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Des régions du Québec réclament une immigration mieux adaptée à leurs réalités

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Alors que les débats sur l’immigration se concentrent souvent sur les seuils d’accueil, plusieurs régions du Québec veulent ramener la discussion sur un enjeu qu’elles jugent essentiel : leur survie démographique, économique et sociale.

Pas moins de 36 organisations provenant de 10 régions québécoises demandent aux gouvernements du Québec et du Canada d’adopter des politiques d’immigration mieux adaptées aux réalités régionales. Réunies au sein du Comité de l’immigration économique en région, elles souhaitent que les décisions en matière d’immigration tiennent davantage compte des besoins concrets des territoires, particulièrement ceux qui sont éloignés des grands centres.

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Une immigration pensée pour les grands centres?

Pour plusieurs acteurs régionaux, les politiques actuelles ne reflètent pas suffisamment la réalité vécue en dehors de Montréal, Laval ou Québec. Le directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de La Matanie, Denis Lévesque, insiste sur l’importance de parler d’une seule voix afin d’être entendu autant à Québec qu’à Ottawa.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette, estime pour sa part que le discours public est trop souvent réduit à une question de chiffres. Selon lui, les débats nationaux mettent l’accent sur le nombre d’immigrants ou sur certains enjeux très urbains, comme la francisation à Montréal, alors que les régions éloignées vivent une réalité complètement différente.

Une question de vitalité régionale

Dans plusieurs régions, l’immigration n’est pas seulement vue comme une réponse à la pénurie de main-d’œuvre. Elle est aussi perçue comme un levier essentiel pour maintenir la vitalité des communautés.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le vieillissement de la population et la baisse du nombre de jeunes pèsent lourdement sur l’avenir du territoire. Le maire rappelle qu’il ne s’agit pas uniquement de combler des postes dans les commerces ou les entreprises, mais aussi de maintenir des écoles ouvertes, des services essentiels, des organismes communautaires et une vie culturelle dynamique.

La situation démographique est particulièrement préoccupante en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. En 2025, cette région affichait la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus au Québec, soit 32,2 %. Elle comptait aussi la plus faible proportion de jeunes de moins de 20 ans, à 16,3 %, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Des besoins criants en main-d’œuvre

Le monde économique régional souligne également l’urgence d’agir. Aux Îles-de-la-Madeleine, la Chambre de commerce indique que pour 100 personnes qui partent à la retraite, seulement 35 sont disponibles pour les remplacer. Cette situation crée une pression importante sur les entreprises, les services publics et les organismes locaux.

La Matanie fait face à des enjeux similaires. La création de 250 nouveaux postes y est anticipée, ce qui renforce le besoin d’attirer et de retenir des travailleurs. Pour Denis Lévesque, des mesures stables sont nécessaires afin de permettre aux entreprises de poursuivre leur développement, d’envisager des projets d’agrandissement et d’accueillir de nouveaux joueurs économiques.

Des politiques plus stables et plus prévisibles

Le Comité de l’immigration économique en région déplore aussi l’instabilité créée par les réformes successives des programmes d’immigration. Les changements récents, notamment autour du Programme de l’expérience québécoise, auraient contribué à créer de l’incertitude chez les employeurs comme chez les travailleurs immigrants.

Pour Martin Paquette, directeur de la Chambre de commerce des Îles-de-la-Madeleine, cette incertitude nuit à la fois à l’économie et au tissu communautaire. Les travailleurs qui ont déjà choisi de s’établir en région doivent, selon lui, pouvoir y rester plus facilement lorsqu’ils souhaitent s’y enraciner.

Des solutions proposées

Parmi les pistes avancées, Antonin Valiquette propose la création d’une table de concertation consacrée à l’immigration dans les régions éloignées. Il souhaite également la mise en place de diagnostics territoriaux afin de dresser un portrait plus précis des besoins de chaque région.

L’objectif serait de sortir d’une approche uniforme et de mieux tenir compte des réalités démographiques, économiques et sociales propres à chaque territoire. Pour les élus et les acteurs économiques régionaux, il ne suffit plus de parler de régionalisation de l’immigration : encore faut-il que les critères de sélection, les programmes et les décisions gouvernementales reflètent réellement les besoins des régions.

Un appel à dépasser les débats partisans

Au-delà des chiffres et des débats politiques, les organisations régionales demandent que l’immigration soit abordée comme un outil de développement territorial. Elles souhaitent une approche plus nuancée, plus prévisible et mieux adaptée aux réalités locales.

Pour ces régions, l’enjeu dépasse largement la simple pénurie de main-d’œuvre. Il touche à la capacité de maintenir des communautés vivantes, des services accessibles et une économie capable de se développer malgré le vieillissement de la population.

Le message des 36 organisations est clair : l’immigration ne peut pas être pensée uniquement à partir des grands centres. Pour plusieurs régions du Québec, elle est devenue une condition essentielle à leur avenir.

Source : Radio-Canada

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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