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Alberta : les titulaires du PVT exclus du régime public de santé

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Un changement discret, mais aux conséquences bien réelles. Depuis le 7 janvier 2026, les titulaires d’un permis Expérience internationale Canada (EIC) de type 58 — notamment les détenteurs de PVT (Programme visa vacances-travail) et les jeunes professionnels — ne sont plus admissibles au régime public d’assurance maladie de l’Alberta.

Une décision qui fait vivement réagir, particulièrement dans la Bow Valley, où l’économie touristique repose largement sur la main-d’œuvre internationale.

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Une surprise pour de nombreux travailleurs

Javiera Sepulveda en a fait les frais. Arrivée du Chili en octobre avec un visa vacances-travail, elle travaille comme femme de chambre dans un hôtel de Banff. Selon les règles en vigueur jusqu’à récemment, elle devenait admissible à la couverture provinciale après trois mois de travail.

Début janvier, elle dépose donc sa demande auprès du bureau d’enregistrement local. Quelques jours plus tard, coup de téléphone : refus.

« J’étais sans voix. Sur le site Web, je remplissais toutes les conditions », raconte-t-elle.

Depuis, elle vit avec une douleur persistante au cou. Son assurance privée couvre uniquement les urgences médicales. Une radiographie ? Trop coûteuse.

Une décision justifiée par l’assurance privée obligatoire

Dans un communiqué, le ministère albertain des Services de santé primaires et préventifs confirme que la mesure est entrée en vigueur le 7 janvier 2026. Il justifie la décision par l’obligation fédérale faite aux titulaires de permis EIC de détenir une assurance privée, jugeant la couverture publique « redondante ».

Mais pour plusieurs experts, l’argument ne tient pas.

Yin-Yuan Chen, professeur à l’Université d’Ottawa spécialisé en immigration et en droit de la santé, rappelle que l’assurance privée exigée par Ottawa ne remplace pas une couverture provinciale complète.

« Les deux systèmes ne couvrent pas les mêmes choses. Les écarts sont réels — et leurs conséquences le sont aussi », souligne-t-il.

Une économie locale fragilisée

Dans la Bow Valley, l’inquiétude est palpable. Les hôtels, restaurants et commerces dépendent fortement des travailleurs étrangers temporaires.

Natasha Lay, directrice du Bow Valley Immigration Partnership, estime que des centaines de personnes sont concernées dans la région. Selon le recensement de 2021, près d’un résident sur trois dans la vallée est né à l’extérieur du Canada.

Elle s’inquiète notamment de la perte d’accès aux soins préventifs et de routine, essentiels selon elle à la santé collective.

« Avec l’arrivée imminente de nouveaux travailleurs pour la saison estivale, la clarté sur l’accès aux soins devient urgente », affirme-t-elle.

L’Alberta isolée dans l’Ouest canadien

L’Alberta fait désormais cavalier seul. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan et le Manitoba confirment continuer d’offrir la couverture publique aux titulaires de permis EIC type 58.

Pour Yin-Yuan Chen, cette différence pourrait avoir un impact économique : certains travailleurs pourraient choisir de s’installer ailleurs.

Il soulève aussi une question d’équité.

« Ces personnes paient des impôts et contribuent au système public. Les exclure soulève un enjeu éthique évident. »

James Neill-Tadman, citoyen britannique vivant dans la Bow Valley depuis 2023, partage cette frustration. Il a perdu l’accès au régime lors du renouvellement de sa carte.

« Je vis ici, je travaille ici, je contribue au système… et on me demande maintenant de tout payer de ma poche », déplore-t-il.

Plus encore que la décision elle-même, c’est l’absence d’annonce publique qui choque.

« Il faut communiquer avec les gens. Il faut les respecter. »

Source : Radio-Canada/CBC

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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