Partir pour mieux revenir

Quand j’ai écrit mon bilan des 1 an au Canada sur mon blog, j’ai indiqué que surement plusieurs personnes auraient baissé les bras face aux difficultés que j’ai rencontrées avec mon mari durant 12 mois.
Je crois que la persévérance n’est pas donnée à tout le monde. Après tout, qui a envie de tout reprendre à zéro en arrivant au Canada ?
Pas grand monde j’imagine.
Force est de constater qu’en 12 mois de vie ici, je n’ai croisé la route que d’immigrants installés ici depuis longtemps. Certains même depuis plus de 10 ans.
Alors je me suis demandé où étaient les autres, ceux qui comme nous étaient « les petits nouveaux ». Terme que je déteste soi dit en passant car un nouvel immigrant rencontre surement beaucoup plus d’embûches en très peu de temps qu’un immigrant bien installé depuis 5 ans.
En fait je me suis rendu compte que beaucoup venaient à Toronto avec un visa de travail de 3 ans et repartaient dans la foulée. Ils ne voulaient pas rester davantage.
Cet été j’ai vu partir une famille de 4, installée depuis 3 ans ici, vers leur France natale. Et l’été prochain, ce sera au tour de deux copains expats (qui seront 3) de reprendre la route.
Car oui il y a deux écoles, ceux qui font un bébé au Canada et repartent vite en France er ceux qui au contraire préfèrent élever leur enfant ici et repartir quelques années plus tard.
Les raisons sont variées mais la famille semble pousser les gens au départ.
Et puis il y a aussi les PVTistes qui ne sont que de passage.
D’abord ils trouvent la vie Torontoise fabuleuse et puis face à la difficulté de trouver un travail intéressant et donc un prolongement de visa, ils préfèrent rentrer.
Finalement je me demande qui fait vraiment le choix de changer de pays de pays pour toujours. C’est si difficile.
J’ai cette impression un peu triste mais normale que tout le monde finit par rentrer au pays et laisse donc derrière soi une sorte de vie inachevée.
Est-ce aussi ça le paradoxe de l’immigrant ? Ne jamais trouver un chez-soi ?
Et à chaque fois tout reconstruire sans savoir de quoi sera fait demain.
« Partir c’est mourir un peu chaque jour mais mourir c’est partir beaucoup ! ».
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1 an à Toronto

Ce bilan des 1 an, j’y ai souvent réfléchi. Depuis mon départ du 15 octobre en fait. Je me demandais ce que j’aurais à raconter 1 an plus tard.
12 mois ça parait énorme finalement.
Après avoir suivi nos aventures, vous devez savoir que j’ai une sainte horreur des immigrants qui ne trouvent rien à redire de leur terre d’accueil et qui trouvent que tout est positif au pays des caribous.
Moi aussi je pourrais dire que j’ai trouvé un appart en moins de deux grâce à des voisins franco-belges super sympa qui ont acceptés de se porter garants pour nous alors qu’on ne les connaissait même pas.
Je pourrais aussi dire que j’ai vu des choses magnifiques comme des grands parcs et des lacs à perte de vue. J’ai même vu les Chutes du Niagara !
Evidemment, je pourrais aussi dire que je n’ai pas mis bien longtemps à trouver du travail. D’un simple centre d’appels qui n’a duré qu’un mois, j’ai obtenu un contrat dans une Université puis (presque) enchaîné sur un CDI dans une grosse boite Américaine. Tout ça pour faire parallèlement un peu de freelance dans ma branche.
Dis comme ça, ça parait particulièrement prometteur.
Mais voila, je ne serai pas très honnête.
La vérité c’est que j’ai essuyé pas mal de déconvenues au niveau du boulot. Le nerf de la guerre.
Mon contrat à l’université que j’espérais reconduit s’est arrêté net après 3 mois, la boite américaine que j’étais si fière d’intégrer s’est avérée être un échec cuisant et mon aventure en freelance n’a pas comblé toutes mes attentes. (Surtout financières)
Finalement 2011 a donc été comme je m’y attendais, l’année du changement et surtout celle du véritable passage à l’âge adulte. Celui qu’on découvre au fil du temps et qui apporte son lot de galères.
Quitter papa et maman n’a pas été évident. Je m’en doutais. Vivre à deux l’a cependant été, ne changeant finalement pas grand chose à mes habitudes. Il faut dire que le « poids » des années a beaucoup joué. Mister étant mon double depuis 8 ans !
Je crois que toute cette aventure a donc été un apprentissage pour nous deux. Apprendre à planifier des choses toutes bêtes, faire ses courses toute la semaine, payer ses factures, souscrire à des assurances… Ca parait bête comme ça mais nous ne l’avions jamais fait avant ! Je vous rassure, ça n’a pas été la découverte du siècle hein ! Mais ça rend incroyablement adulte. En fait.
Tout au long de cette première année, nous avons aussi rencontré des gens et tissé des liens importants avec la communauté française. Je n’aborderai pas vraiment le cas de l’amitié entre Français et Canadiens car j’avoue que nous n’avons pas réellement d’amis anglophones. En fait pour être honnête c’est presque par choix. C’est tellement plus simple de rester dans son petit cocon français. Si on cherche un peu, on découvre des Français un peu partout sur Toronto. Pas en grand nombre évidemment, mais ils existent bel et bien. (Parenthèse, inscrivez-vous au Consulat sinon les chiffres sont faussés !!)
J’ai aussi rencontré plusieurs couples grâce au blog. Des gens qui m’ont contacté pour obtenir des infos et qui étaient souvent un peu perplexes quand au rêve tant annoncé par les autorités Canadiennes pour faire venir des immigrants chez eux.
Le Canada est-il le nouvel Eldorado Nord-Américain ? Certainement pas. Mais les possibilités existent bel et bien quand on décide de creuser au delà de ce que l’on veut bien nous présenter. Je crois d’ailleurs que la clé pour réussir ici est définitivement la persévérance. Il faut attendre, encore attendre et ne pas désespérer même face à certaines choses souvent vexantes. Si on en veut vraiment et qu’on a l’expérience qui va avec, on peut trouver du travail et qui plus est bien payé. Encore faut-il le vouloir.
Vous n’en entendez surement pas trop parler mais ils sont nombreux ces Français qui rentrent la queue entre les jambes après quelques mois passés ici sans avoir trouvé ce qu’ils cherchaient. Car qu’on se le dise, sans un anglais courant voire bilingue, il est presque impossible de faire son trou à Toronto. Alors d’accord, vous pouvez aussi passer plusieurs mois voire années à faire des petits boulots mais quel est l’intérêt ?
Vous pouvez aussi très bien avoir l’opportunité de travailler dans le milieu francophone de Toronto mais encore faut-il avoir une expérience Canadienne sur son CV et un gros coup de bol car les places sont rares et chères !
Au Canada, si on veut bien vivre, il faut savoir se vendre. Aller chercher l’opportunité et ne pas hésiter à en faire des tonnes et des tonnes pour se faire embaucher.
C’est la base de la mentalité Nord-Américaine après tout. C’est marche ou crève. Ca ne plaira pas à beaucoup de Français mais il faut qu’ils le sachent avant de possiblement venir se perdre ici sans comprendre les rouages du système.
Bon mais ce bilan finalement ? Il est positif mais il a fallu que je persévère en ayant parfois envie de baisser les bras face à des incompréhensions totales concernant la recherche d’emploi (mon GRAND cheval de bataille). Ne pas oublier non plus que l’éloignement familial est un facteur très important de retour au pays pour beaucoup d’immigrants. Pour le moment, on s’est plutôt bien accommodés de cette situation grâce aux nouvelles technologies et à des retours en France par-ci, par là mais est-ce que cela sera toujours le cas ? Difficile à dire après seulement 1 an.
Et puis j’ai finalement retrouvé du travail récemment et fais ce que je faisais en France et même en mieux. (J’ai plus de responsabilités) En plus l’ambiance est bonne, ce qui n’a pas toujours été le cas lors d’expériences antérieures !
Comme l’a souligné Mister, je crois que d’autres auraient baissé les bras et fait machine arrière. Mais en même temps, ça ne serait plus une aventure si tout était écrit à l’avance et le blog n’aurait plus aucune raison d’être.
Vivrais-je toute ma vie au Canada ? Non il y a peu de chance mais ça n’a de toute façon jamais été envisagé. Mais c’est une belle aventure, encore faut-il lui donner une chance et s’accrocher.
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Deuxième recherche d'emploi à Toronto

Trouver un emploi, est-ce si facile au Canada ?
Un second article sur la recherche d’emploi au Canada. Mon cheval de bataille en quelque sorte. Il faut dire que le travail est bel et bien la pierre angulaire de toute immigration.
Si vous avez lu ma première chronique, vous avez pu vous rendre compte qu’il n’était pas aisé de trouver quelque chose d’intéressant et dans son domaine quand on n’a peu d’expériences sur son CV.
Après mon dernier travail qui n’a pas fonctionné, je me suis retrouvée sans emploi début juillet 2011. Autant dire que c’est certainement la pire période pour chercher du boulot !
Et pourtant ! Je recevais 2/3 appels d’entreprises par semaine avec des entretiens à la clé. Je ne m’en faisais pas trop donc.
Mais après avoir passé tout juillet et tout août sans ne rien obtenir, j’ai commencé à me poser des questions.
J’ai rencontré ou parlé avec une vingtaine d’entreprises en 3 mois de recherche. Comme d’habitude, les entretiens se passaient extrêmement bien. Et puis après silence radio. Plus de nouvelles des entreprises ou pour me dire qu’ils ne me prenaient pas. Incompréhensible !
D’ailleurs ne vous attendez pas à un semblant de réponse de ma part car je n’en ai pas ! Je n’ai toujours pas compris pourquoi les entreprises n’avaient pas souhaité m’embaucher.
Et puis finalement en septembre, j’envoie tout à fait par hasard mon CV à un conseil scolaire francophone. On m’appelle le lendemain pour un entretien. J’y vais et le jour même, on me propose un poste ! Ils sont très intéressés par mon profil. En plus je parle français donc je contribue à maintenir la langue en Ontario. Oui pour vous situer, il y a 583 000 francophones en Ontario. 4,8% de la population Ontarienne. C’est faible mais bien présent !
C’est parfait pour moi. En plus l’éducation est un domaine passionnant qui m’intéressait depuis plusieurs années.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, juste 1 semaine après avoir commencé mon nouveau travail, une autre entreprise francophone (toujours dans l’éducation) me propose cette fois un poste 100% dans mon domaine et en ville. Ca sera plus facile pour moi, le centre scolaire étant à 30km, il me faut plus d’1h pour m’y rendre en voiture.
Je donne alors ma démission et garde de très bons liens avec le centre scolaire.
Finalement, serait-ce plus simple de travailler en français en Ontario quand on est francophone ? En fait non. Je ne pense pas. Mais disons que quand il y a des opportunités qui sont faites pour vous, il y a de grandes chances que vous obteniez le travail.
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Réflexions sur l'éloignement familial

Ca y est je crois que l’été est officiellement terminé. En théorie il faut attendre le 21 septembre bien sûr mais les températures Ontariennes –descendues à 20° en 1 semaine- préviennent du changement de saison.
Mon été n’a pas été très productif. En réalité j’ai quitté mon emploi qui ne me plaisait pas après seulement 2 mois et depuis je suis à la recherche d’un emploi. Alors évidemment entre temps j’ai un peu travaillé à la maison en tant que freelance, chose que je n’avais encore jamais expérimenté en France et puis ma famille est venue nous rendre visite 2 semaine en août.
Ca a été un bol d’air frais mais qu’on ne s’y trompe pas, les au revoir sont toujours comme ceux de la première fois. Déchirants.
Ce n’est pas un scoop, je m’y attendais. Mais cela fait toujours bizarre. Je me dis que je serai toujours condamnée à dire au revoir en étant immigrée. Que plus jamais je n’aurais l’impression d’être avec ma famille pour de bon. C’est un choix de vie. Que j’assume. Bon pas tous les jours, surtout quand je n’ai pas d’emploi comme aujourd’hui mais au moins j’essaye de me tenir à cette immigration que j’ai choisie il y a maintenant presque 1 an.
Pas facile tous les jours mais je pense que tous les membres d’immigrer.com vivent la même chose. Je ne sais pas pour vous mais j’ai de mon côté l’impression que la famille guette notre retour avec impatience. Ils attendent que nous craquions pour finalement faire machine arrière. Ils ne l’avoueront jamais évidemment mais c’est un sentiment que j’ai depuis mon départ.
Et pour vous, comment ça se passe cette immigration sans la famille ?
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Pourquoi venir s’installer à Toronto ?

Le choix de la ville où s’établir lorsque l’on décide d’entamer sa demande de résidence permanente est toujours difficile.
J’ai moi-même hésité longuement entre Montréal et Toronto et dans une moindre mesure Vancouver.
Pourquoi ai-je choisi Toronto et quelles sont aujourd’hui, après 8 mois de vie sur place, mes recommandations ?
1) Les opportunités de travail
On choisit de venir à Toronto pour le travail en général. La ville compte 2,5 millions d’habitants et le travail ne manque pas. Toutes les branches ou presque ont besoin de main d’œuvre, il suffit de s’inscrire dans une agence de placement, de regarder des offres sur Internet ou de faire fonctionner son réseau. En général, ça paye !
En plus la ville a les plus hauts salaires du pays. Evidemment, cela signifie que la vie est également plus chère. En moyenne, les Torontois touchent + de 100 000 $ par foyer par an !
2) La vie à la Nord-Américaine
Si vous souhaitez vivre une vie à l’américaine sans toutefois aller aux Etats-Unis, Toronto est faite pour vous ! En effet, on dit que la ville est la plus américanisée du Canada.
On y parle anglais pour commencer et il y a des mall géants comme le Eaton Center ainsi que des buildings partout dans le centre-ville. On tourne même des films et des séries dans cette ville. Kick-Ass par exemple qui est censé se passer à New-York !
On surnomme même la ville « La petite New-York »…
3) La vie culturelle
Ne vous y trompez pas, il se passe beaucoup de choses à Toronto. Musées, concerts, vie nocturne, expos… Il y a toujours quelque chose à faire dans la ville Reine.
Vous pourrez par exemple découvrir le AGO – Art Gallery of Ontario ou le ROM – Royal Ontario Museum ainsi que la folle bâtisse Casa Loma qui se ressemble à un château.
4) La langue anglaise
Si vous voulez vivre le Canada à fond, il vaut mieux savoir parler la langue de Shakespeare. En fait, hormis au Québec, toutes les autres provinces sont anglophones ou presque. (Excepté le Nouveau Brunswick officiellement bilingue)
A noter que vous aurez un atout de taille si vous connaissez à la fois le français et l’anglais. Le gouvernement Canadien n’embauchant que du personnel bilingue par exemple.
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Visiter Toronto et ses alentours

En 7 mois et demi de vie à Toronto, nous avons déjà visité quelques petites choses dont je vais vous parler ici.
Je préconise d’avoir une voiture pour plus de confort. Je vous préciserai s’il est également possible d’emprunter un bus pour vous rendre sur les lieux.
Les Chutes du Niagara
Incontournable ? C’est possible. A voir ? Oui !
Les chutes du Niagara représentent vraiment le Canada. C’est grand, c’est beau et on peut manger du burger à tous les coins de rue !
Trêve de plaisanterie. Les chutes du Niagara sont surtout une belle après-midi en perspective avec de jolies balades à la fois du côté Canadien et du côté Américain.
Pour y aller, vous pouvez même prendre le bus en partance de la station Union. Renseignez-vous pour plus de détails.
Scarborough Bluffs
Si vous voulez à la fois vous promener dans un endroit vert et profiter du lac, je vous conseille d’aller du côté de Scarborough pour apprécier ses collines.
Vous pourrez les apercevoir depuis Bluffer’s Park. Jolie balade en perspective. La falaise la plus haute atteint 65 mètres.
Il est possible d’y aller en bus mais le trajet est long…
Riverdale Farm / Zoo d’High Park
Si vous avez des enfants ou avez envie vous-même de voir des animaux, vous pouvez aller à la Riverdale Farm qui est comme son nom l’indique : une ferme. L’endroit est petit mais mignon et la ferme est située dans le sympathique quartier de Cabbage Town. En bonus, vous pourrez même vous balader dans la Toronto Necropolis.
Si vous préférez mixer balade en forêt et découverte des animaux, direction High Park et son zoo, situé au sud du parc. C’est assez petit mais les animaux valent le coup d’œil ! Plus exotiques qu’à Riverdale Farm.
Toronto Islands
Encore une merveilleuse balade du côté des îles de Toronto. Il vous suffit de prendre un ferry au sud d’Union pour vous y rendre.
Sur place, je vous conseille l’île Algonquin avec son joli village et sa plage.
Elora
Si vous partez vous balader dans la région de Kitchener/Waterloo, il ne faut pas manque le petit village d'Elora situé au nord de Waterloo.
Le village est assez typique donc touristique... Il y a plein de petites boutiques sympa où vous pouvez chiner. Il y a aussi une petite maison où vous pourrez acheter des vêtements vintage et ainsi visiter la demeure qui semble dater des années 30 !
Et à Elora on trouve même une boutique dédiée à la Provence...
Vous pourrez également visiter un joli petit parc et un moulin transformé en auberge. (En réfection malheureusement !)
Royal Botanical Garden
Uniquement accessible en voiture, il faut absolument que vous alliez visiter le Royal Botanical Garden de Burlington.
Pour 13$, vous aurez accès à divers parcs dont Rock Garden que je vous recommande chaudement pour ses magnifiques tulipes. (Uniquement visibles en mai !)
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Trouver un emploi en Ontario

Tout de suite après mon arrivée sur le sol canadien, je me suis mise à chercher du travail. J’avais déjà eu de nombreux échos de la part de résidents permanents, blogueurs ou forumistes qui m’avaient dit que trouver dans sa branche prenait environ 6 mois. J’ai tout de même envoyé quelques CV par ci par la dans mon domaine.
En moins d’une semaine, on me proposait 2 entretiens dans le marketing ! J’avais du mal à y croire. Finalement trouver du boulot au Canada était facile ?
Je me suis présentée aux deux entretiens la semaine suivante. A l’époque, pour vous dire, je n’avais même pas encore de téléphone portable ! Je demandais donc aux employeurs de m’envoyer un email pour me dire s’ils étaient intéressés ou non.
Les entretiens se sont tous les deux très bien passés. On blaguait même ! J’étais donc très confiante quant à l’obtention d’un second rendez-vous surtout qu’à l’époque, je demandais un salaire assez dérisoire ! (Ne connaissant pas les prix du marché ontarien)
Les semaines passèrent sans toutefois n’avoir aucune nouvelle. Je relançais, on me disait que c’était toujours en cours et puis… plus rien.
Ce fut officiellement ma première déconvenue sur le marché du travail canadien.
Pendant ce temps, j’étais contactée par des agences de placement (interim) qui me proposaient de venir les rencontrer tous les quatre matins. Il y avait plein de postes pour moi me disait-on.
J’allais donc aux rendez-vous, passais les tests et puis… plus rien.
Deuxième grosse déconvenue.
Je n’arrivais pas bien à comprendre pourquoi on me téléphonait si c’était finalement pour ne jamais me recontacter ! J’ai découvert plus tard que les agences fonctionnent ainsi. Les candidats ne sont qu’une entrée de plus sur une base de données.
Je tiens à vous préciser tout de même que j’avais un anglais courant voire bilingue et postulais à des postes dans des centres d’appels.
On m’avait ainsi expliqué que sans première expérience canadienne ni références (un employeur au Canada qui peut vous recommander) mes chances étaient minces.
Du coup, j’avais délaissé mon domaine pour un moment pour me concentrer sur des petits boulots.
Et puis finalement fin novembre, une agence de placement me propose cette fois de rencontrer une entreprise de centres d’appels dans la journée ! Incroyable.
J’y vais. L’entreprise est située à 1h30 de mon domicile en transports en commun. Je passe un rapide entretien. Le lendemain matin à 9h tapantes, l’agence m’appelle pour me dire que je suis officiellement embauchée pour 2 mois dans cette entreprise !
Je commence mon stage de formation dès le mardi suivant. Nous sommes début décembre, je suis arrivée au Canada il y a un mois et demi.
Le lendemain de mon arrivée, une autre agence de placement me contacte et m’indique qu’elle a un poste pour moi. Mieux payé et surtout 2 fois moins loin. L’entreprise va m’appeler dans l’après midi. C’est encore une fois un centre d’appels.
Je décroche le poste ! Je quitte alors mon entreprise au bout de 4 jours et démarre mon nouvel emploi le lundi suivant. Décidément, tout est allé vite pour une fois.
Pendant un mois, je suis surtout formée à téléphoner. C’est extrêmement ennuyeux et en plus, on nous renvoie souvent chez nous car il n’y a pas assez de travail pour tout le monde. Du coup je gagne à peine assez pour financer tous mes frais.
Parallèlement je passe des entretiens dans mon domaine, puisque cette fois j’ai le petit boulot alimentaire.
Il se trouve que j’intéresse deux entreprises. Une qui veut me proposer un CDI, mais pas forcément mieux payé qu’un centre d’appels et avec des horaires peu intéressants (12h/20h) et un CDD de 3 mois dans une grande faculté Torontoise.
La boite qui me veut en CDI met des semaines à me recontacter car les processus sont extrêmement longs. Je choisis alors l’Université qui propose un salaire très convenable et des horaires incroyables. (8h30 – 16h !)
Je quitte alors mon centre d’appels à la veille de Noël et démarre mon CDD à la fac le 5 janvier.
Pendant les 3 prochains mois, on me fera plus ou moins miroiter un CDI à l’issu du contrat. Je n’y crois pas non plus des masses. La plupart des gens qui travaillent ici sont en CDD. Je me remets donc rapidement à chercher du travail histoire de ne pas me retrouver sans rien en avril.
Je suis de nouveau contactée par des agences de placement mais pour des boulots dans ma branche cette fois-ci. J’avais eu une mauvaise expérience précédemment avec 95 % des agences, du coup je n’avais pas très envie de les revoir.
Une d’entre elles me propose un CDD de 6 mois renouvelable. Ça ne m’intéresse pas spécialement mais l’agence insiste. Je vais alors les rencontrer. Ils me disent que l’entreprise est gouvernementale. Paye extrêmement bien et a décidé de prolonger un peu plus le CDD.
Du coup je suis partante. Je vais à leur rencontre. A peine arrivée, ils me disent que le contrat dure environ 3 mois et demi. Hein quoi ? On m’a dit que c’était 6 mois minimum !
Pas du tout, il y a dû y avoir un malentendu.
J’appelle l’agence assez furieuse, car j’ai dû prendre du temps sur mes heures de travail pour aller à la rencontre de cet employeur. A ce jour, soit 3 mois plus tard, je n’ai toujours pas eu de leurs nouvelles ! Ils ne m’ont tout simplement jamais recontactée pour s’excuser !
Mes 3 mois passent à une vitesse folle. Je passe quelques entretiens mais rien de très probant. Et puis à 2 semaines de la fin de mon contrat, deux entreprises me contactent pour des CDI.
La première est une grande entreprise américaine située en plein cœur de Toronto. Je passe pas moins de 4 entretiens avec eux qui durent au total 3 h ! (3 entretiens sont passés sur la même journée)
On me dit qu’on me recontacte très prochainement.
Une semaine passe… Rien. Je relance. On me dit qu’ils voient d’autres personnes. C’est mal barré.
Une autre semaine passe… Rien. Au début de la 3ème semaine, je relance encore une fois. Finalement on m’appelle pour me dire que je ne suis pas prise, on préfère en effet quelqu’un qui a plus d’expériences.
Je passe des entretiens téléphoniques avec une autre entreprise américaine qui a des bureaux à Toronto. On me dit qu’on va me rappeler. En fait on ne me rappelle jamais. Je relance et on m’annonce que « désolé, on ne vous a pas sélectionnée ».
Finalement à la fin de mon contrat à l’Université, je me retrouve au chômage. Je continue de chercher du travail. Je suis toutes les semaines sollicitée soit par des agences de placement soit par des entreprises qui ont vu circuler mon CV.
Parfois on m’envoie un mail, j’y réponds et puis… plus rien. Parfois on m’appelle aussi et puis… plus rien.
Je vis un mois d’avril très frustrant. J’intéresse les gens mais il semble que quelque chose coince toujours. Je ne suis pas Canadienne certes, je n’ai pas beaucoup d’expériences canadiennes sur mon CV certes, mais alors pourquoi me contacter si ce n’est pour ne jamais me rappeler par la suite ?
Je partage mon expérience avec d’autres RP français. Ils vivent cette même aventure très frustrante. On passe des entretiens et on ne nous rappelle jamais. Ce n’est pas tant la durée de mon chômage qui est inquiétante mais plutôt cette dépense d’énergie qui ne sert à rien finalement.
Parfois je rencontrais 3 entreprises dans la même semaine sans ne jamais avoir de leurs nouvelles.
Je continue à développer mon réseau. Sur LinkedIn principalement qui est une source d’emploi dans mon domaine. Je travaille sur ce réseau depuis 4 mois et j’ai déjà eu des contacts très intéressants.
Et finalement… Un RH d’une multinationale américaine me contacte via ce medium. Il veut m’appeler tout de suite. J’accepte sans trop y croire. Il cherche une personne bilingue avec un français irréprochable. L’entreprise est située en banlieue Ouest de Toronto, à 35km de mon domicile. Il veut me rencontrer dès le lendemain.
L’entretien se passe très bien. Comme toujours au Canada. Le jour même il me rappelle. Il veut que je rencontrer la manager de l’équipe pour le lendemain.
Je ne suis pas disponible, je lui propose alors de venir le lundi suivant. Le rendez-vous est pris.
L’entretien se passe de nouveau très bien. Le lendemain, le RH me rappelle et m’annonce qu’ils veulent m’embauche en CDI ! Une semaine est passée depuis notre premier contact et ça y est, le CDI m’est proposé !
Je viens signer le contrat 2 jours plus tard. Je commence dans 1 semaine. Pendant ce temps, j’investis dans une voiture et me dis que finalement quand on est vraiment intéressé par quelqu’un, on le lui fait savoir très vite…
C’était une RP qui m’avait fait cette réflexion plusieurs mois avant et elle n’avait pas tort. Finalement.
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Petite Présentation

Je crois qu’il est toujours un peu difficile de se présenter car on ne sait jamais vraiment par où commencer !
Pour faire simple, je suis née à Paris, en France. J’y ai fait mes études, j’y ai rencontré mon mari et j’ai même eu mon premier job dans cette ville.
Autant dire que j’y ai passé toute ma vie et que par conséquent, je ne connaissais pas grand-chose d’autre. Enfin si.
Grande adepte de voyages, mon père, grâce à sa profession, m’a permis de découvrir un petit bout du monde. Bizarrement nous n’avons pourtant jamais été au Canada.
Du coup j’ai fait le grand saut en 2009.
Du Canada je ne savais presque rien ou alors juste les clichés habituels. Il fait froid, c’est la nature, les écureuils, les caribous… Bref je n’y connaissais rien !
Et puis en 2009 au détour d’une conversation fortuite avec une copine de fac, elle me parle de ce beau pays. Qu’elle y a vécu 5 ans il y a quelques années et qu’elle a adoré. Mais elle est rentrée, mal du pays, envie de reprendre un boulot dans son pays d’origine… bref c’était un peu compliqué.
Mais ce n’est pas ça qui a attisé ma curiosité, non loin de là. Elle m’a parlé de la procédure d’immigration « ça prend à peu près un an » m’a-t-elle dit.
Un an ? C’était parfait. Je terminais mes études, il restait 1 an à mon mari pour tout boucler de son côté… Le soir même je lui ai téléphoné pour lui suggérer l’idée d’immigrer. Il était conquis. Cela faisait longtemps que nous voulions nous expatrier à l’étranger.
Le lendemain je prenais rendez-vous pour le BIQ de Paris. Réunion d’informations. La procédure était lancée.
Suite à notre voyage de prospection au Québec en 2009 et le CSQ en poche, nous avons toutefois décidés de nous orienter vers l’Ontario.
Je ne me voyais pas quitter la France pour continuer à parler français. Je trouvais ça trop bête, surtout en étant bilingue anglais !
Au début mon mari n’a pas très bien accueilli l’idée. Il se voyait déjà à Montréal, ville que nous avions beaucoup aimé.
Mais il s’est davantage renseigné et a compris que le centre financier du Canada était à Toronto. Du coup ça serait Toronto !
En octobre 2010, nous avons finalement débarqué sur le territoire en tant que RP… Pour la suite des aventures ce sera dans une prochaine chronique !
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