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Immigration au Québec : les demandes de CSQ s’accumulent et les délais inquiètent

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Le nombre de dossiers en attente aurait bondi de 25 % en un mois, alimenté notamment par la réouverture temporaire du PEQ. Cette congestion place de nombreux travailleurs étrangers et leurs employeurs dans une situation particulièrement incertaine.

Le système québécois d’immigration fait face à un nouvel engorgement. En seulement un mois, environ 4 000 demandes supplémentaires de certificat de sélection du Québec (CSQ) se sont ajoutées aux dossiers en attente, selon des données obtenues par Radio-Canada.

Entre la fin de juillet et la fin d’août 2026, le nombre de demandes en traitement aurait ainsi progressé de 25 %. Il serait maintenant six fois plus élevé qu’à la même période l’an dernier, alors que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) venait tout juste d’être lancé et que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) était suspendu.

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La réouverture temporaire du PEQ, le 2 juillet dernier, semble avoir contribué à cette forte augmentation. De nombreuses personnes admissibles se sont empressées de déposer leur demande dès les premiers jours, créant ce que l’avocat en immigration Patrice Brunet décrit comme un véritable « goulot d’étranglement ».

Des candidats du PSTQ toujours dans l’attente

Les délais sont particulièrement difficiles à vivre pour certains candidats sélectionnés dans le cadre du PSTQ.

C’est notamment le cas d’Eddy Aissaoui, infirmier auxiliaire installé au Québec depuis 2021 et interviewé par Radio-Canada. Après avoir étudié en soins infirmiers dans la province, il travaille maintenant dans un hôpital de Montréal. Invité à présenter une demande au PSTQ, il attend son CSQ depuis plus de quatre mois.

Selon les informations qui lui ont été communiquées, le ministère traiterait actuellement des demandes déposées en janvier. Cette attente l’empêche de planifier sereinement son avenir au Québec, qu’il s’agisse d’acheter une propriété, de fonder une famille ou simplement de continuer à travailler sans dépendre constamment de la date d’expiration d’un permis.

D’après Me Brunet, un délai pouvant dépasser huit mois pour obtenir un CSQ est particulièrement long. Cette accumulation de dossiers pourrait aussi avoir des répercussions sur l’étape fédérale de la résidence permanente, puisque les candidats sélectionnés par le Québec doivent ensuite transmettre une nouvelle demande à Ottawa.

L’avocat estime que cette perte de prévisibilité nuit à l’attractivité du Québec par rapport aux autres provinces canadiennes.

Des conséquences pour les employeurs

Les retards ne touchent pas seulement les candidats à l’immigration. Ils peuvent également fragiliser les entreprises et les services publics qui comptent sur des travailleurs étrangers temporaires.

Lorsqu’un permis de travail arrive à échéance avant la délivrance du CSQ, un employeur peut être contraint de suspendre ou de mettre à pied un salarié pourtant indispensable à ses activités.

Plus de 300 employés du réseau scolaire québécois se trouveraient notamment dans une situation précaire en raison de permis de travail ou d’études qui arriveront prochainement à expiration.

Cette situation survient alors que plusieurs secteurs, notamment la santé et l’éducation, éprouvent déjà des difficultés importantes de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre.

Le PEQ traité plus rapidement que le PSTQ?

La rapidité avec laquelle certaines demandes présentées dans le cadre du PEQ ont été acceptées alimente également l’incompréhension.

Arrivé au Québec comme étudiant étranger en 2021, Léopold Lehmann a déposé sa demande dès la réouverture du programme, le 2 juillet. Il a obtenu son CSQ le 14 septembre, soit en moins de trois mois.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs candidats affirment eux aussi avoir reçu leur certificat rapidement après avoir transmis une demande au PEQ durant les premiers jours de juillet.

Ces témoignages contrastent avec ceux de candidats du PSTQ qui attendent depuis plusieurs mois. Certains se demandent maintenant s’ils devraient présenter une seconde demande dans le cadre du PEQ lorsqu’ils sont admissibles aux deux programmes.

Cette stratégie implique toutefois de payer de nouveau les frais exigés, qui avoisinent les 1 000 $, et d’entreprendre des démarches administratives supplémentaires.

Deux systèmes traités en parallèle

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) affirme qu’il n’accorde aucune priorité au PEQ par rapport au PSTQ. Les demandes des deux programmes seraient plutôt traitées en parallèle.

Pour Me Brunet, la différence observée pourrait s’expliquer par le fonctionnement distinct des deux systèmes de traitement, qui ne seraient pas interconnectés. Dans un contexte où les délais sont difficiles à prévoir, il pourrait donc être prudent, dans certains cas, de déposer une demande dans les deux programmes.

Cette pratique risque cependant d’alourdir encore davantage le système. Les candidats doivent acquitter les frais deux fois, tandis que les fonctionnaires doivent analyser deux dossiers avant que l’un d’eux soit finalement abandonné.

Le traitement rapide des premières demandes du PEQ ne garantit pas non plus que ce rythme sera maintenu. Avec l’accumulation des dossiers déposés depuis juillet, les délais pourraient s’allonger à court terme avant de revenir à un niveau plus stable.

Le MIFI affirme vouloir finaliser, au cours de l’automne, un nombre comparable de demandes provenant du PSTQ et du PEQ.

Source principale : Radio-Canada

Crédit photo : Immigrer.com, piétons sur la rue Mont-Royal, Montréal, Québec

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

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