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La loi des séries Vous...

La loi des séries

Vous ne me verrez pas souvent faire des chroniques sportives, autant être clair. Mais j'avoue que depuis que je suis arrivé à Montréal, j'ai appris à aimer le hockey, son esprit et son style. De plus, la fièvre des séries de la coupe Stanley a gagné Montréal, le Québec et l'ensemble du Canada ces derniers jours. Et bien sûr, lorsque l'on parle du Canada, il est difficile de ne pas faire une association d'idée avec ce sport si populaire ici, faisant partie intégrante de la culture locale.

Vous le savez aussi, cela faisait un bon moment que je souhaitais parler du hockey. Alors maintenant que la saison régulière est terminée et que les séries débutent, il est plus que temps de vous parler de ce sport et surtout de l'une des équipes majeures de la ligue nationale : le Canadien de Montréal.

La création de l'équipe montréalaise actuelle remonte à 1909. À cette époque, divers clubs s'affrontaient et plusieurs ligues se faisaient concurrence. Ce n'était pas bien sérieux, surtout pour la ville considérée comme la capitale du hockey. Dans un même temps, une ligue sérieuse et cohérente se met doucement en place, pour enfin devenir la LNH (Ligue Nationale de Hockey) quelques années plus tard.

Le Club de Hockey Canadien (CHC) est donc créé, regroupant au départ les joueurs francophones dont beaucoup sont récupérés dans les autres clubs de la ligue. Très rapidement, l'équipe montréalaise montre sa supériorité est enlève, dès sa sixième année d'existence, sa première d'une longue série de coupes Stanley.

La coupe Stanley, c'est un peu comme le trophée de la ligue des champions au soccer européen. La récompense pour la meilleure équipe de la ligue professionnelle.

En 95 ans d'existence, l'équipe du Canadien de Montréal a remporté 24 coupes Stanley et a aligné parmi les meilleurs joueurs du hockey au monde. Ainsi, vivre au Québec suppose que vous entendiez régulièrement parler de ces légendes. Tels Georges Vézina, Jean Béliveau, Guy Lafleur, Serge Savard, Patrick Roy et surtout, l'incontournable Maurice Richard, surnommé « The Rocket », qui est sans aucun doute l'une des personnalités les plus connues au Québec (et même au Canada).

Maurice « Rocket » Richard avait un talent immense à manier la rondelle. Rondelle qu'il mettait régulièrement plus de 50 fois dans le fond des filets dans une saison (le meilleur pointeur actuel arrive difficilement à 40 buts) ! Pour l'anecdote, lors d'un match contre Toronto, Maurice Richard mis cinq buts pendant la rencontre, remportée 5-1 par Montréal. Folie le lendemain dans la presse où l'on pouvait lire : « Richard 5 – Toronto 1 ». Quelques jours plus tard, le Canadien l'emportait 11-0 contre cette même équipe.

Dans ces années, mais aussi durant les années 60/70, on ne se demandait pas si le Canadien allait faire les séries, mais plutôt si le Canadien allait finir premier ou deuxième au classement de la LNH.

Il faut bien avoir conscience que le Canadien de Montréal est une équipe mythique dans l'histoire du hockey. Et que même si depuis 1993, le Canadien n'a pas toujours honoré son prestigieux passé, revêtir le chandail tricolore du CH est toujours un grand honneur pour un joueur de hockey, tel qu'il soit.

Récemment, le Canadien a fait l'acquisition de Jim Dowd qui venait du Wild du Minnesota. Jim Dowd a eu cette phrase assez révélatrice avant de jouer son premier match à Montréal : « jouer au hockey pour le Canadien de Montréal, c'est comme jouer au basket pour les Lakers, au football pour les Cowboys ou au baseball pour les Yankees. » Le mythe est encore vivant !

Mais le hockey québécois, ce n'est pas que le Canadien. Les joueurs Québécois sont dispersés dans la plupart des équipes de la LNH et font très bonne figure. Ainsi, Martin Saint-Louis de Tampa-Bay, équipe qui fait partie des prétendantes à la coupe Stanley cette année, est le meilleur pointeur de la ligue nationale. Au niveau des gardiens de but, les trois meilleurs de la LNH sont trois Québécois : le fantastique Martin Brodeur des Devils du New-Jersey, Roberto Lungo des Panthers de la Floride et José Théodore du Canadien de Montréal.

Comment ne pas parler aussi de Patrick Roy, ancien gardien de but du Canadien, puis de l'Avalanche du Colorado ? Meilleur gardien de but de l'histoire du hockey et vulgarisateur de la technique dite du « papillon », que tous les gardiens se doivent de maîtriser aujourd'hui.

Autre figure emblématique, Mario Lemieux, grand joueur Québécois actuellement propriétaire et joueur blessé des Pingouins de Pittsburgh. Mario Lemieux fut le seul joueur à dépasser une moyenne de deux points par match depuis le légendaire Wayne Gretsky, autre joueur Canadien. Il sera aussi six fois meilleur pointeur de la LNH et élu trois fois meilleur joueur de la saison.

Mais Mario est en fin de carrière et même s'il revient un jour au jeu, ça sera pour une ultime saison. Et encore !

Mario fera partie de ces icônes que l'on ne finit pas d'adorer, comme Maurice Richard et Wayne Gretsky, ils sont devenus intouchables.

Vous entendrez aussi parler des Nordiques de Québec. Les Nordiques entretenaient la rivalité entre Québec et Montréal, avant de devenir l'Avalanche lorsque la concession fut rachetée par le Colorado. Ce qui explique le grand intérêt qu'ont les Québécois pour cette équipe, et l'apparition de chandails des Nordiques lors des rencontres entre Montréal et Colorado.

On parle, parfois, d'une nouvelle équipe de la LNH pour Québec. Ça serait effectivement une bonne chose. Une équipe à Winnipeg serait aussi bienvenue, peut-être en faveur de la disparition des Pingouins de Pittsburgh ?

Et maintenant ?

Et maintenant reparlons du CH. Le Canadien de Montréal est une équipe jugée moyenne. Quelques bons joueurs, mais peu de grands gabarits qui font pâle figure aux côtés de certaines grandes équipes. Un fantastique gardien de but qui a souvent sauvé l'équipe montréalaise, mais aussi de bons jeunes talents.

Mickael Ryder, prétendant au titre de meilleure recrue de la LNH, Francis Bouillon, très bon défenseur, Sheldon Souray, au tir le plus puissant de la ligue.... Du potentiel donc, mais parfois inconstant.

Malgré tout, peu de monde aurait dit que le Canadien arriverait à un total de plus de 90 points et avec une place assurée pour les séries. Peu de monde aurait pu dire que le Canadien aurait des séries de 11 victoires en 14 matchs.

On le doit à une meilleure cohésion et à un meilleur esprit d'équipe. On le doit aussi à Claude Julien, l'entraineur-chef du Canadien, qui a montré d'excellentes capacités malgré quelques critiques à son arrivée (je faisais d'ailleurs partie de ceux-là). On pensait qu'il avait le charisme d'une serviette-éponge, il a su montrer le contraire.

Est-ce que le Canadien a des chances de gagner la coupe ? Je ne pense pas. Cela serait tout simplement incroyable. Par contre, l'équipe peut déjà poser ses bases pour la saison prochaine, où l'objectif ne devra plus être seulement de participer aux séries, mais d'être la meilleure équipe.

J'espère de tout cœur voir la coupe Stanley à Montréal dans un futur proche.

Go habs go ! Go habs go !


Un peu de vocabulaire :
Pour terminer, voici un peu de vocabulaire si vous désirez suivre une rencontre de hockey.

- Ici, on ne dit pas « crosse » de hockey, mais plutôt bâton de hockey, ou tout simplement un « hockey ».
- On ne dit pas « palet », mais rondelle ou encore « puck ».
- On ne dit pas goal, mais gardien de but.
- On ne dit pas un marqueur, mais un pointeur ou un scoreur.
- Lorsqu'on marque un but, on dit aussi « compter un but ». Une célèbre télé-série québécoise s'appelait d'ailleurs « Lance et compte ».
- Un puissant tir au but s'appelle aussi un « slapshot ».
- On ne parle pas de tiers-temps mais de périodes. Trois périodes de 20 minutes par match, suivit d'une période de 5 minutes à quatre joueurs en cas d'égalité.
- On ne dit pas « maillot », mais un chandail.
- On ne dit jamais « la prison », mais « le banc des pénalités ».
- On ne dit pas « les vestiaires », mais « la chambre des joueurs ».
- Dans le cas où une des deux équipes ne marque aucun but dans le match, on parle d'un « blanchissage ». « L'équipe a été blanchie ».
- Et une dernière chose importante, on ne dit pas « hockey sur glace ».... ici, le hockey est forcément sur glace, ou alors on le dirait. « Hockey sur glace », ça sonne « européen » !

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      • 2747 lectures en date du 3/12/2008