Le secteur de la restauration au Canada tire la sonnette d’alarme. Confrontées à une pénurie persistante de main-d’œuvre, de nombreuses entreprises craignent pour leur survie et appellent à un assouplissement rapide des règles entourant les travailleurs étrangers temporaires.
Selon l’industrie, environ 70 000 postes sont actuellement vacants à l’échelle nationale, un manque qui se fait particulièrement sentir en région.
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Des mesures fédérales… encore en attente
Face à cette situation, le gouvernement fédéral a récemment annoncé des mesures temporaires visant à faciliter l’embauche de travailleurs étrangers à bas salaire, notamment en milieu rural. Le plafond autorisé passerait ainsi de 10 % à 15 % entre avril 2026 et mars 2027.
Cependant, ces mesures doivent être approuvées par les provinces pour entrer pleinement en vigueur — et c’est là que le blocage se situe. À ce jour, seule la province de la Nouvelle-Écosse a donné son accord complet, tandis que le Québec a choisi une approche plus prudente en permettant uniquement de maintenir les niveaux déjà en place.
Pour les acteurs du secteur, cette lenteur est préoccupante.
« Il n’y a plus de main-d’œuvre »
Sur le terrain, les restaurateurs décrivent une réalité difficile. Dans certaines régions, les affichages de postes restent sans réponse, malgré des efforts de recrutement prolongés.
« La main-d’œuvre, c’est le cheval de bataille », résume un restaurateur, qui souligne qu’il devient impossible de maintenir les activités normales sans recours à l’immigration temporaire.
Cette situation oblige parfois les établissements à réduire leurs heures d’ouverture, voire à envisager une fermeture.
Un programme essentiel, mais encadré
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) demeure fortement réglementé. Avant de recruter à l’international, les employeurs doivent démontrer qu’ils ont tenté d’embaucher localement, notamment en affichant les postes pendant plusieurs semaines.
Malgré ces contraintes, plusieurs organisations patronales insistent sur le fait que ces travailleurs représentent une solution indispensable. Ils ne constituent qu’environ 3 % de la main-d’œuvre totale du secteur, mais jouent un rôle clé pour maintenir les opérations.
Un enjeu économique majeur
Au-delà de la restauration, la pénurie de main-d’œuvre s’impose comme l’un des principaux freins à la croissance des entreprises au Canada. Pour certaines, le recours aux travailleurs étrangers n’est pas un choix, mais une nécessité, malgré les coûts élevés associés à ces démarches.
Dans ce contexte, les représentants du milieu demandent aux provinces d’agir rapidement pour permettre l’application des mesures fédérales.
Car pour plusieurs entreprises, l’enjeu est clair : recruter… ou fermer leurs portes.
Source : Radio-Canada

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