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Party de Noël… (et pas...

Party de Noël.... (et pas encore revenu!)

Ben oui, mieux vaut tard chez vous que jamais chez moi, je prends un peu de temps sur mon coucher de soleil dominical pour vous écrire ma chronique de cette semaine, mais ne vous attendez pas à quelque chose d'extraordinaire. Je suis fatigué. Depuis quelques jours, on cherche intensivement avec ma blonde une idée géniale qui nous permettrait de rester tout le temps à la maison, s'occuper à temps plein de sa petite bedaine qui pousse, vivre de notre art et ne plus devoir travailler que pour notre plaisir. Mais on n'a pas encore trouvé. Même que, la semaine dernière, l'idée de faire comme Frenchpeg et devenir travailleur autonome m'a effleuré l'esprit. Je connais beaucoup de gens qui font ça et qui ont l'air heureux. Pis finalement, en y réfléchissant bien, je pense que je pourrais facilement réussir à être autonome aussi, mais c'est la partie travailleur qui me pose plus de soucis. Si bien qu'en attendant, on continue de travailler peinard à temps plein tous les deux, nuit et jour, mais surtout de nuit, car ici au Yukon, les journées de décembre sont incroyablement courtes.... belles, sèches et ensoleillées certes, mais courtes. On réalise enfin les bienfaits d'avoir l'électricité à la maison. La latitude de Whitehorse nous donnant à peine quelques heures de pleine clarté, tous les jours, je m'en vais travailler dans la noirceur et je reviens dans le noir. Je prends mon déjeuner au clair de la lune, je regarde le soleil se lever pendant mon lunch et je prends mon quatre heure sous les étoiles. Ça a son charme, mais je me vengerai en été!

C'est fatiguant tout ça. Impossible d'hiberner : même plus le temps de rêvasser au bureau pendant la journée, la fin de l'année, c'est la période des évaluations, des rapports annuels, le temps de boucler tout le travail accumulé tout au long de l'année et la récupération de sa gueule de bois du party de Noël avec les collègues....

Heureusement, mon boulot est toujours aussi passionnant. Et puis, avec les salaires qu'on reçoit au Yukon, on va pas se plaindre.... pis d'ailleurs dans une semaine, les vacances de Noël commencent!! Deux belles grandes semaines remplies de jours de congé avant de m'envoler au mois de janvier pour un petit colloque aussi relaxant qu'instructif dans les sources thermales de Harrisson Hotsprings, un petit coin de montagne qui a l'air pas pire, à deux heures de Vancouver....

Mais je disais : c'est épuisant la fin d'année, surtout à cause des party de Noël. D'ailleurs en général, je redoute de les voir arriver. Et puis c'est mal vu de se débiner, surtout quand on n'est pas malade. Au Québec, je me souviens, c'était ma boîte qui régalait, et on était tous allés souper au restaurant vers 5 heures après le travail. Tous les employés avaient reçu une enveloppe avec de l'argent au début du repas pour que chacun puisse payer sa petite facture personnelle.... et même moi qui travaillais à deux postes différents, je n'ai eu qu'une seule enveloppe. Après, je m'étais promis de ne plus travailler à la même place l'année suivante afin de ne plus subir ce supplice de Noël à nouveau.

Mais cette année, qu'est-ce qu'on s'est bien marrés! Aucune petite carte de Noël à signer, pas la moindre fondue chinoise à manger, pas de table de resto où on aurait dû s'entasser entre la grosse comptable et la secrétaire boutonneuse parce qu'il n'y a plus place ailleurs quand on arrive à 5h30, pas d'attente patiente et silencieuse que tout le monde ait payé sa part pour s'éclipser en douce et terminer la soirée dans un bistrot sympa en compagnie de gens avec qui on a envie de se retrouver.... non, cette année, de véritables équipes de travail ont planché sur l'organisation d'un party de Noël grandiose. Un « party progressif » qui s'est déroulé successivement dans 4 maisons différentes. Deux grandes vans ainsi que 2 chauffeuses ont été louées pour assurer le transport et 4 équipes étaient chargées de préparer les maisons sélectionnées où avaient lieu les festivités : d'abord l'apéro chez mon collègue du service culturel, puis l'entrée chez ma collègue du département logistique, ensuite le repas principal chez le directeur général, un petit détour digestif chez mon collègue de l'entrepreneuriat et enfin le dessert (des gaufres de Liège) chez moi. La fête continuait évidemment dans le camion où la boisson, la musique et le sapin de Noël étaient assurés.

La veille des festivités, les gentils organisateurs sont venus poser une tente de prospecteur dans ma cour pour accueillir toute la gang, une quarantaine de personnes. Du bois fut coupé pour alimenter le petit poêle de fortune à l'intérieur et une partie de mon terrain fut déblayé et transformé en terrain de hockey.

Quand ils m'avaient annoncé le match de Hockey-bottines, j'avais pensé à une blague. Mais non, ils ont bel et bien joué jusqu'à 2h30 du matin. On m'a même demandé de participer. Comme je n'aime pas les sports d'équipes surtout ceux avec des règles, j'ai proposé de rester dans la tente pour surveiller le chaudron de vin chaud, alimenter le feu et placoter avec les filles. Pas pire : on s'est raconté plein d'histoires nordiques tout au long de la nuit.

Quand tout le monde a commencé à jouer au hockey, ça a énervé les chevaux qui hennissaient plus qu'à l'habitude dans le champ en face..... Pis, mon chien a mangé 3 rondelles qu'on n'a jamais retrouvées. Même les loups ont commencé à hurler quand la conseillère en orientation s'est mise à chanter. Le responsable de la communication a essayé de faire taire la meute, mais n'y est pas arrivé. C'est bruyant des loups, quand ils s'y mettent, surtout pendant la pleine lune, vous imaginez même pas. Quand vous faites pas attention, ça va, on ne les entend plus.... et ça fait un bruit de fond finalement pas plus chiant qu'une autoroute ou un DJ animant une soirée....

Bref, on s'est tous bien amusés, même sans musique.... De toute façon, chez nous, la nature est une fête à elle seule, une véritable symphonie oculaire pour l'œil, un éternel enchantement dans sa divine complexité, et je suis toujours à l'affût de ses mystères que j'apprends à apprivoiser jours après jours....

Finalement, je veux pas être travailleur autonome. Un party de Noël tout seul.... ben qu'est-ce que ça serait triste!

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      • 1573 lectures en date du 2/12/2008