La Ville de Montréal hausse le ton face à l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et demande au gouvernement du Québec de corriger le tir. Dans une déclaration commune déposée en amont du prochain conseil municipal, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et la cheffe de Projet Montréal, Ericka Alneus, exhortent Québec à instaurer une clause de droits acquis, communément appelée clause grand-père, pour les personnes déjà établies dans la province.
Protéger ceux qui ont bâti leur projet de vie au Québec
Cette clause viserait les travailleurs et étudiants étrangers détenteurs d’un permis d’immigration temporaire au moment de l’abolition du PEQ, survenue le 19 novembre dernier sous le gouvernement de la CAQ. Pour la Ville, il s’agit d’une question d’équité.
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Montréal estime que ces personnes ont pris des décisions majeures — études, emploi, installation familiale — en se basant sur l’existence d’un programme qui leur promettait une voie rapide vers la résidence permanente. Son abolition soudaine aurait, selon la Ville, des répercussions humaines importantes, particulièrement dans la métropole.
Un choc pour les familles… et pour l’attractivité de Montréal
Dans leur déclaration, les élues municipales évoquent des conséquences « dramatiques » pour de nombreuses familles, mais aussi un impact plus large sur l’avenir de Montréal. La Ville soutient que la suppression du PEQ nuit directement à :
- l’attractivité de Montréal pour les talents internationaux ;
- la rétention des travailleurs qualifiés et des diplômés étrangers ;
- le rayonnement international de ses établissements d’enseignement supérieur.
Montréal, qui accueille la majorité des étudiants étrangers et une grande part de la main-d’œuvre immigrante du Québec, se retrouve ainsi au cœur des effets collatéraux de la réforme.
Du PEQ au PSTQ : un virage plus restrictif
Le PEQ a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un nouveau mécanisme jugé plus complexe et plus restrictif par plusieurs observateurs. Contrairement au PEQ, le PSTQ ne garantit aucune voie accélérée et repose sur un système de points tenant compte notamment :
- du niveau de scolarité ;
- de l’expérience professionnelle au Québec et à l’étranger ;
- du niveau de français ;
- de l’âge ;
- de la région de résidence.
Le programme favorise en outre les candidats établis à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), ce qui place la métropole dans une position moins avantageuse.
Autre changement majeur : les candidats doivent désormais soumettre une déclaration d’intérêt et attendre une invitation du ministère de l’Immigration, sans garantie de sélection.
Un bras de fer politique en vue
En réclamant une clause grand-père, Montréal cherche à obtenir un compromis : protéger les personnes déjà présentes, sans remettre entièrement en question la réforme du système de sélection. Reste à voir si le gouvernement de la CAQ acceptera d’ouvrir la porte à cet ajustement, alors que la refonte de l’immigration économique demeure un dossier hautement politique.
Pour des milliers de travailleurs et d’étudiants étrangers, l’enjeu est crucial : il s’agit ni plus ni moins de la sécurité juridique de leur projet de vie au Québec.
Source : Radio-Canada
Crédit photo : Hotel de ville de Montréal, Vieux-Montréal


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