Le Québec multiplie les efforts pour redorer son image auprès des étudiants étrangers. Après plusieurs mois marqués par des changements importants en immigration et une chute des inscriptions internationales, une mission en France et en Belgique vise désormais à rassurer et à relancer les partenariats avec les établissements européens.
Pendant une semaine, une délégation composée de la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, de représentants d’universités et de cégeps ira à la rencontre d’acteurs du milieu de l’éducation afin de rappeler que le Québec demeure une destination attractive pour les étudiants francophones. Officiellement, l’objectif est de renforcer les collaborations en recherche, en mobilité étudiante et en formation. Mais en toile de fond, il s’agit aussi de corriger une perception qui s’est nettement détériorée à l’international.
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Les récentes décisions en matière d’immigration, notamment l’imposition de quotas pour les étudiants étrangers et la disparition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour les diplômés, ont envoyé un signal d’incertitude. Résultat : dans plusieurs établissements, la baisse des demandes d’admission est déjà marquée. Certaines universités et cégeps constatent une chute importante du nombre de candidatures, ce qui se traduit directement par une diminution des inscriptions.
Dans certaines régions, la situation est particulièrement préoccupante. Des établissements qui comptaient fortement sur les étudiants internationaux pour maintenir leurs programmes et soutenir leur vitalité économique se retrouvent aujourd’hui en difficulté. Les quotas fixés par Québec sont parfois loin d’être atteints, preuve que l’attractivité de la province a été fragilisée.
Parmi les accompagnateurs de la ministre, il y a François Deschênes, qui est à la fois recteur de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et coprésident du Conseil franco-québécois de la coopération universitaire. Le nombre de demandes d’admission d’étudiants étrangers à l’UQAR est passé de près de 10 000 en 2024 à 2150 l’an dernier, une diminution qui s’est traduite en une baisse de 45 % des nouvelles inscriptions.
Pour tenter de renverser la tendance, le gouvernement mise sur un message clair : les étudiants étrangers ne doivent pas être perçus uniquement sous l’angle de l’immigration permanente, mais comme des acteurs essentiels du rayonnement académique et scientifique du Québec. Dans cette optique, des mesures sont également annoncées pour encourager la mobilité internationale, avec une augmentation de l’aide financière offerte aux étudiants québécois qui souhaitent étudier en Europe.
Malgré ces efforts, plusieurs acteurs du milieu de l’éducation demeurent prudents. Ils reconnaissent que la confiance a été ébranlée et que le travail pour reconstruire l’image du Québec sera long. Pour certains, la clé passera inévitablement par des gestes concrets, notamment la mise en place de parcours plus clairs vers la résidence permanente pour les diplômés étrangers.
source : Radio-Canada


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