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Bilan de presque 1 an au Québec

De Dometaure

Il y a des moments plus opportuns pour écrire un bilan. Si nous nous étions attelés à cette tâche quelques mois plus tôt, le bilan aurait certainement été très différent.

La stabilité est aujourd’hui au rendez-vous et nous retrouvons doucement notre rythme de vie laissé en France. C’est donc le bon moment pour nous lancer.

Nous nous sommes installés au Québec par choix, (à moins que notre subconscient ait été nourri de la chanson «Ma cabane au canada» en intra-céphalique), sans pression et avec la possibilité d’un retour à notre convenance.

Aucune raison de quitter la France : job bon, famille ok, finances ok

Donc… Victimes probables de Line RENAUD, il nous a semblé indispensable de bien préparer ce virage de la vie.

Préparation maximum. C’est ce que nous avons fait. En commençant par un premier voyage de prospection en février (brrrr) 2008, pour rencontrer celui qui nous semblait le plus difficile à dompter au Québec…. Monsieur HIVER.

Notre voyage n’a fait que conforter notre envie de vivre ici. 4 mètres de neige et des températures de – 27 ne nous ont pas refroidi (si j’ose dire).
(Les 4 m, ce n’est pas une éxagération. Cette hiver là il est tombé jusqu’à 5m70 par endroit sur le Québec.)

Bref, après ce petit interlude « météorologistique », nous revenons en France avec une idée précise du secteur géographique où nous aimerions nous installer.

Nous arrivons donc en juillet 2009 à Québec et faisons le choix de rester l’été dans cette ville dans un logement meublé, le temps de faire toutes les démarches administratives nécessaires (carte maladie, échange permis de conduire, numéro d’assurance sociale, etc.) et de se prendre le temps de découvrir la ville, de se trouver un logement plus définitif, d’amorcer tranquillement notre installation.

C’est l’occasion de découvrir une ville dynamique, constamment animée de festivals, d’évènements.

C’est aussi lors de cette période que nous faisons la connaissance d’autres immigrants français arrivés presque tous, en même temps que nous. Nous nous sommes rencontrés lors d’un pique nique pluvieux, organisé par un forum d’immigration que nous fréquentons depuis des mois. C’est donc avec Isabelle & Claude, Marjorie & Guillaume, Aline et Stéphane, Séverine et Fabrice que débute notre vie sociale dans notre nouveau pays.

D’autres connaissances se font aussi par la « web blogosphère » : Sandrine et Olivier.

La « gang » des français, comme on l’appelle maintenant, a été ( et reste) un réel soutien dans notre processus d’immigration. Vivant tous la même aventure, nous partageons des tuyaux, des conseils, de l’entre-aide, nous découvrons ensemble de nouveaux endroits. On se sent moins seuls. Nous avons été chanceux de ces rencontres car en plus, le courant passe vraiment !

En septembre 2009, nous emménageons donc dans notre premier logement à l’Islet, dans le secteur de St Jean Port Joli avec qui « nous sommes tombés en amour » lors de notre voyage de prospection. Étant des ruraux, et non des citadins, notre choix est fait : La campagne.
Rapidement, nous nous sentons quand même un peu isolés, loin des copains. Et surtout, il n’y ayait pas d’emploi pour nous dans l’éducation spécialisée !
Comme job alimentaire et pour se faire la fameuse « première expérience québecoise », A. trouve un travail en Centre de la Petite Enfance ( garderie)

On pourra dire que nous avons essayé la vie en région. Cette décision n’était peut-être pas adaptée, car à ce moment là, nous ressentions la vie à la campagne davantage comme un frein pour notre adaptation et notre intégration.

Nous prenons donc la décision de nous rapprocher de la ville et emménageons en novembre 2009, à Lévis sur la rive sud juste en face de Québec.
Forcément, conformément à notre attente, en zone urbaine l’offre d’emplois dans notre domaine est plus conséquente.

Le pire c’est qu’ici, dans notre quartier, nous n’avons vraiment pas l’impression de vivre dans une ville. La seule circulation que nous perçevons est celle des gros bateaux sur le fleuve, lorsqu’ils signalent leur arrivée avec leur corne de brume.
En plus ce son, loin de nous incommoder, fait vraiment « vacances ».

Donc, une fois en ville, A. obtient rapidement un job dans son domaine en milieu communautaire (secteur privé). Notre immigration est aussi l’occasion pour D. d’explorer des jobines, dans des domaines variés (apiculture, imprimerie, aéroport). Ces jobines sont vraiment très faciles à trouver.
Il finit finalement par retravailler en tant qu’intervenant dans un groupe d’alphabétisation, auprès de personnes ayant des difficultés d’écriture, de lecture et de calcul.
Au bout de quelques mois, A. décroche une job vraiment intéressante dans le secteur public, avec de meilleures conditions et aussi un meilleur salaire.

Au bout de 11 mois, nous pouvons dire que nous sommes très content de vivre ici et nous n’avons aucun regret d’avoir franchi le pas.
On se sent très bien dans notre vie actuelle, qui est à la hauteur de nos espérances.

Mais bien sûr, les choses ne nous ont pas été tendues sur un plateau d’argent !
Notre nouvelle vie, nous nous la sommes construite au fur et à mesure.
Nous sommes passés par des phases bien difficiles, avec de forts coups de blues, de mauvais choix, des remises en question importantes ….. Même des moments où l’on se disait « on range tout, on donne un coup de balai et on rentre ! ».

La raison de ces périodes moralement éprouvantes, était que sur le plan professionnel, et malgré plusieurs essais, nous ne trouvions pas « chaussures à nos pieds ». Alors qu’en France, nous avions quitté de bons jobs, avec de très bonnes conditions de travail.

Nous sommes maintenant sortis de cette période difficile. Nous avons chacun un emploi qui nous convient, et qui surtout, nous procure du plaisir.
A. élargit ses connaissances, découvre de nouvelles techniques d’intervention.
D., quant à lui, résume sa situation en disant : « Le matin, quand je me lève, je suis content d’aller au boulot ! ».

Pour en revenir au bilan proprement dit, il est assez difficile à établir car beaucoup d’éléments sont de l’ordre du ressenti mais il existe un petit exemple qui résume assez bien la philosophie de vie ici.
Cet exemple c’est….le carrefour à 4 arrêts. ( 4 stop)
Chaque conducteur veille à bien regarder quels sont les automobilistes arrivés au carrefour avant lui et les laisse courtoisement passer. Pas besoin d’imposer des priorités. Je m’imagine ce genre de carrefour en France… Une vraie succursalle de la caserne des pompiers du coin, tellement il serait une zone accidentogène …., sans compter la multitude de « noms d’oiseaux » proférés en ce lieu.

Pour ne pas trop nous casser la binette, nous avons fait une liste des aspects positifs (+) et négatifs (-) de la vie ici.

Dans les relations sociales:

(+) simplicité et chaleur des relations humaines. On passe assez facilement au tutoiement. Une certaine hiérarchie est ainsi gommée dans les relations. Idem au travail.

(+) sympathie des québécois, étonnés et intéressés par notre immigration

(+)(+) Nous avons eu la chance d’être bien entourés dès le début et de rencontrer d’autres français. Ca permet de se soutenir moralement, d’échanger des tuyaux, de ne pas vivre reclu dans son coin, de partager tout le processus d’installation et d’adaptation, avec des gens qui vivent la même chose que nous.

(+)(+) Naturellement, notre cercle social s’élargit et les relations avec des québecois sont maintenant bien établies.

Au travail :

(+) hiérarchie moins pesante
(+) relation de confiance
(+) engagements oraux sont importants et sincères : le contrat de travail n’est pas forçément nécessaire
(+) dans notre domaine (éducation spécialisée), large palette d’emplois possibles

(+) facilité de trouver une « job alimentaire » comme premier job

(+) facilité des relations au travail : tutoiement de la hiérarchie
(+) facilité et rapidité de l’évolution professionnelle

(-) temps de repas de midi : peu de temps pour manger mais la journée finit plus tôt
(-) moins de vacances. ( ça c’est dur !!!)

Dans la vie quotidienne:

Nous la vivons de manière sereine et simplement.

(+) sérénité, (si on oublie de fermer la porte de la voiture, ça ne nous créé pas un ulcère)
(+) facilité de crédit
(+) Les magasins sont ouverts tous les jours, certains jusqu’à 23h. Au cas où, le « dépanneur » est ouvert 24/24h ( celui du coin a de la 1664 …)
(+) beauté des paysages
(+) nous apprécions de recevoir une paye aux quinze jours, avec les impôts déjà déduits

(-) difficulté à avoir un médecin de famille
(-) temps d’attente à l’hôpital très long
C’est un point vraiment négatif, mais je pense que comme dans beaucoup d’autres pays, mieux vaut être riche et en bonne santé que….

(-)(-)(-)(-) difficultés de l’éloignement familial

Logement

(-) Le parc locatif québecois n’aime pas les chiens. Il est très difficile de trouver une location qui accepte les chiens.
(-) Les murs sont peu insonorisés. Dans les immeubles, on vit vraiment avec son voisin.

(+) Pour l’achat, vous n’avez que l’embarras du choix et à des prix qui n’ont rien à voir avec ceux pratiqués en France.

Langue, expressions

(+)(-) On a beau parler le Français, on parle pas du tout la même langue !!!!
(+) On a pas « pogné » l’accent, mais les expressions autochtones sont bien dans notre langage quotidien.

Bouffe

(-) Les débuts sont difficiles.
(+) Mais avec le temps, nous découvrons quelques spécialités locales vraiment délicieuses.
(+) Si en plus vous êtes amis des fruits de mer, le Québec sera pour vous … le paradis !!

(-) ….. mais « criss », que cet « ostie » de vin et de fromage sont chers !!!!!

(-) et « cââlisse » que les lardons me manquent !!!! : non, cela ne ressemble pas au bacon …..

Voilà. Nous avons tenté de faire un petit tour de chaque chapitre. Bien sûr, cela reste notre ressenti, tout à fait subjectif.

Au terme de ce petit bilan, nous pouvons dire en conclusion que la plus importante et éprouvante ombre à notre installation ici, reste notre tiraillement entre l’éloignement de la famille, des amis laissés en France et la joie et le plaisir de vivre içi.

La vie en France ne nous manque pas, ce sont les gens … ( et peut-être aussi la tarte flambée …..)

Pour finir, nous avons constaté par nous même que l’immigration n’est en rien une chose aisée et qui va de soi. Lire des expériences sur des blogs est une chose, la vivre en est une autre …..
Mais pour nous, ça en vaut le coup !

On attend plus que nos familles et amis viennent s’installer içi et là ce sera vraiment le pied !!!!

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