Le programme pilote destiné aux étudiants internationaux francophones en région minoritaire sera reconduit pour une troisième année. Ottawa veut encore mesurer son efficacité avant d’en faire une mesure permanente.
Les étudiants internationaux francophones qui choisissent de poursuivre leurs études hors Québec pourront encore compter sur une voie facilitée vers la résidence permanente. La ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé lundi la prolongation d’un an du Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire.
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L’annonce, faite à Winnipeg, au Manitoba, confirme que le programme lancé en 2024 ne sera pas encore pérennisé. Ottawa préfère lui accorder une troisième année de « test » afin d’en évaluer plus précisément les résultats.
« On n’a pas encore vu le plein potentiel du projet pilote », a déclaré la ministre Diab. Selon elle, cette année supplémentaire permettra au gouvernement fédéral de mieux analyser les données avant de décider de l’avenir du programme. Elle a toutefois laissé entendre qu’une permanence demeure possible à terme. « J’espère que le plan va être de rendre permanent [le projet], mais on doit donner un peu de temps », a-t-elle ajouté.
Une voie d’accès à la résidence permanente
Le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire vise à attirer des étudiants internationaux francophones dans des établissements postsecondaires situés à l’extérieur du Québec. Les candidats admis peuvent bénéficier d’un parcours plus direct vers la résidence permanente après leurs études.
Pour les collèges et universités francophones hors Québec, ce programme représente un outil important de recrutement, dans un contexte où les communautés francophones minoritaires cherchent à renforcer leur vitalité démographique, économique et culturelle.
Les premiers étudiants ayant participé au programme devraient obtenir leur diplôme et leur résidence permanente en 2027.
Un succès encore limité
Malgré son potentiel, le programme n’a pas encore atteint les résultats espérés. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, 515 personnes ainsi que 150 membres de leur famille en ont bénéficié depuis son lancement.
Ces chiffres restent modestes par rapport aux places disponibles. L’an dernier, IRCC pouvait accepter jusqu’à 2 970 demandes dans le cadre du programme, mais plusieurs places sont demeurées vacantes.
Cette sous-utilisation explique en partie la prudence d’Ottawa. La ministre Diab a indiqué vouloir mieux comprendre les résultats du projet avant de décider s’il doit devenir permanent.
Les établissements francophones veulent une mesure durable
L’Association des collèges et universités francophones du Canada a accueilli favorablement la prolongation du programme, tout en réclamant clairement sa pérennisation.
Dans un communiqué, l’organisation affirme se réjouir « fortement » de cette année supplémentaire, mais précise qu’elle continuera de collaborer avec IRCC afin que le programme soit rendu permanent.
Selon l’association, cette prolongation doit permettre de consolider les résultats déjà observés et d’inscrire le programme comme une mesure structurante pour l’immigration francophone hors Québec.
Ottawa veut augmenter l’immigration francophone
Cette annonce s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement fédéral pour renforcer le poids démographique des francophones à l’extérieur du Québec.
IRCC vise à ce que 12 % de toutes les nouvelles résidences permanentes soient accordées à des francophones hors Québec d’ici 2029. Pour y parvenir, Ottawa finance chaque année plusieurs projets destinés à attirer des talents francophones et bilingues dans les communautés en situation minoritaire.
Lors du même point de presse, la ministre Diab a annoncé une aide fédérale de 1,3 million de dollars au Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba. Cette somme servira à soutenir des initiatives visant à accroître la population francophone de la province.
Au total, une vingtaine de projets semblables sont financés à travers le pays.
Une prolongation attendue, mais encore insuffisante
Pour les acteurs de la francophonie canadienne, la prolongation du programme constitue une bonne nouvelle, mais elle ne répond pas entièrement à leurs attentes. La possibilité d’attirer des étudiants francophones, de les former localement puis de leur offrir une voie vers la résidence permanente est vue comme un levier essentiel pour les communautés minoritaires.
Reste à savoir si cette troisième année permettra de convaincre Ottawa de transformer ce projet pilote en programme permanent. Pour l’instant, le gouvernement fédéral choisit la prudence : prolonger, observer, puis décider.
Source : Le Devoir

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