Pour une infirmière ou un infirmier formé à l’étranger, travailler au Québec nécessite de faire reconnaître ses qualifications. Le parcours dépend notamment du pays de formation et de l’admissibilité à l’entente entre la France et le Québec. Voici les principaux repères pour préparer son projet.
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Une expérience professionnelle, même longue, ne suffit pas à obtenir automatiquement le droit d’exercer au Québec. La profession est réglementée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), qui détermine les conditions d’admission applicables aux candidats formés à l’étranger.
Avant de planifier son entrée en poste, il faut donc identifier le parcours correspondant à son diplôme. Pour les personnes formées en France, un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) facilite l’accès à la profession, sous certaines conditions.
Pour en bénéficier, il faut avoir obtenu un diplôme d’État d’infirmier en France à la suite d’études réalisées sur le territoire français et être inscrit au Tableau de l’Ordre national des infirmiers de France. Une exigence d’expérience s’ajoute lorsque le diplôme date de plus de quatre ans : avoir exercé au moins 500 heures au cours des quatre années précédant la demande.
Un jeune diplômé n’est donc pas exclu de l’ARM simplement parce qu’il n’a pas encore travaillé 500 heures. Cette condition concerne les personnes dont le diplôme a été obtenu depuis plus de quatre ans.
La reconnaissance entre les deux territoires ne dispense toutefois pas d’une adaptation au système québécois. Le programme de l’OIIQ prévoit un stage de 75 jours, soit 544 heures, effectué avec un permis restrictif temporaire et un encadrement clinique. Ce stage permet de se familiariser avec les pratiques locales, la documentation des soins et la collaboration au sein des équipes.
Dans le cadre de l’ARM, la réussite de ce parcours permet d’accéder au permis régulier sans passer l’examen professionnel de l’OIIQ. Le stage constitue donc une étape déterminante du processus.
Pour les diplômés de France qui ne répondent pas aux conditions de l’ARM, une autre démarche est possible : la demande de reconnaissance d’équivalence. Selon la décision rendue par l’OIIQ, ce parcours peut mener au statut de candidat ou candidate à l’exercice de la profession infirmière, couramment appelé CEPI. Une attestation est alors nécessaire pour exercer à ce titre, dans les limites prévues, en attendant la réussite de l’examen professionnel.
Les personnes formées dans un autre pays que le Canada doivent également suivre un processus d’admission par équivalence. L’OIIQ examine leur dossier et détermine les étapes nécessaires, qui peuvent comprendre un programme d’intégration professionnelle. Le parcours prévoit ensuite l’accès au statut de CEPI, lorsque les conditions sont remplies, puis la réussite de l’examen professionnel.
Le pays de formation mérite une attention particulière. Être français et avoir travaillé en France ne signifie pas nécessairement que l’on bénéficie de l’ARM. Une personne ayant obtenu son diplôme en Belgique, par exemple, ne doit pas présumer que son inscription à l’ordre français lui ouvre automatiquement cette voie : les conditions portent aussi sur le lieu d’obtention du diplôme et de réalisation des études.
Pour préparer son départ, mieux vaut commencer par faire confirmer son admissibilité auprès de l’OIIQ, puis réunir les pièces demandées auprès de son établissement de formation et des organismes professionnels concernés. Il est également prudent de demander à l’employeur pressenti des précisions sur l’accueil, l’encadrement et les conditions du stage.
Enfin, les montants payés par d’anciens candidats ne constituent pas un budget garanti pour une nouvelle demande. Frais de dossier, examen éventuel et inscription à l’Ordre doivent être vérifiés au moment des démarches. Préparer son projet avec les exigences correspondant à son propre parcours permet d’éviter de confondre une expérience individuelle avec une règle applicable à tous.
Source : Français à l’étranger, OIIQ





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