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Le système d’immigration québécois pourrait encore être revu

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À peine remanié, le système d’immigration du Québec pourrait de nouveau évoluer selon l’issue de la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec. Les deux candidats en lice, Christine Fréchette et Bernard Drainville, proposent chacun des ajustements distincts à la politique actuelle.

Le gouvernement de François Legault maintient pour l’instant sa ligne dure : il n’est pas question de revenir sur l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), abandonné officiellement en novembre 2025 après un an de moratoire. Les candidats à la résidence permanente sont désormais orientés vers le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Entré en vigueur en juillet 2025, ce nouveau programme repose sur un système de pointage qui favorise les personnes déjà établies au Québec, maîtrisant le français et travaillant dans des secteurs jugés prioritaires, surtout à l’extérieur de Montréal et de Laval. L’ancienneté sur le territoire joue un rôle déterminant : un travailleur présent depuis plus de 48 mois obtient le maximum de points, alors qu’un séjour de moins d’un an ne confère aucun avantage.

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La prudence de Christine Fréchette

De retour à l’Assemblée nationale mardi, Christine Fréchette a rejeté l’idée d’introduire une clause de droits acquis pour les immigrants temporaires, une mesure pourtant réclamée par plusieurs acteurs. Selon elle, l’immigration demeure « un domaine trop complexe et délicat pour y aller de solutions simplistes ».

Si elle accède au poste de première ministre, Mme Fréchette promet toutefois d’accélérer l’envoi des invitations dans le cadre du PSTQ afin de réduire les délais d’attente en début d’année. Le gouvernement prévoit actuellement accorder environ 29 000 résidences permanentes en 2026, soit près de 2500 par mois.

La candidate souhaite également accentuer l’installation des nouveaux arrivants en région, estimant que la capacité d’accueil de Montréal est « à son maximum ». Elle envisage par ailleurs de prolonger de un à trois ans le statut temporaire des travailleurs œuvrant dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation, la construction, le manufacturier et le tourisme, afin de soutenir les besoins pressants de l’économie.

La proposition plus interventionniste de Bernard Drainville

Bernard Drainville adopte une approche différente. Estimant que le Québec compte trop d’immigrants temporaires, il propose de réduire leur nombre en offrant des clauses de type « grand-père » aux personnes travaillant depuis au moins deux ans dans certains secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation — y compris les services de garde —, la construction et le manufacturier spécialisé.

Concrètement, ces travailleurs seraient priorisés dans l’émission des certificats de sélection du Québec (CSQ), une étape clé vers la résidence permanente. Selon M. Drainville, ceux qui répondent aux critères et possèdent une connaissance adéquate du français « passeraient devant les autres ». Il n’exclut pas que des places résiduelles puissent ensuite être offertes à des travailleurs d’autres secteurs, comme le tourisme ou la restauration.

Un débat toujours sensible

Interpellé à l’Assemblée nationale sur la possibilité d’instaurer une clause de droits acquis après l’abolition du PEQ, le ministre québécois de l’Immigration Jean-François Roberge a réaffirmé que cette option était irréaliste. Selon lui, une telle mesure pourrait concerner jusqu’à 350 000 personnes, excluant les demandeurs d’asile.

Pendant ce temps, le Parti libéral du Québec et Québec solidaire continuent de réclamer le rétablissement du PEQ, illustrant à quel point la question de l’immigration demeure un enjeu politique explosif au Québec.

Source : Le Devoir

Écrit par
Laurent Gigon

Cofondateur du site Immigrer.com

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