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Femme d’aujourd’hui – et la famille...

Femme d'aujourd'hui – et la famille ?

J'ai grandi en Allemagne où les femmes ne sont pas considérées de la même façon qu'en France, et j'ai vécu une partie de ma vie d'adulte en France où les femmes ne sont pas vues du même œil qu'en Allemagne, et maintenant, je découvre le quotidien d'une autre femme : celle du Québec.

En Allemagne, les femmes qui mettent leurs enfants en garderie pour aller travailler sont presque des monstres. Grosse caricature mais très proche de la réalité, croyez-moi, surtout si elle a PLUSIEURS enfants en bas âge ! Les cours ne durent que jusqu'à midi/13 heures en plus, ce qui ne facilite pas les choses. Les travaux à la maison ne sont pas très partagés, mais Papa joue avec les enfants. Seules les femmes célibataires sortent seules le soir.

En France, les femmes travaillent, et celles qui osent dire qu'elles restent à la maison pour leurs enfants, elles sont presque méprisées pour cet acte d'amour. Les écoles durent toute la journée. Les travaux à la maison y compris l'éducation des enfants sont assez bien partagés, mais les maris sont quand même un peu ( ?) machos. Les sorties se font aussi en couple.

Au Québec, elles travaillent aussi pour la plupart, mais jusque dans dans le monde du travail, la vie de famille a une importance significative. Les femmes et les hommes semblent se partager assez bien les travaux du quotidien, et ce qui m'émerveille quelque part, c'est que les femmes vont « prendre une bière » après le boulot assez souvent !

Si dans beaucoup de pays européens, les vrais machos ont encore leur mot à dire à la maison, ce n'est plus le cas par ici. Les Québécoises semblent, à mon avis, avoir pas mal réussi la mise en application de l'égalité des droits (et devoirs ?) des hommes et des femmes. Reste juste à mettre en place une vraie équité salariale, ça a l'air !

En Allemagne, les femmes sont plus « masculinisées » qu'en France et Belgique, mais ô combien certaines sont totalement dépendantes de la bonne humeur de leur mari ! Elles n'ont pas de compte bancaire à elles si elles sont en couple, le compte joint est à l'ordre du jour. En France, c'est un peu mitigé selon mon expérience, mais le compte joint avait la préférence lorsque j'y vivais il y a 3 ans.

Ici au Québec, les comptes séparés semblent monnaie courante surtout pour une raison majeure : l'absence de mariage ! Ici au bout d'un an de vie commune, le couple est considéré comme s'ils étaient mariés civilement, mais on passe de moins en moins devant monsieur le maire à ce qu'il paraît. Et on se sépare d'autant plus facilement.

Ce qui m'inquiète un peu dans cette indépendance quasi-totale des femmes, dans leur esprit et leurs actes au quotidien, c'est l'avenir de la cellule familiale. Les femmes ont toujours été celles qui maintenaient les familles ensemble contre vents et marées. Elles faisaient tampon entre les enfants et le père, et je ne sais que penser de la situation de trois de nos amis (2 en Europe, 1 au Québec) qui n'ont même pas le droit de voir leur enfant ne serait-ce qu'en photo : c'est un drôle de tampon entre père et enfant ! Dans les trois cas, ce sont des femmes qui ont agi de la sorte pour se débarrasser du père de leur enfant. Dites-moi que ce sont les seules .... En plus, en Amérique du Nord, il suffit qu'un des deux parents invente que l'autre semble avoir touché l'enfant (une petite claque est suffisante) pour que tout droit de visite puisse être retiré à ce dernier pour toujours. Il n'y a pas de preuve, et il ne peut y en avoir l'enfant étant trop jeune pour exprimer quoi que ce soit dans un sens ou l'autre.

Les femmes ici ont obtenu tous ces droits et considérations en pratique, en « vraie vie » comme on dit ici, que celles d'Europe n'ont que sur papier et un peu en réalité au quotidien. Elles ont des superbes jobs, elles réussissent magnifiquement à l'université, elles font carrière plus facilement qu'ailleurs parce que le Québec les encourage, et elles s'épanouissent dans la reconnaissance que l'on leur témoigne face à leurs efforts. Ici, on leur donne leur chance pour de bon, et elles la prennent la tête haute. En Europe, elles doivent être meilleures que leur équivalent masculin pour avoir une lueur d'espoir d'obtenir une position convoitée. Le fait qu'elles ne soient (presque ?) pas discriminées pour leur sexe au Québec leur donne cette assurance que les Européennes voudraient afficher. En fait, ici pour un poste offert, priorité est donnée aux femmes, immigrantes, de minorité visible, handicapée physique .... Ce n'est pas le cas en Europe du tout !!! Ici, si une femme pense avoir l'équivalence par rapport à un candidat masculin, et que c'est lui qui est embauché, elle va porter plainte pour discrimination. Impensable en Europe.

Je ne sais pas ce qui est juste dans tout cela. Je suis le produit d'un mélange d'éducation germanique, expérience de vie adulte française (mon ex n'était pas macho pour un sou !), je suis mariée avec un Belge qui adore se faire servir et parfois m'exaspère .... mais il a épaté notre amie des Honduras (un autre extrême, je sais) parce qu'il cuisine, qu'il s'occupe bien des enfants, qu'il nettoie dans la maison, qu'il sait repasser et coudre, et qu'il m'a laissée partir avec elle et ses copines faire du magasinage un samedi de juillet .... J'ai dans mon entourage ici une Française qui pour la première fois de sa vie reçoit un salaire elle-même pour le travail qu'elle fait, ce qui lui fait prendre conscience qu'elle est une personne à part entière et surtout, tout ce qu'elle n'a pas pu avoir ou décider au cours des 15-20 dernières années lorsque son mari était le récipiendaire de la paie pour le travail de tous les deux et qu'elle se débrouillait comme elle pouvait avec ce qu'il lui donnait (ici, ils gagnent la même chose mais sur deux bulletins de paie ....). Cette prise de conscience est un choc pour elle qui, à même pas 40 ans, pense à quitter son mari !

Est-ce que l'indépendance financière, ou l'absence de dépendance totale, donne un autre aspect à l'amour, la vie de couple, de famille ? Est que la dépendance financière a été confondue avec l'amour ? Je ne sais pas. Je sais que beaucoup de couples ont des disputes ardues quand les finances sont le sujet de conversation voire discussion .... Est-ce que c'est plus sincère de rester ensemble quand chacun reçoit son salaire ? Est-ce que la femme indépendante aime plus sincèrement parce qu'elle n'a pas (ou moins) BESOIN des sous de son chum ?

Je suis divorcée moi-même, mais j'aurais pu rester avec mon premier mari – ce n'était pas des orages qui nous séparaient, plutôt l'absence d'orages .... Mais nous nous sommes séparés, et j'ai accepté qu'il garde notre fils avec lui le temps que je vivais au Colorado. Mais dès le départ, nous avions néanmoins la garde conjointe. C'est souvent comme cela ici au Québec d'ailleurs. Mais j'entends autour de moi des plaintes par rapport à l'assiduité du Papa et que si ça ne va pas dans la direction des idées de la maman, elle va lui retirer la garde conjointe. Dans le temps, les mamans seules étaient mal vues. Aujourd'hui, elles sont des héros. Ni l'un ni l'autre ne me semble correct.

Je ne veux porter aucun jugement. Ce ne sont que des choses que je constate dans ma vie et mon entourage personnel. Je m'interroge. Qu'est devenue la famille avec la femme d'aujourd'hui ? Que VA devenir la famille avec la femme d'aujourd'hui ? Où est le juste milieu ? Ne peut-on pas trouver un équilibre ici dans ce pays où la Famille n'est pas un accessoire mais une institution reconnue et respectée par tous ? Si nous, les femmes, estimons que les pères ne savent pas s'occuper de nos bambins, pourquoi pas essayer de trouver un moyen de leur apprendre ?

J'envie parfois deux de mes collègues (femmes ....) qui pratiquent la garde conjointe (une avec succès, l'autre moins) parce qu'elles ont BEAUCOUP de temps libre où elles peuvent faire ce qu'elles veulent. Moi qui vis en couple avec deux de mes enfants (le 3e est adulte ....), je ne peux pas m'inscrire à des activités, faire une promenade, aller voir une pièce de théâtre parce que je n'ose pas envoyer mon mari promener et que j'estime que je dois être là pour nos enfants au lieu d'aller m'amuser ailleurs sans eux.

Qu'est-ce que je veux, moi ? Des enfants qui écoutent (soupir), pouvoir m'en aller quelques heures de temps à autre et laisser les enfants au Papa (soupir) sans culpabiliser.... Oui, je veux un peu de cette liberté que les Québécoises affichent. Mais je veux aussi ma famille, mes 3 garçons et mon chum avec qui je me suis mariée contre vents et marées et que j'aime un peu plus tous les jours. Je veux TOUT : la famille ET la liberté. Alors je vais devoir commencer par être un peu plus indépendante.... mentalement !

Allez, ça suffit. La réponse est dans l'avenir. Et ce message est tout à fait personnel et totalement subjectif ....

Bonne semaine !

Monika

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1924 - 23/8/2008

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