Permis ouverts et résidents permanents : un départ plus incertain - Immigrer.com
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Permis ouverts et résidents permanents : un départ plus incertain

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Une nouvelle étude de HEC Montréal vient jeter un éclairage nuancé sur la réussite des immigrants hautement qualifiés. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle tout se jouerait sur le diplôme, l’expérience ou le niveau de langue, les chercheurs montrent que la trajectoire économique dépend souvent davantage de la manière dont ces personnes entrent au pays que de leur profil lui-même.

En comparant plusieurs groupes d’immigrants économiques arrivés depuis 2015 — titulaires de permis de travail fermé, de permis ouvert, étudiants étrangers et résidents permanents admis directement depuis l’étranger — les chercheurs constatent que le statut à l’entrée est un puissant indicateur du succès futur. Ceux qui arrivent avec un permis de travail fermé obtiennent, en moyenne, les meilleurs résultats. Ils gagnent davantage et se positionnent plus haut dans la distribution des revenus que les autres immigrants hautement qualifiés, y compris certains résidents permanents sélectionnés depuis l’étranger. La raison est simple : ils ont déjà un emploi en arrivant. Leur intégration au marché du travail commence immédiatement, sans période d’incertitude, de recherche d’emploi ou de reconnaissance de diplômes.

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À l’inverse, les titulaires de permis ouverts et les nouveaux résidents permanents doivent souvent franchir plusieurs étapes avant de stabiliser leur situation professionnelle. Même hautement qualifiés, ils peuvent connaître un démarrage plus lent, le temps d’obtenir une première expérience locale ou de faire reconnaître leurs compétences.

Les étudiants étrangers présentent un profil distinct. Ils commencent généralement avec des revenus plus faibles, mais une fois intégrés au marché du travail, leur progression est plus rapide que celle des autres groupes. Ce sont les seuls pour lesquels le modèle en deux étapes — statut temporaire puis résidence permanente — semble réellement offrir un avantage en matière d’intégration économique.

Depuis une dizaine d’années, ce modèle en deux temps est pourtant souvent présenté comme la voie la plus efficace vers une intégration réussie. L’étude invite à relativiser cette affirmation. Dans l’ensemble, les résidents non permanents ne rattrapent pas plus vite les travailleurs nés au Canada que les résidents permanents admis directement de l’étranger. Avoir déjà vécu ou travaillé ici ne garantit donc pas automatiquement de meilleurs résultats. Tout dépend du type de parcours initial.

Les chercheurs soulignent également une limite importante du système de sélection. Le système de points utilisé pour choisir les immigrants économiques ne repère pas toujours ceux qui obtiendront les meilleurs résultats sur le marché du travail. Les critères actuels donnent une indication du potentiel, mais ils ne suffisent pas toujours à prédire les revenus futurs ou la rapidité de progression. Autrement dit, il y a d’excellents candidats dans tous les programmes, mais le système ne sélectionne pas nécessairement les plus performants dans chaque catégorie.

Enfin, l’étude, fondée sur une enquête menée en 2025 auprès de 2 500 immigrants récents, rappelle que la rétention ne repose pas uniquement sur le niveau de salaire. Ce qui incite vraiment à rester, c’est la progression. Les personnes dont les revenus augmentent rapidement sont beaucoup plus susceptibles de vouloir s’établir durablement et de demander la résidence permanente.

Au-delà des chiffres, les chercheurs invitent donc à écouter davantage les aspirations des immigrants eux-mêmes. On parle souvent d’eux en termes de volumes ou de quotas, mais rarement de leurs ambitions, de leurs attentes et de leurs trajectoires réelles. Pour ajuster efficacement les politiques d’immigration, il ne suffit pas de comparer les statuts : il faut analyser l’ensemble des données et comprendre ce qui favorise réellement l’intégration économique à long terme.

Source : La Presse

Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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