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Entre amour et désamour… les 5 phases de l’immigration au Québec

De Lovcen

J’ai immigré au Canada depuis près de 7 ans.

J’ai passé 3.5 ans au Québec, 2 ans en Ontario, 4 mois en Saskatchewan et maintenant 6 mois au Manitoba.

Pour moi, l’immigration est une expérience de vie et je ne regrette qu’une chose: ne pas avoir quitté le Québec au bout d’un an.

La phase 1 de la vie au Québec est positive et pleine d’espérance. On porte des lunettes roses ou bleues. Les gens paraissent ouverts, charmants, accueillants et les perspectives professionnelles semblent ouvertes.
En général, cette période dure entre 6 et 12 mois.

La phase 2, c’est celle dans laquelle on courbe l’échine, on fait profil bas, on tait sa culture, son expérience, même quand l’incompétence est reine, le français approximatif. On cherche à s’adapter et à comprendre les codes.
On se rend compte qu’il y a des murs et des plafonds de verre dans la société québécoise, que le fait d’être français de France, et tout particulièrement de Paris, n’est pas un avantage, que l’expérience extérieure au Québec n’est pas valorisable sur l’île de Montréal ou dans la vieille capitale.
Parler avec l’accent français dans le domaine professionnel induit une séparation de fait et la sophistication du français de France par rapport au Québécois pure laine génère des frustrations, complexes et parfois mesquineries et coups dans le dos.
On comprend que tenter d’expliquer et de partager ce qu’on a vécu en France, c’est perçu souvent comme de la condescendance.

La phase 3, c’est celle de l’exaspération face au maudit consensus, aux québécois pontifiants qui se gargarisent de riens, à la non-qualité instaurée en standard, aux experts qui n’ont parfois aucune expérience pratique dans les faits et aucun retour d’expérience.
On se rend compte de la réalité de nos racines et de la différence culturelle. On redresse l’échine et on commence à dire bien haut que non, des courriels truffés de fautes d’orthographe, de grammaire, de barbarismes… on ne les envoie pas à un client. On soupire devant les séances de pow wow qui ne débouchent sur rien tant que tout le monde n’est pas d’accord. On commence à rétorquer que les anglicismes dans le langage courant des québécois ”c’est le fun !” et qu’on n’a rien à reprocher aux français de France. On se met à recadrer les québécois sur les définitions des mots dont la signification se perd.
On devient un maudit français.

La phase 4, c’est celle des tensions qui s’accumulent, des pratiques managériales qu’on découvre, des tours de cochon qu’on subit.
Le départ n’est plus loin et tout devient insupportable, les autres, soi-même.
Le québécois est comme un hobbit de la terre du Milieu. Il déteste les trouble paix, il sort peu de son territoire et est dans les fait très protectionniste et fermé à tout ce qui pourrait le remettre en question.
Pour faire un parallèle avec ce qu’on pourrait trouver en France, le décalage entre le parisien et le montréalais moyen est pratiquement de même nature qu’entre le picard de la banlieue de Beauvais et le bobo du 5ème arrondissement.

La phase 5, c’est celle du désamour et du départ, vers la France, vers d’autres provinces du Canada, ou aux USA.
Quand je rencontre des français qui ont passé plus de 5 ans à Montréal, c’est fou le nombre de ceux qui se défoulent collectivement au sujet du gâchis de l’immigration au Québec et des travers des québécois dans le monde du travail. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Individuellement et dans la sphère sociale et culturelle, les québécois sont charmants. Mais dès qu’on entre dans la sphère professionnelle, là ça se gâte et la comparaison avec l’expérience d’un immigrant en Ontario ou dans l’Ouest canadien est largement en défaveur du Québec pour un francophone.

J’ai quitté le Québec depuis 2012 et je ne peux plus envisager de travailler dans cette province, ni même avec des québécois. Trop de problèmes, trop Anglos dans leur mode de fonctionnement.
C’est comme si la domination anglaise avait laissé stagner le pire de la perfide Albion dans la mentalité québécoise: rien de face, tout dans le dos ! une mentalité insulaire fermée à ce qui se passe dans le reste du Monde. Un opportunisme à courte vue pour repiquer et s’approprier les acquis des autres.

En conclusion, si vous êtes français, parisien, que vous avez des aspirations professionnelles et que avez fait le choix du Canada, passez vite votre chemin au Québec.
Vous vous éviterez bien des désillusions et gagnerez du temps et de l’argent là où votre langue sera un atout et pas une nécessité.

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