Salaires au Québec : les employeurs prévoient des hausses de 3,1 % en 2027 - Immigrer.com
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Salaires au Québec : les employeurs prévoient des hausses de 3,1 % en 2027

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Les augmentations salariales devraient continuer de ralentir l’an prochain. Les attentes des travailleurs demeurent toutefois plus élevées que les intentions affichées par les employeurs.

Les employeurs québécois prévoient accorder des augmentations salariales moyennes de 3,1 % en 2027, selon les nouvelles prévisions de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA).

Cette estimation repose sur la compilation de huit enquêtes réalisées par des firmes spécialisées auprès d’environ 1 300 employeurs du Québec. Elle confirme la poursuite d’une tendance à la modération salariale, après les hausses plus importantes consenties pendant la période de forte inflation.

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Il s’agirait ainsi d’une quatrième année consécutive de ralentissement des augmentations.

Des attentes plus élevées chez les travailleurs

Les intentions des employeurs risquent toutefois de décevoir une partie des salariés. Selon un sondage Léger réalisé pour l’Ordre, les travailleurs québécois espèrent recevoir une augmentation moyenne de 3,7 % en 2027, soit 0,6 point de plus que les prévisions patronales.

L’écart est encore plus marqué chez les hommes, qui s’attendent en moyenne à une hausse de 4,6 %. Les femmes interrogées affichent des attentes beaucoup plus modestes, de l’ordre de 2,6 %.

« Certaines déceptions sont à prévoir », a reconnu Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des CRHA, au moment de présenter les résultats.

L’enquête ne permet pas d’expliquer avec certitude cette différence entre les attentes des hommes et celles des femmes. La présence plus importante des femmes dans des secteurs où les augmentations sont généralement moins élevées pourrait notamment jouer un rôle.

Des études montrent aussi que les femmes sont parfois moins à l’aise lorsqu’il s’agit de négocier leur rémunération. L’Ordre souligne toutefois qu’il ne s’agit que d’une hypothèse, puisque les participants au sondage n’ont pas eu à justifier leurs attentes.

Des augmentations variables selon les secteurs

Les prévisions salariales diffèrent légèrement d’un secteur d’activité à l’autre, même si les écarts demeurent relativement limités.

L’administration publique devrait offrir les augmentations les moins importantes, avec une moyenne prévue de 2,7 %.

À l’autre extrémité, les entreprises de services d’utilité publique anticipent des hausses moyennes de 3,7 %. Cette catégorie comprend notamment la distribution d’électricité et de gaz, les télécommunications ainsi que les services de traitement des eaux.

Malgré un contexte économique incertain, plusieurs organisations continuent donc de prévoir des augmentations supérieures à 3 %. Cette prudence n’efface pas complètement les préoccupations liées à la rétention du personnel, alors que certains secteurs connaissent toujours des difficultés de recrutement.

Des hausses équivalentes à l’inflation actuelle

La prévision de 3,1 % intervient dans un contexte où le coût de la vie demeure une source majeure d’inquiétude. Selon une analyse récente de l’Institut du Québec, 78 % des Québécois considèrent l’augmentation du coût de la vie comme un risque important ou très important pour leur situation financière.

En août 2026, l’inflation au Québec s’est justement établie à 3,1 %, selon Statistique Canada. Si cette inflation devait se maintenir à un niveau comparable en 2027, l’augmentation salariale moyenne envisagée par les employeurs permettrait essentiellement de préserver le pouvoir d’achat, sans véritable progression du salaire réel.

La situation varie cependant fortement selon le revenu des ménages. D’après l’Institut du Québec, les 40 % des ménages les moins fortunés ont vu leur pouvoir d’achat diminuer entre 2022 et 2025.

Le revenu réel disponible serait demeuré relativement stable pour les 40 % de ménages suivants, tandis que les 20 % les plus aisés auraient amélioré leur situation pendant cette période.

La fidélisation demeure une priorité

Malgré le ralentissement économique, les employeurs ne semblent pas vouloir fermer complètement le robinet des augmentations. Les difficultés vécues pendant la pandémie et la vague de départs qui a suivi ont laissé des traces dans les organisations.

Selon Anna Potvin, associée chez Normandin Beaudry, l’incertitude économique et l’intégration de l’intelligence artificielle dans certaines tâches peuvent freiner les embauches. Les entreprises restent néanmoins soucieuses de conserver leurs employés expérimentés.

La firme Normandin Beaudry fait partie des huit organisations dont les enquêtes ont été analysées par l’Ordre des CRHA.

Les augmentations prévues pour 2027 traduisent donc un équilibre délicat : les employeurs cherchent à contrôler leurs coûts tout en demeurant suffisamment compétitifs pour retenir leur personnel. Pour les travailleurs, particulièrement ceux qui espèrent une hausse supérieure à l’inflation, la négociation salariale pourrait prendre une importance accrue au cours des prochains mois.

Le sondage Léger sur les attentes des travailleurs a été réalisé en ligne auprès de 529 répondants, du 31 juillet au 3 août 2026. Comme il ne repose pas sur un échantillonnage aléatoire de la population, aucune marge d’erreur ne peut lui être attribuée.

Source : Noovo

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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