Face à la pénurie de médecins, une forte majorité de Canadiens appuie des démarches permettant aux professionnels formés à l’étranger d’exercer au pays. Pour les médecins immigrants, ces résultats mettent en lumière un enjeu central : pouvoir utiliser leurs compétences dans leur pays d’accueil.
Faciliter la reconnaissance des médecins formés à l’étranger fait partie des solutions que les Canadiens souhaitent voir avancer pour améliorer l’accès aux soins. Un sondage réalisé par Nanos Research pour le Conseil médical du Canada (CMC) révèle un appui important à plusieurs mesures, du retour des Canadiens ayant étudié la médecine à l’étranger à l’intégration de médecins immigrants déjà installés au pays.
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Des compétences déjà présentes au Canada
Selon les résultats rapportés par La Presse Canadienne, 78 % des répondants sont favorables à l’octroi d’un permis d’exercice aux médecins formés à l’étranger qui résident déjà au Canada, mais qui ne travaillent pas actuellement en médecine.
Cette situation illustre le décalage qui peut exister entre l’installation au Canada et l’accès à une profession réglementée. Un médecin peut arriver avec une formation et une expérience professionnelles, sans pouvoir immédiatement soigner des patients dans son nouveau pays.
Pour ces professionnels, la reconnaissance des compétences représente donc une étape déterminante de leur intégration. Pour le système de santé, elle soulève aussi la question de la contribution de personnes déjà présentes sur le territoire.
Le retour des Canadiens formés à l’étranger arrive en tête
Invités à hiérarchiser les solutions, les répondants placent d’abord le retour au pays des citoyens canadiens ayant suivi leur formation médicale à l’étranger.
La deuxième priorité consiste à faciliter l’accès à un permis pour les médecins issus de pays préapprouvés, dont la formation est jugée comparable à celle du Canada. L’intégration des médecins formés à l’étranger qui vivent déjà au Canada, sans y exercer, arrive au troisième rang.
Ce classement ne traduit donc pas un rejet de cette dernière option : chacune des trois approches bénéficie d’un appui important.
Un processus accéléré pour davantage de médecins
Autre résultat marquant : 86 % des répondants soutiennent l’élargissement de la liste des pays ou territoires dont la formation médicale permet de bénéficier d’un parcours accéléré vers l’exercice au Canada.
Une telle évolution pourrait ouvrir cette voie à davantage de professionnels. Elle nécessiterait toutefois de déterminer quelles formations répondent aux exigences retenues par les organismes responsables.
L’enjeu est de rendre les parcours plus accessibles et plus clairs, tout en évaluant la capacité des candidats à offrir des soins sécuritaires.
Qui autorise les médecins à exercer?
Le Conseil médical du Canada intervient notamment dans l’évaluation des compétences et la vérification des titres. **Il ne délivre toutefois pas les permis d’exercice**, qui relèvent des organismes de réglementation provinciaux et territoriaux. Au Québec, cette responsabilité appartient au Collège des médecins du Québec.
Pour un médecin qui envisage d’immigrer, cette distinction est essentielle : les démarches d’immigration et celles permettant d’exercer la médecine répondent à des exigences distinctes. Le parcours professionnel doit donc être préparé en fonction de la province ou du territoire où il souhaite travailler.
Faciliter aussi la mobilité entre provinces
Les Canadiens souhaitent également réduire les obstacles à la mobilité des médecins à l’intérieur du pays. Au total, 84 % des répondants appuient la possibilité, pour un médecin autorisé dans une province, d’exercer plus facilement dans une autre sans permis supplémentaire ni nouveaux examens.
Le sondage exprime ainsi une volonté de mieux utiliser les compétences médicales, qu’elles aient été acquises à l’étranger ou qu’elles soient déjà reconnues ailleurs au Canada. Ces résultats constituent un signal d’opinion publique; ils ne représentent pas, à eux seuls, un changement des conditions d’accès à la profession.
Le sondage a été mené en ligne du 6 au 11 mai 2026 auprès de 1 000 adultes canadiens. L’échantillon étant non probabiliste, aucune marge d’erreur statistique ne peut lui être attribuée, précise Nanos Research.
Sources : Noovo

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