Le gouvernement du Québec persiste et signe lors d’une conférence de presse ce vendredi. Le ministre québécois de l’immigration, Jean-François Roberge, affirme qu’aucune clause de droits acquis ne sera accordée aux travailleurs et étudiants étrangers touchés par l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a de nouveau fermé la porte vendredi, lors d’une conférence de presse présentant les orientations du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui remplace désormais le PEQ.
« Donc je vais être clair une fois pour toutes, nous ne ramènerons pas le PEQ », a déclaré le ministre, mettant fin à toute spéculation sur un possible retour du programme ou sur l’instauration de mesures transitoires pour les candidats déjà engagés dans ce parcours d’immigration.
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Bien qu’il reconnaisse que la transition suscite de fortes inquiétudes, Jean-François Roberge exclut toute mesure d’exception pour les travailleurs et étudiants étrangers qui comptaient sur le PEQ pour accéder rapidement à la résidence permanente. « Je suis conscient que, dans la période de changement, de transformation et de transition qu’on vit, il y a des gens qui vivent de l’inquiétude », a-t-il affirmé, tout en réitérant la position ferme de son gouvernement.
Cette annonce a provoqué une réaction immédiate sur les réseaux sociaux. Sur la page Facebook du ministre, où la conférence de presse était retransmise en direct, des milliers de commentaires critiques ont été publiés, accompagnés de nombreux emojis de colère, illustrant la frustration d’une partie importante des personnes concernées.
Depuis l’abolition du PEQ, la demande d’une clause de droits acquis a pourtant rallié un front particulièrement large. La Ville de Montréal et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), de même que les maires de Québec et de Trois-Rivières ainsi que la Ville de Sherbrooke, ont tous réclamé une solution pour les candidats déjà installés au Québec. Les syndicats, dont la CSN, ainsi que les partis d’opposition à l’Assemblée nationale — le Parti libéral du Québec et Québec solidaire — appuient également cette revendication. Le Parti québécois, pour sa part, qui mène dans les sondages pour remporter la prochaine élection, s’est dit ouvert à une clause ciblée, mais non universelle.
La mobilisation pourrait d’ailleurs s’intensifier au cours des prochaines semaines. Une manifestation est prévue le 7 février dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, à l’initiative du collectif Le Québec, c’est nous aussi, qui dénonce les conséquences humaines et économiques de la fin du PEQ.
En lieu et place du PEQ, le gouvernement mise désormais exclusivement sur le PSTQ comme principale voie d’accès à la résidence permanente pour les immigrants économiques. Selon le ministre Roberge, ce programme favorisera les diplômés formés au Québec, les travailleurs œuvrant dans des secteurs jugés prioritaires, ainsi que les candidats démontrant un fort potentiel d’intégration, notamment en région.
Pour l’année 2026, Québec prévoit sélectionner environ 29 000 immigrants économiques, sur un total annuel de 45 000 immigrants. Lors de la première ronde d’invitations du PSTQ, 2 552 candidats ont été invités à présenter une demande, dont 64 % étaient diplômés du Québec et 66 % résidaient à l’extérieur de Montréal et Laval.
Par ailleurs, le ministre de l’Immigration a aussi mis de la pression sur le gouvernement fédéral afin qu’il prolonge les permis de travail des personnes déjà présentes sur le territoire québécois. « Vous devez renouveler les permis des travailleurs qui sont sur le territoire québécois », a-t-il lancé à l’endroit d’Ottawa, estimant que cette responsabilité relève désormais du fédéral dans le contexte de la réforme provinciale.
Source : Radio-Canada


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