10 mois d’une Française à Montréal - Immigrer.com
jeudi , 30 mai 2024
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10 mois d’une Française à Montréal

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De Ceya

Bonjour à tous,

J’ai un peu (beaucoup) négligé ce forum après avoir obtenu mes réponses liées à mon immigration et je m’en veux un peu (beaucoup), d’autant que
j’appréciais bien l’aide des gens déjà installés. Alors pour me faire pardonner, je m’en vais vous faire un petit récit de ce qui m’est arrivé ; pour
ma part j’aimais bien lire les témoignages des immigrants…
10 mois à Montréal, donc. Arrivée un soir avec mon chat qui a été exceptionnel : je l’ai récupéré paniqué sur le tapis des bagages mais une fois qu’il a reconnu ma voix, il s’est calmé et a attendu calmement à la douane, pour le taxi, dans le taxi. Un appartement loué pour un mois nous attendait. Pendant plusieurs jours, il m’a fait des gros câlins et dès que je prononçais son nom, il serrait mon bras avec sa patte comme pour me dire combien il était content de retrouver ses habitudes.

J’avais des amis qui étaient à Montréal depuis deux mois, et je suis allée les voir dès le lendemain. Mine de rien, ça m’a fait plaisir, car le premier soir, j’ai un peu paniqué en me demandant ce qui m’avait pris de venir ici. C’était peut-être la fatigue, la trouille, les deux, je ne sais pas. Ils m’ont rassurée.
Je suis arrivée pendant l’été indien, c’était splendide.

Ça m’a pris dix jours pour trouver un appartement. Je cherchais vers Rosemont, et puis on m’a proposé un appartement vraiment pas cher sur le Plateau, eau chaude, chauffage, éléctricité inclus, à 30 secondes du parc Lafontaine. Moi qui suis née à la campagne, qui aie toujours besoin de verdure, je n’ai pas hésité une seconde ! Pour mes courses, j’essaye d’éviter l’intermarché à côté du métro Mont-Royal qui est orienté pour les Français. Je comprends leur démarche, mais ça me fatigue un peu d’être bombardée d’offres de charcuterie, de fromages, etc. Manger français, en plus, ça coûte cher. Depuis que je suis au Québec, mes habitudes alimentaires ont beaucoup changé. Je consomme beaucoup moins de produits laitiers et ce n’est pas plus mal.
Une fois l’appartement trouvé, je me suis donnée quelques jours pour découvrir la ville ; puis j’ai commencé à chercher un emploi. Au début, pour dépanner et me faire une première expérience, j’ai travaillé comme hôtesse d’accueil dans un restaurant. C’est sûr que c’était pas le boulot de mes rêves, mais c’est là que j’ai appris plein de choses sur le monde du travail québécois. Et puis, redescendre un peu de son piédestal ne fait de mal à personne. Au bout d’un mois, j’ai décroché un poste de rédactrice de sous-titres ; c’était vraiment intéressant et je pensais y rester même si la paye n’était pas extraordinaire, mais là aussi, au bout d’un mois, nouvelle opportunité : une maison d’édition à laquelle j’avais postulé à mon arrivé m’a recontactée. Inespéré ! Je travaille chez eux depuis plusieurs mois maintenant et je suis vraiment contente de mon boulot. Mes collègues sont adorables, patients et me font confiance.
Très honnêtement, je me considère comme chanceuse ; tout se passe bien pour moi et j’espère que ça va durer encore longtemps. J’envisage, au printemps prochain, d’aller vivre à la campagne. Ça me manque. Mais en attendant, je profite de la douceur de vivre montréalaise. À mon avis, c’est une ville qui gagne à se laisser découvrir plutôt qu’à être visitée en deux ou trois jours. Les festivals sont partout, les musiciens de rue et les matchs d’impro aussi. La ville se transforme avec les saisons et c’est un bonheur à observer.

Le « danger » d’habiter sur le Plateau, c’est de ne pas en sortir. C’est un très beau quartier, très vivant, on y trouve tout. Et on a vite fait de considérer que tout le reste est « trop loin ». Je fais en sorte de ne jamais me laisser aller dans cette facilité. Tout comme on peut facilement se retrouver à passer ces soirées avec uniquement des Français et pas un seul Canadien. Je ne cherche pas à éviter mes amis français, loin de là, mais je trouve ça parfois dommage de voir que nous sommes 20 fans dans une soirée et 20 Français. Surtout qu’ils ont tendance à ne pas trop sortir de Montréal. Alors je lance souvent des idées de sortie : il y a deux semaines, nous sommes allés au lac Wapizagonke dans le parc naturel de la Mauricie et samedi dernier, j’étais avec une collègue du bureau et son chum en kayak dans les îles Sorel, que je vous conseille d’ailleurs (à faire le matin)

J’essaye d’éviter les maudits français quand j’en croise, comme ceux qui me disent que le français qu’on parle au Québec est un français détérioré. Mais ne vous y trompez pas, il y a aussi des Québécois cons, comme partout ailleurs dans le monde ! Bon, d’accord, j’en croise peu, mais ça arrive.

On me taquine souvent sur ma nationalité, j’en ris pas mal. Ça fait du bien, finalement. C’est la première fois de ma vie que c’est moi, l’étrangère. Il y a cette fois où je n’ai pas ri, mais où je n’ai pas cherché à faire valoir mon point de vue : un Québécois m’a dit : « Alors, votre pays fait la guerre ? C’est pour ça que vous avez fui ? » en parlant du Mali. Qu’est-ce que vous voulez répondre à ça ? Je ne suis pas une ambassadrice, et encore moins une réfugiée politique. J’ai laissé couler.

La vie a fait de moi la propriétaire de deux hamsters adorables, que j’ai trouvés abandonnées dans une cage en plein soleil, sans eau. La SPCA refusait de les recueillir parce que le Plateau ne lui verse pas d’aides comme le font les autres quartiers. Pas grave. Ça ne prend pas de place, un hamster, et ça mange pas beaucoup. Elles sont cutes.
Globalement, je me remplis la tête de la beauté des paysages sauvages. Je regarde des séries québécoises que mes amis d’ici me conseillent. Je lis des classiques québécois que j’entrecoupe de mes romans de science-fiction habituels. Je me sens bien. Je n’ai pas encore vécu de mauvaises expériences. Je me sens chanceuse. J’apprends la culture québécoise et je me rends compte tous les jours que parler la même langue ne fait décidément pas de nous des gens de la même culture !

J’espère que je ne donne pas l’impression de me pavaner, je voulais juste vous dire qu’il fait bon vivre par ici.

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