Le retour du Programme de l’expérience québécoise avait ravivé leurs espoirs. Quelques mois plus tard, des candidats attendent toujours leur sélection par le Québec, alors que leur permis de travail approche de son échéance. Ils demandent au Parti québécois d’intervenir auprès d’Ottawa pour éviter que cette attente ne compromette leur avenir dans la province.
Pour les travailleurs concernés, chaque semaine compte. Après avoir déposé leur demande au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) lors de sa réouverture en juillet, plusieurs se retrouvent dans une situation angoissante : leur permis de travail risque d’expirer avant la réception de leur Certificat de sélection du Québec (CSQ).
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Le collectif Le Québec, c’est nous aussi demande au Parti québécois de faire pression sur le gouvernement fédéral pour faciliter le renouvellement des permis. L’objectif est de permettre aux personnes déjà engagées dans leurs démarches de continuer à travailler pendant le traitement de leur dossier.
Une attente qui pourrait compromettre leur projet
L’inquiétude dépasse la seule interruption d’un emploi. Selon Yamanda Zeher, porte-parole du collectif, les candidats concernés doivent toujours occuper un emploi lorsque leur dossier est examiné. La perte de leur autorisation de travailler avant cette étape pourrait donc, selon elle, compromettre leur admissibilité.
Ces travailleurs redoutent ainsi de voir leur projet de résidence permanente fragilisé par des délais sur lesquels ils n’ont aucune prise. Ils ont déposé leur demande, mais craignent de ne plus remplir les conditions requises au moment où viendra leur tour.
Le collectif souhaite une réponse politique qui tienne compte de cette urgence, afin que les démarches de sélection au Québec et les échéances des permis fédéraux ne placent pas les candidats dans une impasse.
Des familles privées d’un revenu
Pour certaines familles, les conséquences sont déjà concrètes.
Tiffany Corti, candidate au PEQ, explique que son conjoint ne peut plus travailler depuis l’expiration de son permis en septembre. Elle assume désormais seule les dépenses familiales, tout en surveillant sa propre échéance : son permis doit prendre fin en mars 2027.
Sans visibilité sur le traitement de sa demande, elle ignore si son CSQ arrivera à temps.
D’après son témoignage, son conjoint conserve néanmoins la possibilité d’obtenir un CSQ puisque sa demande est rattachée à la sienne. Une situation qui ne répond pas aux difficultés de tous les candidats et qui, dans l’immédiat, ne résout pas la perte de revenu du ménage.
Derrière les dossiers en attente, ce sont donc aussi des budgets familiaux et des projets de vie qui se retrouvent suspendus à une décision administrative.
Le traitement des demandes soulève des questions
Le collectif affirme que les dossiers traités depuis la réouverture du programme concernent principalement le volet étudiant. Il s’interroge également sur le respect de l’ordre de réception des demandes, estimant que le principe du premier arrivé, premier servi ne semble pas se traduire dans les résultats observés.
Ces constats sont ceux du collectif. Ils illustrent toutefois le manque de prévisibilité dénoncé par les candidats : sans savoir quand leur demande sera examinée, il leur est difficile d’anticiper les prochains mois.
Pour ceux dont le permis arrive bientôt à échéance, l’attente prend une dimension particulièrement urgente.
Des garanties attendues du Parti québécois
À la suite du scrutin du 5 octobre, les personnes interrogées demandent aussi des précisions sur les intentions du Parti québécois.
Tiffany Corti s’inquiète de la compatibilité entre les réductions des seuils d’immigration proposées par le parti et son engagement en faveur d’une clause de droits acquis. Cette mesure devait permettre aux personnes ayant déjà entamé leurs démarches de bénéficier des anciennes règles du PEQ.
Florence Michel, présidente du collectif et elle-même en attente de son CSQ, rapporte avoir reçu des assurances d’un représentant du parti quant au maintien des règles pour les démarches en cours.
Mais après l’abolition du PEQ en novembre 2025, puis son rétablissement temporaire en juillet, la confiance reste fragile. Les candidats veulent désormais savoir comment ces engagements se traduiront dans leur situation quotidienne.
Pouvoir continuer à travailler pendant l’attente
La demande des travailleurs concernés est immédiate : disposer d’une solution pour préserver leur capacité à travailler pendant que leur dossier suit son cours.
Pour eux, les assurances sur l’avenir du programme ne suffisent pas à régler une échéance de permis qui approche. Ils attendent des mesures concrètes et une coordination entre Québec et Ottawa, afin que le temps nécessaire au traitement de leur demande ne mette pas en péril leur installation.
Source : Le Journal de Québec




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