Mes 5 sous. Bilan de 3 mois d'une étudiante français au Québec - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Mes 5 sous. Bilan de 3 mois d’une étudiante français au Québec

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De LolotteA

Allo à tous,

Cela fait 3 mois que nous sommes arrivés à Québec, aussi je vous fais part de notre mince aventure, convaincue qu’il reste un million de choses à vivre et que tout peut se passer de bien des façons. Mais c’est la section que je préfère lire parce qu’on y ressent tout un tas de choses, bonnes et moins bonnes, on rit, on pleure, on écarquille les yeux… J’aime vraiment cette section parce que les gens font part de toute leur humanité (bon sauf quand ça parte en cacahuète ^^).
J’ai toujours eu envie de venir voir le Canada, pourquoi ?Aucune idée, je crois que ma mère avait ce rêve là, et je suis fan fan fan de certains « jus canadiens », oui oui j’assume.

Je suis notamment une grande fan de Céline Dion (je connais toutes ses chansons par cœur depuis que j’ai 8 ans) et de Lara Fabian (Ok, elle est pas canadienne de souche, mais étant grande fan je lisais beaucoup de choses, et elle parlait tout le temps du Québec, elle a même écrit une sublime chanson « je me souviens »).
Bref, tout ça pour dire, qu’il y a peut être une part de déterminisme la dedans, qui sait. Je crois que les choses de la vie n’arrivent aucunement par hasard en tout cas.

Tout ça pour dire que je voulais voir le Canada, mais rien ne m’avait jusque là particulièrement décidée à partir un an. Nous avons commencé à parler de voyage (long) après que deux de mes sœurs soient parties à l’autre bout du monde, une en Inde pendant un an et demi, l’autre en Nouvelle-Zélande pendant un an. Puis mon frère vit aux USA depuis 5 ans. Mon père a immigré en France à 18 ans, ma mère est gitane espagnole. Haha, la diaspora. Mon chum est fils d’immigrés portugais. La diaspora je vous dis 😉

Donc, contagion du voyage, je visite ma famille aux quatre coins du monde et là je me dis que j’ai envie de me mettre un coup au derrière et de voir ce que c’est de voyager, mais pas de voyager 2 semaines pour les vacances, de m’immerger pour de vrai, de me redécouvrir par la résilience,parce qu’il faut le dire, partir même pour un an, c’est pas toujours facile.
Pour preuve, voici le vif du sujet.
Je finissais ma dernière année de droit, et je voulais me spécialiser. Refaire un Master 2 en France, non merci, je voulais vraiment me spécialiser pour de vrai. Alors j’ai mis ces deux envies bout à bout, et voilà, le Canada et une spécialisation choisie, j’arrive à Québec, admise à Laval. Je mets quelque temps à réaliser que c’est vrai. J’veux dire, on sait qu’il faut lancer la machine des procédures, mais même avec le CAQ et le permis d’études, ben je m’en rendais pas encore compte. D’autant plus que mon chum n’était pas encore sûr de vouloir tout laisser, même pour un an, il adorait son job, j’avais une place prête si je voulais pour bosser dans une collectivité, il savait pas trop comment se positionner. Je lui ai dit que nous ne partions pas pour ne pas revenir mais pour vivre quelque chose de différent, se retrouver, changer notre routine, vivre quoi. Il a fini par avoir envie lui aussi.
En avril, on trouvait un appartement pour notre arrivée en aout (ça peut mal se passer ou bien se passer, nous ça s’est bien passé, les proprios sont extras). Le fait est que nous venions avec nos deux chats, et que je refusais de leur faire vivre le voyage, puis un logement provisoire, pour finalement déménager. Je ne regrette pas. D’autant plus que le voyage jusqu’à Québec a duré 19h porte à porte…

Donc mi aout nous avons dit au revoir à tout ce qui nous entourait, appart, job, train-train quotidien, pour the big jump. Drôle de sensation, entre l’excitation et la peur, une petite boule au ventre comme à la veille d’un exam !
Nous arrivions à Montréal pour prendre une voiture de loc jusqu’à Québec. Ca a été « fucking » long, entre les formalités pour nous, pour les chats, la file interminable au bureau de location de voiture… Le jour sans fin. Les chats n’en pouvaient plus !
Nous arrivions dans un appartement vide, sale (très très sale), on a étalé quelques vêtements et une couverture que j’avais pu tasser dans une des valises et yallah, de toute façon fatigués comme nous étions, on aurait pu dormir debout comme les chevaux !
Le lendemain c’est parti, j’avais tout repérer en avance, magasins d’occasion pour l’électro, walmart pour faire le ménage et acheter le nécessaire pour les papoutes, le lit, canapé, la RAMQ… toussa, toussa. La course. D’autant que mon chum restait que deux semaines pour repartir un mois en France finir son préavis avant son année sabbatique, et revenait que début octobre. Fallait qu’on fasse le max. Les cours reprenaient le 03 septembre pour moi !
Faut dire que tout ce que j’ai pu glané sur le forum m’a vraiment, vraiment aidée à tout anticiper au mieux. Ca m’a aussi permis de me préparer à m’intégrer au mieux, à tout faire pour être le moins déstabilisée, à ouvrir les yeux différemment !

Fin aout l’appartement était propre (je crois que je n’ai jamais autant passé la serpillère), aménagé en totalité, à nos couleurs.Nickel.

On a commencé à visiter autre chose que les magasins, nous sommes allés voir les baleines à la baie ste catherine, magique.

Nous avons surtout profité de Québec, puisque le départ de mon copain était tout proche.

Depuis, les cours ont commencé… WAOUH. Tellement rien à voir avec le système universitaire français. Je suis contente de payer mes 2500$ pour tout ce que nous avons à dispo ; la qualité des cours (bon sauf un très très naze, mais la prof est en fait une doctorante qui doit remplacer le vrai prof qui a tout plaqué…) la gentillesse des services administratifs, une bibliothèque de malade avec tous les accès à distance, un campus magnifique, des équipements sportifs gratuits. C’est génial, je crois qu’il n’y a pas de mot pour décrire cette université, c’est le pied.

Mon chum est revenu début octobre, les trois premières semaines ont été pénibles pour lui parce que sa boite française voulait lui proposer de bosser à distance, puis ne voulait plus, puis voulait…
Il a donc commencé à chercher du boulot ici la semaine dernière. Trois entretiens planifiés pour la semaine, le premier on lui propose un second entretien, les deux autres l’intéressent moins en terme de qualifications demandées.

Le second entretien avec la première boite se passe super bien ils lui font une offre de suite. Il est content, même s’il ne va pas forcément bosser sur ce qu’il aime. Il appelle une connaissance à Montréal, chasseur de tête, pour lui parler de ce contrat et savoir ce qu’il en pense. Il lui donne plusieurs conseils. Des conseils qui lui ont semé le doute, il se demande s’il ne va pas perdre de ses compétences s’il travaille sur autre chose que son cœur de métier, surtout si on revient en France dans un an, il ne sait pas.
Bon, le samedi matin je regarde à nouveau les offres d’emploi sur internet, j’en trouve une pas mal qui semble plus correspondre, même si ce n’est pas exactement ça (je lui ai dit quinze fois qu’il ne peut pas s’attendre à trouver exactement ce qu’il cherche d’emblée…Ah bah si, ça arrive ^^)
Il postule le samedi et consulte le profil LinkedIn du PDG. Le dimanche matin ce même PDG lui envoie un courriel pour le rencontrer. Rencontre planifiée le lendemain (lundi, il y a deux jours), il apprend qu’il veut lui confier les tâches qui relèvent exactement de ce que mon chum voulait faire, alors que ce n’était pas du tout ce que prévoyait l’annonce…
Il lui fait une offre, bien plus élevée que celle de l’entreprise précédente, avec des conditions de travail exceptionnelles, équipe jeune, assurance complémentaire, un mois de vacances, deux cours de sport par semaine avec toute
l’équipe, et surtout des très très beaux projets.

On n’en revient pas. Il a commencé ce matin. Il est aux anges. Je suis fière de lui. On est ravie de ce qu’on vit ici, avec des moments de doute parfois quand on s’imagine dans un an, ce qu’on décidera de faire. Le plus dur, c’est l’éloignement de la famille. Heureusement à nous quatre (avec les 2 chats) on a reconstruit le même noyau dur, mais ce n’est pas évident
parfois. Heureusement les nouvelles technologies sont là. Qu’est ce que ça aide !

Et puis on a déjà tout un planning de ceux qui vont venir nous voir cette année ?
Ca va le faire.

Ce qu’on fera dans un an ? Aucune idée pour le moment, nous prenons ce qui vient comme ça vient. Des choses sont géniales ici, surtout la douceur de vie. Je sais que nous reviendrons en France parce que nous y sommes bien aussi, et que ce sont nos racines. Quand, personne ne le sait sauf la destinée (bon et notre visa aussi le sait, il n’est que d’un an pour l’instant
^^)
En tout cas, vivre tout cela nous change, nous rend humble, nous ouvre les yeux sur nous même et nous donne des nouvelles perspectives. J’ai rencontré des gens incroyables en quelques semaines, ça me nourrit plus que
jamais.

Sur ce, je retourne à mes bouquins, j’ai 5 papiers à rendre pour la fac !!

Je vous souhaite à tous une superbe aventure humaine, mais n’oubliez pas la tuque et les moufles (Criss, fait frette comme ça tout l’hiver ?!!! je blague, j’adore l’hiver 🙂 )

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