Alors que Québec affirme accueillir un nombre trop élevé de demandeurs d’asile, une réalité bien différente se dessine à l’extérieur de Montréal. Dans plusieurs régions éloignées, des entreprises peinent à recruter… et voient désormais dans ces nouveaux arrivants une solution concrète à leurs besoins urgents de main-d’œuvre.
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À Montréal, dans les locaux du Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI), des dizaines de demandeurs d’asile passent des entrevues à distance avec des employeurs situés sur la Côte-Nord ou dans le Bas-Saint-Laurent. En quelques jours seulement, certains décrochent un emploi et quittent la métropole pour commencer une nouvelle vie en région.
Les profils sont variés, mais les motivations convergent : travailler rapidement, s’intégrer et reconstruire une vie stable. Plusieurs ont fui des situations difficiles dans leur pays d’origine ou aux États-Unis, et voient dans le Canada une opportunité de sécurité et d’avenir.
Contrairement à Montréal, où le marché du travail peut être saturé pour certains emplois peu qualifiés, les régions offrent davantage de débouchés. Des postes en transformation alimentaire, en restauration ou en mécanique trouvent preneurs auprès de ces candidats prêts à s’installer loin des grands centres.
Le succès de ce modèle repose en grande partie sur l’efficacité du CACI. L’organisme a mis en place un processus accéléré : en 24 à 48 heures, les employeurs reçoivent des candidatures, les entrevues sont organisées rapidement, et les décisions doivent être prises dans les jours suivants. Une fois embauchés, les travailleurs partent en région en moins d’une semaine, avec logement déjà prévu.
Pour les entreprises, l’intérêt est évident. Recruter à l’étranger via les programmes traditionnels peut coûter des milliers de dollars et prendre plusieurs mois. À l’inverse, les demandeurs d’asile sont déjà présents sur le territoire et ont le droit de travailler. Le coût et les délais sont donc considérablement réduits.
Ce projet pilote, lancé en novembre 2024 avec le soutien d’Emploi Québec, affiche des résultats prometteurs : environ 80 % des candidats sont placés, et près des trois quarts occupent toujours leur emploi après trois mois.
Certaines limites subsistent, notamment pour les familles monoparentales ou pour les régions très isolées. Mais dans l’ensemble, les retours en arrière restent rares, les candidats étant préparés à leur nouvelle réalité avant leur départ.
Au croisement des enjeux migratoires et économiques, ce modèle révèle un paradoxe : là où certains voient une pression sur les services, d’autres y trouvent une réponse directe à leurs besoins. Une équation qui pourrait bien redéfinir la place des demandeurs d’asile dans le marché du travail québécois.
source : La Presse
Crédit photo : Pexels, Félix-Antoine Coutu, Saint-Casimir, Québec, Canada

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