Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), désormais principal accès à la résidence permanente au Québec depuis l’abolition du PEQ, accumule les retards. Depuis juillet dernier, des milliers de candidats ont déposé leur demande, mais moins de cinq Certificats de sélection du Québec (CSQ) auraient été délivrés jusqu’à maintenant, selon ce que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a confirmé. Du côté du cabinet du ministre Jean-François Roberge, on assure toutefois qu’il s’agit de « délais normaux ».
À l’été 2025, environ 1000 personnes avaient été invitées à présenter une demande au PSTQ. Puis, en décembre et en janvier, près de 4500 autres invitations ont été lancées. En tout, ce sont donc plusieurs milliers de travailleurs qualifiés qui ont entrepris les démarches dans l’espoir d’obtenir leur résidence permanente. Or, malgré cet afflux de dossiers, seules quelques décisions positives auraient été rendues récemment, à la fin janvier. Le ministère précise que ses équipes traitent actuellement les demandes papier reçues l’été dernier, tout en gérant l’inventaire des dossiers liés à la fin du PEQ ainsi que ceux du Programme régulier des travailleurs qualifiés et des programmes pilotes. Cette accumulation expliquerait en partie la lenteur observée.
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Pour de nombreux candidats, cette situation confirme les craintes exprimées depuis la disparition du PEQ. Florence Bollet Michel, porte-parole du groupe Le Québec, c’est nous aussi, dit constater une inquiétude grandissante chez les travailleurs étrangers qui attendent une réponse. Plus les délais s’allongent, plus certains risquent de se retrouver dans une situation précaire, incapables de renouveler leur permis de travail. Pour quelques-uns, cela pourrait signifier un retour forcé dans leur pays d’origine après plusieurs années passées au Québec. Selon elle, plusieurs personnes sont en attente depuis l’automne 2024, voire depuis le printemps 2025, et ont l’impression que le système est à l’arrêt.
Au-delà des délais, la complexité du PSTQ est également critiquée. L’avocat en immigration Yves Martineau souligne que le nouveau programme est beaucoup plus exigeant que le PEQ. Une fois invité à présenter sa demande, le candidat dispose de 30 jours pour confirmer son intérêt, puis de 60 jours pour transmettre une série détaillée de documents. Il doit notamment fournir des preuves concernant tous les emplois occupés au cours des cinq dernières années, au Québec comme à l’étranger, en démontrant les tâches effectuées, le salaire reçu et la durée de chaque poste, même lorsqu’il s’agit d’emplois temporaires ou étudiants de courte durée. Cette exigence documentaire a suscité stress et confusion dès les premières invitations.
À l’Assemblée nationale, l’opposition dénonce la situation. Le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard parle d’un « bilan désastreux » et estime que la faible délivrance de CSQ démontre l’inefficacité du nouveau programme. Le député libéral André A. Morin affirme recevoir de nombreux appels de candidats inquiets qui attendent non pas d’autres invitations, mais des décisions concrètes. Tous deux remettent en question la capacité du PSTQ à remplacer efficacement le PEQ.
De son côté, le cabinet du ministre maintient que le processus suit son cours et rappelle que les délais sont calculés à partir du dépôt officiel du dossier, et non à partir de la date d’invitation. On soutient que les délais s’apparentent à ceux d’environ six mois observés sous les anciens programmes, tout en reconnaissant que le PSTQ repose sur un nouveau système et que les équipes sont encore en phase d’adaptation.
source : Le Devoir


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