Retour en juin. Et me...

Retour en juin.
Et me voilà une nouvelle fois à me préparer pour un séjour en France.
J'ai encore tendance à me retenir de dire « un retour en France », et ça m'agace sérieux J
Les préparations aux ‘retours' me procurent toujours un sentiment bizarre. Elles sont chargées de stress comme tout voyage où il faut essayer de ne rien oublier et d'avoir bien tout boucler ce que l'on doit faire avant de partir, mais également d'inquiétude à l'idée de retrouver une vie de famille à laquelle je ne suis plus habituée.
Il y aurait bien aussi une petite impatience de revoir certaines personnes, mais sans plus. En fait, c'est très personnel, mais c'est ça qui me marque le plus à chaque fois : mon manque d'enthousiasme à l'idée de 'rentrer' et pourtant j'aime ma famille.
Je crois qu'à force d'être loin de ma famille et de mes amis ‘d'avant', j'ai développé une sorte de réaction de défense qui m'aide à ne pas trop m'attacher pour ne pas trop souffrir. En fait c'est plutôt quitter mon chez moi ici et Montréal qui m'ennuie et les complications d'un retour en famille. C'est tellement plus simple de vivre seule ;-)
Cette fois-ci c'est pire car je serai en France presque 2 mois et je n'arrive pas à me calmer me demandant si je pourrai bien tout faire les transactions bancaires à distance, si je réussirai enfin à voyager léger, si je vais réussir à trouver ma tenue pour le mariage de ma sœur en 2 jours à Paris, puisque évidemment les Français ne travaillent déjà pas beaucoup en temps normal, mais en mai, ça ressemble plus à une farce, si je réussirai bien à voir tout le monde (car je sais par expérience « qu'au pays » ils ne se rendent pas toujours bien compte qu'il faut profiter de ma visite au maximum.
Et aussi je me demande si le travail va aussi bien se passer une fois là-bas. Parce que pour ‘rentrer' aussi longtemps, c'est que je compte travailler normalement aussi. Ce n'est pas vraiment de savoir si je recevrais du travail qui m'inquiète, mais plutôt de savoir que c'est compliqué de travailler lorsque l'on rentre. C'est sûr que lorsque l'on a une vie professionnelle bien distincte de notre vie personnelle, c'est facile de faire la part des choses. Moi je travaille quand j'ai du travail et même si je peux décider à quel moment de la journée je peux le faire pour le rendre à temps, c'est beaucoup plus difficile à gérer lorsque l'on est en famille.
Comment faire comprendre à la famille ou aux amis que l'on est effectivement en séjour de plusieurs semaines, qui ressemblent bien à des vacances, mais qui ne sont pas tout à fait des vacances ? Car même s'ils disent bien comprendre, c'est difficile pour eux, s'ils sont vraiment contents de me voir, de ne pas interférer avec ma concentration et ma motivation à travailler.
Enfin, suite au prochain épisode, de l'autre côte de ce cher océan.
Quel temps ignoble ici pour une fois, je ne suis pas impressionnée pantoute ! ;-)
Un Curve, une Curvette, la...

Un Curve, une Curvette, la Fin.
On ne comptait plus les années. Celà passe tellement vite. A force de penser que c'était là pour toujours, on oubliait que la fin de l'histoire était envisageable. En plus tout semblait aller au mieux depuis quelques mois. Le rythme de croisière ? pas forcément. Toujours en quête d'authenticité, toujours vrais, constamment en mouvement et en renouvellement et souvent jamais satisfaits de l'état courant. Cependant quelle complicité exceptionnelle pourrait-on dire ! de celle qui reste, même après le mot fin.
Tous le monde l'auras compris bien entendu. Je parle de la fin de la série « Un gars, une fille » ici au Québec. Un arrêt programmé malgrès un succès et un taux d'écoute toujours aussi fort après 6 ans. Je pense que la majorité d'entre-vous connaissent cette série, et ont eu la possibilité de la suivre sur une des chaînes de leur pays. C'est une comédie d'origine québécoise, internationalisée depuis déjà plusieurs années. Dans les autres pays, les textes québécois sont repris et adaptés jusqu'à 25% par un script-auteur. En France, le format que je connaissais est un peu différent car les acteurs sont dans la début trentaine, et les épisodes sont quotidiens, de 7 minutes environ. Ici, l'émission dure 30 minutes, avec 3 thèmes de 10 minutes par soir (3 jours de tournage), et toujours des scènes de 1 minute, 1 minute 30, qui s'enchainent. Les thèmes sont les mêmes dans tous les pays. Je devrais plutôt dire que ce sont les scènes des autres pays qui sont semblables à ce que nous avons ici.
En effet, la série est la création de Guy A Lepage. Acteur de 41 ans né dans le quartier d'Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Il a commencé sa première émission à l'âge de 23 ans et avoue qu'au fil des années, il se trouve de moins en moins poche pour apprendre ses textes (surtout que c'est lui qui les écrit, c'est dire). Acteur par accident, il se trouve de moins en moins mauvais après 19 ans de carrière !! si si, c'est lui qui le dit ! il n'avait jamais voulu faire acteur. Il apprécie beaucoup plus sa job d'auteur et adore vraiment écrire des histoires. Je sais que certaines et certains sur le forum seront sensibles à la mention de son goût pour l'écriture, ce qui leur rappelera leurs propres écrits que je lirais volontiers. Pour protéger son bébé, il travaille de très près avec tous les producteurs, outre-Atlantique notamment. Et il participe aux premiers tournages afin de s'assurer que cette version correspond bien à son idée originale dès les premiers pas. Il a par ailleurs refusé la proposition américaine d'achat du concept. C'était visiblement un peu trop du genre, « on signe et on fait l'adaptation comme on veut »..... pour rester poli, il leur a répondu un « non merci ». Bonne claque pour ceux qui pensaient que l'argent pouvait tout acheter et qu'ils pourraient s'approprier l'idée sans contrainte de la part du papa toujours fier de son oeuvre.
La Loulou du Québec, c'est Sylvie.... l'actrice Sylvie Léonard ..... La quarantaine, spontanée et touchante. La Muse. Côté caractère, je ne peux passer sous silence l'affirmation de Guy A Lepage lorsqu'on lui demande si son rôle du Gars lui ressemble. Il répond « dans la vraie vie, j'aurai crissé mon camp ». Ce qui veut tout dire sur le caractère du personnage de Sylvie..... (mais je vous rassure, Guy affirme aussi ne pas être aussi drole dans la vraie vie que dans la série, il n'est pas assès fin et se trouve même assès plate). Ce personnage de la Fille a permis à l'actrice de personnaliser la condition des femmes ainsi que certaines contradictions dans leurs désirs de vie. Sylvie, c'est une sexologue qui connaît ses « heures de gloire » au fur et à mesure des saisons. Il suffit qu'elle passe une fois à la télé, et voilà qu'elle se prend pour une célébrité. Finalement elle deviendra réellement une célébrité en montant son propre journal féminin. Bel exemple pour vous qui avez des rêves en immigrant. Si vos rêves dépendent d'un employeur, il se peut que vous risquiez d'être déçus parfois. Mais si vous avez le rêve de créer, alors faites comme Sylvie. Soyez opportuniste et lancez vous.
Les personnages principaux nous ressemblent toujours, attachants et drôles, avec leurs sacrés défauts. Sans compter le lot de la famille proche, des amis encombrants (très encombrants), ceux parfois trop intimes (on découvre physiquement qui est Geneviève, l'ex-maîtresse et associée du héros repentant.... on peut deviner sa faiblesse....). L'émission a entre autre remporté plusieurs prix télé ici. Meilleur émission humoristique, meilleur texte (à la grande joie de Guy A Lepage, auteur d'abord.... ah ! je l'ai déjà dit !!), série humoristique, meilleure réalisation, meilleure interprétation, notamment de 1998 à 2000. Mais la série ne s'était pas endormie pour autant depuis 3 ans. Loin de là. Sylvie et Guy avaient su se renouveller et nous proposer des tranches de vie toujours aussi savoureuses, avec son lot de petits messages.
Mais notre Gars et notre Fille ont décidé que ce serait la fin de cette fenêtre sur couple, notre révélateur de défauts qui fait sourire ceux qui vivent en couple, et renforcent l'opinion de ceux qui vivent leur célibat par choix. C'est la fin. Je ne la raconterai pas. A vous de la découvrir un jour. Au revoir Guy. Au revoir Sylvie. Vous allez nous manquer.
Élections provinciales. Deuxième partie. Après...

Élections provinciales.
Deuxième partie.
Après trente-trois jours de campagne officielle, nous connaissons maintenant les noms des 125 députés de la nouvelle assemblée provinciale. Les Québécois ont élu le gouvernement libéral (PLQ) de Jean Charest avec 46 % du suffrage alors que le gouvernement sortant du Parti Québécois (PQ) de Bernard Landry a obtenu 33 % des votes de la province. Mais avant d'entrer en détails dans l'analyse des résultats, nous allons revenir là où je m'étais arrêté lors de ma chronique précédente.
Le débat des chef
Réunis le lundi 31 mars devant les caméras des quatre réseaux francophones de télévision, les trois candidats se sont livrés au traditionnel exercice imposé du «débat des chefs». Le débat fût à l'image de la campagne. Un Jean Charest visiblement très à l'aise, lisant très peu ses notes, maîtrisant manifestement bien tous les sujets et qui choisi, dès sa première intervention, de régler son principal handicap : les « défusions » municipales (excusez le néologisme, mais c'est comme ça qu'on dit !). Habile, très habile, car il coupa directement l'herbe sous les pieds de Bernard Landry, rendant caduque le principal argumentaire de ce dernier. Il aura même l'intelligence de faire passer son handicap pour un semi-avantage, mettant de l'avant la démocratie locale et la liberté des habitants de décider par eux-mêmes. Dans le fond, c'est exactement ce que souhaitent faire les souverainistes en ce qui concerne l'avenir du Québec, argument donc imparable.
Bernard Landry devait redouter ce débat. Étant le premier ministre sortant, il était, de fait, la personne à abattre. Nous le savions, il le savait et on le sentait d'ailleurs beaucoup trop sur la défensive. Landry craignait une mauvaise phrase, une erreur de jugement, ou simplement un mot de trop. C'était presque palpable. De fait, il lisait presque toutes ses notes et on pouvait observer qu'il réfléchissait mûrement avant de se lancer dans l'arène. Il retrouvera l'attitude professorale que beaucoup lui reprochait d'avoir. Image qu'il avait cependant réussit à gommer durant le début de la campagne, où on avait pu le voir souriant, détendu et calme. Malgré tout, même s'il n'a rien gagné, Bernard Landry n'a tout de même rien perdu et c'était lui qui pouvait le plus souffrir d'une mauvaise prestation lors de ce fameux débat.
Du côté de Mario Dumont, le débat fût à mon sens catastrophique et manifestement très mal préparé. D'ailleurs, quelques jours avant le 31 mars, Mario Dumont se vantait de ne rien vouloir préparer avec ses conseillers et qu'il y allait presque les mains dans les poches. Quand on connaît l'importance, en terme d'image et de notoriété d'un débat national, une bonne préparation est fondamentale ! J'ai vu des candidats perdre toute chance de gagner une élection au court d'un simple débat télévisé. C'est le cas de Mario Dumont. Certes, il était déjà à la traîne dans les sondages (qui ne sont que des sondages), mais suite au débat il a définitivement hypothéqué toutes ses chances de gagner, surtout à quinze jours du scrutin ! Il fût effacé, sans charisme et manquant de combativité. Je réitère ce que j'ai pu exprimé dans ma chronique précédente : Mario Dumont doit changer de conseillers en communication au plus vite, s'il veut sortir de l'ornière !
Sur le fond le débat fût tout de même intéressant et les candidats ont tous évité de sombrer dans des énumérations de chiffres, de statistiques en privilégiant la clarté.
Suite et fin de la campagne
Le reste de la campagne confirmera les impressions du débat. Le PLQ de Jean Charest pris la tête des sondages, l'ADQ de Mario Dumont continua son irrésistible descente, tandis que le PQ de Bernard Landry limita son érosion tout en repartant à l'offensive.... sur les « défusions » municipales ! Difficile de comprendre la stratégie du Parti Québécois, qui n'en avait pas fait une seule fois mention durant le « débat des chefs ». Deuxième axe de campagne, le vote des fédéralistes ! Convaincu que certains électeurs non-souverainistes sont satisfaits du bilan de son gouvernement, Bernard Landry leur fait les yeux doux et entreprant beaucoup d'efforts pour sortir du carcan « souverainistes contre fédéralistes ». Le ralliement du chef de la tribu des Cris a dû l'influencer dans sa nouvelle stratégie. Très mauvaise cible, mais j'y reviendrais plus tard.
Jean Charest entamera pour sa part un grand tour des circonscriptions, menant ainsi une bonne campagne de terrain. S'étant bien sorti du piège dans lequel il s'était lui-même mis dans le dossier des fusions et « défusions » municipales, Charest s'en ai prit à la volonté de l'actuel premier ministre de vouloir faire dès que possible un referendum sur la souveraineté du Québec. Il ironise d'ailleurs beaucoup sur l'attitude qu'a Bernard Landry de vouloir ravir quelques votes fédéralistes. « C'est un peu comme si le Colonel Sanders demandait aux poulets de voter pour lui », plaisantait-il.
Mario Dumont, quant à lui, prit le masque de la défaite. Autre erreur politique majeure qui va à l'encontre d'une notion fondamentale qui veut que « l'on ne perde que les combats que l'on ne mène pas ». Le dynamisme de l'ADQ a eu tendance à disparaître, mis à part dans quelques circonscriptions où les candidats avaient des chances raisonnables de l'emporter. Autre point noir, des rumeurs de mésententes entre Mario Dumont et l'ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, qui mirent beaucoup trop de temps à être démenties pour ne pas être prises au sérieux ! D'ailleurs, l'information fût démentie avec tellement peu de vigueur que cela laisse le champ libre à l'imagination.
Lorsque l'on regarde le bilan depuis plus de six mois, il est clair que l'ADQ a multiplié les erreurs confirmant l'idée que je me faisais d'eux : un parti d'amateurs et une «auberge espagnole» de la politique québécoise. Partis favoris à l'automne dernier, l'ADQ se retrouve aujourd'hui avec quatre élus. Moi j'appelle ça une bonne défaite !
Les résultats
Les résultats sont, eux aussi, à l'image de la campagne. Le Parti Libéral du Québec disposant maintenant de 76 élus, le Parti Québécois de 45 députés et l'Action Démocratique du Québec ramasse les miettes avec 4 députés seulement.
Il est certain, et je ne contredirais pas les commentateurs là-dessus, que c'est une belle et grande victoire pour le PLQ, ainsi qu'une victoire personnelle pour Jean Charest. Par contre, il ne faudrait pas sous-estimer la place du Parti Québécois, qui se sort tout de même honorablement de cette joute électorale avec un bon tiers des suffrages exprimés.
Pour l'ADQ, je contredirais par contre certaines explications qui veulent faire passer une défaite en semi-victoire. Pour ma part, c'est une véritable déroute. Oui, ils ont amélioré leur score, oui ils ont trois députés de plus qu'en 1998 (mais 1 de moins par rapport aux gains des élections complémentaires), mais il ne faudrait pas oublier que l'ADQ est parti de très haut pour sombrer dans les profondeurs abyssales des études d'opinions. 40% en septembre, 18% lors du scrutin du 14 avril, il ne me vient aucun autre exemple comparable à ce que vient de subir l'ex super-Mario. De plus, aucun des quatre députés élus lors de complémentaires n'ont retrouvés leur poste. C'est évidemment très révélateur du problème « adéquiste ».
Mais ce n'est pas seulement dans le score de l'ADQ que nous trouverons la réponse à une autre énigme : pourquoi le Parti Québécois a t-il perdu les élections, alors qu'une majorité des électeurs étaient satisfaits de la politique gouvernementale et même de son chef, Bernard Landry ?
L'usure du pouvoir. C'est l'une des explications qui revient le plus. Il est clair qu'au bout de neuf ans à la tête du pays, le Parti Québécois souffre du syndrome du « déjà-vu » et du « maintenant, on veut aut'chose ».
Et puis, il y a cette règle tacite de la fameuse « alternance ». On nous balance ça comme une règle mathématique imparable, comme une statistique de hockey de la soirée du même nom.... Le gouvernement vous plait ? Le premier ministre est efficace ? Vous aimeriez le revoir une troisième fois ? .... Non, ça sera impossible, désolé, c'est le temps pour l'alternance ! Mais là, cela ne concerne que « l'électorat flottant », cet électorat versatile qui ne vote qu'en fonction du contexte et non pas en fonction d'un encrage politique déterminé ou de convictions profondes. L'électeur « flottant », ni vraiment souverainiste, ni réellement fédéraliste, mais qui votera pour celui qui aura le mieux su le convaincre. L'éternel indécis qui attendra le débat pour se prononcer, ou qui attendra même son tour dans l'isoloir pour prendre l'ultime décision. C'est en fait pour eux que les campagnes électorales existent. L'électeur du Lac Saint-Jean qui vote PQ depuis 20 ans, dont le père était souverainiste et dont l'ancêtre soutenait déjà les « patriotes », lui, il n'intéresse pas vraiment les communicants politiques, même s' il faut parfois les rassurer avant qu'ils soient tentés par le mal absolu : l'abstention.
Et puis il y a les fusions municipales et leur impact sur l'électorat « péquiste ». Les fusions municipales, pour mémoire, ce sont les décisions prises par le gouvernement Landry afin de réunir un ensemble de villes pour créer une seule et même commune. L'exemple le plus connu est celui de l'île de Montréal où une vingtaine de municipalités deviennent maintenant des arrondissements de la grande ville de Montréal. Mais c'est le cas aussi à Gatineau, ville Saguenay, Longueuil, Québec, etc. Certains électeurs n'ont pas apprécié que ces fusions se fassent sans que le pouvoir leur demande un quelconque avis. Quelle est la part exacte de ce mécontentement ? Difficile à dire, mais il est certain qu'une portion de l'électorat du Parti Québécois a fait défection ou pire, à voté PLQ.
La place de l‘abstention dans la défaite « péquiste ». Ou comment s'évaporent 300,000 voix.
Autre variable à étudier, l'abstention. Avec un taux de participation extrêmement bas (par rapport aux précédents scrutins), il est légitime de se demander qui n'a pas été voter ? Et par conséquent, à qui profite le « crime » ?
Étant dans l'opposition depuis neuf ans, incarnant une volonté de changement, et ayant un électorat traditionnellement très mobilisé, le PLQ a fait le plein de ses voix. En nombre de suffrages d'ailleurs, le PLQ ne perd que 17,000 voix mais gagne près de 3% en nombre de suffrages exprimés. Il y a donc une relative stabilité du PLQ.
Par contre, le PQ ayant perdu pas mal de plûmes (près de 500,000 voix de perdues et plus de 9% des suffrages exprimés), on aurait tendance à croire que les « péquistes égarés » se soient retrouvés dans les rangs des « adéquistes ». Explication convaincante, mais loin de tout résoudre (l'ADQ n'a gagné que 200,000 voix au total). Un aussi fort taux d'abstention n'a pu donc handicaper principalement que le Parti Québécois. Un tiers des suffrages alors que le vote indépendantiste avoisinerait les 42%, il y a donc une perte d'environ 10%. Une partie doit se retrouver dans le score de l'ADQ, effectivement, mais la plupart ont dû rester chez eux et s'abstenir de voter. Un indépendantiste classique ne votant pas pour le PLQ fédéraliste. L'ADQ pouvant, d'un autre côté, avoir une image trop à « droite » pour un « péquiste traditionnel ». Il y a donc environ 300,000 électeurs péquistes qui se sont abstenus.... C'est mathématique.
Mauvaise cible
Pour ma part, j'imputerais la défaite du PQ à deux causes. L'une se trouve dans le manque de dynamisme de la campagne du PQ, qui n'a pas su incarner le fameux « changement dans la continuité ». Sentant arriver le syndrome de l'usure du pouvoir, il était vital pour le Parti de Bernard Landry de se renouveler sur le terrain des idées et des projets. À la place, il n'a exposé aux électeurs qu'un catalogue de promesses qui sentaient bien trop l'électoralisme : la semaine de quatre jours sorti d'on ne sait trop où à la grande surprise même de Pauline Marois (vice première ministre tout de même !), les semaines supplémentaires de congés payés, un crédit d'impôts pour les familles investissant dans des vacances au Québec, etc. Ca ressemble à de la précipitation tout ça ! Sans compter que le cadre financier de toutes ces mesures étaient carrément inconnues !
L'autre cause se trouve dans cette bizarrerie « péquiste », d'essayer de rallier les fédéralistes à leur cause. Que pouvait vraiment espérer Bernard Landry ? J'ose croire, qu'il ne comptait tout de même pas combler les 10 points d'écart avec le PLQ, uniquement en demandant aux fédéralistes de voter pour son parti ! Les gains ne pouvaient être que marginaux ! Certes, il est bon de montrer que le gouvernement dispose d'un bon bilan et d'une bonne appréciation, mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'un quart des électeurs du PLQ vote spontanément pour le PQ ! Ca serait surestimer gravement ses capacités mobilisatrices. Comme je le disais plus haut, le PLQ n'a perdu que 17,000 voix. Sachant que sur ces 17,000 voix, certains ont voté ADQ, il est clair que la stratégie de Bernard Landry était une voie sans issue ! Pourquoi donc s'attarder durant presque toute la troisième semaine de campagne sur cette cible ?
D'où le mauvais choix de cible. Celui qu'il fallait neutraliser, c'était Mario Dumont. Quel intérêt de tirer sur une ambulance, allez vous me dire ? Bien que malmené dans les sondages, le jeune Mario Dumont n'en ait pas moins un parasite électoral, en tout cas pour le PQ. Maniant les accents populistes, Mario Dumont a sans aucun doute pu séduire certains électeurs « péquistes ». Populisme allant naturellement de paire avec le vote « populaire », votre traditionnel du Parti Québécois.
L'ADQ a certainement dû s'accaparer entre 150,000 et 200,000 voix du Parti Québécois. De là, il est clair que le danger venait plus du côté de Mario Dumont que du côté de Jean Charest. Le PQ n'a pas su faire revenir à lui ces centaines de milliers d'électeurs déçus par le parti souverainiste.
Ceux qui voulaient du changement ont voté ADQ. Le reste, ces souverainistes qui n'étaient pas prêts à voter autre chose que PQ, sont resté chez eux. Un autre chiffre qui illustre l'abstention « péquiste », si cela ne suffisait pas, l'écart entre la participation de 1998 et celle du 14 avril dernier avoisine les 270,000 voix ! CQFD !
Et maintenant ?
Maintenant, la balle est dans le camp du PLQ. Attendons la nomination du nouveau cabinet et le premier discours politique du premier ministre Jean Charest.
La baisse des impôts, l'augmentation du niveau de vie des Québécois et un bon programme économique devrait en satisfaire plus d'un. Par contre, le dossier des « défusions » municipales est une bombe à retardement qui sera difficile à désamorcer.
Laissons une chance au coureur, et voyons maintenant ce qu'il va faire !
Une maudite mamie plonge dans...

Une maudite mamie plonge dans la glace.
Les immigrés français ont des mères. Elles deviennent grands-mères de petits québécois alors elles accourent. Or elles oublient qu'au Québec, le climat est un peu différent. Mamie prend donc ses billets à Paris le 15 mars aller-retour et compte passer un printemps à Montréal avec la petite Juliette de Montréal. Mamie est très contente. C'est une mamie branchée : elle se connecte sur le site officiel du tourisme et découvre avec horreur que la température actuelle est de moins 45 degrés. Comment à 58 ans passés peut-on sortir d'un avion où la température est d'environ 20 degrés et plonger dans moins 47 degrés ?? Elle songe alors à se faire livrer en surgelée puis raisonne. « Hibernatus » ne ressuscite pas à sa connaissance alors elle s'équipe. Sous-vêtements en soie naturelle : pantalons, tricots de corps à manches longues, plus une cagoule qui couvre jusqu'aux yeux, et des sous-gants et chaussettes pour la conquête de l'Himalaya. Mamie a la gueule de quelqu'un qui va faire un hold-up. Elle boucle ses valises et s'envole.
Mamie est une bonne française, cependant elle n'a pas pris des billets Air-France. Ils sont toujours en grève. Et ce fut le cas. Sur Air-Canada, stupéfaction. Les hôtesses ne sont manifestement pas recrutées d'après « leur indice de masse corporelle et leur "look d'enfer". Les hôtesses d'Air canada sont des petites bonnes femmes comme tout le monde.
On ne vous parlera pas de la petite Juliette. Tous les bébés du monde, québécois ou non, sont les plus beaux du monde aux yeux de leurs mamies.
Liste des choses vues « par une quinquagénaire franchouillarde » :
- Les Québécois sont francophones et le revendiquent. Il faudrait quand même supprimer quelques anglicismes. Par exemple, « performer », traduction littérale du verbe "to perform".
- Quelques « faux-amis » ont égaré notre « quinqua » qui cherchait désespérément un métro sur Ste Catherine. Elle erra de place en place suivant les indications « subway » à défaut de trouver celles de « métro » pour tomber régulièrement sur des sandwicheries. En revanche, l'indicatif « dépanneur » pour la petite épicerie du coin lui sembla tout à fait adéquat. Bravo les Québécois On appelle un chat un chat !!
- Le métro enfin trouvé grâce à la gentillesse des passants, mamie prit le subway. Quelle ne fut pas sa stupéfaction de voir un homme descendant d'un wagon ramasser spontanément un emballage de kit-kat qui traînait sur le carrelage impeccable du quai pour aller le mettre à sa juste place, la poubelle. Quelle propreté !! Quel civisme !
- Mamie est d'origine lilloise (Nord de la France.)Là-bas, quand on a « magasiné » longtemps on va « boire une bonne choppe », entendez une bière pression bien fraîche ! Sur Ste-Catherine et alentours tous les bistros fréquentables ne proposent que du café au lait avec de gros gâteaux. Place Jacques-Cartier enfin on lui dit OUI. Mamie demande « un demi », on lui rétorque « 22 onces. »»Pourquoi pas ? C'est alors que mamie comprit pourquoi il fallait toujours manger quand on buvait une bière pression à Montréal .... 22 onces, c'est beaucoup mais quand c'est bon on ne compte pas !
Mamie adore Montréal et n'a pas eu froid du tout.
Librairies. Pour les mordus des...

Librairies.
Pour les mordus des mots et des livres, je voulais faire le survol d'un domaine qui m'est cher, les librairies.
J'étais ravie lors de ma première année ici (évidemment j'étais en maîtrise d'anglais !) de l'accès aux livres en anglais, nouveauté lorsque l'on arrive de France. Chapters était tout prêt de chez moi et la Coop (librairie universitaire) de Concordia en face de ma porte J. Les livres universitaires sont hors de prix ici, mais tellement bien faits !
En revanche après quelques mois cette fois-ci, j'ai été rapidement déçue par le manque de choix en librairies francophones et par leur sélection de livres que je trouve vraiment limitée (quand on sait ce qu'on cherche). Ce n'est pas le continent de la lecture, on le saura, mais le choc a été assez grand par rapport à l'Irlande où le nombre de librairies d'occasion aux sélections époustouflantes est illimité (en anglais, par contre, bien sûr).
Quant à un début d'explication personnelle concernant le manque de choix en livres ici, je pense que la raison en est le manque d'intérêt des gens du fait de l'omniprésence de la télé. Ce serait la même chose en France (les gens regardent autant la télé) mais il y a le désir de conserver, envers et contre tout (à coup de subventions si besoin est), l'image d'un pays à forte culture littéraire. Je n'ai pas l'impression qu'un français lise forcément plus qu'un québécois... il aura peut-être plus de livres et de plus belles et grandes librairies à disposition, c'est tout :). Il faut aussi prendre en compte que les français d'aujourd'hui vont à l'école longtemps donc forcément sont "obligé" de lire plus, et qu'avoir de l'esprit et une grande culture personnelle est très bien vue dans la société française ;-)
Mais c'est vrai qu'il doit également exister une raison économique. Il doit être plus profitable de publier des livres pour une population de plus de 60 millions d'habitants. Or ici, si les livres sont chers et que les gens lisent peu, l'industrie n'en est que plus périlleuse, et les subventions sont moins systématiques.
En fait, pour les livres en français, il y a les gros : Renaud-Bray et Archambault (qui font surtout dans tout (et uniquement) ce qui fait mode) (je crois que Champigny sur Saint-Denis a été racheté par Renaud-Bray), les coops des universités francophones (UQAM et Université de Montréal) et quelques librairies spécialisées : Fortin (http://www.librairiemichelfortin.com), Gallimard (http://www.gallimardmontreal.com/gallim/site/index.jsp), Biosfaire (http://www.biosfaire.com/), Artexte (http://www.artexte.ca/), Wilson & Lafleur (http://www.wilsonlafleur.com/), le Bouquiniste (http://www.lebouquiniste.com/) etc.
Très bonne liste sur http://www.highwayhome.com/travel/tourismbycity/montreal/montrealbookstores.html.
Il y a sans doute des librairies d'occasion intéressantes que je ne connais pas encore et qui feront l'objet d'une autre chronique peut-être.
Comme les grosses librairies se « spécialisent » dans le tout et n'importe quoi à la mode (c'est à dire plein de trucs sur le yoga et des conseils de beauté qui se vendent bien, par exemple) et bien c'est pas mal limité, et les petites sont tellement spécialisées qu'il faut avoir de la chance que ça tombe justement sur ce qui vous intéresse (les bandes dessinées sont bien représentées en revanche). Fortin est réputée auprès des linguistes mais j'ai été déçue. Il faudrait que j'y retourne.
J'aime beaucoup les Coops parce qu'il s'agit de livres destinés aux étudiants et donc bien choisis et sur des sujets qui me plaisent comme l'histoire, les sciences, etc., selon les coops (car il y a plusieurs adresses pour la même université; par exemple, sciences humaines à Berry, sciences pures Places des Arts). Et puis on peut obtenir une carte pour avoir des réductions de 10 % lorsque l'on est gros consommateur.
Or j'ai depuis peu, (oh malheur ! pour mon compte en banque), découvert les joies d'Amazon ! C'est vraiment bien pour trouver exactement le titre qu'on cherche (ça manque un peu de descriptif souvent, mais bon....). L'intérêt c'est que lorsque l'on ne trouve pas sur Amazon.ca, on trouve tout et n'importe quoi sur les autres Amazon et en particulier sur Amazon.fr et il ne reste plus alors qu'à se faire livrer (souvent gratuitement) chez les parents. Il y a aussi la fnac en ligne que j'ai beaucoup utilisée depuis l'Irlande, très pratique pour faire des cadeaux à distance, livrés avec des dédicaces, etc. et qui offre également un service de recherche de livres rares et anciens.
Évidemment ça ne résout pas le problème des valises lourdes au retour, mais au moins on a toujours gagné le temps qu'on n'a pas dû passer dans les librairies françaises. C'est un passe-temps agréable, mais c'est le piège dans lequel on ne peut pas forcément se permettre de tomber lorsque l'on ne rentre pas longtemps. En plus l'intérêt des « librairies en ligne », c'est qu'on peut choisir des livres et les mettre dans la rubrique « acheter plus tard » pour ne pas les oublier. C'est bien fait et ça pousse évidemment à la consommation, mais ça évite de recommencer les recherches à chaque fois. En plus ça permet de pouvoir donner des listes toute faites à l'approche de Noël et des anniversaires J.
Pour ce qui est d'une comparaison des prix entre la France et le Québec, je suis malheureusement toujours la dernière personne à qui il faut poser la question car je regarde très peu les prix :( :( J'imagine qu'ils sont plus chers ici, mais désormais avec l'euro, je ne sais vraiment pas et puis, lorsque l'on doit les acheter en France, ça veut dire qu'on devrait, dans les règles de l'art, ajouter le coup symbolique du transport au prix pratiqué au Québec, de toute façon.
Désormais avec le développement du magasinage en ligne, comme par Amazon, les prix s'alignent sans doute de plus en plus. Il est évident que les meilleures affaires du monde se feront sans doute toujours au Quartier Latin à Paris. (En anglais, la librairie Strand à Manhattan est à ne pas rater pour les fans.) Mais il y a de plus en plus de site de librairies d'occasion virtuelles.
Je viens d'acheter des livres sur Amazon.ca et les prix pratiqués ne me semblent pas trop différents des prix inscrits en francs (ce sont des « vieux » livres) sur la couverture.
935 billets au total - 5 billets - de 676 à 680 affichés (187 pages)
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