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Malaise francophone

De Curieuse

En ces temps d’occultation parfois volontaire, parfois fortement souhaitée par certains pontes de la presse écrite et de certains milieux politiques où les mots français, langue, avenir, identité, sonnent comme des notions passéistes et révolues d’une certaine arrière garde nostalgique et où seul le mot « nation » a encore droit de cité ayant reçu son tampon d’approbation « Canada no.1 », je vais tout de même me permettre un cri du c?ur issu de l’indignation ressentie par les récents évènements de l’actualité québécoise.

C’est-à-dire les deux études cachées par le gouvernement Charest sur l’état de la langue francaise au Québec et la nomination par la ministre responsable de la Charte de la langue française Christine St-Pierre, de madame Sylvia Martin-Laforge (directrice générale du Quebec Community Group Network (QCGN), groupe de pression anglophone qui a remplacé Alliance Québec) à la tête du?Conseil Supérieur de la langue francaise.

Pas besoin d’élaborer très longtemps sur ce dernier point, il parle de lui-même?Sauf peut-être pour dire que jamais, même dans les élucubrations de la plus pure fiction, pourrait-on imaginer un scénario contraire, soit par exemple de mettre à la tête du Conseil pour l’unité canadienne, une?« séparatiste » notoire.

L’aberration est totale. Et la nomination des plus insultante?Mais, de dire la ministre, madame Martin-Laforge a parfaitement «le droit d’être contre la loi 101» ?
On savait le parti libéral à la solde d’intérêts contraires au bien général de la population francophone (dont 85% ne votent pas pour eux), mais agir ainsi ouvertement relève de la plus pure arrogance.

Allons-y maintenant avec les deux études cachées à la population par le gouvernement actuel pour des raisons politiques. Les faits qui ont tout de même finit par ressurgir sont éloquents :

– Le pourcentage de Québécois francophones dans la province est maintenant sous la barre des 80% . Nous assistons à un recul historique du fait francais au Québec.

– Les Québécois francophones sur l’île de Montréal sont maintenant minoritaires. Montréal est désormais une ville majoritairement anglophone.

– Seulement le tiers des travailleurs montréalais utilisent seulement le français. 66% des montréalais utilisent maintenant l’anglais au travail.

– Nous sommes dans une période record d’immigration allophone au Québec. Or, ceux-ci optent majoritairement pour l’anglais comme langue parlée et ce en dépit des mesures de protection de la loi 101. De plus, le gouvernement actuellement en place prévoit d’augmenter le flot d’immigrants de 45,000 personnes annuellement à 55,000 sans pour autant prévoir de mesures de protection additionnelles du francais même s’il est prouvé que cette arrivée massive nuit directement au fait francais à Montréal..

Donc, a-t-on raison de s’inquiéter de la survie du francais au Québec ?

Bien sûr que non, nous martèlent la brigade des faiseurs d’opinion publique vouée à certains intérêts politiques et financiers.

La méthode dissuasive employée semble assez simple :

Minimiser les faits, en apaisant les préoccupations naissantes par des contre faits biaisés ou manipulés qui renverraient les inquiets à leurs oreillers de plumes.

Culpabiliser le bon peuple pour mieux le museler, lui qui de toute façon, devrait se précoccuper de mieux parler ce francais qu’il prétend défendre. Honte à lui!
Pour ce faire rien de mieux que d’y aller à coups de reportages chocs sur la piètre qualité du francais parlé et enseigné dans notre système d’éducation. Difficile après d’aller demander aux immigrants de parler une langue si « abâtardie »? Le procédé est habile, l’honnêteté discutable?Et depuis quand faut-il être irréprochable pour avoir le droit de protéger son identité?

Faire croire au peuple qu’il est en « crise identitaire » alors qu’il se tue à répéter inlassablement depuis les débuts des accommodements raisonables il y a plusieurs années, son attachement profond et non-négociable aux trois bases primordiales de son identité, soit le francais, l’égalité des sexes et la laïcité des institutions.

Infantiliser les réactions indignées en les associants automatiquement à une trop grande émotivité, ou à l’emportement habituel de la « gaugauche » hystérique?

Bref, user de tous les moyens disponibles pour noyer le poisson et faire le moins de vagues possibles au sein de la population. Rien de moins que le traitement classique du musèlement dans toute sa splendeur. Je devrais relire Machiavel , il y a certainement un mot ou deux à ce sujet?

La résultante est simple; si on fait part de notre inquiétude, on nous dit alarmiste. Si on se montre indigné, au mieux on est des émotifs, au pire des extrémistes nationalistes repliés sur eux-même et bien sûr, farouchement anti-anglophones?(air connu entendu ad nauseam par les tenants d’un certain fédéralisme méprisant, que ce soit sur ce forum ou ailleurs?)

Mieux vaut alors aller voir pousser ses pâquerettes de serres ou regarder le Banquier, l’entreprise étant moins risquée?

Autre constat : depuis la déconfiture du P.Q. lors des dernières élections et la montée des conservateurs dans la région de Québec, on a l’impression que le nouveau mot d’ordre chez les acteurs de la sphère publique (humoristes, immitateurs, auteurs-compositeurs-interprètes, animateurs, intellectuels, syndicalistes, blogueurs, chroniqueurs, éditorialistes) que ce nouveau mot d’ordre donc, serait de parler de n’importe quoi mais surtout pas du malaise actuel dans la population.

Les chiffres sont éloquents, le recul historique, et le silence d’autant plus surprenant?

On semble éviter soigneusement le sujet de l’état du francais et du problème de l’immigration pour des raisons que seuls les principaux intéressés semblent connaître. Une légère exception cependant; l’allusion glissée au bye bye de RBO 2007.

On se croirait revenu au difficile temps de l’occultation post référendaire.

Pourtant le malaise est là. Quoiqu’en disent certains. Certe sous-jacent, grondant, mal exprimé par ce mutisme des canaux habituels qui nous donnent une voix, mais bel et bien présent chez une très grande partie de la population francophone du Québec. Il n’y a qu’à constater la grogne innépuisable suscitée par les accommodemments raisonnables, l’appui massif donné au projet Marois et la remontée grandissante du Parti Québécois dans les sondages, pour s’en assurer.

Reste à voir maintenant comment cette inquiétude se transformera en action significative. Probablement le plus simplement du monde, c’est-à-dire lors d’un vote massif pour un changement de gouvernement au prochaines élections provinciales.

C’est du moins, la grâce qu’on peut se souhaiter.

En attendant, il reste les actions individuelles de tous les jours qui se refléteront surtout par une insistance polie mais ferme pour l’utilisation du francais dans toutes les sphères de la société. Chacun peut y apporter sa contribution et aucun effort n’est vain. Le travail nous reviens à nous, Québécois francophones ou francophiles.

Ce qui est en train de se passer est d’une importance capitale. Et j’espère que vous, immigrants, ferez en sorte d’en saisir tous les enjeux pour pouvoir vraiment être en mesure de vous prononcer en toute connaissance de cause.

Ça, c’est votre travail à vous.

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