Le gouvernement du Québec assure que les travailleurs étrangers du réseau de la santé ne feront pas les frais de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Après avoir refusé toute clause de droits acquis, le ministre québécois de l’Immigration, Jean‑François Roberge, s’engage désormais à ce que les 6300 employés concernés soient sélectionnés d’ici la fin de 2026.
Ces travailleurs, dont plusieurs craignaient de perdre leur statut en raison de la fin du PEQ — qui offrait une voie accélérée vers la résidence permanente — pourront plutôt être admis par l’entremise du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), en vigueur depuis juillet 2025.
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Interpellé jeudi à l’Assemblée nationale, le ministre a affirmé vouloir rassurer les employés du réseau de la santé, confrontés à une forte incertitude quant au renouvellement de leurs permis de travail temporaires.
« Je m’engage à ce que le gouvernement sélectionne ces travailleuses et travailleurs essentiels d’ici la fin de l’année 2026. Cela devrait apaiser les inquiétudes », a-t-il déclaré.
M. Roberge a reconnu que l’échéance prochaine de nombreux permis de travail crée une vive angoisse, d’autant plus que leur renouvellement relève du gouvernement fédéral. Il affirme être en discussion avec Ottawa afin de s’assurer que ces permis soient prolongés pendant le processus de sélection.
Le ministre répondait aux questions insistantes du chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, qui pressait le gouvernement de garantir le maintien au Québec de ces travailleurs de la santé. Les libéraux ont d’ailleurs consacré l’ensemble de leur période de questions à l’abolition du PEQ.
Selon le ministre, le PSTQ offre même davantage de garanties que l’ancien programme. « Grâce à notre programme de sélection des travailleurs qualifiés, nous sommes capables d’assurer la sélection de ces personnes-là. C’est une garantie que le PEQ ne pouvait pas offrir », a-t-il soutenu.
Le gouvernement invite maintenant les travailleurs concernés à déposer leur candidature au PSTQ. À ce jour, environ 3000 des 6300 employés du réseau de la santé visés auraient déjà entrepris la démarche, selon le cabinet du ministre.
La situation demeure toutefois préoccupante sur le terrain. Radio-Canada rapportait récemment que des milliers de préposés aux bénéficiaires, d’infirmières et de travailleurs sociaux verront leur permis de travail expirer en 2026, suscitant l’inquiétude tant chez les employés que chez les dirigeants d’établissements de santé.
Le PSTQ permet au Québec de sélectionner les candidats en fonction de priorités ciblées, notamment les secteurs en pénurie — comme la santé —, les besoins régionaux, les compétences spécifiques et les profils linguistiques. Des rondes d’invitations auront lieu chaque mois.
Dans sa planification actuelle, Québec prévoit accueillir environ 29 000 immigrants économiques par année, sur un total de 45 000 immigrants permanents, incluant environ 6000 réfugiés et 10 000 personnes admises au titre du regroupement familial.
Source : La Presse


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