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Faites-nous confiance

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Malgré les efforts faits ces dernières années, il subsiste encore au Québec des problèmes de reconnaissance de certains diplômes obtenus à l’étranger et des difficultés dans l’exercice de certaines professions, particulièrement dans le secteur sensible de la santé. Souvent mis à l’index, dès lors que l’on évoque ces difficultés, les ordres professionnels justifient la rigueur des critères d’accès par le seul souci de protéger le public, en veillant à lui offrir un service de qualité. En d’autres termes, on ne fait pas suffisamment confiance aux diplômes obtenus hors du Québec. Mais les Québécois sont-ils aussi méfiants que ces corporations chargées de s’assurer de la qualification professionnelle de tous leurs membres?

À l’instar d’autres peuples occidentaux, les Québécois sont nombreux à voyager à l’étranger. Ils vont au Sud, en Europe, en Asie et en Afrique. Pour s’y rendre, ils prennent souvent des vols de compagnies aériennes étrangères. Ces compagnies utilisent les mêmes avions d’Air Canada (Des Boeings, Airbus, Bombardier..) et ce sont des pilotes étrangers qui sont en charge de mener, saints et saufs, ces voyageurs à destination. Quand, au cours de leur voyage, il leur arrive de tomber malade, ils n’hésitent pas à faire appel aux services des médecins, des pharmaciens ou des infirmiers locaux. Ces touristes descendent dans des hôtels et mangent dans des restaurants locaux. Et s’ils sont toujours aussi nombreux chaque année à voyager dans les quatre coins de la planète, c’est qu’ils doivent être satisfaits des services qu’ils reçoivent durant leur séjour. Mieux encore, de plus en plus de Québécois se déplacent à Cuba spécialement pour s’y soigner… au su et au vu de tout le monde. Ils y vont soit pour subir une chirurgie en raison des délais plus longs au Québec ou pour suivre un traitement moins couteux à Cuba. Mais alors, pourquoi au Québec et pour plusieurs métiers, les portes s’ouvrent difficilement aux diplômés étrangers? Il ne s’agit sans doute pas de discrimination envers les étrangers puisque des centaines de médecins issus de l’immigration exercent dans la province. Il s’agirait plutôt d’une méfiance face aux diplômes étrangers. Mais cela n’explique pas tout.

Chaque année, l’ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) reçoit quelque chose comme 80 demandes de la part de diplômés à l’étranger désireux de pratiquer leur métier dans la province. En général, l’OPQ étudie ces dossiers et recommande aux concernés de refaire plusieurs dizaines de crédits de cours du programme de baccalauréat en pharmacie. Sur ces 80 pharmaciens – qui ont perdu leur statut dès leur arrivée au Québec – moins d’une dizaine seront acceptés par les deux facultés de pharmacie de la province. Les autres devront réessayer l’année suivante en soumettant à nouveau leur demande à l’OPQ moyennant, chaque fois, plusieurs centaines de dollars de frais de traitement (ou de retraitement) de dossier. À ce rythme, il faut jusqu’à 10 ans d’attente et des milliers de dollars de frais pour un diplômé étranger avant d’avoir le droit d’aller… refaire des études à l’université. Pour les médecins, la difficulté se situerait plutôt au niveau de l’accès à la résidence mais le résultat est tout aussi désolant. Le paradoxe est que des professeurs en médecine, immigrants, formeraient chaque année de nouvelles cohortes de médecins dans les universités du Québec alors qu’ils n’ont eux-mêmes forcément pas le droit d’exercer.

Sur le terrain, les universités et les ordres professionnels donnent l’air de se rejeter la responsabilité les uns sur les autres mais en réalité, ils mettent en œuvre une même politique qui a pour résultat de priver les hôpitaux, les cliniques, les pharmacies québécois de médecins et de pharmaciens ainsi que la marginalisation de nombreux diplômés parmi les immigrants. En 2007, Réjane Hébert, doyen de la faculté de médecine de Sherbrooke, avait provoqué le tollé général des médecins immigrants après avoir déclaré que « les médecins étrangers sont plus habitués avec la malaria qu’avec les crises cardiaques, les AVC et le diabète » pour justifier les difficultés d’accès à la profession. On peut longuement disserter sur les motivations des ordres professionnels - certains peuvent leur donner raison, d’autres verraient une discrimination déguisée – mais personne ne devrait se réjouir de voir des centaines de diplômés, pour la formation desquels les pays d’origine ont investi beaucoup d’argent, contraints de faire d’autres études plus accessibles alors qu’il y a pénurie de main d’œuvre dans leur métier de base.

Quand un médecin ou un dentiste formé à l’étranger décide d’aller faire une AEC (attestation d’études collégiales) en programmation ou en conception de sites Web parce qu’il croit n’avoir aucune chance d’exercer son métier, je trouve que c’est un gros gâchis. Un gâchis pour son pays d’origine - ça on le savait déjà-, un gâchis pour lui et un gâchis pour le pays d’accueil qui se prive d’une ressource sur laquelle il a très peu investi et qu’il pourrait quand même utiliser pour faire face à des pénuries de main d’œuvre et à la fuite, vers l’étranger ou les autres provinces, des spécialistes locaux.

Que les ordres professionnels mettent les balises nécessaires pour l’exercice des professions au Québec, et ce faisant protègent le public, il n’y a rien de plus normal. Mais qu’ils ferment la porte aux diplômés de l’étranger ou que les universités refusent de les accueillir pour suivre un complément d’études nécessaire pour satisfaire aux exigences de l’exercice de leur profession au Québec, cela est difficile à comprendre. En tout cas, l’argument de programmes contingentés ne tient pas la route et le gouvernement provincial le sait. Des négociations ont d’ailleurs été engagées avec les différents ordres professionnels en vue de faciliter le processus menant à la reconnaissance des diplômes étrangers et il y a déjà eu des changements pour certaines professions. L’entente signée, l’an dernier, entre la France et le Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles va aussi dans le bon sens. Il reste à trouver des solutions pour les immigrants provenant d’autres pays. Ces solutions sont possibles si on accorde plus de « crédit » à la qualité de la formation reçue à l’extérieur par les Néo-Québécois. C’est déjà le cas dans beaucoup de secteurs : des milliers d’immigrants hautement qualifiés travaillent dans les usines de Bombardier, dans banques, les universités, les centres de recherche, dans les centrales électriques…etc.

Quant aux diplômés hors Québec, ils devraient dire aux Québécois et surtout aux ordres professionnels : vous nous faites déjà confiance quand vous venez chez nous, vous pouvez donc nous faire confiance maintenant que nous sommes chez vous et que vous avez le contrôle sur le déroulement des choses et sur les conditions de pratique de tel ou tel autre métier. À mon avis, ils devraient ajouter qu’ils ont le droit et le devoir de continuer de s’assurer de la qualification de tous les membres des ordres mais que rien ne justifie qu’un immigrant médecin ou pharmacien ait à attendre de longues années avant de recommencer à pratiquer son métier. Personne n’y gagne.

1155 lectures | 30 commentaires | Ajouter un commentaire

posté par addoul, le 22-10-2009 à 20:49Merci Rayan pour cette exelente analyse . Moi je suis dans le domaine et j'ai passé par l'ordre aussi ,c'etait pas un parcour facile surtout apres 11 ans de travail,et sans aucun document pour preparer l'examen.

Effectivement ceux que j'ai travaillé avec ,ils sont pas plus competant que nous ,même moin competant parfois. .
Proteger le public ? je veux pas entrer dans les détails ,mais c'est pas toujours vrai .
Le problème et le pire , même avec le permis de l'ordre ,ils nous donnent pas la confiance facilement ,il faut de
la patience , des epreuves et des réferences pour qu'on se sent vraiment accepter par les personnelles de la
santé et bien integrer dans le systéme... <_<
posté par Stephamour, le 22-10-2009 à 20:52http://www.canoe.com/infos/societe/archives/2009/10/20091017-071000.html Fausses ordonnances
Radiée pour fraude
Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
17/10/2009 07h10
<BR class=sp>
Une pharmacienne a été radiée pour avoir détourné des sommes gigantesques de son assureur en fabriquant de fausses ordonnances. Le manège de la pharmacienne Angela Bhattacharjee a duré près d'un an, soit de septembre 2007 au mois d'août 2008. Pendant cette période, elle a réussi à obtenir pas moins de 148 964,84 de remboursements de médicaments auprès de son assureur. La femme était alors à l'emploi de l'agence Élitis Pharma qui fournit des pharmaciens aux commerces qui en ont besoin. Elle se servait de son travail pour faire passer les fausses ordonnances dans le système informatique des commerces où elle travaillait. Même si elle faisait disparaître les traces dans le système informatique de la pharmacie, elle faisait les réclamations à son assureur. Médicaments dispendieux Comme plusieurs des médicaments réclamés étaient dispendieux, la compagnie d'assurance a posé des questions aux pharmaciens d'où provenaient les fausses ordonnances. C'est à ce moment qu'on a découvert que les fausses ordonnances avaient été effacées. La dame dit avoir agi ainsi pour fournir de l'argent à sa famille qui vit à l'extérieur du pays et qu'elle était leur principale bailleuse de fonds. Elle dit avoir subi de fortes pressions de ses proches pour agir ainsi. Cette explication n'a pas convaincu les membres du comité de discipline de l'Ordre des pharmaciens qui l'ont radiée pour six mois dans une décision rendue en août dernier. Une amende de 1500 $ a également été ajoutée. Lors de son audition, elle disait vouloir trouver une entente avec son assureur et avoir entrepris une thérapie. Elle s'est excusée pour le tort qu'elle a fait à la profession
posté par bencoudonc, le 22-10-2009 à 20:54Stephamour, c'est quoi le rapport, parce que la dame est d'origine étrangère ? Il y a aussi des fraudes commises par des Québécois bien "de souche"...
posté par Stephamour, le 22-10-2009 à 21:00
84% des demandes acceptées
Valérie Dufour
Le Journal de Montréal
12/12/2007 06h12
Se défendant de faire preuve de corporatisme, les 45 ordres professionnels du Québec affirment avoir accepté 84%des demandes d'équivalence soumises par des immigrants depuis 10 ans. «De ces demandes, un tiers a mené directement à la délivrance d'un permis et les deux tiers ont fait l'objet d'une prescription d'appoint. Seulement 16% des demandes ont été refusées», a soutenu le président du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), Louis Beaulieu, hier matin devant la commission Bouchard-Taylor. Il a été incapable de préciser le taux d'acceptation par profession ou si les diplômés de certains pays étaient particulièrement désavantagés. 4000 demandes de permis par an «Oui, c'est vrai. Il y a des décisions plus difficiles qui touchent des personnes en particulier. «Nous ne le nions pas. Mais nous avons travaillé très fort au cours des dernières années pour améliorer nos processus et nos outils», a-t-il souligné. Selon Louis Beaulieu, les ordres font leur part pour améliorer l'accès aux 51 professions réglementées. Il souligne que le nombre de demandes a quintuplé entre 1997 et 2006, si bien que les différents organismes traitent 4000 demandes de permis d'exercice par année. «Les principales difficultés qui subsistent touchent l'accès à la formation d'appoint, la francisation en contexte de pratique professionnelle et le financement de la démarche d'intégration de la personne immigrante», a insisté M. Beaulieu.
posté par grizzli, le 23-10-2009 à 11:21

Bonjour Mr yves lamontagne...
posté par batista, le 23-10-2009 à 12:25Merci Rayan pour ce sujet oh combien sensible . La grande contradiction siege dans les criteres de selection du MICC (qui te font gagner plein de points avec les années de cursus et les metiers en demande) et les blocages qu'on risque de rencontrer une fois au Quebec .Le hic ,est cette fameuse entrevue de "selection" mise à part le controle des documents originaux et pour ça je suis totalement d'accord ,il faut deployer du "language de bois" à couper à la tronçonneuse , faire croire qu'on va tout faire pour faire reconnaitre nos diplomes ,en retournant à l'université ,qu'on va y arriver (Yes We Can!) et qu'au final nous ferons ce qu'on sait faire de mieux ,et ce pourquoi on a eté choisi ,c'est à dire notre metier ...alors que tout simplement je meure d'envie de leur dire que j'ai juste envie de vivre dans leur pays parce que je suis "tombée en amour " de ce pays ,parceque je suis en accord avec les valeurs qu'il defend ,parceque l'on n' a qu'une vie qu'il faut saisir les opportunités ...oui dans un sens je suis opportuniste ,si mon bac plus 9 et 20 ans d' experience me permettent d'avoir l'immense privilege d'etre selectionnée ... pourquoi pas ! apres que je fasse caissiere , commis de bureau ,femme de menage ça ne regarde que MOI!! comme dirait un celèbre humoriste de chez nous , Fellag ",donnez moi juste un visa ,apres je me debrouille !!" Je n'ai aucune espece d'obsession à retrouver le statut que j'occupe actuellement ,au contraire se liberer des "cases" sociales c'est aussi la liberté ...
posté par Apple, le 23-10-2009 à 14:10Cessons la langue de bois. En France, c'est considéré comme raciste de dire à un étranger de faire un petit boutot au lieu de prétendre à un poste à son niveau. Au Québec, il est normal qu'un immigrant recommence en bas de l'échelle et tout incite à le faire, des ordres professionnels jusqu'aux 10 commandements d'un autre sujet. Quand on a quelques années d'expérience, on entend des choses et on voit les motivations à choisir tel ou tel candidat. La discrimination en fonction des origines est très présente au Québec et pas seulement dans le monde professionnel (logement, amabilité du serveur, etc). Mais la discrimination qui peut vous causer du tort peu aussi jouer en votre faveur. Il ne faut pas nier la réalité de la discrimination, mais il faut en jouer en sa faveur.
posté par Kweli, le 23-10-2009 à 14:30


Comment ça?
posté par Apple, le 23-10-2009 à 14:48
Certains propriétaires ou employeurs préférent telle ou telle communauté. C'est pas forcément normal mais c'est humain. Les Français peuvent jouer sur la fibre sensible France/Tour Eiffel. Ça avait bien fonctionné pour un de mes jobs. Mais ça peut aussi agacer. Il faut être attentif et s'adapter à son interlocuteur. Dans tous les cas, on est immigrant et il est illusoire de penser que les Québecois en font totalement abstraction.
posté par rayan, le 23-10-2009 à 22:10

Arriver dans un nouveau pays et devoir recommencer à zéro ou commencer en bas de l'échelle, le temps de chercher une expérience locale(ce que veut dire batista bac + 9, svp) est une chose. Dire à un étranger, qui est dans le pays depuis des années, d'aller faire un petit boulot est une toute autre chose. La discrimination existe partout. Elle est humaine comme tu dis mais elle n'est pas normale.

Au Québec, de ce que j'ai vu et entendu depuis que j'y suis, les difficultés d'ordre professionnel que rencontrent les immigrants sont plus dues à leur manque d'expérience locale qu'à leur origine même si les discriminations d'ordre raciales existent aussi. Beaucoup de recruteurs ne font pas confiance aux diplômes et expèriences étrangers. Une fois qu'on a une expérience locale, les portes s'ouvrent plus facilement. Je crois que la province du Québec, dans plusieus secteurs, fait mieux que plusieurs pays occidentaux en matière d'accessibilité des immigrants aux postes supérieurs. La première vice-présidente de l'assemblée nationale, une Marocaine, est arrivée à l'age de 24 ans au Québec. Sam Hamad, un autre "arabe", élu d'une cironscription de la ville de Québec pourtant réputée "fermée" à l'immigration et dont il est le ministre responsable, est arrivé au Québec à l'age de 18 ans. Je peux continuer longuement ainsi mais ça n'a pas de rapport avec le sujet que j'ai traité dans ma chronique.

Dans mon texte, je parle surtout du déficit de confiance envers les diplômes étrangers, de la part de certains ordres professionnels et/ou de certains recruteurs. Abdoul, en connaissance de cause, explique bien ce problème.
posté par Apple, le 23-10-2009 à 22:43Tu dis qu'il ne s'agit sans doute pas de discrimination mais de la méfiance. Je pense que tu fais erreur dans ton analyse (pas taper). La différence culturelle est sans cesse mise en avant. Un immigrant restera toujours un immigrant. Ça peut jouer en sa faveur ou contre lui. Après plusieurs années et même étant devenu canadien, l'origine culturelle est prise en compte. Ce n'est peut être pas plus mal. Mes origines représentent beaucoup de ce que je suis et je ne deviendrai jamais un pure laine. Là où je te rejoins, c'est qu'il faut montrer que cette différence peut être enrichissante pour les employeurs.
Le médical n'est pas mon domaine. Toutefois, je peux comprendre que les pratiques peuvent être différentes selon les pays. Pour une question d'assurance et de bonne pratique du métier, ces différences doivebt être gommées par la formation. La confiance ne suffit pas. Ensuite, on peut réflechir sur un programme d'études adapté aux immigrants mais c'est une autre question.
posté par rayan, le 23-10-2009 à 23:02

T’ai-je déjà tapé Apple? ;)



Peut être que oui, je viens d'ailleurs de lire l’éditorial du journal Les Immigrants de la Capitale écrit par un Roumain installé à Québec depuis 8 ans. Il y écrit qu’il se sentira toujours immigrant mais que ça ne l'empêche pas d'aimer le Québec et de voir ses enfants y grandir. Donc oui, un immigrant pourra rester un immigrant toute sa vie. L’important c’est que ça ne l’empêche pas de gagner et de vivre sa vie dans la dignité quitte à refaire des études pour s’adapter aux exigences de l’environnement local. Et en général, cela est possible au Québec.
posté par arslan, le 24-10-2009 à 02:55Rayan aborde ici un sujet délicat et récurrent et qui n'a pas encore trouvé de solution et risque de perdurer encore longtemps.

Ce constât peut paraître brutal , car il renferme beaucoup de vérité.Il y a quelque chose de bouleversant,voire comique et parfois sincère,dans les propos que me tenaient certains de mes compatriotes, futurs immigrants que je rencontrais par hasard dans les rues d'Alger.
il ressortait de ces témoignages une contradiction flagrante avec la réalité que moi même j'ai vécue et que vivent la plupart des diplômés ici , sur place . Ils ont le fol espoir d'y trouver une société stable, riche ,libérale , efficace, une société multiculturelle, une société moderne et sans problème à la mesure de nos frustrations et à la hauteur de nos rêves.Or si on se fie à la réalité du terrain , à notre vécu et au témoignage de nombreux immigrants qui se sont exprimés ici dans ce forum,vous devez vous attendre à découvrir les cotés impitoyables du libéralisme économique.

Donc une fois au Québec , passés les délices des premiers shopping,vous allez être confrontés à la dure réalité de votre nouvelle vie et faire face aux défis qui vous attendent entre autres le plus crucial ,celui de l'emploi. Alors que la quasi-majorité d'entre nous a entamé des études
supérieures, nos diplômes ne sont pas reconnus , tout simplement , parce qu'ils ne répondent pas toujours aux << normes >>requises par les standarts québécois et les divers conseils des ordres.Mais ça , sans aucun doute ,tous les immigrants le savent et doivent se préparer en conséquence.Certains réussiront à surmonter toutes les difficultés et à trouver leur place dans leur nouvelle terre d'accueil .D'autres par contre , végèteront et n'arriveront jamais à décoller. C'est dans l'ordre naturel des choses .En general le succés dépend de l'état d'esprit de l'immigrant et de l'esprit de suite avec lequel il accomplira son immigration.
posté par Bouclette, le 24-10-2009 à 14:41Bonjour Rayan,


merci pour ta chronique et je trouve ton sujet plus que pertinent et d'actualité.

Quand je te lis je suis bien d'accord avec toi mais ensuite, je diffère car cette situation est très complexe. Je ne pense pas que d'ici quelques années cela pourra se résorber.
Ce sont les instances internationales, notamment, les diverses universités et les différents gouvernements qui doivent trouver une solution en créant une sorte de projet Erasmus extra-européen avec un même niveau de masterisation dans toutes ces instances. Par exemple, en Europe, un master 2 obtenu en Irlande est bien entendu reconnu et validé en Italie. Déjà les pays du Maghreb s'aligne à cette homologation européenne mais bien sûr cela n'est pas assez. A mon avis, le nœud du problème réside là.

Ensuite, le Québec aussi pose problème avec ces ordres professionnels qui mettent beaucoup trop de freins aux professionnels étrangers qui viennent s'installer dans la région. Ils doivent se mettre au diapason avec le projet migratoire de la Province, sinon là encore point de salut.

Ce sont des mesures, très lourdes, sur plusieurs niveaux, à mettre en place pour espérer voir une lueur d'espoir.

Ce n'est que mon humble avis, bien entendu.
posté par Ensaimada, le 24-10-2009 à 22:29Euh ... en effet, je me demande en quoi cette histoire de pharmacienne fautive a un rapport avec le sujet ici.

Quand on regarde en ce moment la magouille incroyable qui grouille et grenouille en politique municipale et provinciale, on constate que c'est nettement plus gros ... et en plus, ces gens sont nos élus ou nos aspirants élus !!!

posté par Stephamour, le 25-10-2009 à 00:36


Et qui sont derrière les magouilles? Tous des noms qui finissent en O et en I
posté par Ensaimada, le 25-10-2009 à 00:43Hum ... Mulruney a été un sacré magouilleur, Chrétien aussi, Bergeron (au municipal) vient de se faire prendre, Vincent Lacroix vient de bousiller la vie de bien des retraités, les noms pourraient ainsi défiler ... curieux, ce sont pourtant des gens d'ici (dont le nom ne se termine pas en O ou en I). Les Québécois peuvent très bien abuser des Québécois et s'enrichir sur leur dos, ce n'est pas nouveau.
posté par bencoudonc, le 25-10-2009 à 00:44

... ben voyons. Pis tous les Tremblay et les Robidoux de ce monde sont de vrais petits anges qui jouent de la harpe. Tsé. :innocent:
posté par Ensaimada, le 25-10-2009 à 01:13

... ben voyons. Pis tous les Tremblay et les Robidoux de ce monde sont de vrais petits anges qui jouent de la harpe. Tsé.



posté par zem27, le 25-10-2009 à 09:21Bonjour,
merci pour cette analyse rayan.
Enfaite je trouve un énorme paradoxe entre les exigences de la sélection faite par le MICC pour les nouveaux arrivants(plus on est diplômé avec plusieurs années expériences plus on a de point et meilleurs sont nos chances d'immigrés), et les exigences des ordres professionnels pour la reconnaissances de ses acquis.
La non coopération entre les service de MICC et les ordres professionnels, à bouleverser les choses, en transformons ce qui était un avantage pour la sélection ont une entrave pour la reconnaissance et le travail et ainsi pour l’intégration.
Je pense que les deux services doivent mettre en place des mécanismes pour coordonner leur effort, et permettre à la source, la sélection et la reconnaissances des acquis des nouveaux arrivants.
posté par Dela, le 26-10-2009 à 00:35Très bonne chronique.

(Ré)écoutez Radio Caribou:

http://podcast.frequencecaribou.com/28022006_le_caribou_dechaine.mp3

http://podcast.frequencecaribou.com/12042005_5vx3x6.mp3


Et le problème est là pour durer. Au pays de l'immobilisme, c'est un des sujets qui existera encore dans 100 ans, comme les pots-de-vin, la mafia, la corruption, la collusion, le manque de concurrence, etc.
posté par rayan, le 26-10-2009 à 02:29Très intéressantes émissions, Dela. Elle sont toujours d'actualité, Merci.



Justement la dernière émission date maintenant de près de 4 ans. Est-ce que tu ne penses pas qu’il y a eu des changements au niveau de certains ordres professionnels ces deux dernières années? Je ne sais pas non plus ce qu’il se passe pour la mise en œuvre de l’entente France-Québec mais je crois que cela va dans le bon sens.



C'est juste, zem27. En fait pour répondre aussi à Bouclette, le MICC délivre une attestation d’équivalence de diplômes mais ça ne te permet pas de travailler dans certains métiers. C'est-à-dire, que si tu es pharmacien (ne) en France ou en Algérie, tu peux obtenir une équivalence d’un baccalauréat québécois en pharmacie mais tu ne pourras pas travailler en tant que pharmacien au Québec.
posté par Ensaimada, le 26-10-2009 à 02:42Finalement, faire faire ses équivalences, même si en bout de ligne elles correspondent à ce que quelqu'un cherche comme boulot, cela ne garantit rien du tout. Il faudrait qu'ils mettent leur belle théorie en pratique. Si on raconte aux aspirants immigrants qu'ils n'auront pas de problèmes avec leur diplôme et que c'est le contraire qui se passe une fois ici, doit-on dire que la DGQ (Délégation générale du Québec) raconte des histoires.

Pourtant, c'est étrange; elle n'aurait aucun intérêt à faire venir des gens qui ne pourront pas travailler dans leur domaine, devront peut-être faire de petits boulots, retourner aux études, en arracher ... et peut-être finalement retourner au bercail.

Malheureusement je n'ai pas pu voir les extraits; je n'arrivais pas à ouvrir le document.
posté par rayan, le 26-10-2009 à 02:49

Pas dans tous les domaines, cela dit. Juste certains métiers parmi ceux qui sont régis par des ordres professionnels, sans doute un peu trop jaloux de leur profession, notamment dans la santé.

Pour les extraits, ils sont en mp3, tu peux donc les lire par toute sorte de lecteur. Ex: Windows Media.
posté par Ensaimada, le 26-10-2009 à 02:58Merci Rayan !

Oui, dans le domaine de la santé, ce qui est franchement ridicule, car il manque 800 médecins omnipraticiens au Québec. Un Québécois sur quatre n'a pas de médecin de famille.

Il y a beaucoup de spécialistes, mais trop peu de généralistes ... et pour accéder aux spécialistes, il faut impérativement passer par un généraliste. On tourne en rond ...

posté par Dela, le 26-10-2009 à 04:28

Exemple: les médecins

2007: des quelque 174 médecins formés à l'étranger qui étaient en attente d'un stage en résidence cette année, 58 auront finalement été admis, soit un nombre sans précédent. Les autres (116) n'ont pas satisfait les critères d'admission de ces programmes, alors même s'il y a des places vacantes, ces gens n'ont pas répondu aux standards. Aucun n'a considéré qu'ils répondaient aux critères pour devenir médecins spécialistes ou médecins de famille », a expliqué le Dr Hébert, qui rappelle que les 130 programmes existants ont tous leurs propres critères ..... quelque 87 places sont vacantes en résidence cette année.
Les doyens des quatre facultés de médecine du Québec devraient rencontrer prochainement le ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui exprimait mardi sa surprise de voir de si nombreux stages en résidence vacants, compte tenu du nombre de médecins étranger en attente d'un stage.

« Il est très difficile de comprendre, pour moi et pour le public, qu'un nombre aussi élevé de médecins restent sur le carreau, alors qu'on pourrait les former dès cette année », soutenait le ministre.


http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/05/02/004-hebert-med-etranger.shtml

http://www.immigrer.com/faq/sujet/Reportage-sur-les-medecins-etrangers-qui-immigrent-et-veulent-travailler.html



2008: L'an dernier, les quatre facultés concernées avaient préféré laisser vacants un peu plus de 80 postes de résidence en médecine plutôt que de les offrir à la centaine de MDE qualifiés en attente d'un stage. Cette année, 102 postes non pourvus sont en jeu, une occasion que ne veut pas rater la coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger, qui réclame l'intervention rapide et musclée de Québec. 64 médecins étrangers ont été retenus au premier tour, c'est un record.

http://www.ledevoir.com/2008/04/11/184556.html

Verdict après le second tour: En 2008, 73 postes de résidence sont encore laissés vacants alors que 72 médecins qualifiés qui ont appliqué à ces postes ont été rejetés sans entrevue.

http://www.medecinsdailleurs.com/nouvelles/


2009: Le porte-parole de la Coalition des Associations de médecins diplômés à l’étranger, Dr. Comlan Amouzou, juge inadmissible que pour une troisième année consécutive, les universités du Québec décident délibérément de laisser 94 postes de résidence vacants malgré que plus de 130 MDE ont soumis une application.

Les leçons du passé n’ont pas été apprises par les universités et le collège des médecins du Québec qui continuent de bafouer année après année le droit au travail des centaines de personnes formées à l’étranger malgré le contexte de pénurie.

http://www.crarr.org/?q=fr/node/121


Ca suffit comme réponse ou je dois développer :)


posté par rayan, le 26-10-2009 à 05:09

Exemple: les médecins

2007: des quelque 174 médecins formés à l'étranger qui étaient en attente d'un stage en résidence cette année, 58 auront finalement été admis, soit un nombre sans précédent. Les autres (116) n'ont pas satisfait les critères d'admission de ces programmes, alors même s'il y a des places vacantes, ces gens n'ont pas répondu aux standards. Aucun n'a considéré qu'ils répondaient aux critères pour devenir médecins spécialistes ou médecins de famille », a expliqué le Dr Hébert, qui rappelle que les 130 programmes existants ont tous leurs propres critères ..... quelque 87 places sont vacantes en résidence cette année.
Les doyens des quatre facultés de médecine du Québec devraient rencontrer prochainement le ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui exprimait mardi sa surprise de voir de si nombreux stages en résidence vacants, compte tenu du nombre de médecins étranger en attente d'un stage.

« Il est très difficile de comprendre, pour moi et pour le public, qu'un nombre aussi élevé de médecins restent sur le carreau, alors qu'on pourrait les former dès cette année », soutenait le ministre.


http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/05/02/004-hebert-med-etranger.shtml

http://www.immigrer.com/faq/sujet/Reportage-sur-les-medecins-etrangers-qui-immigrent-et-veulent-travailler.html



2008: L'an dernier, les quatre facultés concernées avaient préféré laisser vacants un peu plus de 80 postes de résidence en médecine plutôt que de les offrir à la centaine de MDE qualifiés en attente d'un stage. Cette année, 102 postes non pourvus sont en jeu, une occasion que ne veut pas rater la coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger, qui réclame l'intervention rapide et musclée de Québec. 64 médecins étrangers ont été retenus au premier tour, c'est un record.

http://www.ledevoir.com/2008/04/11/184556.html

Verdict après le second tour: En 2008, 73 postes de résidence sont encore laissés vacants alors que 72 médecins qualifiés qui ont appliqué à ces postes ont été rejetés sans entrevue.

http://www.medecinsdailleurs.com/nouvelles/


2009: Le porte-parole de la Coalition des Associations de médecins diplômés à l’étranger, Dr. Comlan Amouzou, juge inadmissible que pour une troisième année consécutive, les universités du Québec décident délibérément de laisser 94 postes de résidence vacants malgré que plus de 130 MDE ont soumis une application.

Les leçons du passé n’ont pas été apprises par les universités et le collège des médecins du Québec qui continuent de bafouer année après année le droit au travail des centaines de personnes formées à l’étranger malgré le contexte de pénurie.

http://www.crarr.org/?q=fr/node/121


Ca suffit comme réponse ou je dois développer :)


J'ai déjà vu ces textes, Dela et cette situation est pour le moins déplorable. Merci. Tu peux développer si tu veux mais je crois qu'on est d'accord qu'il y a du chemin à faire en vue de faciliter l'accès à certaines professions, régies par les ordres, pour les diplômés hors Québec.
posté par jay-jay, le 26-10-2009 à 06:36Salut Rayan,

Comme tu l'a bien souligné et dis dans cette chronique, il suffit que les ordres professionnels ouvrent grand les yeux et constatent le gâchis qu'ils créent avec tous ces savoir-faire crevés. Très belle chronique, bien rédigé, très explicite et constructive aussi. J'aimerais qu'au moins les décideurs de cette belle province aient le courage de remettre en question leur système et corriger les failles et imperfections du passé.

Félicitation Rayan et que l'objectivité et la clairvoyance soient tes vertus de tous les jours.
posté par Ensaimada, le 26-10-2009 à 12:20Merci beaucoup Rayan. Et merci Raya.

Des politiciens qui ont de la volonté et du courage ? Malheureusement, ils sont aussi difficiles à trouver qu'une aiguille dans une botte de foin.

Voyez seulement les scandales de corruption qui éclatent au niveau municipal ... eh bien le provincial et le fédéral sont gangrenés eux aussi. Alors avant de poser des gestes pour améliorer le système de santé, ils vont tous vouloir sauver leur peau et essayer d'empêcher la tenue d'une enquête publique.
posté par grandebleue, le 27-10-2009 à 23:08

bonsoir ,
ca a le mérite d'etre clair et me parait sincerement etre des propos tres realistes tout a été dit , bien à vous merci.

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