Fin du PEQ : clause de droits acquis ? - Immigrer.com
mardi , 17 février 2026
Accueil Actualité Fin du PEQ : clause de droits acquis ?
Actualité

Fin du PEQ : clause de droits acquis ?

1

L’annonce de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, continue de provoquer une véritable onde de choc dans la communauté immigrante. Plusieurs candidats, déjà établis au Québec avec l’espoir d’y obtenir la résidence permanente, dénoncent un changement de cap brutal qui menace leur projet de vie. À Montréal et à Québec, une vaste mobilisation est prévue lundi pour réclamer le rétablissement du PEQ et l’application d’une clause de droits acquis pour celles et ceux arrivés sous les anciennes règles.

Une décision qui bouleverse des parcours de vie

Parmi les personnes touchées, Violeta Ilic, Française d’origine, installée depuis 2023 avec sa famille à Saint-Félicien. Orthopédagogue, elle travaille en français, est propriétaire et s’est intégrée socialement et professionnellement. Elle parle d’un sentiment « d’injustice » devant ce changement de règles imposé sans préavis.

🎓 Recevez infos exclusives + accès aux webinaires Q&R

Canada

Abonnez-vous pour recevoir chaque semaine :

  • Les dernières nouvelles sur l’immigration au Canada
  • Des invitations à nos webinaires (questions/réponses en direct)
  • Des outils pratiques pour réussir votre projet d’installation

« La plupart des gens qui sont venus ici ont tout quitté. Ce n’est pas un simple projet d’aventure, c’est notre vie qu’on a déplacée », explique-t-elle. Après avoir investi temps, argent et efforts pour se conformer aux exigences québécoises — y compris des cours supplémentaires — elle voit désormais son avenir basculer. « Je ne me vois pas dire à mes enfants qu’on a fait tout ça pour rien », confie-t-elle.

Admissible au PEQ depuis septembre, Mme Ilic n’a jamais pu déposer sa demande : le programme avait été suspendu quelques mois plus tôt. Elle renouvelle aujourd’hui son permis de travail, une démarche qu’elle pensait ne plus avoir à entreprendre.

Du PEQ au PSTQ : un système moins accessible

Le PEQ, voie rapide vers la résidence permanente pour les diplômés québécois et les travailleurs étrangers temporaires, sera remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), désormais basé sur un système d’invitations.

Même si les travailleurs en région et francophones pourraient être avantagés, l’incertitude demeure. Mme Ilic, qui cumule plusieurs critères favorables, n’a toutefois aucune garantie : « Comme j’ai plus de 45 ans, je n’ai aucun point pour l’âge. »

Cette incertitude reflète la situation de nombreuses personnes qui étaient en voie de postuler au PEQ, mais dont le parcours se retrouve maintenant interrompu.

Une nouvelle mobilisation en préparation

Le collectif Le Québec, c’est nous aussi (LQCNA), actif depuis des années dans les luttes liées au PEQ, dénonce une décision prise « encore une fois sans préavis ». Son fondateur, Thibault Camara, rappelle que des milliers de personnes étudient, travaillent et vivent en français au Québec depuis des années et méritent « justice, respect et équité ».

Plusieurs élus appuient cette mobilisation. Le député libéral de l’Acadie, André A. Morin, accuse le gouvernement d’avoir « cassé son contrat moral » envers les immigrants : « C’est comme changer les règles du jeu en troisième période d’un match de hockey. Ça ne se fait pas. »

Il cite notamment le cas d’un Français, établi avec sa famille à Québec, formé comme soudeur en réponse à une forte demande locale, mais désormais incapable de déposer sa demande en raison de la suspension du PEQ.

Guillaume Cliche-Rivard, député de Québec solidaire et ancien avocat en immigration, demande lui aussi une clause de droits acquis pour les personnes déjà présentes sur le territoire : « Par respect et humanité, il faut tenir compte de ceux qui ont fait le choix du Québec. »

Des associations étudiantes joindront également le mouvement. Une pétition, qui avait recueilli près de 14 000 signatures vendredi, continue de circuler.

Le gouvernement ferme la porte à une clause de droits acquis

Le cabinet du ministre Roberge dit comprendre les inquiétudes, mais exclut toute clause de droits acquis. Les demandes déjà déposées avant la suspension seront traitées, mais toutes les nouvelles devront passer par le PSTQ. Le gouvernement affirme que ce programme favorisera les diplômés québécois ayant une expérience de travail et les travailleurs étrangers déjà sur le territoire.

Pour les milliers de personnes qui comptaient sur le PEQ pour garantir leur avenir au Québec, l’incertitude demeure entière.

Source : Le Devoir

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

%s commentaire

  • Centre Éducatif

    Publicité

    Les plus lus récemment

    Publicité

    Abonnez-vous à notre Newsletter

    S’abonner

    Publicité

    Les plus commentés récemment

    Derniers commentaires

    Discussions en cours

    Articles similaires

    PSTQ : des milliers de candidats, moins de cinq certificats délivrés

    Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), désormais principal accès à...

    Quelles sont les villes les plus romantiques au Québec?

    À l’approche de la Saint-Valentin, une question revient chaque année : où...

    Québec explore des scénarios de transition entre le PEQ et le PSTQ pendant que la pression monte pour une clause grand-père

    Le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, a demandé à son...

    Québec parmi les villes les plus agréables à vivre du Canada

    La Ville de Québec vient de franchir un cap important sur la...

    Ouvrir un compte bancaire avant mon départ
    © 2026 immigrer.com
    >