La décision du gouvernement du Québec de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) continue de faire réagir, cette fois jusque dans les rangs du gouvernement fédéral du Canada. À Ottawa, la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Diab, dit chercher des solutions pour les immigrants touchés par l’abolition du programme, tout en rappelant clairement les limites de son pouvoir.
« J’ai eu une réunion avec le ministre [de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, Jean-François Roberge] la semaine dernière. Et je suis en train de travailler avec lui pour faire tout ce que je peux faire comme ministre fédérale », a indiqué Mme Diab mardi, lors d’un point de presse à Ottawa.
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La ministre a toutefois tenu à nuancer immédiatement sa marge de manœuvre. Selon elle, la gestion des programmes d’immigration économique relève entièrement de la compétence du Québec. « Alors, c’est nécessaire pour lui de travailler avec nous, aussi », a-t-elle ajouté, renvoyant la responsabilité principale au gouvernement québécois.
Québec ferme la porte aux droits acquis
Vendredi dernier, le ministre Jean-François Roberge a confirmé que Québec n’entendait pas introduire de clause dite « grand-père » pour les immigrants déjà établis dans la province et engagés dans une démarche via le PEQ. Une position qui a suscité de nombreuses critiques.
Des organismes économiques, des acteurs du milieu de l’immigration ainsi que les villes de Montréal et de Québec ont tous plaidé en faveur d’une mesure transitoire afin d’éviter que des travailleurs et étudiants étrangers se retrouvent sans perspective claire de résidence permanente.
Le gouvernement de la Coalition avenir Québec mise plutôt sur le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui doit entrer pleinement en vigueur en 2026. Ce programme à critères vise à maintenir la cible annuelle de 29 000 immigrants économiques admis au Québec.
Pression accrue sur la main-d’œuvre
Parallèlement, des représentants d’entreprises québécoises se sont rendus à Ottawa cette semaine pour dénoncer le resserrement simultané du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) par le gouvernement fédéral. Selon eux, l’exclusion de travailleurs déjà présents au pays, combinée à la fin du PEQ, risque d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés de l’économie québécoise.
Ce double resserrement, tant au fédéral qu’au provincial, laisse présager un véritable casse-tête pour les employeurs qui peinent déjà à recruter.
Immigration francophone : un bilan contesté
Sur un autre front, Lena Diab s’est félicitée en janvier d’avoir dépassé la cible fédérale en matière d’immigration francophone hors Québec. En 2025, 8,9 % des nouveaux arrivants admis dans les autres provinces étaient francophones, marquant une quatrième année consécutive de cibles atteintes.
Cette annonce n’a toutefois pas fait l’unanimité. Dans un éditorial cinglant, le Globe and Mail a reproché au gouvernement fédéral d’avoir « négligé des candidats plus qualifiés qui ne parlent pas français », estimant que cette politique pourrait nuire à la croissance économique du pays.
Interrogée à ce sujet, la ministre Diab a défendu son approche. « On est très fiers de notre bilinguisme ici au Canada. C’est quelque chose de très unique, et mon mandat est de continuer à améliorer l’immigration francophone », a-t-elle affirmé.
Pour 2026, Ottawa prévoit réserver 5 000 places à des immigrants francophones souhaitant s’établir à l’extérieur du Québec, confirmant que la question linguistique demeure au cœur des priorités fédérales — même alors que les tensions s’accentuent autour des choix du Québec en immigration.
Source : Le Devoir


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