Le Québec vient de porter au pouvoir un nouveau gouvernement du Parti Québécois à l’issue des élections du 5 octobre. Le Parti Québécois (PQ) revient ainsi au pouvoir après douze ans dans l’opposition. Il formera toutefois un gouvernement minoritaire, comme lors de son précédent passage au pouvoir. Cela signifie qu’il devra obtenir l’appui de députés d’autres partis pour faire adopter ses projets de loi et certaines de ses réformes.
L’arrivée au pouvoir de Paul St-Pierre Plamondon et du Parti Québécois pourrait entraîner un virage important de la politique d’immigration du Québec.
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Le PQ, parti souverainiste fondé en 1968 par René Lévesque, revient au gouvernement avec un programme qui prévoit à la fois une réduction des seuils d’immigration, un resserrement de l’immigration temporaire et le retour de la question de l’indépendance du Québec au premier plan.
Immigration : moins de résidents permanents et temporaires
Le changement le plus concret concerne les volumes.
Le Parti québécois souhaite ramener l’immigration permanente à environ 35 000 admissions par année, contre une cible d’environ 45 000 sous le gouvernement précédent.
Le parti veut surtout réduire fortement le nombre de résidents temporaires présents au Québec, notamment les travailleurs étrangers et certains étudiants internationaux.
Son objectif est de ramener la population non permanente à environ 250 000 à 300 000 personnes, soit une diminution importante par rapport aux niveaux actuels.
Pour y parvenir, le gouvernement pourrait agir sur les programmes de travailleurs étrangers, les étudiants internationaux et les critères de sélection économique.
Priorité aux personnes déjà installées au Québec
Un autre élément important du programme du PQ est sa volonté de privilégier les candidats qui vivent déjà au Québec.
Le parti souhaite notamment favoriser les travailleurs temporaires et les diplômés étrangers déjà intégrés à la société québécoise, particulièrement ceux qui travaillent en français.
Cette orientation pourrait avoir une conséquence directe : il pourrait devenir plus difficile d’obtenir une sélection permanente directement depuis l’étranger, tandis que certaines personnes déjà établies au Québec pourraient être davantage prioritaires.
Le gouvernement devra toutefois préciser comment cette approche sera appliquée au PSTQ, au PEQ et aux invitations Arrima.
Le français encore plus central
Sous un gouvernement péquiste, la maîtrise du français devrait également prendre une importance accrue.
Le PQ considère l’immigration comme un outil essentiel pour maintenir le caractère francophone du Québec dans une Amérique du Nord majoritairement anglophone.
Les futurs critères d’immigration pourraient donc accorder encore davantage de poids au niveau de français, à l’intégration au marché du travail québécois et à la connaissance de la société québécoise.
Un autre dossier revient : l’indépendance du Québec
L’élection d’un gouvernement péquiste ne concerne pas uniquement l’immigration.
Le Parti québécois demeure avant tout un parti souverainiste dont l’objectif historique est de faire du Québec un pays indépendant.
Le Québec a déjà organisé deux référendums sur cette question, en 1980 et en 1995. Le dernier avait été extrêmement serré, avec 50,6 % des voix contre l’indépendance et 49,4 % en faveur.
Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a confirmé que son gouvernement souhaite préparer le terrain pour un troisième référendum sur la souveraineté du Québec.
Pas de changement immédiat pour les immigrants
Pour les personnes actuellement engagées dans un projet d’immigration au Québec, il est important de distinguer le programme politique des règles actuellement en vigueur.
Les programmes d’immigration existants continuent de s’appliquer tant que le nouveau gouvernement ne les modifie pas officiellement.
Les prochains mois seront donc déterminants, notamment pour connaître :
- les nouveaux seuils d’immigration ;
- l’avenir du PEQ et du PSTQ ;
- les futures invitations Arrima ;
- les restrictions visant les travailleurs et étudiants temporaires ;
- et le calendrier éventuel d’un référendum sur l’indépendance.
Pour les candidats à l’immigration, le message politique envoyé par cette élection est néanmoins clair : le Québec devrait chercher à accueillir moins de nouveaux arrivants, tout en favorisant davantage les personnes déjà présentes dans la province, francophones et intégrées au marché du travail québécois.

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