Malgré un rare front commun à l’Hôtel de ville de Montréal, le gouvernement Legault refuse d’accorder des droits acquis aux travailleurs étrangers touchés par l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Lundi, la nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et l’opposition municipale avaient réclamé d’une seule voix l’instauration d’une clause de droits acquis afin de permettre aux personnes déjà établies au Québec, titulaires d’un permis temporaire, de déposer une demande dans le cadre du PEQ, perçu comme une voie rapide vers la résidence permanente.
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Mais le message de Québec est sans équivoque.
En marge du caucus des élus de la Coalition avenir Québec (CAQ), tenu mardi à Trois-Rivières, le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, a catégoriquement rejeté cette option. Il a rappelé que si le PEQ avait été gelé avant son abolition officielle, aucun nouveau dossier ne serait accepté.
« On ne va pas appliquer une clause de droit acquis pour des gens qui n’ont pas déposé de dossier », a-t-il tranché.
Seules les demandes soumises avant le gel puis l’abolition du programme continueront d’être traitées. Pour tous les autres, la porte est définitivement fermée.
Présente aux côtés du ministre, Christine Fréchette, candidate à la direction de la CAQ, a appuyé cette position :
« Ceux qui n’ont pas déposé de demande et qui voudraient en déposer maintenant, vous comprendrez qu’on ne peut pas analyser leur dossier. »
Jean-François Roberge a d’ailleurs tenu à couper court aux attentes : « Les gens voudraient qu’on réinstaure le PEQ, on ne rétablira pas le PEQ. »
Un virage vers le PSTQ
Les travailleurs et diplômés étrangers autrefois admissibles au PEQ devront désormais se tourner vers le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Jusqu’à son abolition, le 19 novembre dernier, le PEQ permettait aux travailleurs étrangers temporaires et aux diplômés du Québec, ayant cumulé 12 mois d’expérience de travail au cours des 24 derniers mois, de déposer une demande de résidence permanente.
Le PSTQ, en revanche, repose sur un système de sélection plus exigeant, basé sur un pointage intégrant de nombreux critères, notamment la maîtrise du français, l’expérience professionnelle et l’adéquation avec les besoins du marché du travail.
Selon le ministre, ce changement de cap s’inscrit dans une logique assumée :
« La meilleure façon d’accueillir ces gens-là, c’est de les sélectionner en fonction de leur profil économique, de s’assurer qu’ils répondent à des besoins précis, dans des secteurs prioritaires, majoritairement à l’extérieur de Montréal. »
Jean-François Roberge insiste : le PSTQ n’a rien d’un mécanisme automatique.
« On n’ira pas avec un programme “premier arrivé, premier servi”. C’est un programme profondément économique. »
Un choix qui laisse toutefois de nombreux travailleurs étrangers dans l’incertitude, eux qui comptaient sur le PEQ et se retrouvent aujourd’hui sans solution de transition.
Source : Le Devoir


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