Le gouvernement fédéral vient d’annoncer une mesure attendue par de nombreuses entreprises et par le gouvernement du Québec : certains travailleurs étrangers temporaires pourront prolonger leur permis de travail d’une année supplémentaire.
L’annonce a été faite vendredi par le ministre fédéral de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement et lieutenant du Québec, Joël Lightbound, au nom de la ministre de l’Immigration Lena Metlege Diab, lors d’une visite à Saint-Alban, dans la MRC de Portneuf.
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L’objectif est clair : éviter que des milliers de travailleurs étrangers quittent le Québec alors qu’ils sont en voie d’obtenir la résidence permanente.
Une prolongation pour éviter un départ massif de travailleurs
Concrètement, les travailleurs étrangers temporaires admissibles pourront continuer à travailler pour leur employeur actuel pendant un maximum de 12 mois supplémentaires.
Cette période doit permettre au gouvernement du Québec d’examiner leur dossier de résidence permanente.
Les travailleurs qui souhaitent bénéficier de cette mesure pourront présenter leur demande jusqu’au 31 décembre 2026 et bénéficieront d’un traitement accéléré. Ottawa recommande toutefois de déposer la demande avant l’expiration du permis actuel, afin de pouvoir continuer à travailler pendant l’analyse du dossier.
Selon le gouvernement fédéral, cette mesure vise notamment à donner plus de temps au Québec pour assurer la transition entre l’immigration temporaire et la résidence permanente.
Assouplissement du programme en région
Ottawa a également annoncé un ajustement du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) dans certaines régions rurales.
Du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les employeurs situés dans ces régions pourront :
- conserver leur nombre actuel de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire
- augmenter leur proportion de travailleurs étrangers de 10 % à 15 %
Pour le ministre Joël Lightbound, il s’agit d’un levier stratégique pour soutenir les entreprises et les régions qui dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère.
Québec accueille la mesure avec prudence
Du côté du gouvernement québécois, la réaction est mitigée.
Le ministre de l’Immigration Jean-François Roberge reconnaît que le fédéral montre enfin une volonté d’agir pour le Québec, mais il estime que la mesure ne règle qu’une partie du problème.
Québec réclame en effet le renouvellement des permis de travail pour l’ensemble des travailleurs étrangers temporaires présents sur son territoire, à l’exception de Montréal et Laval.
Selon lui, plusieurs zones d’ombre demeurent :
- les types de permis réellement admissibles
- la définition des régions rurales
- l’équité entre les différentes régions.
« Le diable est dans les détails », a-t-il écrit sur la plateforme X.
Les municipalités et les entreprises jugent les mesures insuffisantes
Plusieurs organisations économiques et municipales estiment également que les annonces ne vont pas assez loin.
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) parle d’un premier geste, mais juge la mesure trop restrictive. Son président de la commission sur l’immigration, Marc-Alexandre Brousseau, rappelle que de nombreuses entreprises ne pourront pas en bénéficier.
Plus de 350 municipalités ont d’ailleurs adopté des résolutions demandant des assouplissements supplémentaires. Une délégation de maires doit se rendre à Ottawa le 23 mars pour poursuivre les discussions.
Le Conseil du patronat du Québec accueille la décision avec ouverture, mais déplore qu’elle crée un traitement différent entre les régions et les grands centres.
« Exclure des régions comme le Grand Montréal ou la grande région de Québec, c’est ignorer une partie importante de l’activité économique », souligne sa présidente Michelle LLambías Meunier.
La Fédération québécoise des municipalités (FQM) estime pour sa part que les mesures sont partielles et insuffisantes pour offrir la prévisibilité nécessaire aux employeurs.
Le maire de Québec réclame davantage d’assouplissements
Le maire de Québec, Bruno Marchand, a lui aussi salué certaines avancées tout en jugeant la réponse d’Ottawa incomplète.
Selon lui, plusieurs régions métropolitaines importantes, comme Québec, Drummondville ou Trois-Rivières, ne bénéficient pas des assouplissements destinés aux milieux ruraux.
« Il y a quelques règles qui sont assouplies. C’est une bonne chose. Mais c’est loin d’être suffisant », a-t-il affirmé.
La Ville de Québec rappelle que la région de la Capitale-Nationale aurait besoin d’environ 13 000 immigrants par année pour soutenir sa croissance économique.
Une question demeure : les travailleurs avec permis ouverts
Malgré ces nouvelles mesures, une question importante demeure : qu’en est-il des travailleurs présents au Québec avec un permis de travail ouvert ?
C’est notamment le cas de nombreux titulaires d’un permis de travail post-diplôme (PTPD).
Ces travailleurs occupent souvent des postes essentiels, sont déjà intégrés au marché du travail et plusieurs ont même été invités à présenter une demande de sélection permanente.
Or, la mesure annoncée par Ottawa semble viser principalement les permis de travail fermés liés à un employeur, ce qui pourrait exclure ces travailleurs du prolongement d’un an.
Source : La Presse,TVA Nouvelles


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