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Des millions d’Américains pourraient être déjà Canadiens sans le savoir

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Une réforme majeure de la citoyenneté canadienne ouvre la porte à de nombreux descendants de Canadiens nés à l’étranger. Aux États-Unis, l’intérêt est immédiat : avocats débordés, recherches généalogiques en hausse et demandes de preuve de citoyenneté en forte progression.

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Depuis le 15 décembre 2025, un changement important aux règles de citoyenneté canadienne par filiation pourrait permettre à des millions d’Américains de faire reconnaître leur citoyenneté canadienne. La réforme, issue du projet de loi C-3, met fin dans plusieurs cas à la limite d’une seule génération née à l’étranger, qui empêchait auparavant de nombreux descendants de Canadiens d’obtenir automatiquement la citoyenneté.

Concrètement, une personne née avant le 15 décembre 2025 pourrait désormais être reconnue comme citoyenne canadienne si elle peut démontrer qu’elle descend directement d’un ancêtre canadien : un parent, un grand-parent, un arrière-grand-parent, voire un ancêtre plus éloigné selon les situations. Le gouvernement fédéral précise que les personnes concernées peuvent maintenant demander une preuve de citoyenneté.

Une surprise pour plusieurs familles américaines

Aux États-Unis, plusieurs personnes découvrent qu’elles pourraient être citoyennes canadiennes sans l’avoir su. C’est notamment le cas de Zack Loud, un résident du Minnesota, qui a appris que lui et ses frères et sœurs pouvaient être considérés comme Canadiens parce que leur grand-mère était canadienne.

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme, des cabinets d’avocats spécialisés en immigration aux États-Unis et au Canada disent recevoir un volume inhabituel de demandes. Certains affirment avoir dû réorganiser leurs priorités pour traiter ces dossiers de citoyenneté par filiation.

Pourquoi autant d’Américains s’y intéressent ?

Les motivations sont diverses. Pour certains, il s’agit d’un lien familial ou identitaire avec le Canada. Pour d’autres, la citoyenneté canadienne représente une forme de sécurité, une possibilité de mobilité ou une option future en matière d’emploi, d’études ou d’installation.

Le contexte politique américain joue aussi un rôle. Plusieurs demandeurs cités dans les informations fournies disent réfléchir à la double citoyenneté en raison du climat politique aux États-Unis et des politiques migratoires de l’administration Trump.

Cette réforme transforme donc une démarche autrefois impossible ou très limitée en une possibilité concrète pour de nombreuses familles ayant des racines canadiennes.

Comment fonctionnent les nouvelles règles ?

Avant cette réforme, la citoyenneté canadienne par filiation était généralement limitée à la première génération née à l’étranger. Autrement dit, un citoyen canadien né au Canada pouvait transmettre sa citoyenneté à son enfant né à l’étranger, mais ce dernier ne pouvait pas toujours la transmettre à son propre enfant.

Le projet de loi C-3 a changé cette logique dans certaines situations. Pour les personnes nées avant le 15 décembre 2025, la réforme permet de corriger des exclusions liées à l’ancienne limite de première génération.

Pour les personnes nées ou adoptées à l’étranger le 15 décembre 2025 ou après cette date, une règle différente s’applique : le parent canadien né ou adopté à l’étranger doit démontrer un lien substantiel avec le Canada, soit au moins 1 095 jours de présence physique au Canada avant la naissance ou l’adoption de l’enfant.

Une citoyenneté reconnue, mais à prouver

Même si certaines personnes sont désormais considérées comme citoyennes en vertu de la loi, elles doivent obtenir un certificat officiel pour faire reconnaître ce statut. La démarche passe par une demande de preuve de citoyenneté canadienne.

Les frais gouvernementaux mentionnés pour cette demande sont relativement modestes, soit 75 $ CAN, mais les coûts peuvent grimper si la personne doit faire appel à un avocat ou à un généalogiste pour retrouver les documents nécessaires.

Selon les informations fournies, le délai de traitement indiqué par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada était d’environ 10 mois, avec des dizaines de milliers de dossiers en attente.

Des réactions partagées au Canada

La réforme soulève aussi des questions au Canada. D’un côté, elle permet de réparer des situations jugées injustes pour des familles canadiennes établies à l’étranger. De l’autre, certains s’inquiètent de voir apparaître des « Canadiens de convenance » : des personnes qui obtiendraient un passeport canadien sans avoir de lien réel ou vécu avec le pays.

Certains observateurs craignent également que cet afflux de demandes ralentisse le traitement d’autres dossiers, notamment ceux de personnes réfugiées, de demandeurs d’asile ou d’immigrants déjà engagés dans un long parcours administratif.

Une réforme qui pourrait changer le rapport au Canada

Au-delà des chiffres, cette réforme redonne une portée concrète à la citoyenneté par filiation. Elle permet à des descendants de Canadiens de renouer avec une histoire familiale parfois oubliée, tout en ouvrant une nouvelle porte à celles et ceux qui cherchent une option de vie supplémentaire.

Mais elle pose aussi une question politique délicate : jusqu’où peut-on transmettre la citoyenneté d’un pays lorsque le lien avec celui-ci remonte à plusieurs générations ?

Pour le Canada, l’enjeu sera maintenant de concilier ouverture, équité et capacité administrative, alors que des milliers de personnes, surtout aux États-Unis, découvrent qu’elles pourraient avoir un droit à la citoyenneté canadienne depuis longtemps — sans jamais l’avoir su.

Source : Noovo

Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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