Au revoir ! Ben voilà, on...

Flying-Antoine

Au revoir !

Ben voilà, on y est, ceci est ma dernière chronique. Pour un au-revoir...
Non pas que j'en aie assez d'en écrire, non, c'est simplement que je ne me sens plus vraiment concerné par la problématique de l'immigration.

En effet, je vis au Québec depuis maintenant 2 ans et _ (ça fera 3 ans début mai prochain), et ce qui au début relevait de la découverte, de l'excitation, de le nouveauté, etc. Fait tout simplement partie désormais de mon quotidien. De la trame de tous les jours.
Bien sûr, il existe encore, heureusement, de nombreux sujets sur lesquels je pourrais écrire, mais mon regard a changé, il a peut-être un peu perdu de sa naïveté... Et puis, au quotidien, j'éprouve de plus en plus de difficulté à trouver le temps nécessaire.

Alors je passe la main, place aux nouveaux arrivants, ceux dont la plume les démange !
Je tiens à remercier Laurent & Laurence, les courageux créateurs de ce merveilleux site qu'est Immigrer.com, pour l'espace et la liberté qu'ils m'ont donné durant près de 2 ans. Je remercie également les autres chroniqueurs, que je connais bien maintenant ; en particulier RedFlag pour ses chroniques inimitables qui m'ont donné, à moi aussi, le goût de me lancer dans l'aventure.
Merci aussi à tous les intervenants du forum, pour leur ouverture, leur disponibilité, leur sens du service. Je continuerai moi aussi, bien entendu à intervenir de temps à autres.

A+ !

Les dîplomés des grandes écoles...

Flying-Antoine

Les diplômés des grandes écoles...

L'autre jour, une journaliste de « Courrier Cadres » (France) m'a appelé pour m'interviewer.
À propos de quoi ? À propos de l'emploi des cadres au Québec, et en particulier des jeunes cadres immigrants, tout frais émoulus de leurs (Grandes) Écoles de Commerce.

Car, dans la grande course au Job, tout le monde ne part pas sur le même pied d'égalité. Et les jeunes diplomés ne sont pas forcément mieux lotis que les autres...
Pourquoi ? Parce que les « Grandes Écoles de Commerce » transmettent aux étudiants, certes ce qu'il y a de mieux dans la société française, mais aussi ce qu'il y a de pire. J'ai nommé une certaine conception élitiste, donc déformée, de la France (avec tout ce que cela recouvre) VS le Monde.

Ces derniers mois, dans le cadre de mon activité de « développeur d'affaires », j'ai eu la chance de rencontrer une bonne soixantaine de recruteurs québecois ; certains m'ont entre autres transmis la perception qu'ils ont des candidats immigrants français. Ce qu'ils disent ? En gros, que les français sont bien perçus, sauf quand ils sortent, grosse tête à la clé, de ces écoles qui forment « l'élite ».
Ces candidats-là se caractérisent par une fâcheuse tendance à l'égocentrisme, à tout se croire dû, à faire preuve d'un manque de souplesse plutôt gênant dans le cadre d'un pays nouveau, forcément très différent.
Ce qu'ils recherchent, ces employeurs québécois, c'est l'immigrant qui démontre une vraie expérience concrète sur le terrain, le candidat qui a fait, qui a résolu, qui a agi.
Par contre, malheur à celui qui se contente d'exhiber son beau papier : Il n'a ici pratiquement aucune valeur...

Selon moi, et selon ce que j'ai pu recueillir depuis que je suis arrivé, il y a plus de deux ans et demi, l'immigrant-type-qui-va-réussir a une tête de couteau suisse, avec en bonus des lames à géométrie variables, capable de scier sans broncher l'acier le plus dur.
L'immigrant sur-diplômé, sous-expérimenté, qui lui a plutôt une allure d'outil spécialisé, risque davantage de se casser le nez sur les aléas de l'immigration : un rythme et des changements échevelés au moins durant les deux premières années. Et probablement un premier job bien en deça de ce qu'il a pu laisser en France. Dur pour l'Ego.

En l'occurence, ma conjointe et moi, je le pense, étions dès le début bien armés pour immigrer.
Mon CV consistait surtout en expérience, qui plus est en expérience en entreprepreneuriat. Pas pire pour mettre le pied en Amérique du Nord !
Quant à Isabelle, qui est psychologue, elle avait tout à gagner en venant vivre ici. Psychologue en France ?? No future : Pratique privée = Crouler sous les impôts et charges // Pratique publique = Fonctionnaire = Beurk.

Un peu simpliste mon raisonnement ? Sans doute. Mais pas mal vrai à mon avis.
Mais des diplômés de grandes écoles de commerce, j'en ai fréquenté quelques uns, et sincèrement je les vois très mal quitter leur vieux pays. D'ailleurs aucun de ceux que je connais ne nous a suivi dans notre émigration. Des dinosaures ? Peut-être...

Retour à Val d'Or Val...

Flying-Antoine

Retour à Val d'Or

Val d'Or (500 km au nord-ouest de Montréal, en Abitibi), c'est ma première ville d'adoption du Québec, là où nous avons, ma conjointe et moi, coulé quelques mois heureux, entre les lacs, le bois, et les mines d'or !

C'est là que nous avons découvert un autre Québec, tellement différent de celui de Montréal, un Québec où l'on chasse forcément tous les automnes, où les après-midi d'hiver se passent en famille à pratiquer la pêche blanche au coin d'un poële de fortune, et où l'on s'épuise, durant les chaudes journées de juin, à fuir les maringouins !

Nous étions cependant retournés à Montréal, fin juillet 2002.
Pourquoi ? Parce qu'Isabelle avait perdu sa job, et que le chômage en région éloignée, ben ça a tendance parfois à s'éterniser.
De mon côté, j'y avais « parti ma business », et ça allait bien ; sauf qu'au bout de deux ou trois mois, j'avais appelé pratiquement tout le monde. Plutôt plate quand on ne rêve que développement, équipe, etc....
Malgré la qualité de vie extraordinaire qui nous attendait là-bas, nous sommes revenus « à la ville » parce que nous n'avons pas supporté cet isolement, cette sensation de vivre au bout du monde, ce vase-clos où tout le monde, fatalement, se connaît.

Mais nous y sommes retournés, le temps d'une fin de semaine, pour le plaisir, pour y revoir les quelques bons amis que nous nous y étions faits. Pour rencontrer aussi, enfin, le locataire qui nous loue notre maison au bord de l'eau (et oui) depuis près d'un an.

Un bref portrait :
Val d'Or est une ville aujourd'hui en souffrance.
C'est pourtant une ville jeune, qui n'a été fondée que dans les années vingt, et qui traditionnellement n'a pratiquement vécu (très très bien d'ailleurs, jusqu'à il y a peu) que de l'Or et du Bois.
Dans les années quatre-vingt, c'était l'opulence. Parmi les gens de commerce, cette ville était réputée comme ayant le plus fort taux de flambeurs au kilomètre-carré. Le moindre mineur, même débutant, gagnait entre 50 000 et 70 000$. De quoi s'offrir la belle maison, le gros camion (pick-up), le ski-doo, etc. De quoi s'endetter méchamment, aussi. Surtout quand on manque d'éducation (pas besoin d'aller au CEGEP pour devenir mineur)

Et puis le cours de l'or, dès le milieu des années quatre-vingt-dix, s'est mis à chuter, inexorablement. Les mines, autrefois très prospères, ont vu leur rentabilité s'effriter, puis s'effondrer. Il a fallu couper dans les dépenses. Mettre à pied.
Aujourd'hui Val d'Or pâtit d'un taux de chomage élevé. Les anciens mineurs, autrefois grassement payés, ne parviennent plus à payer leurs mensualités, à honorer leurs dettes.
Et ce n'est pas les jobines à $7.45 / heure qui pourront les aider.... Beaucoup rendent tout simplement leur maison à la banque....
Le cours de l'or, pourtant, est actuellement très haut. Mais les compagnies minières ont apparemment appris, durant la crise, à se passer de personnel. Oui le cours remonte, mais ce n'est pas pour autant qu'on réembauche. Pas encore en tout cas.
Enfin, comme la plupart des régions, Val d'Or souffre d'un exode des jeunes vers les grandes villes. Ceux qui restent n'ont pas beaucoup de perspectives d'avenir, plusieurs connaissent des problèmes de toxicomanie. Malgré l'éloignement, il n'est pas difficile de trouver de la drogue à Val d'Or.

Mais nous avons passé une très bonne fin de semaine à Val d'Or. Le silence, le soir, y est d'Or ;))
Et les amis que nous nous y sommes faits sont durables.
Notre maison est encore debout (heureusement) et nous nous promettons, dans les années qui viennent, d'y passer nos étés (en juillet et août les maringouins se calment). Après tout, c'est là qu'a été conçue Juliette, c'est là que « veut, veut pas », elle a ses racines.






Réseautons dans la joie !!! Chaque...

Flying-Antoine

Réseautons dans la joie !!!

Chaque jeudi, dans l'aube froide et de plus en plus sombre à mesure que s'approche l'hiver, je me lève à 05h30.
Mazochisme ? Non, Réseautage !!

Car, comme tout bon T.A. (Travailleur Autonome) qui se respecte, et qui veut développer ses affaires, je me livre aux joies du Réseautage.
C'est quoi le principe ?? En gros, ce sont des professionnels, souvent indépendants, de domaines d'activité variés, qui se rencontrent afin d'échanger cartes d'affaires (ici on ne dit pas cartes de visite) et références.
Cela peut être plus ou moins formel, plus ou moins régulier, plus ou moins coûteux.
Mais c'est une activité qui fonctionne, qui rapporte, et qui constitue ici en Amérique du Nord un véritable art de vivre – de vivre son business.

Le « Networking » est un outil marketing à part entière, tout comme l'est la publicité, la prospection, les mailings, etc.... Il faut savoir en tirer le meilleur parti, en développant des « soft-skills » spécifiques relevant de la communication verbale, de l'écoute, de l'intelligence émotionnelle (oubliez le QI, c'est has-been)
Certains sont donc de très bons « networkers », impossible de les rater dans les breakfast ; ils savent écouter et s'exprimer avec aisance, tous les sens en éveil, sans pour autant renverser leur café sur leur beau costume ou se graisser les doigts avec leur croissant. Et puis il leur faut moins de 5 secondes pour dégainer leur magnifique carte en bristol satiné.
D'autres, planqués au fond de la salle, les mains crispées sur leur chère documentation-papier (ici on ne dit pas « plaquette »), ont visiblement quelques blocages à dépasser.....

Moi, je fais partie depuis maintenant un mois d'un réseau privé appelé B.N.I., pour Business Network International - « Chapitre » de Westmount, 17 membres.
Ce qui caractérise B.N.I ?? Une sorte d'obligation de réciprocité. Oui, tu es là pour chercher et obtenir des « leads » (des tuyaux, des références : appelle machin de ma part, etc....) ; mais tu as l'obligation d'en donner aussi aux autres, sous peine d'exclusion à plus ou moins brève échéance....
En résumé, ça rigole pas (enfin, si quand même parfois et heureusement) ; mais on est tous là pour le business, pas vrai ?

Les réunions se déroulent donc selon un plan très précis. Tout le monde a 60 secondes pour présenter son business et les contacts recherchés ; il y a un temps réservé également à une mini-conférence, ce qui permet à un membre d'exposer plus largement son offre.
Les références sont soigneusement comptabilisées (et même les dollars qui en découlent à terme !) via des formulaires ad-hoc, et on est tous chaudement encouragés à se rencontrer en dehors des réunions pour mieux se connaître (et donc mieux se référer), et à inviter autant que faire se peut d'autres « gens d"affaires » qui seront intéressés à faire connaître leurs services ....tout comme nous serons intéressés à leur faire connaître les nôtres. You see what I mean....

Déjà, j'en récolte les fruits. Qui joue le jeu y gagne : Savoir donner pour mieux recevoir.
Et puis, enfin, pour finir, cela crée une dynamique très précieuse quand on est seul en affaires. On sort de son isolement, et le groupe me « booste » du feu de Dieu !!!

Le Réseautage ?? Que du bonheur !! (ouais mais ostie que c'est tôt....)




Au secours l'hiver -économique- revient...

Flying-Antoine

Au secours l'hiver -économique- revient !

Enfin, pour moi ce n'est pas un problème. J'aime beaucoup, au petit matin, dans les rues encore vides, sentir l'air glacé me fouetter le sang. Par contre, se lever l'été pour suer dans une chaleur humide oppressante, bof bof.
Alors donc, on y est, c'est l'automne, et bientôt l'hiver. Il y a ceux qui supportent, et ceux qui ne supportent pas, ou qui ne supportent plus.
Le jeu actuellement consiste à parier sur la date de la première chute de neige ; personnellement je mise sur le 15 novembre, on verra bien.
En attendant, place au mythe de « l"été indien », avec sa courte chaleur hors-saison, et ses ramures flamboyantes. On a tous vu des photos de ces forêts, incendiées par le soleil sous un ciel bleu céruléen. C'est vrai que c'est magnifique. Encore faut-il, pour en profiter pleinement, sortir de la ville, gagner les Laurentides ou les Cantons de l'est.

Je dois avouer qu'en ce moment je n'ai pas trop le coeur à m'extasier sur les merveilles saisonnières de la nature. Je suis à fond dans mon boulot, plusieurs rendez-vous par jour, des soumissions, des rencontres, du réseautage. Beaucoup de téléphone.
Que du bonheur – d'entrepreneur !

Mais ne nous voilons pas la face : Montréal, en ce moment, va moins bien que l'année dernière (qui fut, il faut le dire, une année record à tous les niveaux).
En un an le taux de chômage a atteint 11% (août 2003, Statistiques Canada, 8,4 pour l'ensemble du Québec, 7,6 Ontario et 8,3 pour l'ensemble du Canada) ; la grande région de Montréal a perdu, toujours en un an, près de 50 000 emplois. Toronto, un bref moment seconde au classement des grandes cités canadiennes, a retrouvé – malgré le SRAS, malgré la Vache Folle - la place de leader qu'elle occupe depuis maintenant plusieurs dizaines d'années.
Tout cela se ressent. Oui, il y a du travail, on est encore loin de la récession, mais ce sont essentiellement des jobines à 8$ / heures. Les cadres, quant à eux, sont à la peine. Ça bloque dans les entreprises, les projets sont « sur la glace » ; les firmes de recrutement se battent pour des mandats qu'elles auraient tout simplement refusé il y a à peine quelques mois.
Les économistes expliquent cette situation par la montée en puissance du Huard, la monnaie canadienne, qui pénalise fortement les exportations, en particulier vers nos voisins du sud. Il y a d'autres causes, certainement, mais lesquelles ?

Heureusement, contrairement à ce qui se passe en France en pareille situation, il n'y a pas ici d'auto-flagellation quotidienne. Les médias n'en font pas (et heureusement), leurs choux gras ; on ne passe pas des heures à se masturber intellectuellement sur les Pourquoi, Comment, Solutions, Responsables de ci ou de ça. On fait avec, et on continue !

Enfin, pas de panique. D'abord, le climat actuel ici est toujours nettement plus favorable qu'en France ; et puis la « crise », je suis dedans depuis que je suis né, ou presque. La « crise » relève pour nous du normal, du connu. Nous sommes (contrairement à nos charmants aînés, les baby-boomers) « designés » pour survivre et même prospérer en milieu hostile.
Je savais à peine lire et écrire qu'on me parlait déjà du chômage qui me guettait !
Et puis, même si la situation se dégrade vite, elle peut s'améliorer encore plus vite !
Rien ne traîne trop dans le Nouveau Monde. On n'est pas là « pour niaiser »
L'année 2003 est bientôt morte, vive 2004 !

Vol au dessus du Québec...

Flying-Antoine

Vol au dessus du Québec.

Ou là là, déjà 3 semaines d'écoulées depuis ma dernière chronique ; comme le temps file vite dans le Nouveau Monde....

Bref. En réfléchissant à un sujet pour cette chronique, je me suis rendu compte que je ne vous avais jamais raconté mon vol Montréal – Val d'Or et retour, en Cessna (avion de tourisme), il y a 2 ans....
Oui, parce qu'il y a 2 ans, peu après mon arrivée au Québec, j'ai passé mon brevet de pilote privé avion, version Canadienne. Je ne l'avais pas fait en France (quoiqu'un peu commencé), parce que là-bas c'est (très) nettement plus cher. Et puis je pense que l'aviation légère, en France et en Europe, est condamnée à plus ou moins brève échéance. Ceux qui se sont amusés à voler autour de Paris me comprendront....

Bon, donc, pour décrocher son brevet, il faut, entre autres, totaliser un certain nombre d'heures de vol solo, tout seul, aLone in the Sky (but not with Diamonds, hum....)
Ma conjointe se trouvant à l'époque à Val d'Or, où elle débutait un stage, je me suis dit que ça, ça serait une « nav » (navigation) bien trippante ; Val d'Or se trouvant à plus de 500 km, par-delà une immense forêt et le parc de la Verendrye.

Et donc, un certain matin clair de juillet 2001, je me suis envolé de l'aéroport de Saint-Hubert, au sud de Montréal, direction Full Nord. Les roues quittent le sol, tchao les rampants !
Une fois les plaines agricoles passées (vallée du Saint-Laurent), on débarque dans les Laurentides. Le relief se fait de plus en plus marqué, les vallons se creusent et se couvrent d'arbres bien serrés ; de plus en plus de conifères à mesure que s'éloigne le Grand Fleuve, derrière la queue de l'avion. Comme je volais pas très haut, plafond nuageux oblige, tout ça dans les rayons obliques du soleil levant.... Un régal ! Pis toutes ces maisons-plages-privées au bord des lacs bleus, ça fait rêver.
Un p'tit passage à la verticale de Mont-Tremblant-Disneyland-carton-pour riches, avec ses pistes de ski tout partout comme des coulées de sirop sur les flancs d'un gâteau, et on débarque dans la couronne boréale, qui ceinture toute la planète d'un immense manteau de sapins et d'épinettes.

Là commence la vaste plaine, bouclier ancien creusé de lacs à l'infini, tourmentés, tous de couleurs différentes. En avion, ça donne de la navigation à l'ancienne : peu ou pas de repères au sol (sur la carte on reconnaît les lacs, mais ils sont autant de chiures de mouches microscopiques), rien que la boussole et la montre. Il n'y a plus de balises radio (VOR pour les intimes). Ça angoisse un peu.... On se surprend à guetter fiévreusement, au sol, la moindre trace de vie humaine. Il y a bien la route 117, qui mène à l'Abitibi, mais à 4000 pieds d'altitude, autant suivre un fil de soie.
Si je m'écrase, et si j'suis pas mort, le temps qu'on me retrouve, les maringouins m'auront déjà rendu fou !

Le vent, cependant, était avec moi. Trois heures et demie (en voiture ça prend six ou sept heures) après l'héroïque décollage de Montréal, j'aperçois au loin ce qui ressemble à un immense point d'exclamation, le point étant la ville et le trait la piste de l'aéroport de Val d'Or. Car elle est immense cette piste, le concorde s'y est même posé, dans les années soixante !! Alors pour se poser en Cessna, pas d'angoisse, j'ai de quoi poser-décoller-poser-décoller au moins quatre fois d'affilée.
Vu le trafic, ça va vite, la radio avec le sol se limite au strict minimum. Je m'aligne, je pose l'oiseau, je retrouve ma blonde qui m'attend devant son petit quatre par quatre tout juste acheté d'occase. Pas de douane ;))

Un petit resto et deux heures plus tard, je repartais, pour retrouver la métropole cette fois au terme de quatre heures de vol, vent dans le pif oblige....

Total : Sept heures et demie de vol dans une journée. Bonne nuit les petits !
Dieu que c'était bon et beau....

Westmount. Ben non, désolé les...

Flying-Antoine

Westmount.

Ben non, désolé les gars, mais ma nouvelle chronique n'aura pas pour sujet l'Histoire du Canada au XXème siècle (mais j'y reviendrai) ; faut voir qu'ici il fait beau et chaud (mais moins qu'en Europe, heureusement) depuis deux mois environ et que tout pousse, pour le moins, à des lectures d'un genre plus estival.
J'aime étudier, certes, mais comme je n'ai pas pris de vacances et que donc le soir ma tête est farcie de boulot-salade-stress, il me fallait prendre momentanément congé de mes 15 volumes illustrés pour étudiants zélés.
Alors donc, changeons de sujet !

Depuis que je suis installé dans mes nouveaux locaux, sur Sherbrooke, j'ai la joie et le plaisir de pouvoir venir travailler à pied, à travers les splendides rues de Westmount.

Westmount, vous connaissez, non ? C'est ZE quartier riche de Montréal, le Beverly-Hills local, là où l'on n'en croit pas ses yeux tellement les massifs de fleurs sont BÔ et les pelouses vertes (très très vertes même)
La quartier, et même, c'était une ville jusqu'à la Fusion, s'étend sur ce que l'on pourrait appeler les « contreforts » du Mont-Royal, le long de la rue Sherbrooke et entre Atwater et Décarie, approximativement. C'est le début du « west highland » là où commencent à proliférer les anglais. Les anglais plutôt riches....

Donc, cela fait plusieurs mois que, matin et soir, je passe à pied le long des pelouses nickels de nos amis biens nantis.
Après avoir zieuté à peu près partout et au terme de longues périodes de surveillance à la jumelle (non, je déconne), je suis en mesure de vous dresser un portrait des lieux, en termes moins architecturaux (c'est facile, c'est en gros du néo-gothico-manoir-d'Écosse-auberge-Normande-vachement-cossu-climatisé-à-donf) que sociologiques.

Car Westmount, pour ce que j'en vois, est une ville de mort-vivants.
C'est vrai, à part quelques mamies flêtries-fluo qui se terminent à coup de vagues joggings haletants, y a jamais personne dans les rues de Westmount.
Il n'y a même jamais personne dans les jardins de Westmount (t'sé, quel gâchis) ; on y trouve bien, derrière les bâtisses, quelques balançoires, mais visiblement les enfants auxquels elles se destinent les ont désertées depuis bien longtemps. Trop pognés devant les vidéo-games, peut-être ?
Et puis, comme je l'évoquais au début, on n'arrête pas d'halluciner devant la magnificence de ces jardins au cordeau, presque irréels, aux arabesques fleuries, aux arbres nickels et vénérables, aux pelouses exemptes de la moindre trace de mauvaise-herbe.

Passionnés de jardinage, les locaux ?? Non, juste très très friqués ! Car tout est imparti à des firmes privées qui viennent, à dates fixes, couper les quelques malheureux brins d'herbe qui oseraient dépasser. Les locaux, friqués donc, ne font vraisemblablement pas grand-chose de leurs dix doigts. Il impartissent : Jardinage, ménage, gestion de leur porte-feuille d'affaire, garde des petits enfants.

Et puis ils sont bien vieux les locaux, bien fatigués. Quand on en surprend parfois, au détour d'une portière de berline qui s'ouvre, on les découvre soixante-huitards décrépis. Ils ont bien réussi, les aînés des Trente Glorieuses ; en tout cas, jusqu'ici.
Et puis leur grosse maison, probablement, ils l'ont héritée, car on est riche de père en fils, à Westmount. Et riche, il faut le rester s'il l'on veut être capable de payer à la Ville ses taxes exorbitantes....

Pourquoi je vous raconte tout ça ??
Vous devez bien vous en douter, non ?? Et bien parce que que, tout ça, le trio gagnant grosse maison – grosse voiture – grosse vie (quoique....), c'est quelque chose que, dans une certaine mesure, je leur envie. Je sais, c'est pas bien.
Mais si j'suis au Québec, c'est bien pour réussir, Ostie !
Alors, Westmount, attend-moi, me voilà ! Enfin, sauf si ma bonne conscience me rattrape avant.


Flash-back sur une Histoire unique...

Flying-Antoine

Flash-back sur une Histoire unique : Le Canada !!!

Hier, c'était la fête du Canada, les drapeaux rouge et blanc à la feuille d'érable fleurissaient un peu partout aux fenêtres ; sans doute un peu moins à Montréal qu'à Ottawa ou Toronto, mais bon, le 1er juillet, c'est notre 14 juillet à nous, le défilé militaire en moins ! Pour info, au passage, le 1er juillet marque la naissance officielle de la Confédération en 1867.

L'Histoire du Canada, je la connaissais en gros. Je savais qui étaient Jacques Cartier, Champlain, Montcalm ; je savais quand avait été fondé Montréal (1642), et j'étais à peu près capable de replacer les premiers ministres des 20 dernières années. La base, quoi.
Mais j'ignorais néanmoins nombre de détails, et j'attendais le moment de tomber sur un bon gros bouquin d'histoire, le genre d'ouvrage qui vous renseigne à fond sur un sujet. Et qui vous permet de vous approprier votre pays....

Et ben l'autre jour, en regagnant le bercail, quelle ne fut pas ma surprise de trouver, au pied de mon immeuble, coincés entre deux poubelles, abandonnés au soleil, 15 volumes illustrés sur l'histoire du Canada ! (Ya vraiment des gens qui jettent n'importe quoi !!)
Quelques minutes (euh, pas mal de minutes, le temps du bouffe + bain + câlin + mise au dodo de ma fille) plus tard, je dévorais goulûment les premières pages de cette collection ; j'en suis au volume six, et, sans vouloir faire un cours d'histoire, je tenais à vous restituer des p'tits détails, par ci par là, qui ont attiré mon attention.... En vrac, hein....

- Aux premiers temps de la fondation de Québec, chaque hiver voyait la mort du près du tiers des colons, du fait du scorbut (carence en vitamines, surtout C) et des iroquois qui multipliaient les raids (à l'inverse, les hurons étaient pro-français)

- Le Mississipi a été découvert par un français, Jacques Marquette, à la fin du XVII ème siècle. La France à l'époque possédait un tiers de l'Amérique du Nord !

- Jean Talon a été gouverneur de la Nouvelle-France, entre 1665 et 1672. Il a énormément contribué à développer le pays qui en avait bien besoin. A son époque, la Nouvelle-Angleterre comptait déjà dix fois plus de colons.... Les gouverneurs suivants ont davantage travaillé à accroître leur fortune qu'à développer la Colonie.

- Le nom de Lachine (la ville de Lachine, sur l'île de Montréal) vient du premier propriétaire des lieux, un seigneur français (milieu du XVIIème siècle) qui était obsédé par la découverte du passage vers la Chine (eh oui, presque deux siècles après Christophe Colomb, ils en étaient encore là)

- Louis XIV, globalement, ne s'est intéressé à la Nouvelle-France qu'au début de son règne. Ensuite, en gros, il l'a condamnée à une honnête médiocrité....

- Le Manitoba a appartenu à la Compagnie de la Baie d'Hudson (cie privée) jusqu'à la deuxième moitié du XIXème siècle.

- Le Canada, à l'époque de la confédération (1867), c'était seulement 4 provinces ; L'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick, La Nouvelle-Ecosse.... Les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan n'ont été créées qu'en 1905 ! La Colombie-Britannique a quant à elle été annexée assez vite (1871)

- Les USA ont, pratiquement depuis le début, l'attitude arrogante qu'on leur connait aujourd'hui, d'ailleurs un de leurs politiciens déclarait, à la fin du XIXème siècle : « J"espère voir le jour où le drapeau des É.U flottera sur chaque pouce de territoire britannique en Amérique du Nord » (sympa, non ?) Et puis, lors de la Ruée vers l'Or au Yukon (du calme Kroston), quand il a fallu établir clairement les limites de l'Alaska, les négociations n'ont été qu'une farce.... Ils faisaient déjà ce qu'ils voulaient.

- La première ligne de chemin de fer Est-Ouest a été ouverte en 1886 (Canadien Pacifique)

- Laurier, premier ministre du Canada au début du XXème siècle, croyait que la population du pays atteindrait 80 millions d'habitants avant la fin du siècle !

- 60 000 canadiens sont morts en France durant la Guerre 14-18, sur environ 600 000 mobilisés, essentiellement des anglophones.

Bon.. pour la suite, voyez ma prochaine chronique !

A + !

CHRONIQUE 13 Montréal : Une ville...

Flying-Antoine

Montréal : Une ville embouteillée.

Car oui, même si mes dernières chroniques présentaient Montréal sous un jour presque bucolique, dédié aux loisirs, etc, il n'en reste pas moins que la ville est grande (40 km de long), que ses transports en commun restent à mon avis insuffisamment développés, et que par conséquent, pour se rendre à Pointe-Claire ou à Anjou, par exemple, il ne reste guère que l'option voiture.... Personnellement j'ai horreur de ça, mais bon, parfois, surtout avec un enfant, y a pas le choix.

Il est assez simple de dresser un portrait du réseau routier de l'Île : elle est traversée d'est en ouest (enfin, plutôt du sud-ouest au nord-est) par l'A40, ou Autoroute Métropolitaine, puis du sud au nord par l'A15, dite aussi Autoroute Décarie entre le pont Champlain et la jonction avec l'A40. C'est principalement l'A15 qui permet aux montréalais nantis de rejoindre, chaque fin de semaine, leur chalet des Laurentides. Quant à l'A40, plein ouest, elle vous mène droit à Toronto en passant par Ottawa. Le tout sans péage, rappelons-le. Et puis oubliez la notion de « périphérique », ici, ça n'existe pas.

A ces deux axes principaux vous ajoutez, entre autres : L'autoroute Ville-Marie, qui longe le Saint-Laurent au sud en isolant le Vieux-Montréal du Centre-ville ; l'A19 qui prend racine sur Papineau pour plonger dans Laval au nord, quelques ponts, dont principalement les ponts Champlain (mène à l'A10 en direction des Etats) et Jacques Cartier (mène à droit à longueuil puis à Québec via l'A20).... et vous obtenez un joyeux bordel, surtout les jours de pluie et de neige. Franchir les ponts VERS l'île, aux heures de pointe, c'est se garantir un bon mal de crâne. Heureux ceux qui restent dans Montréal, malgré leurs loyers inévitablement plus élevés !!!

Bon, ce qui frappe, pour un européen fraîchement débarqué de son avion, c'est que malgré l'espace (relatif) disponible, ben les voies rapides, dans la métropole, c'est «pas mal croche», avec des bretelles d'accès et de sortie ultra-courtes, serrées ; un revêtement approximatif ; des ponts étriqués et fatigués, au béton mité.
Sans compter que l'été, à Montréal, c'est la saison des travaux routiers (impossibles en hiver, vous devinez pourquoi....) : il y a des balises de signalisation partout, des accès fermés, des resserrements, et j'en passe.
Bref, emprunter l'A40 pour traverser la ville, c'est faire gaffe, jouir de bons réflexes, c'est aussi disposer d'une voiture qui accélère fort (voie d'accès) et freine fort (bretelles de sorties), le tout chaussé de bons pneus 4 saisons s'il vous plaît. Évidemment, bikoz les fortes amplitudes climatiques, un bon chauffage et une bonne climatisation (ah, mijoter lentement dans les bouchons estivaux....) s'imposent.
J'ajouterai, au sujet de cette chère autoroute métropolitaine, que les Montréalais eux-mêmes en disent que c'est une voie «conçue par des cons pour des cons» ; éloquent, non ??

Pour finir, vous l'aurez compris, ne croyez pas dire adieu aux bouchons en quittant vos villes euopéennes.
....Enfin si, dites adieu aux «bouchons» .... et bonjour aux «congestions», le terme exact employé ici pour désigner ce fléau moderne.
Et puis faites comme moi : Autant que possible, pour vous déplacer, utilisez le vélo ou le roller. En plus, vous me ferez plaisir !
A +

Les beaux dimanches au Mont-Royal...

Flying-Antoine

Les beaux dimanches au Mont-Royal

Le printemps est arrivé d'un coup à Montréal. Il était temps.
En cinq petits jours à peine, les arbres se sont parés de feuilles vert tendre. Un bonheur pour les yeux, après ces longs mois de froid et de neige grisâtre !
Le Mont-Royal, parc préféré des Montréalais, a lui aussi changé de planète : fini les sports d'hiver, et vive les grandes pelouses verdoyantes, ombrées juste ce qu'il faut, idéales pour les fondus de picniques (aye, l'orthographe) et de barbecue.

Cela fait donc quelques semaines que, avec notre groupe d'amis, nous « squattons » les dessous d'un érable situé à quelques dizaines de mètres du lac des Castors. Programme de la journée : footing (quand même), bouffe (bien sûr), glande (évidemment). Le tout entouré de nos enfants, encore très jeunes, et donc forcément accompagnés de leurs sacs à couches, à biberons et à joujoux.
Dimanche dernier nous nous sommes essayés, entre deux parties de frisbee, à la cuisson sauvage de côtes d'agneaux et de merguez.... avec plus ou moins de succès. Mais bon, c'est le fun ! Et à notre âge, on digère encore pas trop mal !

Alors, un bref portrait : Pour ceux qui connaissent le bois de Boulogne à Paris, le parc du Mont-Royal offre une image radicalement différente. D'abord, c'est une petite montagne, au versant sud très raide (ah, le point de vue depuis le « chalet », sur le centre-ville) ; pour les vélos, hum, c'est un peu mazo.
Ensuite, c'est très propre. Les poubelles abondent.... et les gens s'en servent ; pis je n'ai pas vu traîner une seule seringue, ouf. De nombreuses tables à pique-niques (re-aye, l'orthographe) sont à la disposition des promeneurs-mangeurs.

Depuis le lac, situé à l'entrée du parc côté ouest (quartier Côte-des-Neiges), des chemins de gravelle sinuent le long des pentes jusqu'au sommet, coiffé d'une énorme antenne radio (je crois) et d'une grande croix de métal (cf : « Jésus de Montréal » 1989) Par ailleurs, de vrais sentiers de montagne, souvent escarpés, courent dans les sous-bois ; ce qui permet de se croire, par moment, très loin de la grande ville.
Du côté est, à l'opposé donc du lac des castors (et côté « plateau »), le site est accessible par le parc Jeanne-Mance, très couru par les joueurs de tam-tam (autrement appelé « jumbé »), un loisir très populaire auprès de la jeunesse montréalaise.
Le versant nord du Mont-Royal est occupé par deux cimetières, immenses, qui rappellent à certains endroits le Père-Lachaise parisien. A long terme, il est question de les déménager afin d'agrandir le parc.
Inutile de vous dire que, comme partout à Montréal, les écureuils abondent, et prennent un malin plaisir à narguer les chiens (si si, ils sont autorisés dans le parc, et même tolérés sans laisse) qui, pour leur malheur, se révèlent incapables de grimper aux arbres.

Quoi vous dire d'autre.... Le lac des castors permet de pratiquer le patinage en hiver et.... le pédalo en été, qu'il est rempli de canards et de poissons rouges grassement nourris par les badauds et que.... tout ça, le dimanche, sous le soleil québécois, c'est le pied !!

A la prochaine !

Les joies du patin !!! Ici...

Flying-Antoine

Les joies du patin !!!

Ici, on ne dit pas « rollers », mais « patins à roues alignées », une expression un peu lourde et compliquée pour désigner ce sport ultra-sympa, ludique, qui consiste à se laisser glisser joyeusement sur les rubans asphaltés de nos villes.
A Paris, du « roller », j'en ai bouffé ! Avec Isabelle, ma conjointe, nous en faisions au moins deux fois par semaine. Idéalement le soir en week-end.... On traversait tout Paris, depuis l'Avenue de la Grande Armée à l'Ouest jusqu'à Bercy à l'Est, en passant par les Champs-Elysées, à fond les manettes ! Bien sûr, entre les nombreux deux-roues, les pavés trop présents, les piétons pressés, et les automobilistes énervés, c'était un peu casse-gueule. Mais du fun, on en a eu en masse !

Alors j'avoue qu'en immigrant à Montréal, j'avais un peu peur de découvrir des rues à l'asphalte défoncé, impropre à la consommation du roller.
Que nenni ! En plus d'un réseau de pistes cyclables très agréable (et vaste !), il est très possible, grâce à la tolérance non officielle de la Maréchaussée (les flics, quoi) et moyennant un minimum d'aisance (notamment savoir freiner), de parcourir allègrement Sherbrooke, Ste-Catherine, St-Denis, j'en passe, d'une extrémité de l'île à l'autre.

Bien sûr, à Montréal, comme partout dans notre vieux monde occidental, l'homo-bagnolus est Roi ; et nombreux sont les citadins qui prennent leur caisse (voiture) pour parcourir les 500 mètres qui les séparent de leur boulot....
Comme partout en Amérique du Nord, mais heureusement moins qu'aux US, l'inactivité-morbide-devant-la-télé-à-bouffer-des-chips, gagne tous les jours de nouveaux adeptes. Un méchant problème de santé publique, ça !
Par contre, côté pollution, rien à voir avec Paris. Ici, point ou presque de Diésel, cet immonde parfumeur d'ambiance.... On se sent respirer, et le sport en ville énergise, vivifie, presque autant qu'à la campagne. Ma mère disait, lors de sa dernière visite, que l'air de Montréal lui rappelait les sports d'hiver....

Bon, donc, côté piste cyclables, on est servis, au total près de 200 km rien que sur l'île.
Dans le désordre il y a la piste du Canal Lachine, cette ancienne artère fluviale du Montréal Industriel ; 20 km aller-retour sur des berges verdoyantes, avec de jolis lampadaires, des aires de repos bien pensées et nombreuses, et un bitume le plus souvent nickel. Départ au Vieux-Port. Y a pire, comme site !
Il y a aussi (eh oui !) le circuit Gilles Villeneuve, sur l'île Ste-Hélène qui, en dehors de la fin de semaine de course offre son revêtement hyper-lisse aux adeptes de la petite-reine et du roller-blade. Un must.
Au sud de Verdun, face à l'île des Soeurs (qui a ses propres pistes très très agréables), un magnifique circuit longe le Saint-Laurent.... sur plus de 10 km.
Pour ceux qui souhaitent simplement s'initier à ce sport, les échoppes spécialisés ne manquent pas ; compter 10$ pour une après-midi de location. On peut aussi s'essayer, pour les parents de jeunes enfants, aux joies de la « poussette-sport », aux grandes roues de vélo, qui permet de joindre l'utile à l'agréable.

Voilà, en espérant vous avoir donné l'envie de chausser vos engins à roulette dès votre arrivée à Montréal. Mais n'oubliez pas vos protections : Casque, protège-poignets, genouillères, coudières. La peau humaine est allergique au bitume rapeux ;))

A bientôt !

Une maudite mamie plonge dans...

Flying-Antoine

Une maudite mamie plonge dans la glace.

Les immigrés français ont des mères. Elles deviennent grands-mères de petits québécois alors elles accourent. Or elles oublient qu'au Québec, le climat est un peu différent. Mamie prend donc ses billets à Paris le 15 mars aller-retour et compte passer un printemps à Montréal avec la petite Juliette de Montréal. Mamie est très contente. C'est une mamie branchée : elle se connecte sur le site officiel du tourisme et découvre avec horreur que la température actuelle est de moins 45 degrés. Comment à 58 ans passés peut-on sortir d'un avion où la température est d'environ 20 degrés et plonger dans moins 47 degrés ?? Elle songe alors à se faire livrer en surgelée puis raisonne. « Hibernatus » ne ressuscite pas à sa connaissance alors elle s'équipe. Sous-vêtements en soie naturelle : pantalons, tricots de corps à manches longues, plus une cagoule qui couvre jusqu'aux yeux, et des sous-gants et chaussettes pour la conquête de l'Himalaya. Mamie a la gueule de quelqu'un qui va faire un hold-up. Elle boucle ses valises et s'envole.
Mamie est une bonne française, cependant elle n'a pas pris des billets Air-France. Ils sont toujours en grève. Et ce fut le cas. Sur Air-Canada, stupéfaction. Les hôtesses ne sont manifestement pas recrutées d'après « leur indice de masse corporelle et leur "look d'enfer". Les hôtesses d'Air canada sont des petites bonnes femmes comme tout le monde.

On ne vous parlera pas de la petite Juliette. Tous les bébés du monde, québécois ou non, sont les plus beaux du monde aux yeux de leurs mamies.

Liste des choses vues « par une quinquagénaire franchouillarde » :

- Les Québécois sont francophones et le revendiquent. Il faudrait quand même supprimer quelques anglicismes. Par exemple, « performer », traduction littérale du verbe "to perform".

- Quelques « faux-amis » ont égaré notre « quinqua » qui cherchait désespérément un métro sur Ste Catherine. Elle erra de place en place suivant les indications « subway » à défaut de trouver celles de « métro » pour tomber régulièrement sur des sandwicheries. En revanche, l'indicatif « dépanneur » pour la petite épicerie du coin lui sembla tout à fait adéquat. Bravo les Québécois On appelle un chat un chat !!
- Le métro enfin trouvé grâce à la gentillesse des passants, mamie prit le subway. Quelle ne fut pas sa stupéfaction de voir un homme descendant d'un wagon ramasser spontanément un emballage de kit-kat qui traînait sur le carrelage impeccable du quai pour aller le mettre à sa juste place, la poubelle. Quelle propreté !! Quel civisme !

- Mamie est d'origine lilloise (Nord de la France.)Là-bas, quand on a « magasiné » longtemps on va « boire une bonne choppe », entendez une bière pression bien fraîche ! Sur Ste-Catherine et alentours tous les bistros fréquentables ne proposent que du café au lait avec de gros gâteaux. Place Jacques-Cartier enfin on lui dit OUI. Mamie demande « un demi », on lui rétorque « 22 onces. »»Pourquoi pas ? C'est alors que mamie comprit pourquoi il fallait toujours manger quand on buvait une bière pression à Montréal .... 22 onces, c'est beaucoup mais quand c'est bon on ne compte pas !

Mamie adore Montréal et n'a pas eu froid du tout.

Les tombes de Vimy Ma...

Flying-Antoine

Les tombes de Vimy

Ma famille paternelle est originaire du nord de la France, du " pays des corons ", comme dit la chanson. C'est un " plat pays ", comme le dit une autre chanson, qui a longtemps vécu du charbon ; un pays de mineurs de fond, de " gueules noires ".

Mes étés de petit garçon, je les passais quasiment tous chez mes grands-parents à Neuville St-Vaast, à quelques kilomètres d'une petite ville, et d'un bois appelé Vimy.
Ce bois de Vimy, on y allait souvent, pour marcher, profiter du plein air. On y allait aussi pour me permettre, ainsi qu'à mes cousins qui partageaient souvent mes vacances, de jouer dans les tranchées de Vimy ; ou plutôt la reconstitution des vraies tranchées de Vimy.... Creusées durant la première guerre mondiale.
C'est comme ça que j'ai découvert les canadiens, quand on m'a appris que nombre de soldats de ce pays, durant cette guerre atroce (mais quelle guerre ne l'est pas ?) était mort pour la France.

Vimy est un endroit surréaliste, tout entier voué à la mémoire, au souvenir.

Aux pieds d'un énorme monument aux morts, qui dresse son marbre blanc et ses sculptures de deuil face à la plaine, s'étend une vaste zone où les cratères creusés par les obus restent encore ouverts, comme de grandes blessures non cicatrisées. Près de cent ans après les faits, les obus peuvent encore éclater, et d'ailleurs de nombreux écriteaux en avertissent les promeneurs.

Plus loin, c'est le cimetière, véritable forêt de croix blanches. Tous des canadiens.

En haut d'un mat flotte le drapeau à la feuille d'érable. Car Vimy est officiellement territoire canadien. Peut-être pour assurer un meilleur repos aux enfants du pays....

Pas très loin de là, comme je le mentionnais plus haut, furent reconstituées, à l'aide de faux sacs de sable en ciment, quelques courts réseaux de tranchées de casemate. D'un côté, à l'ouest, c'étaient les canadiens, alliés ; en face, à l'est, c'étaient les allemands. Là aussi les cratères ne manquent pas, mais ceux-là sont sécurisés, offrant aux enfants un espace de jeu assez incroyable. On a cependant peine à imaginer ce à quoi devait ressembler cet endroit durant la guerre, sans doute à anti-chambre de l'enfer.

Je ne sais pas exactement combien le cimetière de Vimy compte de tombes. Ce qui est sûr, ce que, comme à Verdun par exemple, Vimy a été, l'espace de quelques jours sombres, le théâtre d'un boucherie sanglante, comme (seul ?) le XXème siècle a su en produire. C'est sans doute là que l'expression " chair à canon " a pris tout son sens, littéral, tragique. ....Combien de morts au mètre carré ?? Combien de vie pour quelques mètres vers l'est, un peu. Pour rien.

Bref.... Si je vous parle de cet endroit, c'est pour vous dire que, peut-être, c'est de là qu'est venu, du moins en partie, mon attrait pour le Canada.

De voir qu'ils sont venus de si loin (Saskatchewan, Alberta, Manitoba, Colombie-Britannique, Québec, etc.) pour mourir en terre française, on ne peut s'empêcher de penser que, quelque part, ce sont nos frères.

Vimy en est le symbole.

LA NEIGE NOIRE !! L’hiver, c’est...

Flying-Antoine

LA NEIGE NOIRE !!

L'hiver, c'est très sympa, me direz-vous. C'est vrai, tout est blanc – « le blanc manteau » - la douce et moelleuse couche de neige absorbe les bruits, crée une ambiance de détente, de relaxation, de cocooning. Une ambiance qui pousse à la lecture et à la couette....

C'est ce que je croyais avant de vivre mon premier hiver à Montréal (parce que le premier au Québec, je l'ai vécu à Val d'Or où, hum, la neige reste blanche)
Ici, j'ai découvert que, l'hiver, ce qui est le plus pénible, ce n'est pas le froid, mais la saleté, la crasse, ce que j'appellerai la glace noire.

Tenez, aujourd'hui, mercredi 26 février, allez faire un petit tour dehors....
Pour info, je travaille sur le boulevard Rosemont, dans un quartier montréalais typique où les habituels logements à escalier tournant extérieur se partagent l'espace avec divers petits immeubles de bureau et de commerce hétéroclites.
Eh bien donc, dehors, sur les trottoirs, vous trouverez, collée un peu partout, une sorte de croûte noirâtre, qui fut un jour de la neige pure mais qui devint, à force de gaz d'échappements et surtout de sel et de gravillons, un mélange peu ragoûtant composé à 50% de neige et à 50% de crasse. Très dur, en plus. Quand le froid est intense « ça prend » un marteau piqueur pour s'y attaquer !
Je précise que la dernière grosse chute de neige, propre évidemment, remonte à seulement quatre jours. Cette neige vraiment blanche, vous ne la trouverez plus que dans les jardins où l'épandage de sel ne présente aucun intérêt....

Ailleurs, partout où l'on marche en fait, c'est crado, tout gris, pas très joyeux.
Le pire, c'est quand vous rentrez chez vous, car cette crasse gelée, évidemment, se met alors à fondre, et à libérer ses gentils « agents actifs » : ses graviers et sa boue, vous contraignant à nettoyer votre entrée au moins deux fois par semaine.
A l'entrée des magasins, c'est la pataugeoire garantie ; ils ont beau superposer les paillassons absorbants, l'inondation guette en permanence.... Poussant les employés à consacrer une bonne partie de la journée au « moppage » intensif.
Les jours de redoux (ça arrive !), cela fond dehors aussi, et la « sloche » jaunâtre, boueuse, envahit trottoirs et caniveaux.

Alors évidemment, dans ce contexte hivernal où, ne possédant pas trente-six manteaux d'hiver et chaussures fourrées, on est bien forcé de s'habiller toujours pareil, on finit par se lasser.
Vers le fin février – début mars, les gens commencent à évoquer de plus en plus souvent le « blues hivernal ». C'est une période propice aux rhumes, aux p'tites déprimes, aux burn-out (?).... Le froid dure depuis bientôt six mois et on se prend à rêver du printemps et à sa douce température qui nous permettrait enfin de quitter notre carapace hivernale..... Bien entendu, entre temps, on a oublié les canicules aoutiennes qui nous faisaient tant râler !

Personnellement, même si le froid en tant que tel ne me dérange pas (je le trouve même dynamisant le matin), c'est cette grisaille, uniforme, qui m'a à l'usure.
Et je me demande vraiment comment fait la ville pour tout nettoyer avant la belle saison. Je me dis que la pluie, même forte et répétée, ne suffit pas.
Alors je me prends à fixer les branches des arbres, espérant sans doute voir surgir un ou deux bourgeons.... Peine perdue, on n'en verra pas avant un bon mois et demi ; et puis ensuite, très vite, ce sera l'explosion.
Ici, la Nature sait bien qu'elle n'a que (trop) peu de temps pour s'épanouir, alors elle est brève, mais Forte.

Je sais pas pour vous...

Flying-Antoine

Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que les français sont partout, et de plus en plus, sur notre belle île de Montréal.
C'est un phénomène discret, sournois, mais absolument incontestable dès que l'on tend l'oreille.... En tout cas, ça ne m'as pas échappé, à moi.
Et depuis mon arrivée, il y a bientôt deux ans, c'est de pire en pire !

....Tenez, pas plus tard qu'il y a deux jours, dans la fille d'attente du Wendy's de mon quartier, une voix à l'accent typique, pointu, haut-perché : " pas de reliche dans mon burger !! " C'est marrant, tous les français que je connais boycottent la reliche.... Faut dire que c'est pas très ragoûtant ce truc visqueux et vert. Mais bon, de là à ce qu'aucun français n'en prenne.... On est des clônes ou quoi ??!! Rael a déjà sévi ??
Et au ciné, l'autre jour, un gars devant moi qui prend une place pour le dernier navet d'auteur européen " intimiste et psychologique " : un français.
Les grands dadets d'étudiants qui, ce matin, dans le métro, niaisaient debout collés contre les portes, jacassant politique internationale, encore des français !!
Mon caissier à la banque, la semaine dernière, fraîchement embauché, avec son grand sourire ultra-brite, encore et toujours un français....
Ces crétins qui se marrent comme des baleines, au resto, à la table voisine. Français !!!

Alors bon, je vous vois d'ici, vous réagissez, et vous me dites : C'est normal, Montréal est une ville " cosmopolite ".... Oui, je veux bien, mais il existe néanmoins des limites que certains n'hésitent pas à franchir allègrement. Et tout ça sous la bénédiction de notre cher gouvernement péquiste qui les amène par avions entiers. Qu'on voie parfois des ontariens, passe encore, après tout on ne vit pas dans un monde parfait ;mais des français, autant de français ??
....Pourquoi ça m'énerve ?? Ben, parce moi-même français, si j'ai immigré, c'est pour découvrir autre chose, pour fraterniser avec les québecois, nos cousins du nouveau continent.
Au lieu de ça, au lieu de l'échange culturel salutaire, qui me faisait tant rêver du temps de la D.P.I, je tombe sans arrêt sur ces osties de compatriotes !!
Ils sont partout !!!
....On les surprend l'hiver venu un grand sourire aux lèvres à pelleter la neige qui bloque leur voiture ; l'été ils ne se lassent pas d'arpenter les routes des Cantons de l'est et des Laurentides, ils se baignent dans les lacs dès la fonte des neiges ; on en voit même assister à des matchs de hockey.... Mais là, pas de bol, leurs yeux d'européens sont incapables de suivre la galette !!!

Alors bon, je sais pas.... C'est quoi l'idée ??
Il va falloir faire quoi pour trouver une place exempte de français, une place saine (c'est vrai, ça craint) ?? Faut-il que je m'exile, que j'aille poser mes valises en Antarctique, chez les pingouins (ou les manchots, je sais plus) ??? Que je crèche dans un igloo paumé sur la banquise ??
En tout cas, y en a marre !
Français, restez chez vous !!!

De l’éloignement familial… Sujet délicat...

Flying-Antoine

De l'éloignement familial....

Sujet délicat s'il en est « l'éloignement familial » est probablement la principale cause de retour au bercail des courageux immigrants que nous sommes.

Certes, en cette époque de familles éclatées, malmenées au fil des turpitudes de nos petites vies égoïstes, il semble aisé de se dire que, finalement, la famille, si elle est loin, c'est pas grave, on fera sans. On l'a d'ailleurs suffisamment crié durant notre adolescence.
Oui, mais au bout de quelques années, à force de ne pas les voir, ou si peu, on finit par sentir renaître au fond de soi des instincts tribaux ancestraux, peut-être ceux-là mêmes qui poussaient nos ancêtres à partager la même minuscule cahute.

Personnellement, je fêterai début mai ma deuxième bougie d'immigrant, ma conjointe Isabelle la soufflera avec moi puisque depuis le début nous partageons le même projet, la même volonté.... le même avion.

Je ne suis pas forcément un bon exemple (je suis un solitaire) mais, force est de constater que, quand je regarde ma fille, tout juste âgée de 6 semaines, je me dis que ce serait bien qu'elle noue des liens forts avec ses grand-parents ; des grand-parents qu'elle ne verra qu'une ou deux fois par an. Plus longtemps, certes, mais pas souvent. Assez pour l'indispensable transfert de leur histoire, de notre histoire. De notre mémoire ??
....Le gros cadeau de naissance, pour elle, fut la double-nationalité. Un super cadeau, non ?? Mais être loin de sa famille, c'est quoi ?.... Un super handicap ??

En fait, je m'aperçois que c'est seulement à partir du moment où nous faisons des enfants, où nous créons finalement notre propre famille, que nous réalisons vraiment ce qu'immigrer implique.
Véritablement, il s'agit d'un déchirement, d'un traumatisme.
Immigrer, même avec courage, volonté et enthousiasme, c'est forcément, aussi, gérer cela.

Ma fille est montréalaise, québecoise, canadienne. Quand, plus tard, on évoquera ensemble notre départ pour le « nouveau monde », comprendra-t-elle ? Ou bien le fait de cotoyer tous les jours d'autres enfants, qui eux voient leurs grands-parents régulièrement, contribuera-t-il à développer en elle un sentiment de reproche à notre égard ??

Seul l'avenir nous le dira.

En attendant, au quotidien, nous ne regrettons en rien notre immigration. Ma petite entreprise fonctionne bien, et promet à court et moyen termes d'intéressants développements. Isabelle vient (enfin) d'obtenir, après un an et demi d'efforts, le titre de psychologue au Québec, délivré par l'Ordre ad-hoc.

Enfin, en dépit du problème que constitue l'éloignement familial, nous sommes certains que la double nationalité apportera à nos enfants (on en veut deux) un recul, une capacité d'ouverture et de tolérance réelle.
Il faut bien ça pour aborder le siècle qui s'annonce !

Du couple à la FAMILLE...

Flying-Antoine

Du couple à la FAMILLE !

Eh oui, depuis un peu plus d'une semaine, je suis papa.
Et depuis la conception jusqu'à l'accouchement, tout le processus s'est déroulé au Québec.
Alors, comment ca se passe ?
D'abord, grâce à la Carte Soleil (= carte de sécu), tout le suivi (visites medicales, échographies) est gratuit. Et sérieux. Car le Québec ne badine pas avec sa natalité, la plus basse au Canada, il faut le rappeler.
Maintenant, soyons clairs, si le suivi est incontestablement sérieux, il n'en n'est pas moins minimal... Une seule échographie au lieu de trois en France. Cela étant, à mon avis, la dernière échographie (France) relève davantage du confort que du vraiment utile...
Le manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux étant ce qu'il est, la patience est de rigueur lors des consultations. Rien à dire côté tests de dépistage, ils sont dans les normes.

Alors la grossesse se déroule, tranquillement (enfin, presque, hum...) ... Accompagnée dans notre cas par une professionnelle privée (600$ pour la totale) qui nous (si si, moi aussi) familiarise avec des notions incontournables telles que la préparation physique, la douleur, l'allaitement, la gestion du quotidien après la naissance. Inutile de préciser que, cet investissement de 600$, nous ne le regrettons en aucun cas !

Enfin, enfin, vient la très attendue Finale : l'Accouchement. Et of course, on n'accouche pas chez soi, mais a l'hôpital.
Dans notre cas, le "théâtre des opérations" fut le Sacré-Coeur, un gigantesque édifice bâti dans le nord de l'ile de Montréal. Impressionnant le machin, un peu inquiétant aussi, avec son plan en chauve-souris (si si), ses immenses façades toutes de brique revêtues...
Mais passées nos légitimes appréhensions, ce lieu fut pour nous, et restera évidemment, le lieu d'un truc énorme. Et magnifique : Donner la vie (en 50 mn, soit dit en passant, qu'est ce qu'on est bons !), devenir parents !
Par contre, attention, les nouvelles mamans sont renvoyées chez elles au bout de seulement deux jours (quatre pour les césariennes), contre cinq (mais il semble que ce soit moins vrai ?) en France.
Et puis, au Quebec, l'allaitement au sein n'est pas seulement conseillé, il est presque obligatoire (ne me demandez pas pourquoi, j'en sais rien). Les enfants allaités jusqu'à l'âge de un an... sont monnaie courante. Alors deux jours à l'hôpital pour s'initier vraiment a l'allaitement, c'est court ! Lors de la montée laiteuse, qui déboule traîtreusement quatre à cinq jours après l'accouchement, on est seuls chez soi. Heureusement, gros point positif, le CLSC du quartier assure un suivi, souvent à domicile (ouf).

Je précise que nous avons eu la chance de trouver un bon médecin, remarquable, totalisant à date plus de quatre mille accouchements (!!). Nous continuerons à la consulter régulièrement, avec bébé, durant les six mois à venir.
Ah oui, j'oubliais, nous avions une chambre privée (collectif = gratuit) : 120 $ la nuit, pour ceux que cela intéresse.
Alors voilà, le reste de l'histoire .. est à continuer. Pour toute la vie !!
Si vous avez des questions d'ordre technique, je reste à votre disposition sur le forum.

A +



Chroniques martiennes J’ai toujours été...

Flying-Antoine

Chroniques martiennes

J'ai toujours été à mon compte.
Enfin, presque toujours. J'appartiens, à mon corps défendant, à la génération " tu-seras-au-chômage ", celle qui se faisait trop souvent dire, par des conseillers d'orientation souriants-et-sympathiques : " fais-pas-ce-que-t"aimes, y-a-pas-de-débouchés ".
Alors, un peu par la force des choses, beaucoup par l'inertie d'une société française engluée dans ses blocages, j'ai tenté, et réussi je pense, la " voie oblique ", le chemin parallèle où la plus grande liberté côtoie la plus grande angoisse, celle d'être seul, de n'être soutenu par aucune structure....

Début 1997, en banlieue parisienne, je démarrai ma petite agence de Marketing-Direct. Avec un copain, lui aussi à son compte, on partageait un local quasi-gratuit, parce que situé au premier étage d'une tour où les gens balançaient leurs ordures par la fenêtre plutôt que des les descendre par l'ascenseur. Nos fenêtres, renforcées d'inévitables barreaux, donnaient sur une magnifique terrasse gravillonnée où s'attroupaient des myriades de pigeons à moitié bouffés par la pollution citadine (les pluies acides ?).
C'est aussi là que les poubelles venaient régulièrement s'écraser. D'où les pigeons.

Evidemment je ne recevais à cette époque aucun client ; chaque matin on flippait à l'idée de trouver notre local vide, cambriolé.
Mais, peu à peu, cahin-caha, à force de très hauts et de très bas, ma p'tite entreprise a fonctionné, pris racine, puis décollé. En 2000, nous étions quatre, et je vendais le "package" à un entrepreneur séduit par le concept, et par notre porte-feuille de clients fidèles.
6 mois plus tard, visa en poche, notre gros n'avion décollais en direction du nouveau monde.

Et là, aujourd'hui, en 2002, après 6 mois de salariat infantilisant, le virus me reprend. Je suis de nouveau un (moins) jeune entrepreneur enthousiaste, âpre au gain et à la prospection.
Au mois d'août, j'ai passé plus de 400 appels, contacté environ 150 clients potentiels. 2 mois plus tard, j'emménage dans mon premier local montréalais, un 200 pieds carrés pour lequel je ne débourse que 275$ par mois. Le rêve.
Le système au Canada, globalement, encourage fortement l'initiative individuelle. Mes charges, par choix, sont réduites au strict minimum. Je ne cotise encore à rien. Pas de REER, pas d'assurance privée. Rien. J'entreprends, donc je risque.
En France, on devrait plutôt dire "J'entreprends, donc je paie".... Grôsse différence.

Alors me voilà, tout seul dans mon bureau un peu trop grand pour moi. Je suis assis devant mon écran, il est 8h23. Je dois m'occuper de mes 5 clients (je fais du télé-marketing pour des firmes de conseil) et.... innover, créer, me projeter dans l'avenir.

Il est 8h23 du matin, à Montréal, et tout est possible.

La neige est vivante !!! Salut...

Flying-Antoine

La neige est vivante !!!


Salut à tous. Pour ma deuxième chronique je vous parlerai du personnage principal du Québec.... En particulier lors des mois d'hiver.... J'ai nommé la neige !! Comme disais je ne sais plus qui : «Mon pays, c'est l'hiver»
Car oui, je l'ai fréquentée la neige, je l'ai vue évoluer, se transformer au fil des saisons, depuis ma petite maison au bord de l'eau (et, hum, de la glace) en Abitibi.

Comme tout bon parisien niaiseux, je tenais la neige pour un élément simple, constant. Mais il n'en n'est rien.
D'abord, vers mi-octobre, elle tombe, pis elle fond de suite. Ensuite, quelques deux ou trois semaines plus tard, elle s'accroche quelques heures. Mais elle est toujours humide, grasse, elle colle. Elle disparait toujours.
Enfin, vers mi-décembre, v'là la vraie, la costaud, qui débarque. Et s'installe.
Celle-ci, par un bon –10 de moyenne, est sèche et légère. Sous le soleil qui illumine notre lac, au petit matin, elle est magnifique, étincelante. On en mangerait (ce qu'on fait quelques mois plus tard, mais agrémentée de sirop d'érable)
Alors on part souvent, sous un ciel tout bleu céruléen, arpenter sur nos raquettes de bois notre immense domaine de glace et de neige. On a chaud quand on marche, les lunettes de soleil ne quittent pas notre nez.
Et elle tombe, souvent, en Abitibi. Les gens sont ravis d'avoir un vrai Noël blanc. C'est l'hiver, les amis. Les maisons le soir s'illuminent de partout, les pères noël de plastique poussent dans les jardins immaculés comme d'étranges champignons. Ca sent la fête dans les chaumières, et il fait bien chaud en dedans.
Vers mi-janvier, alors là, on connaît les vrais froids. On surprend, au thermomètre tout glacé dehors, des –32. La neige ne pèse plus rien. C'est juste une qualité cristalline, de la lumière piégée dans du blanc. On sort, et de suite, les «poils de nez nous gèlent», c'est assez curieux. !
Bien équipés, les promenades restent toujours possibles. Et quel bonheur, au retour, de se blottir contre le poêle, une tasse de chocolat brûlant dans les mains !!! Ici, on dit que –20, c'est « confortable » !
Et puis vient le printemps. Il s'annonce an mars par une succession de tempêtes qui laissent en moyenne 20 cm de neige sur les toits. Les rues sont blanches. Parfois, les écoliers manquent l'école, on ne peut pas circuler. Les souffleuses à neige n'arrêtent pas. On est «tanné» de pelleter.

Début avril, la décrue s'annonce. Lentement, les toitures et les jardins tout pelés émergent ; d'abord de petites trouées, ensuite des étendues de plus en plus larges.
Et le lac, doucement, redevient.... un lac.
Chauffé au soleil, il change de couleur. C'est comme un grand corps qui se décompose. Il passe du blanc au jaune (la sloche) puis du jaune au verdâtre. Des trous apparaissent, qui s'élargissent lentement. Tout se fracture. La glace flotte par blocs, séparés par des veines d'eau libre. Et glaciale.
Enfin, un jour de grand vent, les icebergs viennent s'écraser les uns contre les autres. En deux jour, le lac est redevenu une vaste étendue d'eau bleue.
C'est le printemps !!!

Salut TLM Ceci est ma...

Flying-Antoine

Salut TLM

Ceci est ma tout première chronique, aussi tacherai-je de ne pas vous décevoir.

Tout d'abord, little self-portrait : J'ai 31 ans, et j'ai immigré au Québec avec ma blonde en mai 2001. Il faisait beau alors. Il fait encore beau aujourd'hui, quoique un peu chaud.
Mon profil est, euh, atypique : Mi entrepreneur (agence de Marketing Direct), mi artiste. La première dimension équilibre l'autre ; d'un côté je participe, de l'autre j'observe, je commente. Une distance et un dialogue intérieur indispensables à mon équilibre.
A part ça j'aime lire, écrire, marcher longtemps et loin. J'aime Isabelle.
....Et c'est sans doute parce que je vais être papa bientôt JJ que j'avais envie de vous soumettre cette réflexion :

....Un jour, tout bébé, vous avez ouvert vos yeux sur le Monde. Sans savoir ce qu'était une table, une chaise, un frigo, vous yeux se sont donc ouverts et se sont remplis de matérialité. Et, même si vous n'en avez aucun souvenir, ça a dû être une expérience unique. C'est à partir de ce moment, magique, que s'est construit, peu à peu, à petites touches, votre vision du Monde. Car avant de s'incarner dans une forme, et de prendre un nom, le Monde, avant tout, est Matière.

Et bien, immigrer, c'est un peu renaître.
Comme un bébé vous découvrez un univers où rien encore n'a vraiment d'étiquette. Et, à nouveau, vous ressentez toute cette matérialité. La pierre, le bois, le fer.... L'herbe, le ciel. Les façades, les allées, les rues.
Ma façon à moi d'apprendre ce nouveau monde, de me l'approprier peu à peu, c'est d'arpenter les rues de Montréal, de prendre de longues marches à travers ces trésors visuels, cette vie grouillante qui ne peut que très approximativement s'appréhender. Mais qui se ressent intensément.

Et Montréal, à ce titre, est incroyable. Habitué que j'étais aux rues de Paris, plutôt monotones, j'ai découvert une vraie impro de jazz. Mais en pierre, en briques, en bois, en ornements. Les juxtapositions sont hasardeuses mais ô combien jouissives visuellement, tel les pastels de Klee où les teintes, les matières se confrontent, s'additionnent, se parlent.
Montréal « downton » c'est un rythme accidentel, échevelé. Ici un parking, tel un cratère sauvage, s'ouvre entre deux tours à bureaux. Plus loin un massif de buissons fous donne la réplique à la sage ordonnance d'une entrée en marbre....
Montréal. Aux teintes et aux sonorités uniques. Propres à faire d'une simple promenade une avancée dans le Nouveau Monde.

Et je me laisse à penser, c'est fabuleux. Je me réapproprie mon regard. Je vois les choses comme je ne savais plus les voir.
Si tout le monde pouvait immigrer..... ;)

Re: Sur le point de...

Flying-Antoine

Re: Sur le point de se lancer...

Salut !!

Que de questions en effet mais on va faire le max :
- Dans quel ordre doit on procéder? D'abord trouver un emploi puis demander un Visa ou l'inverse? (combien de temps est valable le Visa?)
Non. obtiens d'Abord le visa (résident permanent) et cherche un job ensuite.
- La recherche du logement se fait à quel moment?
Sur place, après votre arrivée. C'est une occupation à temps plein, beaucoup de marche et de lecture (petites annonces). Pas facile en ce moment de trouver un condo à Montréal ; peut-être que d'ici un an et 1/2 ça ira mieux.
- Peut on espérer trouver un emploi sans se déplacer au Quebec?
Oublie ça. Les chances sont minimes. Tu chercheras dès ton arrivée, en même temps que le condo. Par contre, tu peux déjà te renseigner sur le marché du travail, et prendre des "contacts informels" avec des employeurs... Prépare des lettres de recommandation d'anciens clients et employeurs, c'est mieux que les diplômes !!
- Peut on immigrer avec ses animaux (chiens et chats)?
Aucun problème. Je l'ai fait. Ca prend un certificat de bonne santé, des vaccins à jour. Et il n'y a pas de quarantaine.
- Combien de temps en moyenne l'obtention du Visa prend elle?
Compte 1 an. Ca peut être plus rapide (8 mois) mais il faut aussi que tu t'organises, que tu vendes tes affaires, etc...
- De quoi doit on se souscier de plus? (or Visa, logement et emploi).
De ta capacité d'adaptation !!!! Emigrer est une grande aventure ; c'est un sacré chambardement et on a toujours tendance à en sous-estimer les effets (psychologiques notamment).
- A t-on nos chances ? (vu notre situation?)
Définitivement oui. Je ne vois pas pourquoi vous n'auriez pas votre visa...
Là dessus, je te laisse, bon courage !!

Antoine

Re: Questions de base pour...

Flying-Antoine

Re: Questions de base pour immigrer au CA

Salut !

Bienvenue au vaste club des néo canadiens français (ou belges, évidemment...);-)
Je ne connais pas les procédures exactes depuis Bruxelles mais j'imagine que, comme partout, il te faudra passer par les 2 étapes suivantes : 1- Dossier Provincial : Obtention du CSQ (Certificat de Sélection du Québec) 2- Dossier Fédéral : Obtention du Visa de Résident Permanent, après accord du Québec sur votre candidature.
Cherche, sur le site, dans la rubrique immigrer, tu y trouveras TOUTES les infos.

Oui, je suppose qu'être marié favorise le dossier. Il faut comprendre que le taux de natalité ici est très faible... Deux mariés, c'est déjà un prérequis pas mal pour faire un bébé :)

Chercher du boulot depuis l'Europe ?? Bof, à moins d'avoir un profil très recherché. Pour décrocher un job ici, il faut absolument et avant tout (du point de vue de l'employeur) avoir son Numéro d'Assurance Social (ou NAS pour les intimes). Mais si ton niveau est correct, tu n'auras pas de difficulté majeure à trouver un job après ton arrivée (et donc le tamponnage de ton visa, avec lequel on va ensuite chercher son NAS...) ; surtout que les belges sont très bien vus au Québec. Certains pensent qu'ils s'adaptent mieux que les français. A voir.

La meilleure période ? Oui, l'automne c'est pas mal. L'été on cuit à Montréal ; quant à l'hiver, ben ça prend un Kanuk (Sauf cette année où vraiment ils ont pas eu froid)

Un dernier mot : Il n'y a pas que Montréal. Pense Régions ; il y a plein de choses à y faire !!!

Salut,

Antoine

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