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Comment fabriquer l'exclusion sociale

Lorsque le DSM* a enlevé l’homosexualité de la liste des troubles mentaux, il paraît que le sociologue Norbert Elias a eu un commentaire fort pertinent, du genre : « ils viennent de guérir des millions de personnes d’un seul coup ! ».


En ne considérant plus cette orientation sexuelle comme une pathologie, ce sont en effet bien des personnes que la communauté médicale a sorti de l’exclusion sociale en en faisant des gens « normaux » et « en santé ». Certes, il ne suffit pas de décréter sa fin pour que la stigmatisation, quotidienne et sans frontières, cesse d’exister comme par un simple coup de baguette magique. Mais le temps aidant, les mentalités changent doucement. Et ce changement dans l’opinion publique est révélateur : il montre que le handicap ou le stigmate – qu’il soit physique, intellectuel, moral, sexuel ou culturel – n’est pas tant une question de nature de l’individu que de regard social posé sur lui.


Je ne dis pas que l’homosexualité, en tant qu’état psychologique et physiologique, n’existe pas : je dis seulement que l’homosexualité, en tant que jugement social, n’est fondé sur aucun trait intrinsèque ou caractéristique propre que la personne homosexuelle serait supposée avoir en elle. La petite nuance qui fait toute la différence entre la stigmatisation et l’acceptation. Et en convenant que la communauté homosexuelle n’est pas masochiste au point de s’auto-flageller, il faut bien admettre que ce sont des non-homosexuels à l’origine de ce jugement social. Autrement dit, si on tient réellement à se demander qu’est-ce qui fait qu’un homosexuel est homosexuel, ce n’est pas seulement vers les homosexuels qu’il faut se tourner mais vers ceux qui sont suffisamment dominants dans l’espace social au point de pouvoir imposer leur représentations de ce que devrait être une « bonne » orientation sexuelle. Ça, ça veut peut-être dire que si vous êtes convaincus – comme moi – que chacun a le droit de choisir librement son orientation sexuelle, ce n’est pas tant que vous êtes ouverts d’esprit que parce que, à un moment donné, quelqu’un a probablement réussi à ce que s’impose en vous cette représentation de l’orientation sexuelle spécifique.


J’utilise l’exemple de l’homosexualité pour illustrer l’idée que n’importe quel groupe social, en fonction des moyens à sa disposition, peut très bien les exploiter pour imposer ses représentations sur une foule de choses en fonction de ses intérêts pour des raisons idéologiques, politique, culturel, religieuse ou encore économique. Ainsi, quand Trudeau a lancé sa politique du multiculturalisme dans les années 60, il a habilement utilisé les ressources disponibles et les circonstances d’alors pour imposer sa représentation de ce que devrait être désormais l’intégration culturelle au Canada. Une nouvelle norme qui a automatiquement conduit à accentuer la marginalisation des cultures autochtone et québécoise : la première en lui déniant définitivement ses droits d’ancienneté et la seconde en la stigmatisant dans sa volonté identitaire. Quasiment du jour au lendemain, la société québécoise s’est réveillée avec l’étiquette de culture arriérée, passéiste et repliée sur elle-même face à la nouvelle règle : ouverture au monde, mosaïque culturelle, pluralité, diversité. L’effort légitime de reconnaissance identitaire s’est soudainement transformé en combat dépassé, absurde et débilitant. Les fausses victimes de Joseph Facal valent le détour à ce sujet. Et tout cela, sans même avoir fait quoi que ce soit, soi-même, pour se retrouver avec cette étiquette : hier, tu étais normal, aujourd’hui, tu te réveilles anormal.


Le cercle vicieux suit peu après : le temps aidant, la vision du multiculturalisme s’installe tranquillement, les mentalités changent doucement et, par effet de contraste, la perception d’une culture québécoise passéiste et xénophobe s’impose suffisamment pour que quelqu’un, quelque part, finisse alors par poser la question : pourquoi la culture québécoise est donc si passéiste et xénophobe ? À ce moment précis – tout comme pour le cas des homosexuels plus haut – le glissement est consommé : on est passé d’une culture jugée extérieurement passéiste à une culture qui est intérieurement passéiste. De là, accepter de chercher une réponse à la question posée précédemment, c’est accepter du même coup que son postulat de départ est juste (c’est-à-dire que la culture québécoise est passéiste). À partir de là, on aura compris que tout travail subséquent de recherche d’une réponse honnête est condamné, en partant, à aller nulle part car reposant sur de fausses bases. Ainsi, quand une commission publique se penche, au Québec, sur le dossier des accommodements raisonnables, certains y verront assurément la preuve irréfutable d’une société rongée sur le plan identitaire plutôt qu’une société s’assumant suffisamment au point de pouvoir en parler sur la place publique.


De là, on peut prendre le même raisonnement et – toutes choses restant égales par ailleurs – le transposer à n’importe quel autre groupe dit socialement déviant, marginalisé, exclu, etc. Bien sûr, la culture québécoise, en tant que culture dominante au Québec, crée ses propres groupes stigmatisés dans son propre espace social : le jour où la Loi 101 est officiellement entrée en vigueur, bien des immigrants se sont retrouvés, sans le savoir, avec une nouvelle étiquette dans le dos. Ensuite, c’est une question d’échelle d’analyse : le rouleau compresseur culturel états-uniens est assez efficace aussi dans le genre, au niveau mondial. Tout comme le multiculturalisme au niveau canadien. Cependant, la différence est que si le Québec stigmatise ses immigrants d’une certaine façon avec la loi 101 (stigmatisation à relativiser cependant : aucune obligation n’est faite à quiconque d’immigrer au Québec …), je doute fortement que cela conduise à l’assimilation, voire à la disparition pure et simple à terme de ces immigrants. Parce que si l’immigrant est certes sur l’ilôt du Québec, l’océan environnant est anglophone. Ainsi, je ne suis pas convaincu que la distinction culturelle québécoise tiendrait longtemps s’il n’y avait pas quelques garde-fous ici et là, comme la Loi 101. Différence d’échelle, conséquences différentes.


Évidemment, imposer ses représentations à autrui n’a pas que des conséquences négatives. Ça peut être très positif : si des gens ne s’étaient pas battus au travers de l’Histoire pour changer certaines visions du monde, l’apartheid relèverait probablement encore de la normalité par exemple. Ceci dit, il faut garder à l’esprit que ce que moi j’appelle positif – la fin de l’apartheid par exemple – n’était qu’une option parmi toutes celles disponibles et il s’avère que c’est celle que l’Histoire a décidé de retenir. Et moi, je suis tout simplement né au « bon moment ». En d’autres termes, la fin de l’apartheid n’était ni inéluctable ni le triomphe de la Justice et encore moins l’expression d’une quelconque Vérité Absolue mais tout bêtement la victoire d’une représentation sociale sur d’autres.


Continuer à penser le contraire, c’est-à-dire que l’apartheid était condamné à disparaître « au nom de l’Humanité », c’est faire preuve d’un évolutionnisme latent. C’est-à-dire admettre qu’il existe un projet de société plus ou moins idéale (paix, amour, harmonie, égalité etc.). Et le problème quand on insère la variable de l’idéal dans toute équation réflexive, c’est que ça fixe automatiquement une gradation : du moins bon vers le bon, du pire vers le meilleur, sous-entendant que toute culture doit nécessairement évoluer vers une sorte d’idéal. Adhérer à cela, c’est croire qu’il est donc possible – et même souhaitable – de hiérarchiser les cultures entre elles. Ce qui est assez ironique lorsqu’on prône une société idéale où, par exemple, toutes les cultures seraient égales entre elles. Mais plus que l’ironie, c’est assez dangereux : ça fait un terreau fertile pour y faire pousser de belles idéologies.


La récente affaire de la loi afghane permettant aux maris d’obliger leurs femmes à avoir des rapports sexuels avec eux est intéressante à ce sujet : sur le fond, je partage le tollé qui s’est soulevé contre cette loi. Mais j’ai trouvé encore plus intéressante la réponse de l’ambassadeur afghan à Ottawa : « ça fait partie d’une jeune démocratie en voie de développement ». On ne peut pas juger objectivement de la qualité des efforts que produit l’Afghanistan depuis quelques années seulement à l’apprentissage de la démocratie avec nos yeux de démocratie plusieurs fois centenaires. Il ne s’agit pas ici de juger mais de comprendre.


Il ne s’agit pas non plus de renoncer à ses idéaux, loin de là. Je pense qu’il s’agit seulement de rester le plus vigilant possible sur la cohérence et la solidité de nos bases de réflexion à partir desquelles nous pensons, c’est-à-dire jugeons, décidons et agissons ensuite. Et si nous revenons dans le monde réel en laissant le projet de société idéale aux doux rêveurs, on peut alors se demander quelle serait notre véritable perception de la culture québécoise s’il n’y avait pas eu une norme extérieure pour nous dire comment la percevoir.


* Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (en anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders)


5725 lectures | 10 commentaires affichés sur 133 au total | Lire les autres commentaires

posté par Câlissss, le 24-04-2009 à 14:49
Citation (jimmy @ 23-04-2009 à 21:53) voir le message d'origine
Incroyable ce mépris n'est-ce pas ? mad.gif
Quand est-ce que tu décrisses a Toronto pour aller mépriser les anglais a leur tour ? mad.gif

jimmy


Ben oui, toit t'es parfait, tes enfants sont parfaits (ont-ils le choix lol), tes compatriotes sont parfaits et super heureux. Malheureusement, ya les osties d'immigrés dans les parages qui gâchent tout. Tout est de leur faute.
Pour m'en remettre, m'en vais fumer du pot tiens...
posté par Câlissss, le 24-04-2009 à 14:47
Citation (kobico @ 23-04-2009 à 21:35) voir le message d'origine
Ce n'est pas mon complexe d'infériorité qui est à l'oeuvre mais ton propre chauvinisme.

C'est vrai que cela ne vaut pas la peine de discuter avec toi.

Je te laisse sur cette vaste enquête menée par le gouvernement français sur la vision actuelle et future de la France. Dans les constats actuels, les Français déclarent moins de bonheur et de satisfaction que la plupart des Européens ICI , les Français se distinguent par un faible niveau de confiance en l'avenir:ICI
....et pour finir, sur la déprime généralisée en France:ICI

Je te laisse à tes savantes réflexions smile.gif


Ben voyons donc... Bref, m'en retourne peinturer chez mon québécois de locataire.
Rien à ajouter en fait, continuons à faire plaisir à tout le monde, à niveler par le bas et surtout, surtout, à interpréter les propos de tout un chacun de façon à ce qu'on ne soit pas soi-même coupable de quoi que ce soit. Ahahahah... bad.gif
posté par diallo, le 24-04-2009 à 04:57
Citation (Kweli @ 24-04-2009 à 4:26) voir le message d'origine
Citation (tohonu @ 23-04-2009 à 17:03) voir le message d'origine
Citation (Kweli @ 23-04-2009 à 21:22) voir le message d'origine
Les deux, Canada et Québec, auraient aussi trouvé beaucoup de point communs en ce qui concerne le grand Nord.


Justement en parlant prise de position: quelle est la position du Québec concernant le Grand nord ? je n'arrive plus à retrouver trace de cette lecture mais j'avais cru comprendre qu'en cas d'indépendance totale le Québec n'aurait pas continué de soutenir financièrement ce qui se trouve au nord de Kuujjuaq. Des précisions sur ce point ou c'est un délir de ma part ?


Depuis ta lecture, la situation a bien changé. Il y a eu le réchauffement climatique, le potentiel du grand Nord s'est révélé (voie maritime, mines, etc.). Maintenant, il n'est plus question de laisser tomber le grand Nord. Le Québec a un plan pour le grand Nord, le Canada itou, ainsi que d'autres puissances dont les USA et la Russie. Toute une chicane!


Vraiment triste notre monde n'est ce pas? Tout est question de $$$. A croire que le malheur de certaines parties du monde c'est de regorger de richesses naturelles sad.gif . Ce qui fait le plus flipper c'est qu'il y a un réel risque de conflit pour cette partie du globe. Si entre temps le Québec prenait son indépendance ce sera un autre protagoniste de plus et la chicane sera encore plus belle laugh.gif Mais bon je me dis que c'est cette course aux ressources naturelles qui risque de venir à bout de notre espèce.

Pour revenir à la chronique d'O'HANA, elle est super bien écrite comme d'habitude mais je trouve que la majorité des québécois est dépolitisée. Les politiques qui portent le projet de nation ne le font pas suffisamment bien pour intéresser un maximum de gens si non je ne comprends pas que le Québec soit dirigé depuis 7 ans par charest et ses libéraux.
posté par Kweli, le 24-04-2009 à 04:50
Citation (tohonu @ 23-04-2009 à 17:24) voir le message d'origine
Kweli, je suis comme Da23ad: besoin de plus de précision sur ce que peut faire le Québec seul en tant que'éventuel futur pays. Se dire "on va à l'indépendance et on voit après ..." je ne suis pas pour. Le Québec a des atouts dans la main car le pays est présent dans beaucoup d'O.I. ou assimilés.


Ce que le Québec peut faire seul? Ce que font les autres pays indépendants, j'imagine. Plus de la moitié des pays indépendants dans le monde ont moins de richesses que le Québec et encore moins de gens intelligents pour les gérer. Le problème est que justement, une image de "on fait l'indépendance et on verra après" colle à la peau des souverainistes, alors qu'elle n'est pas vraie. C'est vrai que certains ont l'air fou plus souvent qu'à leur tour, mais il y a aussi des gens redoutablement intelligents parmi eux. Facal est un bon exemple de gens qui ont une vraie vision.

Citation
Le Québec doit déjà résoudre ses contradictions internes, ses oppositions, avant de penser à son indépendance.


Ah, oui? Si cette condition s'appliquait à tous les pays du monde, nombreux seraient ceux qui perdraient leur indépendance. La France devrait régler ses conflits avec la Corse et ses DOM-TOM. La Belgique devrait régler les différents Wallons-Flamands. L'Algérie devrait s'entendre avec les Kabyles et le Sénégal, mettre fin au conflit avec la Casamance. Là, je te parle des pays pacifiques. Si j'ajoute les pays en guerre, alors ...

Citation
Si cela devait se passer maintenant, quid de la partie qui ne voulait pas de cette indépendance ? les rejeter ? les exclure ? retracer les frontières du Québec en fonction des résultats afin d'avoir un pays uniquement composé de citoyens partageant culture + identité + langue + vision politique ? exclusion encore ....


La question est très pertinente. Le Québec est une vraie mosaïque: fédéralistes, souverainistes, anglophones, francophones, autochtones 9surtout au nord), immigrants venant de partout. C'est ce qui complique d'ailleurs la question de sa souveraineté: les points de vue divergents. Si le Québec devenait indépendant, il ne serait pas le premier État à gérer des identités multiples. D'autres pays le font. Le défi serait que chacun y trouve son compte. J'imagine que l'idéal serait d'avoir un projet de société qui donne une place juste à chacune des composantes de la mosaïque. Mais ce projet, on l'attend toujours.

posté par Kweli, le 24-04-2009 à 04:26
Citation (tohonu @ 23-04-2009 à 17:03) voir le message d'origine
Citation (Kweli @ 23-04-2009 à 21:22) voir le message d'origine
Les deux, Canada et Québec, auraient aussi trouvé beaucoup de point communs en ce qui concerne le grand Nord.


Justement en parlant prise de position: quelle est la position du Québec concernant le Grand nord ? je n'arrive plus à retrouver trace de cette lecture mais j'avais cru comprendre qu'en cas d'indépendance totale le Québec n'aurait pas continué de soutenir financièrement ce qui se trouve au nord de Kuujjuaq. Des précisions sur ce point ou c'est un délir de ma part ?


Depuis ta lecture, la situation a bien changé. Il y a eu le réchauffement climatique, le potentiel du grand Nord s'est révélé (voie maritime, mines, etc.). Maintenant, il n'est plus question de laisser tomber le grand Nord. Le Québec a un plan pour le grand Nord, le Canada itou, ainsi que d'autres puissances dont les USA et la Russie. Toute une chicane!
posté par kobico, le 24-04-2009 à 03:13
Citation (jimmy @ 23-04-2009 à 21:53) voir le message d'origine
Incroyable ce mépris n'est-ce pas ? mad.gif
Quand est-ce que tu décrisses a Toronto pour aller mépriser les anglais a leur tour ? mad.gif

jimmy


Le racisme est une manière de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même
- Robert Sabatier (Extrait de Le Livre de la déraison souriante)

Le serpent qui se mord la queue.... wacko.gif
posté par jimmy, le 24-04-2009 à 02:53Caliss:
Citation
Je n'ai pas parlé de "bienfaits supérieurs" blink.gif
Marre de votre complexe d'infériorité...
La France a des acquis sociaux indéniables par rapport au Québec et la France ne pense pas avoir quoi que ce soit à prouver à qui que ce soit wink.gif
Pour le taux de syndicalisation, laisse-moi rire! La syndicalisation ici n'a rien à voir avec celle pratiquée ici lol
Ici, ton poste est syndiqué, tu dois l'être. Ici, tu fais une grève, tu te fais bitcher de tous les côtés woooowwwwwwww
En tous cas, bien contente de ne jamais avoir été OBLIGEE de me syndiquer. Désolée de te dire que vos syndicats sont nuls. Pensé sincèrement sans arrière pensée (c'est un fait quoi).

Pour ce qui est de votre façon de faire, j'attends encore de voir quel combat vous êtes capable de gagner.
Je ne connais pas de révolutions faciles. Aux mieux, on la réussit avec des cris de joie et des larmes. Malheureusement, on vit dans une société neutre, plate. Les gens ne crient pas mais ne s'embrassent pas non plus...

Je crois sincèrement qu'il y a beaucoup plus de malheureux ici qu'en France. Oui, en France, les gens s'expriment donc quand ça gueule, ça fait du bruit, quand ça baise, les bâtiments étant bien insonorisés, personne n'entend rien. ça ne veut pas dire pour autant que le plus visible soit "le vrai".
Oui, depuis que je suis ici, j'observe les gens autour de moi. Personne n'a une vie simple finalement : il y a les "pauvres"(ceux qui cumulent deux jobs, ne joignent pas les deux bouts et s'endettent avec les cartes de crédit), les drogués (alcool, médicaments, drogue), les "féministes" (la plupart du temps seules et pour cause...sinon en couple mais aucune complicité...et pour cause, bref, ces dernières seront aussi seules un jour quoi) puis ya les autres. OUffffff
Je n'ai jamais vu autant de drogués de ma vie (j'ai habité 6 ans Paris XIVe). Trouver du pot, de la cocaïne ou ce que tu veux, même moi je t'en trouve, y a pas comme un problème là?
Non, je ne trouve pas les gens heureux ici. Y en a bien sûr, y a des "familles" saines mais que de gâchis autour!
Selon moi, le "Québec" n'en est pas la cause, il y a aussi l'éloignement géographique qui n'aide pas les gens à se mélanger et donc socialisé, le climat bien sûr aussi. Bref, là, je m'éloigne du sujet, déformation professionnelle sans doute.

Incroyable ce mépris n'est-ce pas ? mad.gif
Quand est-ce que tu décrisses a Toronto pour aller mépriser les anglais a leur tour ? mad.gif

jimmy
posté par kobico, le 24-04-2009 à 02:35Ce n'est pas mon complexe d'infériorité qui est à l'oeuvre mais ton propre chauvinisme.

C'est vrai que cela ne vaut pas la peine de discuter avec toi.

Je te laisse sur cette vaste enquête menée par le gouvernement français sur la vision actuelle et future de la France. Dans les constats actuels, les Français déclarent moins de bonheur et de satisfaction que la plupart des Européens ICI , les Français se distinguent par un faible niveau de confiance en l'avenir:ICI
....et pour finir, sur la déprime généralisée en France:ICI

Je te laisse à tes savantes réflexions smile.gif
posté par Câlissss, le 24-04-2009 à 01:44
Citation (kobico @ 23-04-2009 à 15:21) voir le message d'origine
Citation (Câlissss @ 23-04-2009 à 14:47) voir le message d'origine
Non, le "certains", je l'ai plutôt pris comme : ben ça dépend si la personne est sympa, si je ne suis pas dans mes jours de flegme, que la revendication c'est pas montruc. C'est une grande différence ça la revendication. Culturellement, le français, on ne lui passe pas certaines choses, ici, on laisse couler pour éviter les vagues.
C'est reposant (je suis une ancienne syndicaliste) mais je ne vois pas passer ma vie sans convictions wink.gif
Il faut se battre, tout à un prix malheureusement, les québécois ne sont pas prêts à ça et les immigrés ne sont pas là pour ça. C'est le serpent qui se mord la queue quoi..


Alors, j'ai fait erreur de penser que c'était ton racisme primaire envers les Québécois. Cependant, je me questionne sur ton jugement culturel différencié et les bienfaits supérieurs de la manière française comme tu la mentionnes. Est-ce que cela va mieux en France? Êtes-vous plus heureux?

Crois-tu vraiment que les Québécois manquent de conviction (en passant, nous avons le plus haut taux de syndicalisation en Amérique du Nord) pour avoir parcouru tout le chemin qui est nôtre?

Tu as raison, notre façon de faire est différente moins bonne? moins efficace? Je ne sais pas...



Je n'ai pas parlé de "bienfaits supérieurs" blink.gif
Marre de votre complexe d'infériorité...
La France a des acquis sociaux indéniables par rapport au Québec et la France ne pense pas avoir quoi que ce soit à prouver à qui que ce soit wink.gif
Pour le taux de syndicalisation, laisse-moi rire! La syndicalisation ici n'a rien à voir avec celle pratiquée ici lol
Ici, ton poste est syndiqué, tu dois l'être. Ici, tu fais une grève, tu te fais bitcher de tous les côtés woooowwwwwwww
En tous cas, bien contente de ne jamais avoir été OBLIGEE de me syndiquer. Désolée de te dire que vos syndicats sont nuls. Pensé sincèrement sans arrière pensée (c'est un fait quoi).

Pour ce qui est de votre façon de faire, j'attends encore de voir quel combat vous êtes capable de gagner.
Je ne connais pas de révolutions faciles. Aux mieux, on la réussit avec des cris de joie et des larmes. Malheureusement, on vit dans une société neutre, plate. Les gens ne crient pas mais ne s'embrassent pas non plus...

Je crois sincèrement qu'il y a beaucoup plus de malheureux ici qu'en France. Oui, en France, les gens s'expriment donc quand ça gueule, ça fait du bruit, quand ça baise, les bâtiments étant bien insonorisés, personne n'entend rien. ça ne veut pas dire pour autant que le plus visible soit "le vrai".
Oui, depuis que je suis ici, j'observe les gens autour de moi. Personne n'a une vie simple finalement : il y a les "pauvres"(ceux qui cumulent deux jobs, ne joignent pas les deux bouts et s'endettent avec les cartes de crédit), les drogués (alcool, médicaments, drogue), les "féministes" (la plupart du temps seules et pour cause...sinon en couple mais aucune complicité...et pour cause, bref, ces dernières seront aussi seules un jour quoi) puis ya les autres. OUffffff
Je n'ai jamais vu autant de drogués de ma vie (j'ai habité 6 ans Paris XIVe). Trouver du pot, de la cocaïne ou ce que tu veux, même moi je t'en trouve, y a pas comme un problème là?
Non, je ne trouve pas les gens heureux ici. Y en a bien sûr, y a des "familles" saines mais que de gâchis autour!
Selon moi, le "Québec" n'en est pas la cause, il y a aussi l'éloignement géographique qui n'aide pas les gens à se mélanger et donc socialisé, le climat bien sûr aussi. Bref, là, je m'éloigne du sujet, déformation professionnelle sans doute.
posté par kobico, le 24-04-2009 à 01:42
Citation (jimmy @ 23-04-2009 à 18:52) voir le message d'origine
Citation
Citation (Kweli @ 23-04-2009 à 21:22) *
C'est exactement ce que je voulais t'expliquer: le projet dépasse de loin la défense de la culture. C'est un peuple qui désire décider de son destin. Aussi bien sur le plan de la culture que sur celui des finances, des relations étrangères et de tous les domaines de la vie publique. Oui, le Québec est condamné à être entouré d'Américains. Mais s'il est capable de décider lui-même les paramètres de cette relation, c'est un plus. S'il est capable de passer ses lois et de ne pas les voir abolies par Ottawa, c'est aussi un plus.

Pour l'instant, le destin du Québec est imbriqué avec celui d'autres provinces et ultimement, celui du Canada. Il y a donc des décisions qui lui tombent sur la tête, alors qu'elles ne sont pas dans son intérêt ni dans ses priorités.

Quelques exemples? Si le Québec était autonome, je crois que le Canada serait parti tout seul en Afghanistan. Le Canada aurait saboté toutes les négo sur l'environnement dans l'intérêt des Albertains, mais le Québec aurait certainement fait avancer les choses (quitte à les appliquer moyennement mais bon). Les deux, Canada et Québec, auraient aussi trouvé beaucoup de point communs en ce qui concerne le grand Nord. Tu vois? C'est plus un peuple qui veut pouvoir mener son destin qu'une simple défense de la culture.

KWELI FOR PRESIDENT OF QUEBEC wub.gif

jimmy



Je seconde! good.gif

Et je rajoute que ce n'est pas un projet de société contre le Canada ou les immigrants ou qui que ce soit...

C'est le discours idéologique et démagogique du Canada anglais de laisser croire que le nationalisme québécois est de droite et xénophobe. Nous ne sommes pas parfaits mais certainement pas plus racistes que l'ensemble des Canadiens.

Un exemple parmi d'autres du travail de sape et de suggestibilité de l'opinion publique...



Pour ceux qui ignorent: le sigle bleu et vert est celui du PQ, un parti souverainiste.

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