Déjà 2 mois au Québec - S'expatrier, travailler et étudier au Québec, Canada

Déjà 2 mois au Québec

Déjà 2 mois qu’avec les enfants nous avons quitté la France pour poser nos valises au Québec et enfin retrouver leur papa parti en avril. Que le temps passe vite ! J’ai l’impression que c’était la semaine dernière.

Je suis toujours surprise par la facilité que nous avons eu à mener notre projet. Je sais que de très nombreuses personnes attendent depuis des années de pouvoir immigrer au Québec alors qu’il ne nous a fallu que 18 mois entre la décision de partir et notre arrivée ici. Il faut dire que nous avons pris des chemins détournés. Nous pensions au départ déposer une demande de résidence permanente mais, comme d’autres, nous avons été désarçonnés par le programme « Mon projet Québec » qui ressemblait plus à une immense loterie, sans compter que les quotas viennent seulement d’être ré-ouverts ! Nous avons alors réfléchi et après des heures de recherche, nous nous sommes rendus compte que la seule façon d’être autorisés à entrer au Québec était via le travail. Nous savions que les emplois de paysagistes étaient en forte demande, ce qui nous permettrait peut-être de bénéficier d’une procédure accélérée. Mon conjoint a envoyé près de 70 CV la veille de notre voyage exploratoire et moins d’une semaine après il avait trouvé un employeur prêt à l’attendre, avec une proposition toute à fait acceptable et, qui plus est, lui conseillait une avocate en immigration sérieuse (il y a tellement de charlatans dans ce domaine). Notre dossier a été préparé correctement puisqu’il a été déposé début décembre 2017 et validé fin janvier 2018 ! Alors oui, nous avons un statut temporaire, mais à moins de faire une grosse bêtise, si nous souhaitons rester, les démarches ne devraient pas poser trop de problème.

On ne se rend pas complètement compte que nous avons changé de pays et de continent. Au quotidien, j’ai l’impression d’avoir déménagé en Bretagne ou dans une région un peu éloignée, c’est tout. La langue y est pour beaucoup même si je dois avouer que ce n’est pas toujours simple. Entre les accents parfois très prononcés et les expressions, il m’arrive d’être perdue.

Par exemple, un classeur est appelé cartable et du coup un cartable c’est tout simplement un sac. Les enfants feront sport en espadrilles (baskets) et devront porter des souliers le reste du temps et ne pas oublier de mettre leurs bas (chaussettes).

Lorsque l’on parle d’une chaudière, il s’agit d’un seau (moins simple). On conduit un char (voiture), Sylvain est mon tchum et je suis sa blonde (petit(e)-ami(e)).

Et il ne faut surtout pas parler de ses gosses car ici se sont les attributs masculins 😉

Même si nous nous en doutions, la différence culturelle majeure pour nous se situe au niveau de la bouffe (je ne deviens pas familière, c’est le terme ici pour parler de nourriture). Sans vouloir faire des généralités, les québécois n’ont pas la culture culinaire que nous pouvons avoir. Ils aiment que ce soit rapide à préparer. Mais il n’y a pas pour autant un aussi large choix de plats cuisinés comme on peut en trouver aux rayons traiteur ou surgelés de Leclerc ou Carrefour. Les plats sont également assez épicés, même les formules « mild » (médium) nous tirent parfois quelques larmes. Le poisson est moins présent, souvent du saumon et très souvent surgelé (y compris le saumon fumé).

Sinon, nous trouvons quasiment les mêmes produits de base qu’en France, il nous a été facile de reprendre nos habitudes.

Il y a tout de même des choses qui manquent : le sirop, le chocolat pâtissier, du pain avec une croute craquante, du fromage coulant ou crémeux (on tuerait pour un reblochon), les bonbons Haribo, le chocolat Cote d’or, la tapenade et tous les petits plus de l’apéro (mais on a trouvé des recettes pour se préparer des apéros de rois !).

En revanche, on adore la viande effilochée, trop trop bon dans un burger !!!

Le cout de la vie est différemment réparti. L’immobilier et les voitures sont vraiment abordables (nous avons acheté un Kia Sportage de 2015, encore sous garantie, avec 40 000km pour 15 000$, soit 10 000€ !). Par contre, l’ameublement ou les vêtements sont plus chers qu’en France. Coté alimentaire, je suis à un niveau de dépenses équivalent à ce que je dépensais en France, hormis que nous ne consommons presque plus de fromage (le fromage est pasteurisé, souvent épicé et assez cher) et moins de vin.

Excepté la bière et quelques rares (et mauvaises) bouteilles de vin que l’on trouvent dans certaines grandes surfaces, l’alcool est vendu par la Société des Alcools du Québec (SAC). Il est difficile de trouver une bouteille de vin à moins de 10$ et faut compter 15/18$ pour un vin un peu plus sympa (autant que pour un pack de bière).

Pour ce qui est des apéritifs et alcools forts, faut compter 10 à 20% plus cher qu’en France. Ce qui est rigolo c’est le packaging. Ici, les bouteilles ont presque toutes un bouchon vissé et les formats sont de 70cl ou 100cl.

Je suis contente d’avoir emmené quelques très bonnes bouteilles et je regrette de ne pas en avoir apporté plus. A noter que nous avons dû nous acquitter de 200$ de taxes de douane pour 24 bouteilles de vin et quelques digestifs.

Autre chose surprenante : les prix sont affichés hors taxes. Il faut penser à ajouter 15% de taxes ce qui n’est pas toujours simple, surtout quand on veut s’acheter une glace avec les quelques pièces dans le porte-monnaie.

Autre nouveauté : les tips (pourboires) quasi-systématiques et équivalents aux taxes (donc à nouveau 15%), sauf si vous jugez que le service laisse à désirer. Je ne sais pas si c’est lié aux tips, mais le service est toujours agréable et fait avec le sourire, ça change de la France.

Un autre changement majeur : L’emploi. Le taux de chômage est de 5% pour la région de Québec et 3.3% pour la ville de Québec ! N’importe-où où vous allez, vous verrez des affiches « Nous recrutons » collées sur les vitrines. Les usines affichent des banderoles énormes sur leur façades à la recherche de nombreux candidats. Certains McDo doivent fermer la nuit faute d’employés. D’autres ont dû fermer quelques jours pour permettre à leurs employés de prendre leurs congés.

Ici, les employeurs doivent déployer des trésors d’ingéniosité pour attirer et conserver leurs employés, toutes branches et qualifications confondues.

Je commence tout juste mes recherches d’emploi et ai déjà enchainé 4 entretiens en moins d’une semaine.

Au passage, les entretiens de recrutement ne ressemblent en rien à ce que j’ai connu. Il ne m’a jamais été demandé de parler de mon parcours ou de reprendre le CV déjà reçu par l’employeur. Je ne me suis jamais sentie piégée par une question. L’entretien se déroule de manière informelle, avec une série de questions qui pourraient paraitre anodines pour nous français mais qui permettent de cerner les savoirs-être et savoirs-faire du candidat, le tout dans une ambiance très décontractée. C’est tellement plus facile pour se sentir en confiance, de valoriser son expérience et de se projeter dans son avenir professionnel.

Dernier petit détail : Je déteste les pubs toutes les 20 min, c’est un calvaire de regarder un film !!!

Pour l’instant, me concernant, la seule ombre au tableau c’est la solitude. J’ai passé l’été avec les enfants, pour qu’ils puissent profiter des vacances mais aussi pour les aider à prendre leurs marques. Je n’ai pas de collègues de travail avec qui discuter ou rigoler, plus de « voisins sympas » avec qui faire un apéro improvisé, notre famille et nos amis sont en France, les activités d’automne n’ont pas encore démarrées… Bref, les journées peuvent être longues. J’ai quand même la chance qu’un couple d’amis habite à coté mais parfois, cette solitude quotidienne me pèse et j’ai de petits coups de cafard.

Ici, les gens sont sympas, accueillants et curieux. Si vous saviez le nombre de fois où l’on m’a fait demandé si j’étais d’ici, à cause de mon accent (!!!), pour ensuite me souhaiter la Bienvenue au Québec et me dire qu’ils adorent mon accent.

Nous sommes contents de nous être installés à Lévis, assez près de Québec pour bénéficier de sa vitalité et des infrastructures mais suffisamment éloignés pour profiter du calme, de la gentillesse des gens et des grands espaces.

Évidemment, au quotidien, il nous arrive d’être surpris car les fonctionnements sont différents, certaines logiques pour nous ne sont pas évidentes ici, et inversement. Je pense que la réussite de notre immigration résidera dans l’humilité et l’ouverture. Il faut parfois oublier ce que nous savons et savoir repartir de zéro. Et quand je ne comprends pas ou suis perdue, j’explique que je viens d’arriver et les gens prennent le temps de me renseigner, avec bienveillance. Tout simplement.

Nous ne regrettons absolument pas cette aventure. Et elle ne fait que commencer !

Sinon, on a créé un petit blog, sans prétention et principalement destiné aux proches et à la famille pour leur permettre de sur notre adaptation au quotidien www.delasavoieauquebec.com

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