QUESTIONS / RÉPONSES
Chronique sur la traduction (partie 5)
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Écrit par FrenchPeg
Les vrais spécialistes de ce type seraient bien trop chers pour les clients de toute façon alors il vaut mieux être vous (:)) avec des contacts dans le monde des spécialistes qui peuvent vous donner un coup de main.
Tarifs (attention je parle ici uniquement de tarifs de l'anglais vers le français)
Je sais que c'est un des sujets (si ce n'est le sujet) qui intéresse particulièrement, mais c'est également le sujet le plus délicat puisque l'on y voit de tout et que ça dépend de beaucoup de choses et que c'est difficile de savoir quelles sont les fourchettes puisque personne n'a vraiment envie de le dire histoire que ça reste flou et que ça arrange les agences de traduction pour pouvoir nous payer moins.
Ça varie beaucoup aussi en fonction de si vous travaillez pour des agences de traduction ou pour des clients directs.
Évidemment les agences se font une marge, jusqu'à 40% (et j'ai des sources sures).
Les agences que je connais semblent se faire payer entre 0,23 cad et 0,33 cad le mot d'après ce que j'ai cru glaner comme information.
Les tarifs que proposent les agences que je connais semblent varier de 0,12 cad à 0,18 cad (il est évident qu'ils ne se ventent pas des tarifs les plus élevés de peur que tout le monde les demandes) (on voit aussi circuler des tarifs ridicules de traducteurs (du style 0,04-0,10 cad) qui contribuent à faire baisser les tarifs de la profession entière, merci mesdames et messieurs qui faites ça pour votre plaisir comme passe-temps, y'en a qui essaient d'en vivre!)
Lorsque l'on débute on a toujours tendance à croire qu'il ne faut pas demander beaucoup, un prof à moi décrivait cette technique comme une grosse erreur car il est alors difficile d'augmenter ses tarifs par la suite.
Bref, il vaut mieux y aller un peu au culot et puis assurer.
Si c'est bien fait, ils ne se plaindront pas de toute façon et si vos tarifs impliquent qu'ils ne peuvent pas rentrer dans leurs marges, ils vous le diront.
Il y a des différences entre les pays et entre les langues.
Je travaille beaucoup avec l'Irlande par exemple car, du fait de la présence de Microsoft, c'était un peu devenu la plaque tournante de la localisation.
On me parlait de tarifs d'environ 0,10 euros.
J'ai réussi à me faire payer plus, mais il parait que pour certains, les tarifs ont baissé.
Il y a également pour certains clients des différences de tarifs entre le français québécois et le français de France.
Un client me proposait énormément moins pour le français de France m'expliquant que les traducteurs en France demandaient des tarifs bien plus bas qu'ici et que donc travailler pour des clients français implique qu'il faille baisser ses prix.
Je ne suis pas du tout convaincue, j'ai travaillé pour des agences en France pour le même prix qu'ici et on ne m'a jamais rien dit.
Localisation
La localisation c'est LE domaine qui rapporte dans le métier de traduction de nos jours du fait de l'énorme volume de travail qu'il y a (ou qu'il y avait car ça c'est un peu calmé avec le trébuchement des technologies de l'information) et parce que c'est payé plus cher puisque considéré technique.
À l'époque ils embauchaient chez Microsoft pour traduire Office 2000 et le français était fait à l'interne à Dublin (l'anglais et l'allemand étant faits à Redmond, Seattle).
Désormais ils sous-traitent tout à des grosses agences de traduction dont je parlais plus tard.
Ça c'était pour les points positifs de la localisation, les points négatifs:
Il faut travailler vite,
il faut aimer l'informatique car ils imposent des outils de traduction divers et variés et la localisation implique la traduction à 30% et le technologique à 70% (c'est à dire "fixer des bugs", générer les fichiers, faire du testing, parfois des statistiques, etc.) et
il y a très rarement des belles phrases avec du contexte.
Il s'agit plutôt de tableau de "chaînes" (ça se sont les phrases à traduire dans le jargon des localisateurs) qui sont ensuite générés pour remplacer le texte anglais du logiciel d'origine.
Bref, c'est très ingrat comme domaine car il faut traduire des bouts de phrases sans vraiment savoir où elles vont se trouver à la fin et (à part à l'interne) on n'a pas toujours accès au logiciel pour voir de quoi ça aura l'air.
Conseil, éviter de travailler pour Oracle comme la peste, c'est le pire de ce que j'ai vu pour l'instant.
Microsoft est dans la localisation depuis le début donc ils savent comment s'y prendre et ils développent le logiciel en anglais en même temps que les allemands (qui sont plus ingénieurs que traducteurs) localisent à leurs côtés.
Bref, ça aide à pas imposer n'importe quoi aux traducteurs.
Sauf que cela ne s'applique pas aux nombreux logiciels qu'ils ont acheté sans l'avoir développé eux-mêmes auquel cas c'est le même binz que pour Oracle.
À son compte vs salarié Avantage
Tu n'as plus à t'inquiéter du lieu où tu seras, tu pourras être n'importe où (dont rentrer 2 mois par an ou plus voir la famille en France) il n'y a pas de problèmes car c'est le cas de la majorité des traducteurs et les rapport avec les clients sont purement électroniques, très rarement par la poste
Inconvénient
débuter car à moins d'avoir mon bol et d'entrer chez Berlitz comme pigiste à temps plein pendant plusieurs mois, il peut être difficile de vivre les premiers mois lorsque l'on a pas beaucoup de clients (d'autant plus que l'on est généralement payé qu'au bout d'un mois voir 2, c'est pour ça qu'il faut toujours un bon matelas d'avance pour ne pas avoir à stresser des paiements tardifs) Mais là je ne sais pas c'est peut-être très facile en fait.
Donc il vaut mieux avoir de l'argent d'avance pour ne pas s'inquiéter.
Informatique Équipement
Desktop ou Laptop...
Personnellement je n'hésite plus, c'est le laptop qui l'emporte malgré les prix plus cher (de toute façon, c'est une dépense de société s'il en est!), mais c'est très personnel...
Je fais ce métier pour pouvoir bouger alors il me faut non seulement un laptop pour travailler en déplacement mais également un laptop très puissat car les logiciels de traduction MS par exemple sont pas mal lourdingues et aussi avec un gros disque dur car il n'est pas question de devoir transférer quoi que ce soit entre un desktop principal à la maison et un laptop servant de temps en temps.
Non non, je veux tout avec moi.
En revanche je respire depuis que le laptop est assuré (je parlerai d'assurances plus tard) et que tout est sauvegardé sur cd à la banque.
Il suffit de se forcer à le faire régulièrement par contre.
On me demandait le budget, et bien votre ordinateur sera votre outil de travail de loin le plus important, voir le seul qui compte vraiment.
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