d’arriver depuis une semaine que je cherche du boulot, il commence à me parler en anglais. Je lui dis je comprends pas tout. Il me dit alors de ne pas faire du customer service representative. Je lui dis je vais quand même essayer dans les Tim Hortons et autre. Il me demande ce que c’est un Double Double. Je lui dis je sais pas. Alors il me dit de ne pas chercher dans la restauration. Bref…

Si ça c’était arrêté à lui, ça aurait été bien mais même les français avec qui j’ai gardé contact commencer à me dire c’est dur, c’est difficile, tu places la barre trop haut. Un vrai tourbillon de déprime, et de négativité.

Donc à un moment j’ai pris ce que j’avais à prendre, et j’ai décidé de couper les ponts jusqu’à trouver du travail. Et je faisais mes recherches d’emplois à la Library de Lillian Smith. Et là j’ai rencontré des canadiens. Là où le français me disait tu n’y arriveras, les canadiens en parlant anglais avec moi me disaient mais tu parles très bien anglais, prends confiance, pour ce que tu veux faire c’est déjà bien, avec ton niveau d’anglais vas y et fonce.

Je sais pas pourquoi mais je les ai écouté eux, et j’ai eu la chance de tomber sur une company qui m’a fait confiance, et où le manager en plus de confirmer ce que me disait mes amis canadiens m’a démontré à quel point les canadiens sont des battants, ils en veulent, et toujours enthousiastes. Il m’a parlé de la manière donc on s’affute face aux épreuves, dont on se relève toujours plus fort face aux défaites, de la manière dont tu arrives au sommet en étant persévérant.

J’ai adoré cette mentalité ! Pour le moment je ne peux pas encore me faire un avis définitif mais ce que j’en vois me fait dire que j’ai trouvé ce que je recherchais en quittant la France et ces employés plaintifs et déprimés.

Travail & Logement & nourriture & transport :

Donc le travail c’est le revenu. le logement, la nourriture, le transport ce sont les dépenses. Je pense que quand on
arrive à Toronto et qu’on voit les premiers jours son budget fondre très rapidement on a qu’une envie c’est de trouver un boulot le plus rapidement possible.

Pour moi qui ai connu cette galère de la recherche d’emploi il y a quelques années quand j’ai quitté la Guadeloupe pour m’installer en métropole. Je savais à peu près comment m’y prendre. Tout d’abord travailler son resume, il faut qu’il soit facile à lire, percutant, des mots simples qui se comprennent vite. Limite que ce soit une pub qui vous vende. J’en ai fait deux types : un pour les jobs alimentaires, l’autre pour le customer service representative.

J’ai changé les dates pour l’alimentaire, enlevé tous les postes trop qualifiés, rajouté d’autres moins qualifié. Tous les boulots que j’ai fait sont vrais par contre, j’ai juste arrangé les choses.
Pour le customerservice representative, j’ai mis ce que j’ai réellement fait dans la banque, et tous mes petits boulots. J’ai juste modifié le terme financial advisor en bank customer service representative par exemple. J’ai écrit des phrases courtes et toujours en rapport avec la relation client. Par exemple alors que j’ai monté des dossiers de crédits, je ne l’ai pas mis dans mon resume. Juste que j’appelais les clients pour leur proposer des produits.
Une fois le resume fait, je me suis organisé, chaque annonce où je postulais je la notais dans un cahier. Quand j’envoyais un mail, je mettais en-dessous l’annonce. Comme ca quand on me répondait je pouvais la lire. Et quand on m’appelait au téléphone je laissais sonner pour réecouter au calme.

La recherche d’emploi c’est pas forcément évident car ici ça va super vite. Autant pour les boulots alimentaires j’ai eu aucun appel, autant pour CSR, j’en avais 5 par jour sans compter les mails. Niveau organisation c’est dur à suivre. Je vous passe sur tous les appels où on m’a sorti j’ai pas le niveau d’anglais à dans trois mois… Mais faut s’accrocher, être motivé, postuler, aller aux interviews.

La grosse astuce aussi c’est que je savais que tous les français vont dans le downtown et délaissent la périphérie de Toronto. Et à North York, il y a plein de boulots, et les managers sont plus prêts que d’autres à vous faire confiance.

Après pour le logement, j’ai cherché sur craiglist, j’ai appelé. Ca va aussi super vite donc il faut être réactif. Je voulais pas être en downtown. Trop cher, trop moche, j’ai donc trouvé une charmante petite maison à Finch & Yonge :

Pour la nourriture, c’est pas très cher par rapport à Paris. Si vous allez à Sobbey c’est comme Monoprix, si vous allez à Food Basic c’est comme Leader Price. C’est même moins cher. Seul truc qui est vraiment cher ce sont les produits laitiers. Mais j’ai trouvé un aliment pour se substituer au fromage. Le Tofu !
Ca la même consistance que la mozzarela, ça a pas trop de goût donc il faut l’assaisonner. Vous avez par exemple la possibilité de le couper en dés, de le faire mariner dans de l’huile, et de l’ail, du sel, … C’est super bon après. Perso je le fais griller avec du sel et du poivre et je le mets dans mes sandwichs avec des tranches de salami. Super bon !

Le transport n’est pas non plus très chers. Il n’y a pas de zonage à Toronto. En fait soit vous êtes en TTC soit vous prenez les transports régionaux. C’est 124$ le monthly pass. Et vous pouvez aller partout dans Toronto, et assez loin dans sa banlieue. Là où à Paris dès la zone 3 qui doit même pas faire la moitié de Toronto ça se chiffre en centaine d’euros.

L’anglais :

Alors pour l’anglais comme je l’ai dit il faut éviter le ghetto français mais aussi trouver des cours, des meetups, des language exchange, des amis canadiens. J’ai posté une annonce sur craiglist pour du language exchange et je fixais rendez vous à la bibliothèque puis quand on m’a entendu parler français à la library, une autre personne est venue me voir et m’a proposé son aide.

Il y aussi des cours gratuits ESL : English as Second Language. Ils sont gratuits pour les pvtistes. Il y a partout dans les bibliothèques, les écoles. Avec le réseau informatique des library de Toronto il y a aussi un cour en ligne appelé Mango. Très bien fait. J’ai fait de un english circle aussi. Y en a plein dans les bibliothèques, et les écoles.

Après je me suis inscrit à des groupes meetup, là j’ai un boardgame ce soir, et une partie de foot demain soir. C’est gratuit et c’est sympa.

Faire des interviews aussi ça aide pas mal. Même si ça foire ça permet de comprendre ce qu’ils demandent, et de se préparer.

Après il faut du temps. Pour moi la première semaine je comprennais rien, la deuxième je comprennais un mot sur deux mais eux ne me comprennaient pas, la troisième semaine, je commence à comprendre même les voicemails au téléphone et à me faire comprendre.

Ca vient assez rapidement pour moi car je sais quand étant bilingue j’aurais énormément de possibilité.

Racisme :

Faisant parti de la minorité visible. Je pense que je devais faire une partie sur ce sujet. Personnellement en France le racisme je l’ai subi dans la rue, chez moi, au travail. Je me souviens de mes premiers jours en France quand j’étais parti de Guadeloupe. A l’aéroport fouille des bagages, dans le métro contrôle d’identité, et quelques jours après un controleur de la ratp m’avait mis une amende car je n’étais pas dans la bonne zone. En plus je n’avais pas d’adresse donc il a pris l’adresse au dos de ma carte d’identité, et trois ans après j’ai eu une saisie sur mon compte. Bref pour moi la France c’était vraiment le pays de l’intolérance, et de la discrimination. Et chaque jour j’avais vraiment l’impression d’avoir un fardeau sur les épaules ou d’appartenir à la caste des intouchables.

Depuis que je suis à Toronto je n’ai plus ce poids sur les épaules. Et je vois tous les Torontois quelques soient leur origine venir vers moi, me sourire, m’adresser la parole sans ce petit regard de crainte ou de peur que je voyais chez les français. Pour moi il n’y a pas de racisme à Toronto. Et je me sens enfin libre de bosser, ou de sortir sans avoir à me dire qui va me controler, ou si je lui réponds mal d’avoir une réputation “d’émotif & nerveux”.

Après j’ai vu sur ce forum que certains appelaient ça de l’hypocrisie. Personnellement j’appelle ça de la politesse, de la gentillesse, et de la tolérance. Même si ils ne le pensent pas, le simple fait de ne plus avoir à subir de remarques débiles c’est déjà un grand soulagement.

Mon bilan :

Pour moi Toronto ce n’est que du positif. Je suis pas un bisounours, j’ai eu une grande expérience de la vie, de ces galères. Mais je ressens vraiment que cette ville offre énormément d’opportunités, et vu les niveaux des salaires. Je suis prêt à m’accrocher, à galérer en anglais, et à travailler dur. Même en cas d’échec je sais que j’arriverai à rebondir rapidement.
Ma première impression ne parlera peut être pas à tout le monde car pour moi dans le PVT je ne voulais que le T. Mais c’est vraiment une expérience riche, qui bouscule mes habitudes, et m’oblige à chercher en moi de nouvelles qualités.

Bon PVT à tous et Welcome to Toronto !

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