Les courants politiques au Québec

Les courants politiques au Québec

MIMOSA06
28-01-2007 à 14:33
Bonjour à tous
Désireux de connaitre les racines du tissus social Québécois ,son mode de vie et ses coutumes ,je suis encore dans le flou au sujet de ses courants politiques .
En grande majorité , nous savons le QUEBEC à gauche , oui , mais laquelle ! la révolutionnaire , la communiste , la réactionnaire , la gauche dites « bourgeoise , l écologiste , libérale (quoique il parait que cela éxiste ,mais je ne vois ce que c’est !), une gauche démocrate , élitiste ou bien populaire et quels sont les proportions de tels courants .
Donc vous voyez , il ne sert à rien à mon avis de comparer avec la Française , et c’est pour cela que je vous demande donc , à quoi elle ressemble ? quelle sont ses valeurs , ses ideaux , ses enemies bien sur , et ses objectifs ?
Quels sont aussi les noms de ses partis ?
Bref , aidez moi à comprendre ce coté obscur du QUEBEC .

Petit-Prince
28-01-2007 à 15:14
C’est assez complexe, puis je pense que cela dépendra aussi des perceptions que l’on a de la politique, mais aussi de la perception qu’ont les gens qui composent le peuple québécois.
Déjà, mais peut-être que d’autres ne seront pas d’accord avec moi, je ne suis pas d’accord avec la phrase « le Québec est à gauche ». Non pas que cela soit totalement faux, mais c’est justement là où ce situe la difficulté de décrire le paysage politique québécois.
Tout d’abord, on l’a souvent dit, ici au Québec, mais aussi au Canada et même… dans une moindre mesure, dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, les positions politiques sont très « centristes ». Les partis qui se disent « de gauche » ou « de droite » (il est tout de même rare d’entendre ces expressions d’ailleurs), se chevauchent beaucoup dans bien des domaines. En clair, il n’existe pas de cloisons hermétiques entre les partis de centre-droit et les partis de centre-gauche.

En règle générale, bien des Québécois supportent la sociale-démocratie, tout en se gardant bien de l’appliquer unilatéralement (commentaire personnel : Dieu merci !), comme cela a été fait durant près de 70 ans en Suède. Le modèle politique se rapproche d’ailleurs, et sur bien des points, à celui de la Suède.
Cependant, même en ayant une influence progressiste « à la Scandinave », le Québec subit aussi une autre influence qui vient de son placement géographique : l’Amérique du Nord. Ainsi, le mode capitalisme prime… d’ailleurs, la sociale-démocratie n’est pas anticapitaliste.
On peut dire que la sociale-démocratie est un marxisme opportuniste.
Mais le véritable parti d’influence sociale-démocrate reste le Parti Québécois. Et encore là, il y a eu des hauts et des bas… (je l’avais dit que c’était compliqué). Selon le chef du Parti Québécois, le parti a mis plus ou moins d’eau dans son vin. Bernard Landry était un farouche social-démocrate, Jacques Parizeau était plus libéral, tout comme Lucien Bouchard et, aujourd’hui, André Boisclair. Mais la base militante du PQ est en général plus à gauche (ou moins à droite, c’est selon), que son chef.
Difficile à expliquer aussi lorsque l’on regarde les statistiques… Les Québécois suivent majoritairement le courant « solidaire », qui est à gauche, tout en demandant, par exemple, que l’on supprime les aides sociales à ceux qui ne cherchent pas d’emploi, ce qui est une idée rejetée par la gauche.
Bref, le Québec est social-démocrate, mais pas vraiment socialiste. La gauche socialiste, représentée par Québec-Solidaire (rassemblant l’UFP et des anciens du Parti communiste du Québec), n’a pratiquement aucune représentativité au niveau provincial. S’ils passent les 5% au prochain scrutin, ils pourront s’estimer heureux.
Québec-Solidaire essaye d’ailleurs de prendre à son profit une valeur québécoise très ancrée dans les mentalités : la solidarité.
Mais une chose importante brouille les cartes. Les Québécois n’éprouvent pas de honte à gagner de l’argent et à vouloir réussir leur vie. Il y a beaucoup moins d’hypocrisie à ce niveau-là… on parle facilement de nos revenus, et l’on sait que c’est en gravissant l’échelle sociale que l’on pourra vivre plus confortablement.
C’est en réintégrant une partie de nos revenus dans l’économie que l’on participe à l’effort de croissance.

Vu que les clivages sont très dilués, il n’y a pas d’ennemis et les objectifs sont… très vagues. Mais cela est dû à une spécificité québécoise : la politique se base sur un clivage fédéralistes/souverainistes… d’ailleurs, moi qui suis libertarien/minarchiste, je n’ai aucun problème à adhérer au Parti Québécois.

Les partis provinciaux :
– PLQ (Parti Libéral du Québec) – actuellement au pouvoir : centre-droit
– PQ (Parti Québécois) – opposition officielle : souverainiste, plutôt sociale-démocrate
– ADQ (Action démocratique du Québec) – droite/centre-droit
– QS (Québec Solidaire) – gauche socialiste

Biztalk
28-01-2007 à 15:54
Très belle synthèse, je n’aurais jamais su aussi bien l’écrire

Tremblé
28-01-2007 à 16:48
Depuis 40 ans l’affrontement ici s’est surtout fait entre fédéralistes et souverainistes plutot qu’en gauche-droite, cause nationale oblige
L’arrivée de l’ADQ dans les années 90 et maintenant du parti de Francoise David donne lieu de plus en plus à une confrontation plus normale entre gauche et droite, la gauche étant paradoxalement pour le statu quo (le fameux modèle québécois!) alors que la droite (d’inspiration américaine) est pour le changement.
Rappelons que le PLQ est une coalition de fédéralistes qui a éclaté avec l’ADQ et le PQ une coalition de souverainistes qui est en train d’éclater avec David et maintenant les écolos.

MIMOSA06
28-01-2007 à 19:48
Mon esprit qui as ingurgité des années de judéo christianisme a du mal à assimiler « solidarité » et « capitalisme  » .
Comment se preparer a sortir d’un système ou on vous culpabilise de gagner de l’argent , ou la préssion hiérarchique et omniprésente et enfin ou le syndicalisme traçe les principaux fondement du partage social , avec
une société qui a une vision différente de la solidarité , (qui a l’air de ne pas intervenir dans le domaine professionel ) ou le mérite (a l’air aussi) prend une part active dans l’echelle sociale et ou aucun complexe face à l’argent n’apparait .
Bref tu résume que les clivages gauche -droite n’existe pas et seulement un rapport fédéralisme /souverainisme a lieu . Donc oublions cette gauche façon europe qui démontre encore une fois , qu’elle est le resultas d’une révolution en 1789 et d’une autre en 1917.
Par conséquent reste la question des valeurs fondamentales de cette sociale démocratie ?

Puis une autre plus personelle celle ci, au sujet du mépris que peux procurer l’argent, avec cette fameuse image du gars qui passe en FERRARI.
A New york, il sera admiré.
A Paris il sera jalousé.
Bref, deux monde, deux visions…

Saga
28-01-2007 à 19:52
En France, quand la gauche est au pouvoir, la droite tire dessus a boulets rouges et quand c’est la droite au pouvoir, la gauche organise des manif’ sans fin en conspuant le gouvernement. Si demain l’un prend une décision, l’autre va de suite la critiquer sans raisons légitimes. En fait, le débat politique en France se résume à un interminable combat de mots et de manipulations mesquines, et on oublie vite pourquoi on est en train de se battre.

Dieu merci, il n’y a pas d’étiquettes politique au Quebec, certains peuvent emprunter des idées aux autres, et on ne va pas critiquer quelqu’un juste parcequ’il est de l’autre bord…

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