La ministre canadienne de l’Immigration, Lena Metlege Diab, souhaite doter son ministère de nouveaux outils afin de mieux suivre le départ des personnes titulaires de visas temporaires quittant le Canada.
Selon les données d’Immigration Canada, (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC)), près de 1,9 million de visas temporaires — incluant des permis de travail et d’études — arrivent à expiration cette année. En 2024, ce chiffre dépassait 2,1 millions.
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Actuellement, IRCC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) peuvent suivre certaines informations liées aux déplacements de personnes ou de groupes précis, mais il n’existe pas de mécanisme simple permettant de savoir combien de résidents temporaires quittent réellement le pays.
La ministre souhaite remédier à cette situation grâce à des outils numériques.
« Plusieurs pays dans le monde sont capables de suivre ces données. Je crois que le Canada devrait en faire autant », a-t-elle affirmé lors d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.
« Avions-nous cette capacité auparavant ? Non. Devrions-nous l’avoir ? Oui. Et c’est un objectif sur lequel nous allons travailler. »
Devant un comité parlementaire le 21 octobre dernier, Aaron McCrorie, vice-président du renseignement et de l’application de la loi à l’ASFC, a expliqué que l’agence peut déjà savoir qui quitte le Canada, par quel moyen de transport, à quelle date et avec quels documents de voyage. Toutefois, elle ne peut pas déterminer automatiquement si un départ est lié à l’expiration d’un visa, sauf par des vérifications manuelles longues et coûteuses en ressources.
Hausse marquée des demandes d’asile
Les résidents temporaires ont largement contribué à la forte augmentation des demandes d’asile en 2024. En réponse à une question écrite de la députée conservatrice Michelle Rempel Garner, le gouvernement révèle que plus de 112 000 personnes titulaires d’un visa temporaire et près de 22 000 étudiants étrangers ont présenté une demande d’asile cette année-là.
Or, seulement 14 % des demandes provenant de titulaires de visas temporaires et 20 % de celles des étudiants ont été acceptées. À titre de comparaison, en 2020, environ 6 600 résidents temporaires et 1 100 étudiants avaient demandé l’asile, et la majorité de ces demandes avaient alors été approuvées.
La ministre soutient que le projet de loi fédéral C-12, actuellement à l’étude au Sénat, vise à dissuader les demandes d’asile utilisées comme moyen de prolonger un séjour au Canada. La loi prévoit notamment que les demandes d’asile ne soient plus transmises à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié si la personne se trouvait déjà au Canada depuis plus d’un an au 24 juin 2020.
« Ces dernières années, plusieurs personnes ont probablement reçu le conseil de demander l’asile comme dernier recours. Lorsqu’on ne connaît pas le système, on suit souvent le meilleur conseil qu’on a sous la main », reconnaît la ministre.
« Nous voulons désormais être clairs et transparents sur ce que nous attendons des gens, et sur ce que le système canadien peut — ou ne peut pas — absorber. »
Rétablir la confiance dans le système
Face aux critiques affirmant que le gouvernement limite le droit de demander l’asile, Mme Diab rappelle que les personnes concernées peuvent toujours déposer une évaluation des risques avant renvoi.
Elle affirme que l’ensemble de ces mesures vise à rétablir la confiance du public dans le système d’immigration, après une hausse rapide du nombre d’admissions permanentes et temporaires. Le Canada avait fixé en 2024 un objectif record de 485 000 résidents permanents.
Selon la ministre, la réduction des seuils prévue dans le plan des niveaux d’immigration de 2025 a permis d’atteindre les cibles : 393 500 résidents permanents ont été admis l’an dernier, pour un objectif de 395 000.
Les données publiques d’IRCC indiquent par ailleurs que 305 000 travailleurs et étudiants temporaires sont arrivés au Canada entre le 1er janvier et le 30 novembre 2025, alors que la cible annuelle était d’environ 673 000.
« Nous reprenons le contrôle de notre système d’immigration et nous le ramenons vers un modèle durable », affirme Mme Diab.
Modernisation numérique en cours
La ministre souligne enfin que son ministère teste actuellement de nouveaux services numériques, dont un projet pilote de renouvellement de passeports en ligne, lancé en décembre 2024 et limité à 1 000 demandes par jour.
Un second projet pilote, lancé le 27 novembre 2025, permet à un petit groupe de voyageurs marocains d’obtenir un visa numérique, en complément du document physique traditionnel. IRCC évalue actuellement l’efficacité de ces visas numériques auprès des voyageurs et des compagnies aériennes.
« Notre système est ancien et doit être modernisé. C’est un chantier immense, qui prendra du temps, mais il est en cours. Nous avançons prudemment, car une erreur à ce niveau aurait de lourdes conséquences pour l’immigration », conclut la ministre.
Source : CTV, La Presse canadienne


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