Passer à l'ouest Sur le...

JayJay

Passer à l'ouest

Sur le divertissant thème des « Où suis-je, où vais-je, que fais-je », je suis pressentie cette semaine pour.... passer à l'Ouest.

À l'ouest de la rivière des Outaouais, cela s'entend.

Le processus de recrutement a débuté en février dernier lorsque j'ai répondu à une offre sur le site de la fonction publique fédérale, dans un ministère assez important – du moins suffisamment pour ne pas risquer de disparaître demain matin. J'ai d'abord reçu une lettre me demandant de subir un test de QI. Bien sûr, le test n'est pas nommé ainsi, mais entre vous et moi, c'est ce qu'il est. Après l'avoir réussi bien au-delà de la note de passage (adaptée au fonctionnaire moyen, rappelé-je), je n'ai pas eu de nouvelles pendant deux mois. Entre temps, j'ai reçu ma précieuse cote de sécurité (essentielle désormais pour avoir le privilège ne serait-ce que de passer la tondeuse dans les jardins de l'administration fédérale). En août, je suis convoquée à un entretien. Brillamment passé aussi (à noter que c'était ma première entrevue où les intervieweurs donnaient des indices de réponse). Plus de nouvelles, je perds espoir.... et je suis convoquée aux examens d'anglais langue seconde, où j'obtiens une note suffisamment élevée pour être exemptée à vie de tout examen d'anglais. Quelques semaines plus tard, l'homme m'envoie un courriel laconique au travail disant « T'as reçu une lettre disant que tu es troisième sur leur liste d'admissibilité ».

Elle n'a jamais été fortiche en maths, la JayJay. « Rien que troisième? Ça veut dire quoi, troisième? ». « Troisième, ça veut dire troisième. Ils disent que tu rencontres les qualités requises ». Encore heureux. Pour ce poste encore plus bas que le bas de l'échelle, pour lequel j'ai cinq fois trop d'expérience et cinq fois trop d'études, je le prendrais mal si on me disait que je n'ai pas les qualités requises. « Ah.... ça doit être bon signe, alors », dis-je d'un ton mal assuré. L'homme est ébahi par ma perspicacité phénoménale.

À la fin de mes études, j'aurais évidemment levé le nez sur un poste pareil. Douze années de questions existentielles (qui suis-je, déjà ?) m'auront décidément rendue bien humble.

Nous avons longtemps tergiversé sur le lieu de notre « immigration » (je mets les guillemets pour ce qui me concerne puisque je n'ai pas immigré à proprement parler). L'homme insistait pour Québec-la-ville, puisqu'au moins il en parle la langue, mais la situation de l'emploi là-bas me laissait dubitative. Que mes amis québécois se rassurent : d'accord, d'accord, j'étais mal renseignée. Nous allions opter pour Montréal-qui-est-toujours-dans-mon-coeur lorsque les circonstances m'ont amenée à choisir l'Outaouais.

La perception de l'Outaouais par les Québécois est très particulière. Cette région est assez méconnue et est parfois (attention, une généralisation grossière suit) l'objet du mépris du RdQ (reste du Québec). Tabou qu'il n'est pas facile de soulever, les résidents de l'Outaouais sont aussi perçus comme n'étant pas de « vrais Québécois ». Alors que dans une majorité de régions et de milieux au Québec, il est de bon ton de déclarer ses aspirations nationalistes, il serait fort surprenant d'y trouver une oreille sympathique dans l'Outaouais. Par exemple, alors que le « Oui » a obtenu 49 % de la faveur populaire au Québec, le comté de Chapleau en Outaouais en a obtenu 27 % seulement ; Gatineau, 29 % et Hull un miraculeux 30 %. Il s'agit des plus bas résultats hors certains quartiers anglophones de Montréal.

C'est que, voyez-vous, l'employeur principal est le gouvernement fédéral. Je connais des gens qui ont terminé leurs études en étant souverainistes.... et qui 20-25 ans plus tard ne s'en souviennent même plus. Je suis donc sur le point d'entrer dans la fonction publique fédérale et je commence à penser que c'est le sort qui me sera réservé. Et dire que ma chanson favorite de Dutronc est justement « L'Opportuniste »....

Vous rigolerez si je vous dis que j'ai l'impression de commettre une trahison ? Ma conscience brandit mes allégeances politiques passées. Un tumulte intérieur m'agite. Je ne vous cacherai pas que j'aurais préféré que ce soit la fonction publique provinciale. Je ne vous cacherai pas que je préfèrerais travailler à construire un autre pays. Comment puis-je mordre la main qui me nourrit ?

L'homme me rappelle diplomatiquement que ne n'ai pas été choisie pour mes compétences de sous-ministre, mais bien comme sous-fifre du premier échelon du bas de l'échelle, et qu'on en a rien à cirer si mes opinions politiques divergent (légèrement) de celle du Premier ministre. En Québécoise consensuelle, je reste ouverte au fédéralisme asymétrique si l'autre patente ne marche pas.

Actuellement poisson dans un lac, j'ai la chance de devenir crevette dans l'océan. Tous mes contacts me disent qu'il y a beaucoup d'opportunités dans la fonction publique pour les crevettes à condition qu'elles n'aient pas un cerveau d'amibe. La totalité d'entre eux, qui connaissent bien le marché particulier de la RCN (région de la capitale nationale), m'ont pressée d'accepter tout poste dans la fonction publique, à quelque échelon soit-il. Les chances de promotion sont vastes lorsqu'on y a déjà une nageoire. Sans cette nageoire, cependant, impossible d'accéder à quoique ce soit, à moins d'avoir des compétences très spécialisées. (Les petits futés, ne me rappelez pas que les crevettes n'ont pas de nageoires, d'accord ?)

Donc le dilemme se résume à rester à mon job actuel, au Québec, sans trop d'espoir de promotion, mais pas trop mal payé et pas trop désagréable. Ou reculer pour mieux avancer, et passer à la fonction publique où les occasions sont vastes, mais où je devrai sans doute faire un nœud dans mes opinions politiques. Je ne demande pas mieux que de contribuer à construire un pays. Mais voilà comment je le ressens dans la vie de tous les jours, mon aspirant pays....

La semaine dernière, un de mes Califes* m'a donné une lettre à taper. Déjà, de taper une lettre, c'est pratiquement revenir douze ans en arrière. Pas grave, j'assume, je suis une « immigrante » après tout. Je vois le bon côté des choses ; c'est ma contribution à l'effort que tous doivent fournir pour donner une image professionnelle et de qualité de la compagnie. Je décortique le torchon donné par le Calife. Je corrige une formulation fautive qu'il répète de façon persistante, typiquement québécoise et qui est « dénoncée » dans tous les dictionnaires québécois. La lettre est parfaite, mais.... presque déçu de ne pas pouvoir me signaler une erreur de compréhension de ma part, le Calife a barré ma correction pour remettre sa formulation fautive.

Ce n'est pas grave, vous me direz. Non, ce n'est qu'une goutte dans le lac où je nage.

La dernière fois, on a parlé de défense du français d'un point de vue plutôt juridique. Mais les lois les plus bétonnées du monde ne servent à rien si les individus d'une société n'ont pas à cœur de protéger leur langue.

Écrire correctement, être compréhensible, est-ce vraiment trop demander ? Dans un reportage à la SRC, dimanche soir dernier, Gilles Vigneault rappelait cette nécessité, dans un contexte où le quart des Québécois sont des « analphabètes fonctionnels ». Ce sont certes des mots très durs, mais je vous avouerai tristement que mon expérience m'amène aux mêmes conclusions. Si notre langue se corrompt, s'étiole, si des ingénieurs qui ont au moins quatre ans d'études universitaires et trois ans de stages derrière eux en viennent au point où ils écrivent si mal qu'ils en sont incompréhensibles, quel avenir le français a-t-il ?

Vigneault offrait comme explication que nous ne sommes pas assez exigeants envers nous-mêmes ; peut-être parce que nous avons à manger tous les jours, nous avons un toit, des vêtements. À quoi bon chercher à devenir meilleurs, nous avons déjà tout. Notre société s'est calée dans le confort et l'indifférence, pour citer le titre d'un film d'Arcand. Vigneault rappelle que sans cette exigence envers nous-mêmes, nous sommes perdus.

Je m'apprête à replonger dans un univers très anglophone ; car il ne faut pas le nier et la présidente du Conseil du trésor elle-même a révélé que le français n'a pas la place qui lui revient. Sur 200 candidats retenus, je me suis qualifiée troisième parmi les « Bilingues », et sixième parmi les « Anglophones ». En fait, 52 % des postes de la fonction publique sont « unilingues anglais » alors que seulement 5 % des postes sont unilingues français. Les postes « Bilingues », même à Ottawa, sont rares et les francophones doivent se qualifier sur des postes destinés aux anglophones. Même dans les postes bilingues, presque 20 % des fonctionnaires ne satisfont pas aux exigences linguistiques requises par leur poste (source : rapport de la fonction publique, 2001). Heureusement, vivre à l'étranger ne me fait plus peur.

Et puis tant mieux, au fond. Il y a peu de chances pour qu'on vienne y « corriger » mon français, là-bas.


* Par Calife, j'entends « chef », mais il s'agit également d'un jeu de mot dérivé d'un juron québécois traditionnel – je vous laisse deviner lequel.

Nomade dans les gênes … Ben...

Monikebek

Nomade dans les gênes ....

Ben voilà, je pars, enfin tout à l'heure je vais partir. Dimanche matin, 5 septembre 2004, et je n'arrive pas à décoller de Waterloo pour mon grand périple vers le nord-ouest, Whitehorse. La pression des pneus à vérifier, oublié d'acheter du sirop d'érable, mille et une excuses pour ne pas quitter mes hommes, pas maintenant, pas encore, tout à l'heure, tantôt ....

Mais finalement, je donne les derniers bécots, et je ne dois pas pleurer devant les enfants parce que sinon, eux vont craquer, et ce sera encore plus difficile pour tout le monde. Ils vont me suivre pour une vingtaine de kilomètres : leur Papa les emmène au MacDo, histoire de ne pas trop sombrer dans cette ambiance de départ de Maman, de séparation à durée non déterminée mais toujours trop longue. Quand ils sortent de l'A10 et que moi, je dois garder le pied droit sur le gaz, c'est DUR. Pas fière, la Moni, pas pantoute, elle pleure toutes les larmes de son corps toute seule dans sa Volvo remplie à bloc de toutes sortes de choses indispensables ou presque pour les premiers jours dans le nouveau chez-nous.

Mais les travaux sur la route vers Montréal finissent par captiver mon attention, et lorsque je suis bloquée ce Dimanche à 11 h 15 sur l'échangeur Taschereau, je me dis que je ne suis pas allée bien loin ! Mais je finis par me retrouver de l'autre côté de l'Ile de Montréal .... et dans d'autres chantiers d'autoroute ! Je sais que ma copine Julie m'attend avec quelques ami(e)s de passage chez elle à Gatineau. Bien évidemment, je râte la sortie pour Gatineau parce que cette ville n'existe pas sur les pancartes d'Ottawa .... faut suivre HULL pour avoir une chance d'attérir à Gatineau ! Demi-tour toute et on recommence. Ça va bien - à même pas 3 h de Waterloo, je suis déjà perdue !

Au lieu de midi/13 h j'arrive à 15 h 30 .... mais il reste une partie du dessert, youpi ! Je me ressource à discuter avec tout ce petit monde, et 2 h plus tard, je me sens d'attaque pour reprendre la route pour une ou deux heures, histoire de m'avancer un peu plus quand même et diminuer le retard sur l'horaire que je prends dès la première journée. J'aurais dû dormir à North Bay, mais je m'arrête à Pettawa parce que la nuit commence à tomber. Premier petit hôtel. C'est cher de dormir dans quelque chose de convenable, et contrairement à ce que je pensais, il n'y a point des auberges (de jeunesse ou pas) un peu partout ! Mais hors de question de dormir dans la voiture parce que si je veux arriver en entier à destination, je dois dormir correctement, tant pis pour la carte de crédit !

Lundi, Fête du Travail, c'est calme sur la route. Il fait beau. Cap sur North Bay puis Sudbury puis Sault Ste Marie. Tout en Ontario. C'est IMMENSE l'Ontario. Entre Sudbury et Sault Ste Marie, une pluie presque diluvienne s'abat sur mon petit monde. J'hésite à me garer et attendre que ça passe. Certains le font. Mais j'entrevois que cela s'éclaircit au fond, là, devant moi. Alors je m'accroche et je continue. Et je passe au travers, ouf ! Sault Ste Marie ne m'est pas inconnue : les autobus Greyhound s'y arrêtent, et nous avons eu le temps de nous familiariser un peu avec les alentours de la gare des bus. Je trouve une chambre avec vue sur le port. Il ne pleut plus. Puis là, le ciel se déchire pour m'offrir le plus beau de tous les couchers de soleil tout en couleurs : mauve - rose - orange - dégradés d'or jaune à cuivré, c'est magnifique ! Je le prends comme un message d'amitié, voire d'amour et certainement d'encouragement, et je l'emporte avec moi avec toutes ces belles images qui se rajoutent au cours de mon voyage.

Mardi, je devais passer le pont pour poursuivre mon périple par le sud du Lac Supérieur et donc les Etats-Unis. Mais les douaniers sont en grève. Et mon Pascal à moi pense que je vais devoir justifier mon chargement et qu'ils risquent de déballer tout. Non seulement je perdrais facilement la journée (parce qu'après il faut remballer ....), mais en plus ce serait vraiment difficile de tout remettre comme c'était et attacher tout ça solidement comme il faut etc. La météo s'annonce belle et les températures dans les 10-17 degrés, donc pas de risque de neige, même pas au nord du Lac Supérieur. Alors on décide que je vais rester au Canada, contourner ce beau lac par le nord avec ses paysages à couper le souffle et ces côtes à faire souffrir le moteur de ma voiture .... Une journée de 700 km devant moi. Mais je me suis levée tôt, et je suis sur la route à 7 h 30, un peu avant les élèves dont c'est la journée de rentrée scolaire. Je file tout droit vers le nord, le lac à ma gauche. La partie de la route qui passe dans le Parc Algonquin donne des vues inoubliables sur ce lac qui en plus semblait déchaîné par cette belle journée ensoleillée mais fraîche au petit matin. J'ai fait une petite pause sur une plage de sable fin pour savourer le bruit et la vue de ces vagues de plus d'un mètre de haut d'eau bleue marine couronnée d'écume blanche.
Petit arrêt également à Wawa, petite ville où l'on trouve des monuments d'oies géantes : les chasseurs ont rendez-vous ici en cette saison. J'ai traîné un peu dans le Trading Post où j'ai finalement pu acheter ce CD sur lequel les garçons avaient tripé cet été : des chansons d'ours et d'orignal pour le enfants .... chut, ils ne le savent pas encore, c'est une surprise !
J'ai réussi à me rendre à Thunder Bay, merci ma voiture ! J'ai même retrouvé tout à fait par hasard le petit hôtel où je voulais coucher pour l'avoir testé cet été .... et il faisait encore jour, si si si ! Il n'était pas 18 h, alors je me suis demandée si la bibliothèque là dans le centre d'achats .... et oui ! elle était ouverte ! et oui ! elle donne accès aux ordinateurs ! Wouh, quel pied ! Je peux aller voir mon petit monde à moi, prendre et donner des nouvelles, Momo flippe !

Lorsque je mesure ma pression des pneus le mercredi matin, une jeune femme me dit en passant qu'elle devrait bien faire la même chose. Moi, je suis les instructions de Pascal : huile et pression des pneus tous les jours, et j'ai opté pour le matin avant de partir. Je propose à la jeune femme de vérifier ses pneus, et on trouve qu'elle en a gonflé un deux fois et demi au-dessus du max ! Je dégonfle et lui recommande chaudement de se rendre dans un garage pour faire vérifier plus professionnellement - je ne voudrais pas que son pneu explose ! Elle doit se rendre à Calgary et voyage avec son chat. Bien plus tard, elle m'a rattrapée en route et s'en est allée à vive allure en me faisant coucou .... J'ose espérer qu'elle est arrivée saine et sauve à bon port.

Mercredi donc, et j'ai 45 ans ce matin. Je déballe le colis de mes Parents .... j'avais promis d'attendre ! Des chaussettes tricotées par ma Maman, un livre écrit et entièrement édité par des gens de mon village d'origine en Allemagne, un réveil-hygromètre-thermomètre de voyage .... Je ne peux pas accéder au cadeau que Pascal a caché dans la voiture : c'est SOUS les baluchons, inaccessible, et le soir, il m'avoue que c'est une tite caméra digitale pour Dummies .... c'est pourquoi je ne peux pas joindre de photos d'en route même si la caméra était dans la voiture !

Thunder Bay - Winnipeg est le programme de ma journée de fête. J'arrive sur le périphérique de Winnipeg à l'heure de pointe. Je décide de ne pas aller au centre-ville que je connais pourtant un petit (tout petit) peu .... mais de chercher une place pour dormir un peu plus loin vers Portage. Je râte la sortie de Portage, et dans le patelin suivant, je ne trouve rien qui me convienne, et le seul motel qui a l'air OK se trouve de l'autre côté de l'autoroute que je n'ai pas envie de traverser. Le soleil commence à poser problème : c'est une superbe belle soirée mais le soleil se couche toujours à l'ouest et il m'aveugle de plus en plus, et je ne sais plus comment faire pour rouler mais ne trouve aucun moyen de m'arrêter parce que je ne peux pas lire les pancartes au bord de la route ! Je me demande comment font les autres .... je ne suis vraiment pas seule sur cette autoroute. Puis je réussis à entrevoir une indication pour un motel, par miracle je trouve la sortie (à gauche !!!) et j'arrive dans ce petit motel au milieu de rien entre Winnipeg et Regina ! Il est 20 h, et la cuisine est encore ouverte bien que le restaurant soit vide. Mais le temps que je m'installe dans ma chambre à 40 Dollars et que je consulte le menu, la salle se remplit complètement, et cela en plein milieu de semaine ! La jeune femme qui me sert me parle en français : elle a eu un amoureux dans les Alpes, et elle y a passé ses 5 dernières années avant de revenir au Manitoba aider sa Maman au motel-restaurant et acheter un petit Bed & Breakfast parce que son histoire d'amour avec le Français s'est terminée. Nous sommes toutes les deux contentes de parler en français.... Et c'était son anniversaire quelques jours auparavant ! Santé Shauneen !

Jeudi, c'est la ville de Saskatoon que je devrais rejoindre. Je la rejoins, mais sous un ciel de gris plomb, pluie et neige fondante, il fait nuit avant l'heure. Heureusement que la gentille dame au point info tourisme à l'entrée de la province du Saskatchewan m'a expliqué comment contourner Regina pour ne pas perdre de temps dans cette ville pourtant très belle mais pour laquelle je n'avais pas vraiment le temps cette fois-ci. Saskatoon est une ville assez grande est très moderne, une vraie surprise pour moi. Je me suis écroulée crevée au Best Western qui curieusement avait un bon prix à m'offrir. J'ai compris plus tard pourquoi .... ma chambre était au-dessus du Restaurant Ricky's, et leur machine à air climatisé/chauffage m'a volé une bonne partie de ce sommeil dont j'avais pourtant grandement besoin ! Saskatoon est un point crucial dans mon état moral .... qui ne va pas ce jeudi ! Je suis à peu près au milieu de mon voyage, et je n'ai plus envie de bouger. Je veux me reposer un peu. Mais ma copine habite à Edmonton, l'étape du vendredi, et je lui avais dit que je n'y serais que samedi : est-ce qu'elle sera libre vendredi soir aussi ? Je n'arrive pas à la joindre en plus. Il y a une tempête de neige ce soir-là d'Edmonton à Lloydminster (frontière Saskatchewan/Alberta). Je ne veux pas rouler dans une tempête de neige. Je ne suis pas prête. Je suis down parce que je sais que je n'aurai pas le choix. Je me demande comment je vais pouvoir passer les Rocheuses en plus .... bref, c'est le gouffre.

Vendredi, je traîne à partir. Je ne veux pas rouler aujourd'hui. Finalement je pars vers 9 heures, du jamais vu depuis mon départ de Waterloo. Pluie intermittente, 2 degrés. J'arrive à Lloydminster qui représente le mi-chemin pour Edmonton. Je décide de m'y attarder. De gros nuages gris à l'horizon, à l'ouest, sur MON chemin. Il y a eu 15 cm de neige au moins à Edmonton. Ici à Lloydminster beaucoup moins et tout est parti déjà. Lloydminster est SUR la frontière Saskatchewan/Alberta, et les véhicules de la ville arborent tous les deux noms de provinces sous le nom de la ville. Il me semble que c'est plutôt rare comme situation .... Je cherche la bibliothèque municipale. Depuis celle que j'ai trouvée accidentellement lors d'une pause pipi dans la petite ville de Schreiber en Ontario, elles sont mon repère parce que je peux lire mes messages et donner de mes nouvelles, reconnecter avec les miens de tous bords et tous pays. En plus, les toilettes y sont propres .... et on ne doit pas y consommer quoi que ce soit non plus. Je trouve la biblio, et j'y passe une heure. Une heure à me ressourcer et laisser passer le mauvais temps. Pari gagné. Quand j'en sors, le front gris se trouve à l'est. Yeehaaa !
En route, je n'arrive toujours pas à joindre mon amie Diane, mais je réussis à parler à son fils avec lequel elle devait sortir ce soir-là .... aie aie aie .... Je poursuis ma route, entre dans Edmonton, me perds un peu d'abord parce que me trompe entre nord et sud par rapport à son adresse, puis je mélange Street et Avenue ce qui m'amène évidemment à un autre endroit que chez elle ! Lorsque j'arrive finalement chez elle vers 18 h et quelques, pas de place pour se garer .... je refais un tour du bloc, et voilà qu'elle est devant son immeuble à me faire des grands signes ! Elle a réservé un stationnement en sous-sol pour ma voiture si chargée, quel ange, merci Diane ! Je pars tout de suite avec elle et son fils puis sa femme pour un souper bénéfice d'une école francophone : moules frites !

Et c'est là que, sur l'invitation de Diane aussi, que je décide que je vais passer le samedi ici à Edmonton avec Diane. Je ne suis pas en retard sur l'horaire idéal planifié, la météo à venir est bonne même dans les Rocheuses, et je suis fatiguée de voyager ....
Le samedi matin, Diane et moi visitons le Parlement de l'Alberta, et la guide rend cette visite fort intéressante. Je recommande à qui se promène vers Edmonton ! Puis, en après-midi, nous voilà parties pour la petite ville de LEGAL, env. 1 h au nord d'Edmonton. Elle a été fondée essentiellement par des francophones, et son histoire est illustrée partiellement par 27 peintures murales un peu partout dans cette ville qui a une école francophone de maternelle à 9e année en plus de la traditionnelle école anglaise. Il y a aussi un centre culturel francophone. Pour un patelin qui a seulement une épicerie, c'est un exploit !

Le Dimanche, me voici repartie vers 9 h du matin, en route pour Grande Prairie. Il fait très beau, et je suis à nouveau pleine d'énergie et de bonne humeur. A Grande Prairie, je décide que je suis capable de rouler encore un peu et de m'avancer jusqu'à Dawson Creek qui est le kilomètre Zéro de l'autoroute de l'Alaska, ce fameux Alaska Highway. Il fait toujours beau, et j'essaie d'évaluer si je peux rouler encore, vu qu'il fait encore largement jour. Je crois comprendre que Fort Nelson est à 300 km, mais je ne vérifie pas sur une carte .... de toute façon c'est trop, et je décide de coucher ici, au kilomètre zéro.
Surprise : il y a un ordi à la disposition de la clientèle de ce Motel 8, et même si c'est seulement pour 10 minutes pour vérifier le mail, c'est déjà bien ! Je me rends bien compte combien je suis accro .. terrible quoi ! je ne fume pas, ne bois pas, mais accro à l'internet !

Lundi, en partant de Dawson Creek quelle n'est pas ma surprise de voir sur une pancarte officielle que Fort Nelson est à 480 km !!! Je comprends donc que le chiffre 300 que j'ai vu le Dimanche voulait dire 300 miles .... Je suis attendue à Fort Nelson, et du coup, je sais que je n'y serai en aucun cas à midi ! Je suis déjà dans les montagnes, et je n'avance pas à 90-100 km/h du tout, et en plus, aucun des téléphones que je croise ne me permet de composer mon numéro via une carte de Primus ! Impossible de prévenir l'amie de ma copine de Waterloo que je serai là bien plus tard que prévu.
J'arrive à Fort Nelson peu avant 14 h, et par chance je trouve la maison de Lina qui est en train de nettoyer ses vitres et me voit passer ! Je lui remets son colis que ma copine de Waterloo m'a donné pour elle, et on jase autour d'un thé. Une heure passe vite, et quand elle doit partir retrouver son mari quelque part, il est temps pour moi de continuer. On a réservé une chambre dans un lodge à Liard River Hotsprings que Lina me dit être à mi-chemin entre Fort Nelson et Watson Lake, donc max 250 km. Encore une fois, je ne vérifie pas, mais là pas parce que je ne veux pas le faire mais parce que je ne trouve plus la carte ! J'ai dû la laisser à la maison au dernier moment ! C'est magnifique ces vues de montagnes, ces côtes, ces descentes, des cols en masse. C'est beau mais c'est du boulot, tant pour moi que pour la pauvre voiture qui me transporte fidèlement et sans ronchonner jamais. Depuis longtemps j'ai passé le cap des 200 km, toujours aucune indication pour Liard. Je suis presque toujours seule à rouler vers le nord. On dirait que les gens d'Alaska et du Yukon quittent le nord, comme une fuite, vite vite partons au sud, l'hiver s'en vient. Suis-je suis folle que ça ? Le crépuscule commence à s'installer tout doucement. Je ne me sens pas d'attaque pour aller jusqu'à Watson Lake qui est à plus de 250 km de là, et encore moins la nuit ! Je m'arrête pour manger, boire, marcher un peu. On est en pays d'ours, je ne m'attarde pas .... Puis finalement, LIARD RIVER 50 km !!! Un regain d'énergie me permet d'aller jusque-là, et lorsque j'entre dans ce lodge en bois rond, je me demande ce que je vais faire si ce n'est pas ici que ma chambre est réservée .... Mais si, c'est bien ici, Momo est rendue, soulagement total ! J'a fait 700 km de montagne en une journée .... je ne recommande PAS de faire ça ....

Mardi, et en principe, je devrais arriver à Whitehorse aujourd'hui. 200 km jusqu'à Watson Lake au sud du Yukon, puis encore 450 km jusqu'à Whitehorse. Je suis ravie de voir que les bouts de route non asphaltées de cet été ont été goudronnées, halléluja ! Tout au long du voyage je m'étais demandée comment j'allais gérer ces 50 km si jamais le sol était sec (= une poussière terrible qui réduit la visibilité à proche de zéro ...., et voilà que tout est parfait ! Et hop ! une autre petite prière de remerciement qui s'ajoute au chapelet que j'ai déjà envoyé là-haut .... en plus de mes prières pour du soutien bien évidemment. Je demande mais je remercie aussi. Faut dire que j'ai plus l'habitude de remercier que d'appeler au secours, mais je suis en train de l'apprendre ....demander de l'aide .... ça viendra !

Après Watson Lake, c'est du gâteau. Non pas que le paysage soit plat mais rien à voir avec les cols des Rocheuses. Des forêts à perte de vue, des couleurs d'automne ici aussi : le vert des pins est truffé de plein de dégradés de vert plus ou moins clair et jaune, c'est de toute beauté. Ce qui ajoute à la magie de cette dernière journée, de ce sprint final, c'est le ciel qui ressemble à une palette de peintre aussi avec ses bleus, gris clair, blanc, noir presque, or avec les rayons de soleil qui passent en coquin entre deux front nuageux de pluies d'automne.
À Whitehorse, 17 h, il pleut. Quel accueil .... Mais je m'en fiche, je suis arrivée ! Encore _ h et je serai chez Vincent et Manu. J'arrive chez eux, et c'est irréel. Le petite Mélusine me fait fondre avec son sourire renversant. Je ne comprends pas encore que cette page-là de notre nouveau livre de vie est finie. Je suis arrivée. Tout va bien. 9 jours de route et 1 jour de repos. 5800 kilomètres. Bienvenue au Yukon !

Une nuit chez les Kroston, et je me lève relativement tôt ce mercredi 15 septembre pour commencer ma chasse au logement d'abord et au boulot ensuite. J'ai rendez-vous à midi pour une maison à deux pas de l'école francophone. Le loyer me semble cher mais moins que pour d'autres logis semblables. C'est une maison jumelée à flanc de montagne avec une vue imprenable sur d'autres montagnes et la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Whitehorse, le centre ville Whitehorse étant dans un trou en contrebas entre l'aéroport et les montagnes. Il n'y a pas tellement d'activité aérienne, donc tout va bien de ce côté-là. Après en avoir parlé autour de moi, je suis convaincue que le loyer est une aubaine pour ici, et Pascal me dit d'accepter. Après tout, il y a 3 chambres, un salon, 2.5 salles de bains, cuisine avec coin repas, un deck à l'ouest, un ti balcon à l'est, électroménagers inclus (laveuse - sécheuse aussi), un petit jardin avec un grand cabanon, et une grande pelouse devant.

Nos enfants vont aller tous les deux à l'école francophone Émilie-Tremblay (maternelle à 12), et il me suffit de trouver un boulot pour qu'ils viennent me rejoindre ici .... Si je trouve du travail cette semaine, ils seront là le lundi 27 septembre avec mes propres Parents qui viennent ici pour 2 petites semaines, boulot ou pas, histoire de voir ce que c'est que cet endroit qui a fait Monika partir de son petit monde à Waterloo au Québec où elle semblait pourtant prendre racine !

J'ai une entrevue mercredi .... Je suis allée me faire couper les cheveux un peu, ça fait un peu moins désordre ! Il y a encore deux fers qui chauffent dans le feu des candidatures envoyées auprès du gouvernement fédéral d'une part et yukonnais d'autre part. J'ai été approchée par l'école primaire d'immersion française pour faire de la suppléance même si je n'ai aucun bagage dans l'éducation .... Je vais voir, ça dépendra de ce qui se passera mercredi !

J'ai appris que 28 cm de neige sont tombés jeudi (48 h après mon passage) vers Watson Lake, et ils ont dû fermer l'Alaska Highway ....

Je tiens ici à signaler que l'Association Franco-Yukonnaise ici est TRÈS dynamique et active. Il me fera plaisir de joindre leurs rangs dans la défense et la promotion de la langue française qui n'est pas ma langue maternelle, soit, et je ne l'ai apprise qu'en 2e langue étrangère, mais je l'aime très très fort, et je veux faire ma part pour qu'elle reste la langue maternelle de mes enfants !

Merci à tous ceux qui ont eu le courage de lire ces 5 pages jusqu'au bout : ....
.... et bientôt la suite des aventures de Yuki la Rebelle !

Le Québec, un miracle « Je...

Impatience

Le Québec, un miracle

« Je ne serai donc pas Sage-Femme, .... à moins d'un miracle. », conclusion de ma chronique « Je ne serai pas Sage-Femme ».

Pour ceux qui ont lu ma chronique sur mon projet avorté (drôle de lapsus !!) de devenir Sage-Femme, eh bien, le miracle est arrivé et je vous écris de Trois-Rivières, où je vis depuis une semaine et où je suis le Baccalauréat en Pratique Sage-Femme à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Et j'en suis tellement fière et tellement contente !! Vous n'avez pas idée à quel point....

Pour cette dernière chronique, je vais vous raconter comment je me suis retrouvée en Mauricie. J'ai donc terminé mes cours de Biologie Humaine et Chimie Organique et j'ai bien réussie mes examens. Il me manquait toujours la Chimie des Solutions en tant de préalable pour être admise à l'UQTR. L'élément qui m'avait éloigné un peu plus de cette formation de quatre longues années fut la coupure officielle dans les bourses d'études et une augementation de 75% en moyenne de l'endettement des étudiants. Financièrement, ce serait difficile. Le Québec est passé cette année d'un extrême à l'autre. L'année dernière, c'était la province au Canada où les étudiants étaient le moins endettés et maintenant ils y seront les plus endettés. Je me suis donc résignée à faire la maîtrise en commerce électronique et je me suis convainque de tous les points positifs de la maîtrise : 12 mois d'études, petit groupe d'étudiants, pas de déménagement puisque je restais à Sherbrooke (il faut dire que j'aime énormément Sherbrooke que j'envisageais mal quitté la ville), posibilité de garder mon emploi actuel, expérience très enrichante en perspective dans cette magnifique faculté d'administration de l'université de Sherbrooke. Mais la question en suspens est restée : « Et après ? Est-ce que j'ai vraiment envie de travailler dans ce domaine dans un an ?? ». Bref, j'ai visité l'université et j'ai même commencé à chercher un emploi dans l'université, histoire de changer un peu. La rentrée était prévue le lundi 30 septembre.

Le mercredi d'avant, j'ai reçu un courriel de la directrice du programme Sage-Femme me demandant où j'en étais avec mes préalables et je m'appretais à lui répondre que je ne pouvais pas venir pour les raisons évoquées plus haut. Ce même jour, j'ai reçu une lettre de Trois-Rivières décrivant la journée d'accueil. Et le comble de tout, j'ai reçu le soir-même un appel de Margareth, la dame qui m'avait parlé du programme 9 mois plus tôt. Cela faisait plus de 8 mois que je n'avais pas eu de ses nouvelles ! Cela faisait deux mois que je cherchais ses coordonnées sans succès. Bizarre, tout ça, hein ? Si je ne croyais pas aux signes, cette journée-là m'a bien prouvée qu'ils existent ! Elle m'a gentiment proposé de m'héberger (elle habite à Trois-Rivères) le temps de me retournée et m'a encouragé à continuer mon combat pour garder ma place dans le programme. Le vendredi, la directrice du programme m'a proposé de suivre un cours de chimie à l'université même pendant cette session. Ce cours vient d'être reconnu comme préalable. Plus de souci d'équivalence des diplômes, du chevauchement d'horaires si j'avais du suivre le cours au Cegep. Sans rien faire ou presque, les obstacles à aller à Trois-Rivières se sont levés, comme par enchantement. J'ai donc décidé de saisir ma chance et d'aller au bout de mon rêve de devenir Sage-Femme, exercer ce métier qui me semble le plus beau du monde. Difficile, mais donc la satisfaction doit être immence.

La rentrée était pour le 7 septembre, donc j'avais une semaine pour lever le camp ! Lundi, je me suis excusée auprès du professeur chargé de la maîtrise à l'université de Sherbrooke. Il fut quelque peu surpris de constater ce grand revirement, vous le pensez bien ! J'en ai profité pour démissionner ce lundi même, un moment tant attendu ! ;)

J'ai emmenagé il y a quelques jours dans mon appartement, non loin de l'université. Nous sommes 18 femmes de 19 à 35 ans dans notre cohorte (promotion), la 6ème depuis la création du programme. L'UQTR est la seule université au Québec qui offre ce programme. Je suis tous les jours surprise de mes nouveaux cours, tous aussi intéressant les uns que les autres. Les professeurs nous demandent d'approuver le plan de cours et la méthode d'évaluation. Nous avons la possibilité de changer ce qui ne nous convient pas. On discute les points à changer et nous les approuvons à l'unanimité. Les profs nous disent que personne n'échouera aux cours car si on est en difficulté, ils nous aideront à trouver des solutions. Ce n'est pas la majorité qui compte, si quelqu'un n'est pas d'accord, on en rediscute. Bref, on est considéré en tant que PERSONNE UNIQUE ! J'ai pourtant étudié aux Etats-Unis mais je ne me souviens pas d'autant d'attention de la part du corps professoral. Le responsable de l'aide financière est venu nous rencontrer (il ne recontre pas les étudiants dans les autres programme en général) pour nous dire qu'on peut demander des dérrogations et d'autres montant de prêt car le ministère reconnaît que notre programme est difficile et nous demande des moyens financiers plus élevé car il faut déménager, avoir une voiture, avoir un ordinateur portable, on ne peut pas travailler en parallèle, ect.

C'est sur que c'est impressionnant pour moi qui a presque grandit en commerce tellement mon choix d'étudier en commerce international remonte loin. On étudie des matières très scientifiques comme l'anatomie (on va même voir des cadavres et des dissections !!), l'hématologie et la physionomie,et je me demande si je réussirais. Je pensais être la seule extra-terrestre en commerce international qui pensait devenir Sage-Femme mais il y a des femmes qui réfléchissent à ce métier depuis 10 ans et qui ont suivit tout un autre parcours avant d'arriver ici. Il y a une très belle dynamique entre nous, nous mangeons ensemble, on va à la piscine et on voudrait œuvrer ensemble pour améliorer le programme. Nous avons l'appui de l'administration pour cela, n'est-ce pas fantastique ?

Définitivement, nous sommes ici dans une société qui nous pousse vers le haut, qui nous encourage à aller au bout de nos passions, à être différents. Mes collègues de travail à Sherbrooke et mes amis m'ont beaucoup encouragé à me lancer. Je l'ai vu dans leurs yeux, ils sont contents et heureux même si je suis partie, car j'ai promis de revenir.

Cela a fait un an dimanche que je suis arrivée au Québec (merci à ceux qui ont pensé à cette date si importante pour moi) et j'avais dormi ma deuxième nuit dans mon appartement. C'est drôle que cette date coïncide avec cette nouvelle page de ma vie. Je me suis beaucoup cherchée cette année, j'ai été incapable de me décider pour Trois-Rivières tout au long de l'année. Je me suis appropriée Sherbrooke en quelque sorte et quand les gens me demandent d'où je viens, je suis tout de suite tentée de répondre Sherbrooke mais mon accent laisse les gens assez septiques confus ! J'espère pouvoir aller faire plusieurs stages à Sherbrooke pour y revoir mes amis.

Un bilan ? Très positif !! Un regret, oui : celui de ne pas être arrivée plus tôt au Québec. Il y a eu beaucoup de ups and downs et la grosse tâche noire fut lorsque l'hopital m'avait diagnotiqué une fausse maladie très grave. Une erreur, heureusement. Le climat n'est pas si pire mais tout comme les québecois, j'appréhende maintenant la longueur de l'hiver. L'été a été assez pluvieux mais les températures très agréables finalement grâce à l'humidité. Je n'ai jamais regretté d'avoir choisit la région comme lieu de vie pour la qualité de vie qu'on y trouve et pour la sympathie des gens. Et ce malgré le temps qu'il faut pour trouver un emploi qui nous convient. Je n'ai pas vraiment cherché très activement du travail dans ma branche car toute l'année, je me demandais si j'allais retourner aux Etudes, que ce soit à Trois-Rivières ou à Sherbrooke. Je continue donc de penser que l'emploi existe en région, il faut l'apprivoiser autrement. Mon expérience professionnel fut très intéressante aussi bien que les derniers mois furent un peu plus plate comme on dit car j'y ai rencontrer beaucoup de gens différents, je m'y suis fait des amis et j'ai appris beaucoup sur la société québecoise et canadienne en général. Je peux dire que cet emploi à été pour moi la clé de mon intégration au Québec. Ici, à Trois-Rivières, les gens sont très serviables aussi. J'ai été très surprise de voir autant de commerces à Trois-Rivières et un vrai centre ville, comparé à Sherbrooke où il n'y en a pas vraiment. Une autre chose m'a surprise ; la communauté maghrébine à l'université est vraiment très importante.

Cette chronique est la dernière et je suis contente que ma série de chroniques se termine sur ce nouveau chapitre de ma vie au Québec et sur l'optimisme que vous avez surement ressentit, du moins je l'espère. Nous nous retrouverons sur le forum. J'ai choisit d'arrêter d'écrire pour me concentrer sur mes cours (j'ai 7 cours cette session-ci). J'espère par mes chroniques et en particulier celle-ci vous avoir montré qu'en Amérique, au Québec, rien n'est facile mais tout est possible. Jamais je n'aurai pu devenir Sage-Femme en France, la mentalité et le système ne sont pas fait pour changer d'avis après un Bac + 5 en commerce international. J'aurai voulu faire du droit international, à la rigueur, mais pas Sage-Femme ! Si vous avez des rêves et des projets, soyez courageux et allez jusqu'au bout ! On ne vit qu'une fois et je regrette qu'on ne puisse pas vivre 300 ans afin d'accomplir tous mes rêves. Ne laissez pas des fausses excuses vous envahir et vous empêcher de vous épanouir.

Enfin, j'espère que mes chroniques vous ont donné une idée réelle de ce qu'est la première d'année d'une immigrante en région même si chaque expérience est unique et que vous avez eu autant de plaisir à me lire que j'en ai eu à vous écrire.

Un an plus tard, je suis toujours aussi contente d'être au Québec et je vous souhaite autant de chance que moi.

Impatience

PS : il va falloir que je pense à changer mon profil et y mettre « étudiante Sage-Femme » !

Un autre chapitre commence ! Je...

Petit-Prince

Un autre chapitre commence !

Je me retrouve une dernière fois devant cette fameuse page blanche. Une dernière fois, je vais vous livrer ma chronique mensuelle. Je vois déjà certains pousser un soupir de soulagement « Enfin ! Ce n'est pas trop tôt ! ». D'autres auront sans doute quelques regrets.

Un peu comme tous les autres chroniqueurs qui ont, un jour, raccroché leurs patins, je ne peux plus vraiment me considérer comme un nouvel arrivant alors que cela fait déjà trois ans que je vis ici. Je n'ai plus vraiment ce regard neuf et émerveillé qui sied si bien à l'équipe des chroniqueurs du site. L'intérêt étant de renouveler les expériences, d'apporter des témoignages neufs et pris sur le vif des nouveaux venus. Ce qui m'émerveillait est devenu mon quotidien, ce qui m'étonnait fait maintenant partie de ma routine. Il y a toujours de la place à des surprises, mais il y en a beaucoup moins pour l'inspiration du petit chroniqueur que je suis.

Un bilan alors ?

J'aime à me rappeler certains moments de profonde béatitude, où je me prenais à rêver à mon futur pays, tout en écoutant une toune des Colocs ou de Charlebois. J'étais à Paris, mais déjà mon cœur se trouvait un peu plus à l'Ouest. Que de chemin parcouru et en si peu de temps ! J'ai parfois même l'impression de parler d'une vie antérieure ! Y'a t-il un psychanalyste dans la salle ?

Comme je le dis depuis longtemps, je suis heureux et épanoui au Québec. Peut-être pas vraiment plus riche, peut-être pas encore avec la job rêvée, mais avec un esprit beaucoup plus léger et un extraordinaire bien être. Le Québec m'a apporté tout cela, et à mes yeux, il n'y a que cela qui compte vraiment.

Mon intégration, même si je doute qu'elle puisse se terminer un jour, est sur la bonne voie. Il reste encore des choses à faire, mais je me sens ici vraiment chez moi. En plus, chaque jour que je passe à Montréal me fait aimer encore plus cette ville. C'est étonnant de voir tant de diversité et l'on peut tomber sur des choses ou des personnages vraiment surprenants au détour d'un simple coin de rue. Montréal a quelque chose de magique et, en plus, même si c'est une grande ville, j'ai du mal à vraiment la prendre pour ce genre de ville nord-américaine, impersonnelle et populeuse tellement elle est diversifiée et.... humaine !

J'ai vraiment l'impression d'avoir été adopté par le Québec et je me fonds vraiment dans cet environnement. Cela fait environ deux ans que l'on ne me prend plus pour un « simple » touriste, à part peut-être quand je me retrouve avec la sympathique petite gang de nouveaux arrivants ! Ah ah ah ! Sérieusement, le vocabulaire évolue, peut-être aussi l'intonation des mots, l'accent français s'adoucit et aide, je crois, à passer pour un résident de Montréal avant de passer pour le Français égaré dans ces fameux « arpents de neige », comme jadis le disait Voltaire.

Certes, on me voit et l'on me verra toujours comme l'immigrant Français, mais où est le mal puisque c'est la vérité ? Une bonne intégration ne signifie pas qu'il faille passer pour un Québécois, mais plutôt d'être en parfaite harmonie avec ce qui nous entoure. La difficulté, c'est d'arriver à trouver un juste équilibre entre le fait qu'on vous prend déjà pour un Québécois en France et que vous resterez un Français au Québec. Où suis-je vraiment ? Qui suis-je en fait ? L'immigrant ne serait-il pas un peu schizophrène ? Québécois certains jours et Français la plupart du temps ?

Pour ma part, je pense que le mieux et de ne même pas se poser de question et de tout simplement se laisser aller !

Reste pour l'intégration : une plus grande maîtrise de l'anglais, passer mon permis de conduire, acheter un char.... et une blonde, mais pour du long terme cette fois ! ;o)

L'aventure immigrer.com

Le site restera toujours lié à mon immigration et, même si je l'ai découvert en cours de procédure, il m'a aidé à mieux connaître les habitudes québécoises et surtout, à comprendre comment ça se passait une fois « là-bas ». Les témoignages de personnes déjà au Québec m'ont été d'un grand support. C'est aussi pour cela que je serai toujours présent, à hanter le forum qui nous est tous cher. Il peut bien évoluer, changer, bouger.... cela sera toujours une immense richesse pour ceux qui y sont, et ceux qui rêvent d'y être ! (Je parle du Canada là, pas du forum !).

J'ai aussi adoré écrire toutes ces chroniques (près d'une quarantaine !) et si cela a pu vous faire un peu connaître le Québec et les Québécois, l'objectif aura été atteint ! Cela aura été un véritable plaisir de répondre à l'invitation de Laurence, et d'écrire toutes ces chroniques, même si certaines d'entres-elles « fessaient un peu dans l'dash », je le reconnais !

Mon pari était de vous parler le plus souvent de sujets de fond : de l'intégration d'un nouvel arrivant, à l'hiver, en passant par la défense de la langue et le monde du travail. Car, il faut bien le dire, je ne me voyais pas vous parler de moi et de ma vie ici. J'aurai vite trouvé ça plate voire même carrément sans intérêt. Je vous ai parlé un peu du monde du travail à travers mon expérience, cela fût bien assez je trouve. De plus, le côté « tranche de vie » est déjà très largement exploité sur le forum et de manière talentueuse par d'autres chroniqueurs du site.

Il est vrai aussi que certaines chroniques étaient plus polémistes que d'autres. L'objectif était de provoquer des réactions, mais surtout de faire réfléchir sans forcément chercher à convaincre. Évidemment, lorsqu'on use d'un ton polémiste, on suscite rarement l'indifférence ! La grande majorité du temps, le monde était suffisamment intelligent pour voir quel était le but de ce type de chronique, mais surtout, qu'il ne s'agissait que d'une opinion personnelle. Évidemment, il y en a toujours deux-trois qui se trouvaient un peu dans le champ, poussant même le vice jusqu'à envoyer des messages (souvent privés) contenant pas mal de frustration et d'insultes.... Sans doute cherchaient-ils volontairement la pomme de discorde ?

Mais qu'importe ! Tout cela n'est pas bien grave, d'autres chroniqueurs sont passés par là, et d'autres y passeront encore aussi. Il y a eu le chroniqueur « agité », il y a le futur-ex chroniqueur « abrasif », il y aura peut-être un chroniqueur « décapant », qui sait ? ;o)

D'un autre côté, il y a eu surtout beaucoup de plaisir, beaucoup de très intéressantes discussions suite à quelques-unes de ces chroniques, que cela soit sur le forum ou « en vrai ». Et même si certains me reprochaient parfois de trop m'autocensurer (suivez mon regard ah ah !), cela ne m'a jamais empêché de dire ce que je pensais. Non pas parce que j'ai la science infuse, non pas que je sois plus qu'un « simple immigrant », mais parce que mon avis de nouvel arrivant désireux de m'intégrer, peut en aider quelques-uns, mais aussi, comme je le disais plus haut, en faire réfléchir. Si vous avez vu mes chroniques d'une autre façon, c'est que vous n'avez pas vraiment compris ma démarche. C'est bien dommage.

Je remercie donc Laurence et Laurent de m'avoir donné toute cette liberté d'expression et toute cette amplitude pour exprimer ce que je souhaitais. Je ne sais pas si cela a toujours été simple à gérer, mais avec le recul, il y a eu parfois quelques réactions bien cocasses et presque que de bons souvenirs.

Maintenant que mon formulaire de demande de citoyenneté est en cours de remplissage et qu'il partira dans le courant du mois d'octobre, je m'apprête à débuter un nouveau chapitre dans ma vie (vous vous souvenez lors de ma première chronique, je comparais la vie à un ouvrage ?).... Continuant l'aventure de mon immigration, je continuerai à vous faire part de mes sentiments, de mes impressions, de mes opinions.... mais cette fois, en tant que Franco-Canadien.

Il était temps que je m'arrête. Mon inspiration manquait vraiment ces derniers temps, de plus, j'aimerais me consacrer encore d'avantage à mon site culturel que j'ai un peu mis de côté durant l'été. Sans doublier aussi de profiter de la belle saison qui va s'en venir vite.... et moi, quand je parle de « belle saison », je parle de l'hiver !

En conclusion :

Je voudrais tous vous remercier. Oui, tous ! Que cela soit les présents, les absents. Que cela soit ceux avec qui je me suis un peu chicané, que ceux avec qui je partage pas mal les mêmes idées. Que cela soit les grands rêveurs, que les terre-à-terre. Bref, toute cette communauté loin d'être forcément homogène, mais partageant un point commun : vouloir vivre au Canada.

Sachez aussi qu'il n'y a jamais rien eu de personnel et même si certaines de mes chroniques ou certains des débats entamés sur le forum ont été chauds, ou au ton provocateur, j'ai toujours eu beaucoup de respect pour vous tous.... Mis à part peut-être pour les adeptes des petites insultes, mais ils sont tellement rares et insignifiants, qu'ils ne cacheront jamais l'abondance de richesse dont vous faites tous partie.

Place maintenant à du sang neuf, à des chroniqueurs incisifs ou à des chroniqueurs plus mesurés, qu'importe ! Je sais qu'ils apporteront beaucoup, comme vous tous !

Non, ce n'est pas un adieu définitif, même si ça en a un peu l'air. Je serai toujours présent sur le forum (et sur les ondes de Fréquence Caribou, ou de Fréquence Orignal pour Peanut), prêt à aider, que cela soit d'une manière ou d'une autre. Je tenais juste depuis longtemps à vous dire tout cela, car le succès d'un site comme celui-ci, ce n'est pas simplement le fait qu'il puisse y avoir des administrateurs, des modérateurs et des chroniqueurs, c'est aussi parce que vous y êtes présents !

Alors bon courage à toutes celles et ceux qui veulent immigrer. Sachez que ce pays et ses habitants en valent vraiment la peine !

Et n'oubliez pas : notre vie, on ne la recommence jamais, on la poursuit. Il n'y a que la destination qui a changé !

Jean-Philippe, alias Petit-Prince

Québec Charlevoix La fin de...

FrenchPeg

Québec Charlevoix

La fin de semaine dernière Hicoune et moi nous étions inscrites à un petit cours d'orientation « carte et boussole » du côté de Québec, en fait, carrément sur les Plaines d'Abraham. Comble de sublime chance, un soleil radieux était au rendez-vous, enfin, après cet été pourri ?. Le lendemain, j'avais décidé de diriger Hicoune vers mon village coup de cœur dans Charlevoix. Du coup, je me disais, cool! Je pourrais lui demander ses impressions à intégrer à ma chronique! En fait.... elle a été si bien inspirée que c'est elle qui va la faire complètement cette chronique! Pas le goût de couper son texte ?.

« Cela faisait bien longtemps que je souhaitais aller visiter la région de Charlevoix.
Tellement de personnes m'en avait parlé! (C'était sans compter le visionnage du film « père et fils » réalisé par Michel Bougenah) La première fois, c'était en mars 2001. Pendant ce temps, l'envie a grandi mais je n'ai jamais pris le temps d'y aller. L'excuse qu'on se donne souvent, c'est que c'est à 4h30-5h de Montréal, que ça fait loin et qu'on ne va pas avoir le temps d'en profiter, qu'il faudrait de longues vacances ou un long week end pour y aller. Cette excuse n'en est pas une car si on raisonne comme ca, on ne bouge pas à plus de quelques kilomètres de l'endroit oú l'on vit et on attend patiemment les vacances avant de visiter un peu plus loin....
C'est un choix mais c'était dit : cette année, je devais aller juger de mes propres yeux. Je n'allais pas, cette fois encore, attendre d'être en vacances et finir par oublier.

L'occasion s'est presentée plus tôt que prévu (j'avais plannifié d'y aller cet automne).
Nous étions à Québec le samedi, alors, pourquoi ne pas pousser un peu plus loin (environ 2h de route) et enfin découvrir cette région?

Au départ de Québec, nous avons pris la route 138 Est en direction de Baie St Paul. Petit à petit nous avons commencé à voir de petites collines puis de grands vallons. La route se faisait de plus en plus intéressante. Fini les plats d'une route monotone et plate; place aux montées et descentes au cœur de la montagne.
D'un coup, sans crier gare, après avoir poussé ma petite voiture jusqu'en haut de la côte, nous découvrons un point de vue à couper le souffle (enfin moi j'ai découvert, car Peggy, elle, connaît déjà le chemin sur le bout des doigts).
Pour situer et planter le décor : nous sommes en plein milieu de la montagne. De part et d'autre, nous avons des versants de montagne parsemés de conifères verts, nous sommes en hauteur et nous surplombons, à notre droite le St-Laurent. « Ohhhhhh Wowww »! (voilà l'expression que je n'ai pas arrêté de dire tout le dimanche).
J'ai eu quasiment envie de ralentir et de rester perchée en haut de cette route pour rester à admirer ce contraste de vert (la fôret de conifères), de bleu foncé (le St-Laurent) et de bleu clair (le ciel). Peggy me rassure et me dit que plus loin, je pourrais admirer le paysage depuis un point de vue aménagé.
Effectivement, à l'approche de Baie Saint-Paul, le bureau d'information touristique de Charlevoix nous permet de nous contempler la vallée et de plonger notre regard sur la ville de Baie St Paul et sur le fleuve.
Après quelques photos, nous reprenons la route et nous choisissons de prendre la 362 Est en direction de la Malbaie. Cette route, nommée « la route du fleuve », relie, sur une cinquantaine de kilomètres, Baie-Saint-Paul à La Malbaie. Il s'agit, à ce jour de la plus belle route panoramique qu'il m'a été donné de voir. Tout le long, nous roulons quasiment au bord du fleuve.
Nous avons eu la chance d'avoir un magnifique soleil et un ciel complètement dégagé. A tel point qu'il était parfois difficile de déterminer, au loin, où le fleuve s'arrêtait et ou le ciel commençait.
Sur la route, nous avons traversé de charmants petits villages jusqu'à arriver à Saint-Irénée. Le paysage étant toujours plus beau, nous avons décidé de nous arrêter au bord de la route pour prendre quelque clichés (je l'admets, ça fait un peu touriste mais j'assume : « Québec, je vais te mitrailler de photos »).
A St Irénée, Peggy avait réservé un charmant petit restaurant en hauteur. Pour s'y rendre, nous avons du emprunter une route assez pentue et là : « Ohhhhhh Wowww », car, en me stationnant, je constate que nous surplombons le St-Laurent.
J'ai passé mon après-midi assise sur l'herbe à contempler le St-Laurent, la rive Sud en face, les chevaux sur la plage et les voiliers blancs sur une eau bleu marine.

Je viens, donc, de goûter à la région de Charlevoix en été. Comme promis, le rendez-vous est marqué pour y retourner cet automne (le plus dur va être de déterminer à quelle période excatement pour espérer trouver des valées aux mille couleurs d'automne et cotoyer les oies sauvages).
Les idées de randonnées et de sorties dans la région affluent dans ma tête depuis deux jours. J'ai envie de voir cette région en automne, en hiver, de m'engoufrer dans ses forêts et ses parcs naturels, de faire des randonnées et d'imaginer que je suis la première à fouler le sol, de me balader sur la plage, d'admirer les œuvres des peintres, d'apercevoir les baleines, de faire du kayak ou du canot de mer, d'apprendre à monter à cheval pour faire de longues balades et profiter au maximum de ce que cette région peut m'offrir.... Je comprends, maintenant, pourquoi cette région réussit autant à séduire les gens et pourquoi elle est l'un des lieux touristique le plus fréquenté du Québec.
J'ai, enfin, compris, ce qu'exprimaient les gens qui avaient discuté avec moi de cette région. Je n'ai pas été déçue !
Dans mon agenda, je me suis faite deux petites notes : 1./ y passer plus de temps la prochaine fois 2./ y retourner souvent ».

Voilà, Charlevoix, patrimoine mondial de l'Unesco, a une nouvelle adepte....

Mais tu sais, ma Kikine..... La Côte Nord, c'est ENCORE PLUS BEAU!! ?

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