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Le Québec accélère le traitement de certains dossiers du PSTQ pour éviter des départs forcés

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Le gouvernement du Québec veut éviter que des travailleurs étrangers déjà intégrés au marché du travail soient contraints de quitter la province faute de voir leur dossier d’immigration permanente traité à temps. Une nouvelle mesure annoncée le mercredi 13 mai 2026 prévoit donc de prioriser l’examen de certaines demandes déposées dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Cette priorité vise les travailleurs étrangers temporaires qui séjournent déjà au Québec et dont le permis de travail est expiré ou arrive bientôt à échéance. La décision, publiée dans la Gazette officielle du Québec, s’applique aux demandes de sélection permanente reçues depuis le 17 juillet 2025 et demeurera en vigueur jusqu’au 13 mai 2027.

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Les titulaires de permis ouverts traités en premier

Le Québec établit désormais un ordre de priorité clair pour le traitement de ces demandes au PSTQ.

Les dossiers des personnes qui détiennent un permis de travail ouvert, c’est-à-dire non lié à un employeur en particulier, seront examinés en premier lorsqu’elles se trouvent dans l’une des situations suivantes : leur permis est déjà expiré, il expire au plus tard le 13 août 2026, ou il arrive à échéance dans les trois mois suivant le dépôt de leur demande.

Viendront ensuite les demandes des titulaires d’un permis de travail fermé, lié à un employeur précis, qui répondent aux mêmes critères d’échéance.

Cette distinction est importante, car les travailleurs munis d’un permis ouvert étaient jusqu’ici moins bien couverts par les mesures de transition mises en place par Ottawa.

Une réponse à une mesure fédérale jugée incomplète

Cette annonce de Québec vient compléter une politique temporaire dévoilée par le gouvernement fédéral le 13 mars 2026. Celle-ci permet à certains travailleurs étrangers au Québec, déjà engagés dans une démarche vers la résidence permanente par le PSTQ, d’obtenir un nouveau permis de travail lié à un employeur donné pouvant aller jusqu’à 12 mois.

Toutefois, cette mesure fédérale cible essentiellement les titulaires de permis fermés. Les détenteurs de permis ouverts, comme plusieurs diplômés étrangers ayant obtenu un permis de travail postdiplôme, n’y sont pas automatiquement admissibles.

Le gouvernement du Québec demande donc à Ottawa d’élargir cette politique afin d’y inclure les titulaires de permis ouverts, de même que leurs conjoints et personnes à charge. Dans son communiqué, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration affirme que la priorisation annoncée vise à offrir davantage de prévisibilité aux entreprises et à réduire le risque que des travailleurs « soient forcés de quitter le territoire alors qu’ils participent activement au marché du travail québécois ».

Des travailleurs pris entre les délais et l’expiration de leur statut

La mesure répond à une inquiétude grandissante depuis le lancement du PSTQ. Plusieurs travailleurs temporaires invités à déposer une demande de sélection permanente se retrouvent dans une zone d’incertitude : leur dossier est en cours, mais leur permis de travail peut arriver à échéance avant qu’une décision ne soit rendue.

En accordant un traitement prioritaire aux dossiers les plus urgents, Québec tente donc d’éviter des ruptures de statut qui pourraient fragiliser à la fois les travailleurs, leurs familles et les employeurs qui comptent sur eux.

Une mesure saluée, mais jugée imparfaite par les employeurs

Du côté patronal, la réaction demeure prudente. Le Conseil du patronat du Québec reconnaît l’utilité de la nouvelle mesure pour les travailleurs dont le permis approche rapidement de son échéance. Elle pourrait, selon l’organisation, permettre à certains d’entre eux de demeurer au Québec plutôt que de devoir interrompre leur parcours professionnel.

Mais le CPQ craint aussi un effet de déplacement : en donnant la priorité à une catégorie de dossiers, le gouvernement risque de retarder le traitement d’autres demandes. Pour Daye Diallo, vice-président aux politiques de main-d’œuvre et à l’intelligence économique de l’organisme, cette façon de procéder ajoute encore de l’imprévisibilité à un système déjà complexe.

L’enjeu, selon lui, n’est pas seulement de répondre à l’urgence du moment, mais de mettre en place une solution plus stable, afin d’éviter qu’une nouvelle règle soit adoptée chaque fois qu’un problème apparaît.

Un correctif attendu dans un contexte de forte pression

Cette nouvelle priorisation survient alors que la question du maintien au Québec des travailleurs temporaires devient de plus en plus sensible. Plusieurs d’entre eux occupent déjà un emploi, paient des impôts, vivent ici avec leur famille et souhaitent s’établir durablement dans la province.

Pour le gouvernement Fréchette, il s’agit donc d’envoyer un signal : les travailleurs déjà présents et engagés dans une démarche d’immigration permanente ne doivent pas être pénalisés uniquement en raison des délais administratifs. Reste maintenant à voir si Ottawa acceptera d’élargir sa propre mesure aux titulaires de permis ouverts, ce qui permettrait de réduire plus efficacement les risques de départs forcés dans les prochains mois.

Source : La Presse

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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