Le Québec devient le champion canadien de la rétention des immigrants récents - Immigrer.com
samedi , 10 janvier 2026
Accueil Actualité Le Québec devient le champion canadien de la rétention des immigrants récents
Actualité

Le Québec devient le champion canadien de la rétention des immigrants récents

0

Pour la première fois, le Québec devance l’Ontario et s’impose comme la province qui retient le mieux les immigrants permanents un an après leur arrivée. Selon des données publiées vendredi par Statistique Canada, 91,5 % des immigrants permanents admis en 2022 et qui prévoyaient s’établir au Québec y résidaient toujours un an plus tard. En Ontario, cette proportion s’établissait à 91,3 %.

L’écart est mince, mais hautement symbolique. Il marque un renversement historique dans un contexte où la mobilité des nouveaux arrivants s’est fortement accrue à l’échelle du pays.

🎓 Recevez infos exclusives + accès aux webinaires Q&R

Canada

Abonnez-vous pour recevoir chaque semaine :

  • Les dernières nouvelles sur l’immigration au Canada
  • Des invitations à nos webinaires (questions/réponses en direct)
  • Des outils pratiques pour réussir votre projet d’installation

Une performance notable dans un contexte de forte mobilité

Les immigrants récents sont aujourd’hui plus mobiles qu’auparavant. En 2023, 13,5 % des personnes admises un an plus tôt avaient déjà changé de province ou de territoire, contre 10,1 % en 2022. La pandémie a provoqué un bond de la mobilité interprovinciale, qui demeure élevée depuis.

Dans ce contexte, réussir à retenir plus de neuf immigrants sur dix après un an constitue une performance remarquable. Le Québec fait non seulement mieux que l’Ontario, mais aussi que la Colombie-Britannique (88,5 %) et l’Alberta (87,3 %). Pour la cohorte admise en 2022, il affiche tout simplement le meilleur taux de rétention à un an au Canada.

Une progression rapide depuis 2019

La montée du Québec est récente, mais marquée. Entre 2019 et 2022, son taux de rétention à un an est passé de 85,9 % à 91,5 %, après avoir culminé à 93,4 % en 2021. Malgré un léger recul en 2022, le niveau demeure nettement supérieur à celui observé avant la pandémie.

Pendant ce temps, l’Ontario est restée relativement stable, avec un taux de rétention oscillant autour de 93 % depuis 2019, sans progression significative. Résultat : le Québec a rattrapé, puis dépassé sa voisine.

Le défi de la rétention à long terme

Le portrait change toutefois lorsqu’on regarde le moyen terme. Cinq ans après leur arrivée, 79,6 % des immigrants permanents admis en 2018 vivaient toujours au Québec, contre 90,8 % en Ontario.

À l’échelle des grandes villes, Montréal demeure plus vulnérable. Son taux de rétention sur cinq ans atteint 71,3 %, comparable à celui de Toronto, mais inférieur à ceux de Vancouver, Calgary et Edmonton. Concrètement, la métropole québécoise a enregistré une perte nette de 5 725 immigrants permanents sur cinq ans pour la cohorte admise en 2018, tandis que plusieurs villes de l’Ouest canadien continuaient d’en gagner.

Un solde positif à court terme pour le Québec

À court terme toutefois, le Québec tire clairement son épingle du jeu. Pour la cohorte admise en 2022, la province affiche un solde migratoire interprovincial positif, avec un gain net de 2 095 immigrants permanents. Autrement dit, le Québec ne fait pas que retenir la majorité de ceux qui s’y installent : il attire aussi des immigrants initialement destinés à d’autres provinces, surtout l’Ontario.

L’installation durable, le vrai test

Rester un an, c’est une chose. Rester cinq ans, c’en est une autre. Dans son rapport Des occasions manquées 2025, publié en novembre, le Conference Board du Canada rappelle que les départs d’immigrants atteignent généralement un pic environ cinq ans après l’arrivée.

Ce sont surtout les immigrants permanents les plus qualifiés qui quittent. Les titulaires d’un doctorat sont près de deux fois plus susceptibles de partir dans les cinq premières années que ceux détenant un baccalauréat. Les professions en forte demande — technologies de l’information, génie, gestion, finances — figurent également parmi celles où les taux de départ sont les plus élevés. Les causes sont bien connues : reconnaissance difficile des diplômes, progression salariale lente et emplois en deçà des qualifications.

Un succès à consolider

Le constat est clair : le Québec est aujourd’hui premier au Canada pour la rétention des immigrants un an après leur arrivée. Mais comme le souligne le Conference Board, c’est entre trois et cinq ans que tout se joue réellement. Le défi n’est plus seulement d’attirer et de retenir à court terme, mais de créer les conditions d’une installation durable — faute de quoi, le succès d’aujourd’hui pourrait s’effriter demain.

Source : La Presse

Écrit par
Laurence Nadeau

Originaire de Montréal, Laurence Nadeau, cofondatrice d'immigrer.com, conférencière et aussi auteure de plus d'une dizaine de guides publiés (et mises à jour) en France sur l'installation, le travail et l'immigration au Québec et au Canada aux Éditions L'Express (et L'Étudiant). Auteure de "S'installer et travailler au Québec" aux éditions L'Express.

Leave a comment

Centre Éducatif

Publicité

Les plus lus récemment

Publicité

Abonnez-vous à notre Newsletter

S’abonner

Publicité

Les plus commentés récemment

Derniers commentaires

Discussions en cours

Articles similaires

La population du Canada en léger recul à la fin de 2025

La population du Canada a connu une légère baisse au troisième trimestre...

Les 15 métiers les plus recherchés au Canada en 2026 selon Randstad Canada

Alors que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies transforment en profondeur le...

Québec exige davantage d’argent des étudiants étrangers depuis le 1ᵉʳ janvier 2026

Le Québec resserre les conditions financières imposées aux étudiants internationaux. En effet,...

Ouverture de la saison 2026 du PVT, Jeunes Pro, Stage

Comme chaque année, vous êtes des milliers à attendre l’ouverture de la...

Ouvrir un compte bancaire avant mon départ
© 2026 immigrer.com
>