QUESTIONS / RÉPONSES
Mes enfants vivent au Québec depuis 1995 (réflexion sur les demandes des immigrants)
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Écrit par FranceLiègeoise
Mes enfants vivent au Québec depuis 1995
FranceLiègeoise
10-02-2007 à 2:47
Bonjour,
Je ne vis pas au Québec, mais je suis intéressée par le Forum en raison du fait que mes deux enfants y vivent … l’un depuis 1995, l’autre depuis septembre 2006.
Mon intervention est exempte de tout préjugé, de tout racisme (je veux ne pas l’être), et de tout parti pris … Je ne fais appel qu’au bon sens en essayant de respecter une certaine neutralité … et j’espère ne pas me leurrer.
Quand je lis les sujets sur ce qu’on appelle les accommodements raisonnables, sur les différentes religions, sur l’accueil reçu par les immigrants, sur le climat, sur ce qu’on découvre de « négatif » au Québec, parfois, après quelques mois seulement de séjour, sur les difficultés rencontrées, etc, etc … je suis parfois ébahie …
D’une manière générale, certaines situations « décevantes » se rencontrent partout dans le monde …
Le Québec demande des immigrants … Apparemment, c’est une nécessité, sinon, cela ne se ferait pas … Les formalités pour pouvoir s’y installer sont longues et les conditions sont strictes. Cela me paraît tout à fait normal !
Il vient souvent à l’esprit de certains candidats immigrants que le Québec est un Eldorado, sans tenir compte d’autres réalités plus terre à terre … Le Québec ne promet pas que l’assiette des repas sera bien garnie et prête à être consommée … Le Québec donne l’opportunité au candidat immigrant de gagner ce qu’il aura dans l’assiette des repas … avec les ingrédients qu’il trouvera une fois sur place … Le Québec ne promet pas non plus que l’immigrant y (re)trouvera son mode de vie, celui qu’il a laissé derrière lui au pays …
De multiples raisons poussent à vouloir s’installer ailleurs, en l’occurrence au Québec, qui, quel bonheur, demande justement des immigrants.
Cela ne veut pas dire que le Québec demande forcément qu’on importe d’autres manières impératives de vivre, d’autres priorités, d’autres rites … il les accepte et c’est déjà bien … Cela ne veut pas dire non plus que le Québec DOIT accepter sine qua non d'insérer dans la vie du pays, avec les immigrants, ce qu’ils ont justement quitté … Certaines revendications et/ou exigences d’immigrants me mettent mal à l’aise … Apporter et vivre sa culture est une chose, bousculer la population d’un pays d’accueil pour pouvoir la vivre entièrement comme dans le pays d’où on vient en est une autre, … me semble-t-il …
La possibilité de se documenter sur le Québec, son climat, ses lois, ses coutumes, son régime social, ses soins de santé, ses règles et usages en matière d’emploi, ses succès et ses difficultés est suffisamment étendue pour que chaque candidat à l’immigration ait au moins une petite idée ce qui l’attend.
Si l’immigration est un échec, ce n’est pas la faute du Québec ou des Québécois … Le rêve, l’attente mal ciblée, l’illusion, certaines exigences des immigrants dépités, me paraissent plutôt en être la cause … Il est clair que lorsqu’on émigre, on recommence à zéro et que des efforts doivent être consentis. Comme il est tout aussi clair que quand cela ne marche pas, on peut retourner au pays … L’immigration, ce n’est pas mettre en paquets ses affaires, ses croyances, ses coutumes, ses manières de vivre et de manger, pour les installer, telles quelles, ailleurs … C’est aussi, en partie, changer de vie. C’est admettre et accepter qu’il faudra « faire avec » le pays d’accueil et qu’il n’y a pas de tapis rouge déroulé à la descente d’avion.
J’ai connu un vétérinaire qui, il y a des années, est parti au Québec avec la restriction de ne pouvoir pratiquer sa profession (il n’y avait pas demande en la matière à ce moment là). Il pouvait cependant travailler dans tout autre domaine qui concernait les animaux ou autre ... Après quelques mois, il est revenu, conscient que LUI s’était leurré et nullement persuadé qu’ON l’avait leurré …
Je suis d’accord sur « chez les Romains, on fait comme les Romains », avec des nuances, cependant.
Nulle part, je n’ai trouvé, de la part d’un immigrant déçu, le souci vis-à-vis des Québécois qui voient venir une multitude de personnes avec des façons de vivre parfois très différentes des leurs et se poser la question de savoir s’il n’y a pas un effort à faire pour accepter et se faire accepter …
Je pense qu'il ne faut pas dénigrer un pays parce qu'on est déçu. Par contre, expliquer sur le Forum pourquoi on est déçu n'est pas négatif, mais doit être expliqué plus honnêtement. Exemple volontairement anodin : "je me rends compte que je ne supporte pas la neige et le froid, cela ne me convient pas" plutôt que de dire " quel vilain pays, il y neige beaucoup et il y fait trop froid" ...
J’espère n’avoir blessé personne, je n’en ai nullement l’intention. Mon propos n’est en aucun cas une critique à l’encontre de qui que ce soit … Il est plutôt une invite à une réflexion sur l’immigration, ses raisons et ses attentes.