Une histoire d’amour de 7 ans

Etoilefilante79

Aujourd’hui, ça fait 7 ans, jour pour jour que j’ai posé le pied au Québec pour la première fois. Je venais passer 12 jours de vacances sans savoir que ces 12 jours bouleverseraient autant ma vie. Ce serait mentir que de dire que je me souviens précisément de tous les détails de mon arrivée à Québec, de tout ce que je fais pendant ces 12 jours, mais ce dont je me souviens très bien, c’était comme je me sentais incroyablement bien au Québec. J’ai visité Québec, Montréal et le Bas St-Laurent, je suis tombée en amour avec le fleuve, avec les plaines, avec le vieux Québec avec la gentillesse des gens (très classique, je sais !).C’était peut-être le printemps qui me donnait cette impression mais je trouvais qu’il flottait dans l’air une douceur de vivre incroyable.

En repartant en France, je ne savais que j’allais déménager au Québec l’année d’après mais je savais que je voulais absolument revenir et en découvrir plus sur ce pays. Il me restait un an d’études à faire et j’avais toujours eu comme projet d’aller passer une ou deux années à l’étranger ensuite. Je visais plutôt l’Irlande ou l’Angleterre, mais le Québec venait de tout balayer sur son passage. J’ai commencé à lire sur les possibilités d’études ou de travail, j’hésitais entre un PVT ou un permis d’études. Deux choix, deux vies différentes. Je n’avais pas envie de passer un an à faire des jobines et je savais que ça allait être très dur de trouver un travail dans mon domaine d’études, sans expérience et en ne restant qu’un an. J’ai donc décidé de faire une demande d’inscription au MBA de l’université Laval et je me suis dit que si j’étais acceptée, alors je partirais. On était en janvier. J’ai reçu ma réponse en avril et je me suis dit : go !

Je n’ai jamais eu peur, je n’ai jamais douté, je savais que j’allais vivre une superbe expérience, que c’était la bonne décision. Je me suis lancée dans les formalités : CAQ, permis d’études, formulaire de la sécurité sociale, recherche de logement, billets d’avion, valises et hop, j’ai traversé l’Atlantique pour deux ans le 18 juillet 2005. J’étais tellement excitée, c’est fou, rien que d’y penser, j’ai un large sourire sur le visage.

Bon, je ne vous raconterai pas ma vie en long, en large et en travers, mais ça ne m’a pas pris longtemps avant de me dire que deux ans au Québec ne suffiraient pas à apaiser ma soif de découvertes de ce pays. Le Québec rejoint mes valeurs, je trouve que la vie est douce ici et remplie de possibilités. Je pense que c’est ce que j’aime le plus du Québec d’ailleurs : les possibilités. Je ne veux pas comparer la France et le Québec mais je sais en dehors de tout doute que je ne serai pas rendu où j’en suis au niveau professionnel si j’étais restée à Lyon. Pour connaître aussi un peu le milieu de l’édition en France, je sais aussi que je n’aurais jamais vécu ce que je vis grâce à mes romans là-bas.

7 ans donc. C’est fou. C’est passé tellement vite. Il parait que ça prend précisément 7 ans pour être intégrée dans un nouveau pays. Techniquement, ça ne fait que 5 ans que je vis au Québec, mais ça ne m’a pas pris longtemps pour me sentir chez moi. J’ai dépassé depuis un moment le stade d’émerveillement des premiers mois, j’en sais beaucoup sur le Québec, sur son histoire, sa culture, sa politique, son fonctionnement, et je me sens intégrée. Mais je sais aussi qu’il me reste encore des tas de choses à découvrir et ça, c’est génial. Je sais qui sont RBO mais je n’ai jamais vu leurs sketchs. Je sais qui est Passe Partout mais ça ne m’émerveille pas comme ça émerveillent tous mes amis québécois. Je reste Française, même si chaque jour, je me sens de plus en plus Québécoise et les deux se côtoient sans problème.

Est-ce que je serai encore au Québec dans 7 ans ? Je ne sais pas. J’aime vivre ici sans aucun doute, et j’ai envie de stabilité mais je suis une globe-trotter dans l’âme et je n’exclus pas d’aller découvrir un autre pays un jour. En attendant, je continue de vivre mon histoire d’amour avec le Québec, une histoire totalement prévue mais finalement, je crois que c’est dans l’imprévu que naissent les plus belles histoires, non ?

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Le cercle social

Etoilefilante79

Bon, en ce lendemain d’élections dont on ne parlera pas (chacun a droit à ses opinions politiques), j’ai décidé de me changer les idées aujourd’hui en vous parlant d’amitié !

Je pense que l’un des nerfs de la guerre quand on s’installe dans un nouveau pays, c’est de se rebâtir un cercle social constitué de collègues, amis et connaissances. C’est long, ça prend plusieurs années avant de se sentir entouré et il faut se le dire, ça ne sera (presque) jamais comme avec nos amis en France. Personnellement, je connais tous mes amis à Lyon depuis au minimum 10 ans, alors forcément, je n’ai pas encore la même complicité avec les amis que j’ai ici. Mais je peux dire qu’après presque 6 ans au Québec, je sens enfin que j’ai un bon cercle social. Avec mon travail, avec la publication de mes livres, et avec le temps aussi, j’ai fini par rencontrer beaucoup de mondes dont certains sont devenus des amis.

Le conseil qu’on donne souvent aux immigrants, c’est d’éviter de se retrouver exclusivement entre personnes de même nationalité. C’est vrai, on n’est pas venus au Québec pour rester entre Français, l’un des bonheurs de l’immigration, c’est de découvrir notre société d’accueil. Sauf qu’il faut bien se le dire, il est plus facile de se découvrir des affinités avec des personnes qui comprennent ce que signifient immigrer, avec des personnes qui ont aussi les mêmes références culturelles. J’adore découvrir la culture québécoise, mais quand je suis avec des amis québécois qui parlent des shows de RBO, je me sens un peu seule. Quand ils parlent de leur jeunesse avec Passe partout, moi je pense au Club Dorothée ! Alors, oui, ça fait du bien de se retrouver en Français parfois, pour partager les mêmes souvenirs. De toute façon, je ne choisis pas de développer des amitiés avec quelqu’un à cause de sa nationalité, mais de sa personnalité.

Mais comment rencontrer des gens ? Je dois dire que de mon côté, l’université m’a beaucoup aidée. C’est certain que ce milieu est propice aux rencontres mais pour ceux qui arrivent directement sur le marché du travail, je dirais que tout est dans l’attitude et dans la patience. Au travail, je me mêle aux autres, je ne reste pas dans mon coin le midi, j’essaie d’être toujours de bonne humeur (un sourire ouvre bien des portes, à ne jamais oublier) et petit à petit, des contacts se créent, des contacts qui finissent par déboucher sur des sorties hors du travail. Je le répète, c’est long, et je ne considère pas mes collègues comme des amis, mais mine de rien, je passe d’excellents moments avec eux, que ce soit au travail ou en dehors. Je sais que certains considèrent qu’il ne faut pas mélanger vie professionnelle et vie privée, mais je trouve ça dommage. Bien sûr il faut respecter la personne en face, mais on passe 7h par jour ensemble, si des affinités se créent, autant en profiter, sans être trop intrusif non plus.

Ce qui aide aussi à faire des rencontres, ce sont les associations/clubs. J’adore la randonnée et en m’inscrivant à un club qui organise des sorties dans les parcs, j’ai pu faire plusieurs rencontres intéressantes. Cherchez ce que vous aimez et trouvez des personnes qui partagent votre passion. Vous pouvez aussi créer un blogue, ou intervenir sur des forums, les relations virtuelles peuvent déboucher sur de belles amitiés, j’ai deux amies que j’ai rencontrées grâce à mon blogue.

La clé dans tout ça, c’est de sortir, de faire des activités, d’avoir la bonne attitude et de ne pas vouloir tout, tout de suite. En discutant avec des amis Français, on s’est rendu compte qu’il faut un minimum de 5 ans avant de pouvoir se dire : ok, là, oui, je me sens entouré. L’amitié prend du temps. Que ce soit en France ou au Québec

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Le covoiturage, une façon écologique et ludique de voyager !

Etoilefilante79

La semaine dernière, je suis allée passer deux jours à Montréal et comme à mon habitude, j’ai effectué le trajet entre Québec et Montréal en covoiturage grâce à Amigo express. Je suis une fervente adepte du covoiturage depuis mon arrivée au Québec en 2005. On rencontre des gens de tout horizon, on échange, on discute, on rigole, des liens se nouent parfois, mais ce qui est sûr, c’est que c’est toujours une expérience agréable.

Quand j’ai commencé le covoiturage, il n’existait qu’Allô-Stop. Le principe est simple. Qu’on soit passager ou chauffeur, on doit s’inscrire et renouveler notre abonnement chaque année. Ceux qui sont chauffeurs doivent donner leur permis de conduire ainsi que les papiers de leur véhicule. Il faut également avoir un minimum de deux ans d’expérience de conducteur. Ensuite, pour chaque voyage, on paie 6 dollars à Allo-Stop pour la mise en relation avec le chauffeur ainsi qu’un montant pour le trajet que l’on remet au conducteur. Pour un trajet entre Québec et Montréal par exemple, c’est 13 dollars. Avec Amigo express, en revanche, c’est le chauffeur qui décide mais en général, cela varie entre 10 et 20 dollars.

J’ai découvert Amigo express un an après Allo-Stop, c’est le même service pour à peu près les mêmes tarifs sauf qu’à l’époque, il était le seul à offrir ses services par Internet. Je me souviens que pour Allo-Stop, il fallait tout le temps venir payer notre voyage à leurs bureaux, c’était assez contraignant. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, on peut faire et payer ses réservations sur leur site mais j’avoue avoir gardé une préférence pour Amigo express. Question de goût. On peut se créer un profil, ajouter une photo, on a accès aux coordonnées de notre chauffeur ou de nos passagers, et à chaque voyage en tant que passager, on renseigne un petit questionnaire de satisfaction qui s’inscrit dans l’historique des trajets de notre chauffeur.

J’avoue que je ne sais pas si Allo-Stop propose ce genre de choses, mais quoi qu’il en soit, les deux entreprises se valent à mon avis, mon but n’est pas de les opposer, mais bien de vanter les services qu’ils proposent et le sérieux des personnes qui les utilisent. En 6 ans, je n’ai dû faire face qu’une seule fois à un retard d’une heure de la part d’un chauffeur et encore c’était indépendant de sa volonté puisque sa voiture avait refusé de démarrer. Il faut dire qu’on se doit de respecter des règles précises si on veut rester membre et ne pas arriver en retard ou annuler ses voyages de manière intempestive, qu’on soit chauffeur ou passager, en sont deux.

En tant que femme, je n’ai jamais craint pour ma sécurité et je n’ai jamais entendu d’histoire d’agressions ou choses de ce genre. Chaque membre doit présenter une pièce d’identité à son inscription alors on ne peut pas faire n’importe quoi.

Ce que j’aime du covoiturage, je le redis, ce sont les rencontres que j’ai pu faire, les membres vont de 20 à 60 ans, homme, femme, québécois, immigrant, de toutes classes, il n’y a pas beaucoup d’occasions dans la vie où l’on peut rencontrer des gens que l’on ne rencontrerait pas d’habitude, des gens avec qui on peut confronter ses opinions, s’ouvrir à d’autres, et le covoiturage permet ce genre de choses. Ceci étant, ce n’est pas toujours mémorable, parfois, on peut passer tout le trajet à dormir et ma foi, ce n’est pas plus mal non plus !

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Petit guide pour survivre à l’hiver

Etoilefilante79

En cette reprise après le temps des fêtes, j’ai envie de vous (re)parler de l’hiver (sujet ô combien inépuisable !) puisqu’il a fait très froid il y a deux semaines (-44 en temps ressenti à Québec. C’était la journée la plus froide de ma vie !) et que ces derniers jours, il est tombé une belle bordée de neige (certains, dont moi, diront : enfin, ça manquait !).

L’hiver donc. Le froid, la neige, la glace, les tempêtes, le manque de lumière. Les voitures, les allées, les patios à déneiger. La slush et le calcium sur les chaussures. Ah que du bonheur ! Suis-je ironique ? Hum, à moitié. Passée l’euphorie des 2-3 premières années (wow, il fait -30 et je survis, qu’est-ce que je suis forte !), j’ai appris à aimer l’hiver et à m’ajuster à ses désagréments. Oui, je suis contente quand le printemps arrive mais je suis aussi contente des mois d’hiver que j’ai passés.

La chose la plus importante selon moi, c’est la manière dont on aborde cette saison. Il faut être positif, c’est primordial. Il faut voir ces mois d’hiver comme une autre façon de vivre. Je connais beaucoup de gens qui détestent l’hiver, qui sont déprimés de novembre à avril, qui n’en peuvent plus d’entendre les miss météos annoncer des -20 degrés et des 20 centimètres de neige, qui ne pensent qu’à leur voyage dans le sud, histoire de se dorer au soleil et je ne peux que trouver ça dommage. Je comprends que ce ne soit pas facile tous les jours (personne n’aime les -30, ni quand il fait nuit à 15h30) mais on vit dans un pays nordique, avec un hiver qui dure plus ou moins 6 mois. Le mieux c’est de l’accepter, de s’adapter et d’essayer de trouver une façon de l’apprécier, non ? En tout cas, moi c’est le cheminement que j’ai vécu. Quand je suis revenue au Québec, je me suis dit qu’il était hors de question que je déprime à cause de l’hiver.

La chose (un peu clichée, il faut bien l’avouer) qu’on répète à tout le monde, c’est de faire des sports d’hiver pour éviter de rester cloitré chez soi. Je suis d’accord avec le principe de ne pas passer ses fins de semaine à l’intérieur devant la télé, surtout quand il y a du soleil. OK, tout le monde n’aime pas le ski ou la raquette, mais prendre des marches de temps en temps ne peut que faire du bien. Personnellement, je sors tous les midis sans exception (même la journée où il a fait -44 !) pour prendre le soleil quand il y en a, ou au moins la lumière du jour. Je marche entre 15 et 45 min, dépendamment de la température. Ensuite je suis toujours en forme pour le reste de l’après-midi. Si vous partez de chez vous le matin alors qu’il fait nuit, que vous passez la journée enfermé, et que le soir, quand vous partez du bureau, il fait nuit, vous ne pouvez que déprimer. Je suis vraiment de meilleure humeur depuis que je prends des marches le midi. La fin de semaine également, j’essaie de faire une activité à l’extérieur parce que je reste convaincue qu’il FAUT sortir.

Mais évidemment, pour prendre du plaisir à nos activités extérieures, être bien habillé est une condition sine qua non. Je n’en reviens pas quand je vois certaines personnes (la plupart du temps, ce sont des jeunes ados) sortir comme s’il faisait 10 degrés. La journée où il fait -44, j’ai vu une jeune fille à l’arrêt d’autobus avec un manteau si court que quand elle a levé le bras, j’ai vu son tatouage sur le bas de son dos. Euh, allô ??? Ton tatouage, tu auras tout le temps de le montrer à parti du mois de mai !!! En hiver, on met des bottes (des vraies, pas de petites bottes à talons qui nous envoient directement sur les fesses dès qu’on pose le pied sur une plaque de glace), un manteau qui descend au moins jusqu’au bas des cuisses, une tuque, un foulard et des mitaines. Ça a l’air basique et pourtant, je vous assure que la moitié des personnes que je croise dans la rue ne sont pas habillés correctement. Normal de se plaindre du froid après ça.

À moi aussi, il m’arrive d’être tannée de l’hiver et du froid, personne ne passe ces longs mois avec un sourire accrochée au visage, mais j’ai remarqué que ceux qui passent plus facilement au travers sont ceux qui acceptent l’hiver au lieu de le rejeter et surtout, qui s’adapte. Donc, on s’habille, on sort, et on profite du soleil et du ciel bleu ! That’s it !

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Le temps des fêtes

Etoilefilante79

Chronique de circonstance puisque Noël, c’est à la fin de semaine ! J’avais donc envie de terminer ma dernière chronique de 2010 en parlant de mes découvertes québécoises sous un angle des fêtes. J’ai eu la chance, en arrivant au Québec, d’être plongée tout de suite dans la culture québécoise puisque je sortais avec Québécois. Je crois d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle je suis tant attachée au Québec : j’ai eu un super « guide » qui m’a fait découvrir le Québec et ses valeurs en dehors des clichés usés.


Au niveau culinaire, je suis tombée en amour avec deux mets : la sauce aux canneberges que l’on déguste avec la traditionnelle dinde et la tourtière du Lac. Je passe Noël en France cette année et j’ai pourtant décidé de cuisiner une tourtière à ma famille, c’est dire combien je ne peux plus me passer d’un Noël sans tourtière ! Personnellement, je trouve que si vous avez quelque chose à découvrir au niveau culinaire, en plus de la traditionnelle poutine, c’est bien ça ! En ce qui concerne le dessert, je ne pense pas que le pouding chômeur soit typiquement un dessert du temps des fêtes mais pour moi, ça l’est. Bien plus que la bûche d’ailleurs, que je n’ai jamais réellement aimé.


Ce que j’apprécie beaucoup aussi pendant le temps des fêtes, c’est le traditionnel Ciné-Cadeau de Télé-Québec où l’on peut s’émerveiller chaque jour pendant presque un mois devant des classiques tels que les Astérix et Obélix, Tintin, Lucky Luke et Garfield, en autres. Et tant qu’à rester devant la télé : il y a deux films québécois que je me dois de regarder pendant les fêtes : La guerre des tuques et le Sapin a des boules.


Si on passe du côté musique, et si on veut élimer les calories de la tourtière ou du pouding chômeur, je vous conseille de vous essayer au rigodon sur de la musique traditionnelle : Mes Aïeux bien sûr (je vous ai déjà dit que j’adore ce groupe et que je veux me marier avec Stéphane Archambault ? Ben voilà, c’est fait !) mais aussi La Bottine Souriante que j’ai découvert il y a deux ans. Cette chanson me donne envie de danser dès que je l’entends.


Évidemment, Noël, c’est aussi universel alors les cadeaux, l’alcool, les soupers enflammés, le sapin, tout ça, c’est pareil ici ! Mais si on a de la chance, il peut neiger le 24 au soir et le lendemain, on peut commencer la journée en faisant un beau bonhomme de neige avec ses enfants ! C’est ce qui m’a toujours manqué quand j’étais petite, je voulais de la neige à Noël parce qu’il faut bien se le dire, on peut chialer le reste de l’année contre la neige, mais à Noël, elle est indispensable ! Je vous souhaite donc un merveilleux Noël en France ou au Québec, profitez bien de vos vacances et rendez-vous l’année prochaine !


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Le bon équilibre

Etoilefilante79

Si je suis retournée au Québec, ce n’est pas seulement à cause des possibilités professionnelles qui m’attendaient, c’est aussi (et surtout) parce que beaucoup de valeurs des Québécois rejoignent les miennes. Si je prends ma vie professionnelle par exemple, il y a une en particulier que j’apprécie énormément : c’est la conciliation travail-famille. Je fais partie d’un comité à ma job et notre mandat est de définir ou améliorer les mesures de l’entreprise visant à favoriser la conciliation travail-famille.

J’avais envie d’aborder ce sujet dans ma chronique parce que je pense que beaucoup d’immigrants viennent chercher ici une meilleure qualité de vie et que selon moi (ou en tout cas pour moi), elle passe beaucoup par un bonne équilibre entre le travail et le reste.
Je suis consciente que toutes les entreprises au Québec ne s’attardent pas à la conciliation travail-famille, mais il me semble que c’est une notion de plus en plus présente

La conciliation travail-famille, ça consiste en quoi exactement ? A permettre aux employés d’effectuer leur temps de travail en respectant ses autres obligations, notamment familiales. Concrètement, cela passe par plusieurs mesures (liste non exhaustive) :

Les horaires variables : cela permet d’arriver plus tard un matin ou de partir plus tôt un soir puisqu’on peut rattraper les heures manquées durant le reste de la semaine. Évidemment, sauf force majeure, on ne peut manquer des réunions importantes par exemple, et il faut avertir ses collègues/boss de son absence mais c’est très appréciable quand on a un rendez-vous chez le dentiste ou quand on veut prendre une pause plus longue le midi. Et puis, pour moi qui suis toujours en retard, je ne stresse plus le matin, je peux arriver à 7h30, 8h00, 8h30, 9h et ça j’adore !

Le télétravail : quand on a des enfants, ou tout simplement, quand on vit dans un pays où il neige souvent, c’est très agréable de pouvoir travailler de la maison une fois de temps en temps parce qu’on doit veiller sur un enfant malade ou parce que notre voiture ne démarre pas.

La semaine de 4 jours : je travaille à 4 jours depuis septembre et je trouve ça tellement parfait. Je croise les doigts pour pouvoir le faire le plus longtemps possible ! Je peux honnêtement dire que je ne suis jamais de mauvaise humeur le dimanche soir/lundi matin parce que je suis reposée et que je suis plus que prête pour une nouvelle semaine de travail.

La non-obligation de se tuer au travail pour espérer obtenir une promotion/augmentation de salaire : je côtoie beaucoup de chefs de service, directeurs, vice-présidents dans mon travail et ce qui me frappe, c’est que la plupart ne semblent pas avoir dévoué leur vie à leur travail. Ils sont impliqués, motivés, responsables mais à 17h, ils ont quitté leur bureau. Bien sûr, il y a des exceptions, j’ai déjà travaillé avec une directrice qui m’envoyait des courriels le dimanche matin à 7h ! Je sais aussi que certains avancent leurs dossiers de chez eux le soir et que le fait de travailler dans la fonction publique leur permet d’avoir des conditions de travail en or. Mais ça ne m’empêche pas de savoir que même si je ne désire pas accumuler les heures supplémentaires, ça ne nuira pas à l’avancement de ma carrière ni à ma progression salariale.

Un temps de vacances annuelles appréciable : personnellement, même si j’adore ce que je fais, je ne vis pas pour travailler, je travaille pour vivre. Alors les vacances, c’est important ! Je sais que l’entreprise pour laquelle je travaille sort du lot et que 5 de vacances dès l’embauche, à part au gouvernement, c’est rare. Mais je suis persuadée que même si ce n’est pas dans la politique RH de l’entreprise qui veut vous engager, vous ne perdez rien à demander une ou deux semaines de vacances supplémentaires à ce qu’on vous offre. Une entreprise ne passera pas à côté d’un employé recherché à cause de ça.

Pourquoi ? D’une parce que nous sommes dans un contexte de pénurie de main d’œuvre qualifiée et de deux parce que la plupart des entreprises savent que la conciliation travail-famille permet de réduire le taux d’absentéisme et le taux de stress. Conséquences : les employés fournissent un meilleur rendement et de restent fidèles à l’entreprise. Tout le monde y gagne.

Conclusion : je vous encourage donc à parler de conciliation travail-famille à vos employeurs !

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Qu’est-ce qu’on regarde ce soir ?

Etoilefilante79

Sujet léger aujourd’hui puisque j’ai envie de vous parler de télé québécoise. Je vous le dis tout de suite, je suis très très difficile concernant les séries/émissions que je regarde, depuis des années, je n’allume ma télé que 5 ou 6 heures par semaine, ça a même été la dernière chose que j’ai achetée quand je me suis réinstallée au Québec. Avec Internet et le merveilleux Tou.tv de Radio-Canada, pourquoi s’embarrasser de contraintes horaires pour regarder ce qu’on aime ? Sans compter que le temps des pauses publicitaires est réduit à son maximum. Mais, il y a plusieurs séries québécoises que je ne peux pas attendre qu’elles soient sur Internet pour les regarder, il y a d’autres qui ne sont pas en rediffusion sur le web.

OK, je commence par un coup de cœur qui m’a renversée comme je ne l’avais pas été depuis longtemps : La Galère. Quatre femmes, toutes différentes, toutes attachantes, avec leurs enfants qui décident de vivre ensemble dans une grande maison. La prémisse ne semble guère attrayante mais je vous assurer que cette série est magnifique. On passe du rire aux larmes en trente secondes, les situations sont poignantes, peut-être un peu exagérées parfois, mais j’adore le lundi soir grâce à La Galère. Ma préférée, c’est Claude, hystérique, tellement drôle, et touchante. Certains diront que c’est une émission de filles. Évidemment. L’auteure est une femme, les personnages principaux sont des femmes. Est-ce qu’on a catalogué Les invincibles comme émission de gars sous prétexte que les auteurs et acteurs étaient en majorité des gars ? Peut-être un peu. N’empêche que des tas de filles regardaient. Et je sais que des tas de gars regardent La Galère.

Parlant des Invincibles, série adaptée en France et diffusée sur ARTE au printemps dernier, elle m’a beaucoup fait rire. Même si j’ai détesté mais alors vraiment détesté le dernier épisode et le message que ça envoyait, je dois dire que c’est quatre ados attardés qui décident de larguer leurs blondes au même moment pour profiter de la vie m’ont vraiment fait rires durant les trois ans que ça a duré. Et que de Lyne la pas fine ? La série vaut le détour juste à cause d’elle.

La première série que j’ai découverte, c’est Rumeurs, une série s’attardant sur la vie des employés d’un magazine géré par Madame Lauzon, personne haut en couleurs. L’écriture d’Isabelle Langois, la scénariste avec qui j’ai échangé plusieurs courriels sur le métier d’auteure de séries, est punchée à souhait, directe, incisive, drôle. J’avoue que j’en perdais des bouts parfois, ça ne faisait que quelques semaines que j’étais au Québec quand j’ai repris la série du début et les expressions associées au débit parfois très rapides des acteurs me faisaient tourner la tête. Isabelle Langois a lancé une nouvelle série cet automne Mauvais Karma, malheureusement, je n’accroche pas. Je n’arrive pas à m’attacher aux personnages ni aux situations et j’en suis la première déçue.

Heureusement, je me console avec Tout sur moi qui passe juste après. Tout sur moi raconte la vie romancée de trois acteurs qui jouent leurs propres rôles. Il y a beaucoup d’acteurs qui font des apparitions, jouant eux aussi leurs propres rôles. Et puis même Stéphane Bourguignon, l’auteur, s’est mis en scène durant quelques épisodes. Si vous voulez rire, vous détendre, cette émission est pour vous. J’adore Macha Limonchik, que j’ai découvert dans Pure Laine, une série plutôt humoristique mais avec des réflexions très justes sur la vie d’un couple mixte et de leur fille asiatique, série que je conseille à tout immigrant d’ailleurs. Macha Limonchik a aussi joué dans La vie, la vie, une autre série écrite par Stéphane Bourguignon qui a eu un succès monstre au début des années 2000. Succès amplement mérité selon moi. J’ai d’ailleurs les DVD à la maison. L’histoire ? La vie de 4 trentaines : un couple, un célibataire qui se cherche et un homosexuel qui se cherche aussi. Ce qui est drôle, c’est que le dernier épisode de Tout sur moi de cette semaine a intégré les acteurs de La vie, la vie, l’épisode a même pris les décors, la musique, le logo, c’était juste… génial.

Enfin bref, tout ça pour dire que je redécouvre la télé avec plaisir, alors

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Retour aux sources (bis)

Etoilefilante79

Presque trois mois déjà que je suis de retour à Québec. Un retour aux sources. Le deuxième. L’année dernière, je suis revenue en France pour me ressourcer et voir ce que mon pays avait à offrir après 4 ans d’absence. Aujourd’hui, je suis revenue dans mon second pays. On me demande souvent pourquoi je me sens chez moi au Québec, mais je ne saurais l’expliquer, c’est comme ça, c’est tout. C’est ensemble de gens, de choses, de projets qui font que ma maison, mon foyer est ici. Aussi. Dans un monde parfait, j’emmènerais tous mes proches en France au Québec et on vivrait tous heureux.

L’immigration n’est pas facile, on laisse ceux qu’on aime derrière soi. On les force à vivre la tristesse de la séparation alors que c’était notre décision de partir. On a choisi de souffrir du manque, pas eux, mais ils le vivent quand même. Je pense que c’est ce qui me sera la plus difficile durant les prochaines années : savoir que mes proches construisent leurs vies en France pendant que je construis la mienne ici et que toutes les choses improvisées que l’on peut faire parce qu’on habite dans la même ville sont maintenant impossibles. Mais bon, d’autres amis m’ouvrent leur bras ici. Et c’est d’ailleurs en revenant que je me suis rendu compte que j’avais construit beaucoup de choses au Québec, des choses que mon année d’absence n’a rien altéré. Les amitiés sont intacts et d’autres se créent.

J’ai recommencé à travailler dans mon ancienne firme qui m’a accueillie à bras ouverts avec des conditions en or : 4/jours semaine (j’y tenais), augmentation de salaire comme si je n’étais pas partie, 4 semaines de vacances amovibles + 1 fixe à Noël et surtout j’ai retrouvé mes collègues qui m’ont envoyé un petit mot de re bienvenu. On ne le dira jamais assez, choyez votre réseau, ne quittez jamais une entreprise en claquant la porte. Surtout à Québec où le milieu est plus petit qu’à Montréal et où tout le monde se connaît.

J’ai donc recommencé à travailler et je m’éclate totalement. Mon MBA est reconnu, mon expérience aussi, on ne me traite comme la petite jeune qui ne connaît rien à la vie. Quand je compare ce qu’on m’offrait en France après des mois de recherche avec ce que j’ai obtenu ici en une rencontre de vingt minutes, je me dis qu’un jour ou l’autre, mon pays va frapper un mur. Je ne sais pas lequel, mais il fonce droit devant.

En France, j’avais l’impression que toutes mes années d’études ne servaient à rien, et c’était dur à vivre. Pendant toute mon adolescence, je me répétais et mes parents me répétaient aussi que grâce à mes études, j’allais trouver un travail intéressant, bien payé, à la hauteur de mes ambitions. Malheureusement, la France n’a pas été capable de m’offrir ça. Ici j’ai tout une carrière professionnelle qui m’attend.

Hier soir, sur internet, je regardais quelques reportages d’Envoyé spécial, l’un sur les jeunes des banlieues, promis à la délinquance et à la prison, et l’autre sur la discrimination au sein même de l’administration française et j’avais mal au cœur. Je n’aime toujours pas comparer la France et le Québec, mais parfois, les différences sont tellement flagrantes qu’elles nous sautent aux yeux.

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Après un an en France

Etoilefilante79

Bon, première chronique de ce côté-ci de l’Atlantique. Et, en ce 19 juillet 2010, cela fait 5 ans, jour pour jour, que je suis arrivée au Québec avec un permis d’études. Il s’en est passé des choses en 5 ans ! Si j’étais arrivée en tant que RP, je serais Canadienne à l’heure qu’il est. Ce sera donc pour dans 3 ans ! Mais, même si je ne suis pas encore citoyenne du Canada/Québec, je suis maintenant convaincue que mon avenir est ici. Peut-être pas jusqu’à la retraite mais en tout cas pour un long, long moment. D’ailleurs, à peine deux semaines que je suis là et voilà mon accent français totalement évaporé ! Quand je suis allée récupérer mes boites qui arrivaient de France à l’aéroport la semaine dernière, les employés ne voulaient pas croire que j’étais Française. Je suis un caméléon, faut croire.

Que dire, donc, de cette année passée en France qui s’est transformée malgré moi en une année sabbatique consacrée à l’écriture de mes romans ? Que je ne regrette pas de l’avoir vécue. Les choses ne sont peut-être pas passées comme je l’espérais mais il fallait que j’en passe par là. J’ai pu profiter totalement de ma famille et de mes amis, du fromage et du vin pas cher et confirmer une décision prise il y a 5 ans : partir pour découvrir, ou aujourd’hui, repartir pour redécouvrir.

Je suis quand même triste de voir que mon pays n’arrive pas à procurer un avenir enrichissant et stimulant à une majorité de jeunes diplômés. Je sais que c’est la crise, mais c’était déjà comme ça bien avant son arrivée. J’ai un bac + 5 et 3-4 ans d’expérience dans mon domaine et tout ce que je trouvais, c’était des postes d’assistante, payé à peine plus haut que le smic, et évidemment, il ne fallait pas compter sur un poste permanent. Sans compter que mon âge (j’ai 30 ans, je suis une femme, je vais faire des enfants et partir en congé dans les prochaines années) et ma couleur de peau (j’ai envoyé des cv sans photo et les réponses étaient deux fois plus nombreuses) ne jouaient vraiment pas en ma faveur. La France ne se rend pas compte de la richesse qu’elle perd.

Avant de partir, je suis tombée sur l’émission : Complément d’enquête sur France 2. À un moment, un jeune ingénieur d’origine Magrébine qui ne trouve pas de travail explique que c’est la France qui est perdante dans la situation : elle forme ses étudiants plus ou moins gratuitement, l’université ne coûtant presque rien, et ensuite elle laisse partir ces jeunes intelligents et prêts à s’investir dans leur boulot à l’étranger parce qu’elle ne les embauche pas. En somme, elle nous empêche de lui rendre ce qu’elle nous a donné. C’est tellement vrai.

J’ai une amie qui a une licence en anglais et qui travaille comme caissière depuis 3 ans. Une autre qui est secrétaire avec une maitrise en ressources humaines. Un autre qui est chef de rayon avec un diplôme d’ingénieur. Leur potentiel n’est tellement pas exploité que ça me fait mal au cœur. Si je suis repartie au Québec, c’est parce que je ne voulais pas entrée dans ce cercle : être assistante RH et attendre 3 à 5 ans avant de retrouver un emploi équivalent à celui que j’ai eu en sortant de l’université au Québec ? Car c’est exactement ce qu’on m’a dit dans plusieurs entretiens d’embauches. Merci, mais non, merci.

Je suis ici depuis deux semaines, je n’ai même pas encore commencé à envoyer de cv que j’ai déjà deux jobs en vues, mon réseau professionnel était au courant depuis un moment de mon retour à Québec. Que demander de plus ? Je me suis souvent demandé pourquoi j’avais laissé la proie pour l’ombre en revenant en France l’année dernière. Ce n’est pas comme si j’ignorais que trouver un travail allait être difficile, mais il fallait que je vienne voir par moi-même la situation. Je suis venue, j’ai vu et… j’ai été vaincue ? comme aurait dit Jules César s’il avait perdu son combat.

Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je n’ai plus envie de me battre pour avoir un travail, un appartement, et des gens compétents dans les administrations. Oui, je suis triste d’avoir laissé (encore) ma famille et mes amis. Oui, le Québec a ses côtés négatifs (l’hiver, l’hiver, et, euh, j’ai dit l’hiver ?) mais je me sens mieux ici. C’est comme ça. Et puis maintenant, quand je retournerai en France, ce sera en tant que touriste et je pourrai apprécier le meilleur de mon pays, sans les inconvénients.
Sur ce, un bon été à vous tous et rendez-vous à la rentrée !

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Les quartiers de Québec

Etoilefilante79

Je vous ai déjà parlé de Québec et de mon amour pour cette ville. Aujourd’hui, j’ai décidé d’y aller de façon plus pragmatique en vous parlant des différents quartiers de la ville que je connais. Je ne les connais pas tous. Même si j’ai déménagé trois fois en quatre ans, je suis toujours plus ou moins resté dans le même coin. Mais j’avais des amis dispersés un peu partout et je pense avoir une vue d’ensemble assez bonne.

Quand je suis arrivée à Québec pour étudier, j’ai loué une chambre en colocation à 5 minutes de l’Université Laval, à Sainte-Foy. Ce que j’aimais de ce quartier somme toute très étudiant, c’était la proximité de la rue Myrand avec ses cafés (J’adore l’ambiance du Temps Perdu personnellement) et de la Pyramide, un petit centre commercial rassemblant quand même une salle de gym, une pharmacie, une épicerie, une bijouterie, une librairie, le cinéma le Clap que je recommande pour sa programmation, le restaurant chez Victor (vous voulez manger de délicieux hamburgers ? C’est l’endroit) et j’en passe ! Et puis pour ceux qui n’ont pas de voiture, ce quartier est très bien desservi par le RTC. C’est un plus non négligeable. Le seul hic, c’est que les loyers sont assez chers. Je ne sais pas si c’est la proximité des grands centres commerciaux comme Place Laurier, la proximité des ponts pour rejoindre l’A20 ou de l’aéroport, mais dans Sainte-Foy-Sillery, il faut en général compter au minimum 600 dollars pour un trois et demi.

Après Sainte-Foy, j’ai habité dans le quartier Montcalm et je dois dire que c’est mon quartier préféré. Là encore les loyers sont chers, autant, si ce n’est plus, qu’à Sainte-Foy, les bus passent de façon régulière, les habitations sont en général des constructions plus anciennes, mais j’ai adoré cette sensation d’être en ville tout en étant à la campagne. Il y a des arbres magnifiques dans certains rues, le parc des Braves à proximité et bien sûr, les plaines. Et si vous voulez de l’animation, il y a l’avenue Maguire pas très loin, l’avenue Cartier et la Grande Allée. Et bien sûr, au bout, il y a le Vieux-Québec. J’avais une amie qui habitait dans une rue parallèle à la rue St-Jean. J’aime ce quartier mais personnellement, je n’y vivrai pas. Les loyers sont chers, les ruelles étroites, les constructions anciennes et se garer relève presque du miracle. Mais on est près de tout. Et c’est un quartier vivant.

Si le cœur nous en dit, on peut descendre directement dans le quartier St-Roch par un escalier reliant la haute et basse ville. Il fut un temps où ce quartier abritait les plus défavorisés et je sais que la grand-mère d’un ami a encore peur d’y aller. Mais la ville a fait beaucoup d’efforts pour redynamiser le quartier. La rue St-Joseph est attractive avec ses boutiques et ses restaurants, il y a la belle bibliothèque Gabrielle Roy et ma défunte pâtisserie préférée de macarons qui a fermé au début de l’année. Snif. Je ne m’en suis toujours pas remise. J’aime ce quartier. Il y a beaucoup de lofts à louer, et si les loyers sont un peu moins chers, ils ont tendance à flamber avec les années.

En continuant vers le nord, on arrive vers le quartier Limoilou, considéré comme plus populaire. Les loyers sont effectivement moins chers. Pour 600 dollars on peut facilement avoir un quatre voire un cinq et demi et on peut pratiquement tout faire à pied. Personnellement, j’adore l’architecture des habitations avec les escaliers extérieurs en colimaçon. D’une certaine façon, je trouve que certaines rues ressemblent à des rues du Plateau Mont-Royal. Pour les fans de hockey, il y a le Colisée Pepsi pas loin. On peut aussi aller se balader dans nombreux parcs, dont le magnifique domaine Mazairets. Et ce quartier reste encore assez bien desservi par les bus.

Ça, c’étaient les quartiers que je connais plus ou moins bien. Il y a d’autres. Beauport que je ne connais que pour son centre commercial parce que j’y fais une séance de dédicaces et parce que mon dentiste y a son cabinet. Charlesbourg dont j’adore la bibliothèque et le quartier Trait-Carré. Les loyers sont en moyenne à la hauteur de Limoilou, Mais là, on est dans la banlieue et il faut absolument une voiture pour faire ses courses ou rejoindre la ville. Le seul truc chouette pour moi, c’est qu’à Beauport, on n’est pas loin de l’île d’Orléans et de la route qui mène à Charlevoix et qu’à Charlesbourg, on n’est pas loin de la route qui mène à Stoneham, le centre de ski le relais, le parc de la Jacques Cartier et encore plus loin Chicoutimi.

Je ne parlerai pas de Vanier, du quartier Saint-Sauveur, de Duberger-Les Saules, de L’Ancienne-Lorette, de Loretteville, de Lebourgneuf et j’en passe parce que je ne connais mal ces quartiers. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a beaucoup de nouvelles constructions dans Lebourgneuf, qu’une voiture est indispensable et que les Galeries de Capitale se trouvent dans le coin.
Personnellement, je me réinstalle à Sainte-Foy en juillet. Pour sa proximité avec la ville, pour son côté banlieue sans trop en être, pour ses services, pour ces boisés un peu partout, pour sa plage au bord du Fleuve et tout simplement parce que je m’y sens bien.

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Parce que j’aime la France

Etoilefilante79

Le (re) départ approche. J’ai réservé mon aller simple pour le 2 juillet et, avec le départ, il y a le stress des préparatifs bien sûr, mais surtout l’envie de profiter au maximum de la France et de ceux que j’aime et que je laisse ici. Ayant déjà vécu au Québec pendant 4 ans, je sais exactement ce qui va me manquer. Je vais profiter de mes proches, évidemment, mais je vais aussi profiter de mon pays, parce que même si je repars, je ne pars pas en claquant la porte. La France et moi, on ne divorce pas. J’ai donc prévu une sorte de pèlerinage pour les 50 derniers jours qui me restent à passer en France.

Je vais découvrir et redécouvrir la France. J’adore l’histoire, j’adore les vielles pierres et surtout j’adore Paris. Je vais donc passer trois jours dans la capitale histoire de retourner visiter le Louvre, le musée d’Art Moderne, histoire me balader à travers le jardin du Luxembourg, le quartier Latin, le quartier Montmartre. Et puis je vais enfin visiter le château de Versailles, une chose que je repoussais indéfiniment.

Je veux aller dans le sud aussi, à Cassis, à Toulon et sur l’île de Porquerolles, parce que j’adore ces coins, parce que j’adore la mer, le bruit des vagues et l’odeur. Et s’il me reste du temps, je voudrais aller faire un tour à la montagne, une grande, haute et belle montagne. La nature est belle aussi en France.

Et puis après les villes, les paysages, les musées, ce qui le plus me manquer, c’est la gastronomie. Mon Dieu que le deuil va être dur ! Oui, je sais qu’on retrouve à peu près tout au Québec, mais il faut chercher, fouiller, se renseigner et surtout mettre le prix. Je vais prendre dix kilos avant mon départ, mais ce sera pour la bonne cause ! Je veux manger une choucroute, un cassoulet, une tartiflette, je veux souper dans un bouchon lyonnais (tous ceux qui passent à Lyon doivent absolument manger dans un vrai bouchon !). Je veux m’arrêter dans une boulangerie, sentir le pain frais, les viennoiseries, la pâtisserie. Je veux dévorer des macarons, des tartes tatins et des vacherins. Je veux me balader dans le Vieux-Lyon, en pensant à tout ce que j’ai vécu ici.

Je veux faire tout ça et partir avec la tête remplie de souvenirs. Parce que quitter son pays natal pour son pays d’adoption, c’est regarder vers l’avant mais sans renier le passé. Je pars pour des raisons, des déceptions, des rêves qui me sont propres, tout en étant conscience que la France m’a apportée beaucoup.

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Deux pays, deux foyers, une décision

Etoilefilante79

Je viens de passer trois semaines au Québec pour la sortie de mon deuxième roman et pour le salon du livre de Québec. J’y allais aussi pour préparer mon retour en juillet et valider une dernière fois une décision prise depuis longtemps : retourner vivre au Québec. En descendant de l’avion, je me suis rendu compte d’une chose : je n’avais pas l’impression d’arriver dans un pays étranger, j’avais l’impression de rentrer à la maison. Et j’ai eu cette impression pendant tout mon séjour. Paradoxalement, ça m’a un peu déçue parce que je n’ai pas ressenti cette excitation que l’on ressent quand on arrive dans un nouveau pays où tout est à découvrir. Terminée l’excitation parce que je croise des écureuils ou parce que je goûte à la poutine. Ces choses-là font maintenant parties de moi. Je sais qu’il me faudra toute une vie pour connaître le Québec dans son ensemble ainsi que la société québécoise, mais à l’heure d’aujourd’hui, je peux dire que j’ai adopté le Québec et que le Québec m’a adoptée.

J’ai vécu trois semaines magiques. D’abord au salon du livre où j’ai (re) découvert mes lecteurs et où j’ai croisé d’anciens collègues venus me voir, discuter de mon livre et de mes projets d’avenirs. L’entreprise pour laquelle je travaillais publie sur l’intranet un journal de nouvelles chaque semaine sur l’actualité de la boîte, sur les départs, les arrivées, les nouveaux contrats, et ils avaient parlé de moi : une ancienne collègue présente au salon du livre de Québec. Ça m’a vraiment touché de voir qu’après un an, on ne m’avait pas oubliée. Et puis, surtout, on m’a proposé plusieurs fois de reprendre mon poste et ça, c’est la plus belle preuve de reconnaissance de mon travail qu’on pouvait me faire.

Après le salon, je me suis mise en quête d’un appartement. Les baux commençant au 1er juillet de chaque année, je savais que j’étais dans la période idéale pour trouver quelque chose. J’étais exigeante, j’avais mes critères : taille, localisation, loyer, services, et ils ont tous été remplis sauf un : je m’accommoderai du tapis (moquette) dans la chambre, fortement compensé d’ailleurs par la présence d’une piscine extérieure !

J’avais un peu peur de ne pas contenter l’agence de location d’immeuble quand j’ai rempli ma demande. Après tout, pourquoi louer un appartement à une femme sans travail qui vit actuellement en France ? Mais j’ai de la chance d’avoir un bon historique de crédit, d’avoir de bonnes références auprès de mes anciens propriétaires et d’avoir déjà travaillé au Québec. Ça, combiner à l’offre de payer deux mois de loyer immédiatement a été suffisant. Un propriétaire n’a pas le droit d’exiger d’avance, voilà pourquoi, c’est moi qui l’ai proposé. Et je pense que cette pratique peut grandement aider les nouveaux arrivants, surtout sans historique de crédit, à se louer un appartement sans trop de problème. J’ai donc signé mon bail quelques jours avant mon départ (qui a bien failli ne pas avoir lieu à cause du volcan islandais !).

Et puis, alors que je faisais une entrevue pour mon livre avec un journal mensuel traitant de l’immigration, on m’a proposé un petit contrat de pigiste. Un éditorial par mois sur ma vision de l’immigration et de l’adaptation au Québec. Pas de quoi vivre, évidemment, mais qu’est-ce que j’aime me faire proposer des contrats sans même le demander ! La dynamique du monde du travail est tellement différente au Québec. Tout bouge plus vite, mais j’avoue que j’ai bâti un bon réseau professionnel et social en 4 ans. Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir mais j’ai confiance.

Mon chat, mes livres, mes valises et moi retraversons donc l’Atlantique fin juin. Ça ne sera pas sans tristesse (mes proches me manqueront), ni appréhension (et si je me plante cette fois ? Tout est allé trop bien la première fois, non ?) mais ce sera avec la certitude de faire le bon choix. Je m’énerverai encore contre le fromage et le vin hors de prix (plus de 3 fois plus chers qu’en France parfois !), contre l’hiver qui décide d’envoyer une dernière bordée de neige le 17 avril cette année (j’ai cru halluciner quand j’ai vu ça !), contre certaines décisions politiques (opinion personnelle), contre l’état des routes, ou le système de santé mais je le ferai parce que, malgré tout, j’aime le Québec et que je serai heureuse et fière d’apporter ma modeste contribution à cette société.

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Minorités visibles, minorités audibles

Etoilefilante79

On parle beaucoup de nibab, de profilage racial, d’accommodements raisonnables dans la presse ces temps-ci. J’ai lu beaucoup de commentaires de la part de Québécois et d’immigrants. J’ai participé à des discussions avec des amis sur Facebook. J’ai réfléchi, évalué, repensé à ce que, moi, j’ai vécu au Québec et, aujourd’hui, je continue de penser que d’une manière générale, les Québécois sont ouverts aux autres cultures et les respectent. Et je suis également persuadée les générations qui suivent le seront de plus de plus en plus.

Je suis tombée l’autre jour sur une entrevue de Rachid Badouri, un humoriste québécois (très drôle en passant) qui racontait son expérience dans les écoles. Il participait, avec le ministère de l’intégration et des communautés culturelles, à un programme de diversité culturelle. Au bout d’un moment, ils sont rendu compte que c’était les élèves qui leur apprenaient des choses parce que, pour eux, la diversité culturelle se vit au quotidien depuis toujours. Ils côtoient des cultures différentes depuis leur entrée à l’école.

Je fais partie des minorités visibles. Je fais même partie des minorités audibles avec mon accent français. Mon expérience est personnelle. Subjective. Et je ne tiendrai peut-être pas le même discours si j’étais un jeune garçon noir habitant dans Montréal Nord, mais voilà, moi, en tant que femme noire de 30 ans, je peux dire qu’en 4 ans de vie au Québec, on m’a beaucoup plus parlé de la France que de ma couleur de peau. D’ailleurs, les gens étaient souvent déçus quand ils apprenaient que je venais de France et pas d’un pays plus « exotique ». La France, les Québécois la connaissent bien et je suis sûre qu’ils auraient aimé que je vienne d’ailleurs pour que je puisse leur parler de mon pays.

J’ai déménagé trois fois en 4 ans et je n’ai jamais eu de problème à louer un appartement. J’ai travaillé pendant mes études, j’ai été recommandée par des profs pour des jobs d’assistantes. Quand j’ai eu mon diplôme, j’ai trouvé un travail très vite avec d’excellentes conditions. Les études disent que les minorités sont moins payées que les Québécois. Je n’en sais rien. J’avoue que je n’ai jamais demandé à mes collègues combien ils gagnaient. Mais personnellement, je ne me suis jamais plainte et j’ai eu droit à une augmentation chaque année. Mon entreprise était-elle exceptionnelle ? Je ne pense pas. Elle était idéale, certes, mais je sais que beaucoup d’entreprises sont ainsi. Elles s’adaptent au marché et le marché est de plus en plus diversifié. On pourra m’objecter que le chômage est plus élevé chez les immigrants. C’est vrai mais c’est une réaction humaine de favoriser, parfois inconsciemment, les personnes qui nous ressemblent.

Si vous êtes une fête à laquelle vous ne connaissez personne, instinctivement, vous allez vous diriger vers les personnes de votre âge, de votre milieu et avec qui vous pensez avoir des points communs. C’est un peu la même chose quand on lit un cv. Je le sais, je travaille dans le recrutement. Si on lit le cv d’une personne qui a été dans la même école que nous, on a tout de suite apriori positif et il faut du temps avant de casser ce genre de réactions. Bien sûr, les gens ont des préjugés (on en a tous) et certaines cultures en sont victimes. Je sais que la population noire souffre de la réputation des gangs de rues. Je sais que la population musulmane souffre des attentats terroristes. Et j’en passe. Mais la plupart des Québécois ne demandent qu’à apprendre et s’enrichir d’une autre culture.

C’est pour cette raison que je suis optimiste pour l’avenir. Les jeunes vivent entourés de cultures différentes depuis toujours et les plus vieux s’adaptent. J’ai voyagé dans les régions. Là où les gens sont supposément moins ouverts. La famille de mon ex venait de Kamouraska et je suis beaucoup allée dans cette région. Je n’ai rencontré que des gens curieux. Ils voulaient tous savoir d’où je venais et ce qui m’avait poussé à venir vivre au Québec. À l’épicerie, il y avait quelques regards, effectivement. Mais il y en avait aussi quand c’était des amis québécois qui rentraient sans moi. Les gens se demandaient simplement qui nous étions. Pendant l’été, ils s’attendent à voir des touristes, pendant les périodes creuses, ils sont curieux.

Je ne vis pas dans le pays des Bisounours (ou Câlinours au Québec) où tout le monde est beau et tout le monde est gentil. Je sais que ce n’est pas parce que moi, je n’ai jamais été victime de racisme (pas que je sache en tout cas) que ça n’arrive pas. Mais je pense qu’une société apprend de ses erreurs. Oui, certaines choses sont à améliorer, évidemment. Autant du côté de certains Québécois que du côté de certains immigrants. Parce que, si les Québécois doivent intégrer la diversité culturelle dans leur quotidien, les immigrants, eux aussi, doivent intégrer la culture québécoise à le leur. Mais je le redis, je suis optimiste pour l’avenir.

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Ah l’hiver, toujours ce cher hiver !

Etoilefilante79

Je crois que je pourrais écrire un livre entier sur l’hiver, sur l’adaptation à l’hiver surtout. Dans ma précédente chronique, je vous disais que mon troisième hiver québécois avait été celui décisif parce que j’avais fini par voir l’hiver autrement qu’à travers des lunettes roses. L’hiver n’était plus pour moi que les sports d’hivers et les paysages merveilleusement enneigés. Il était aussi devenu quelque chose auquel je devais me préparer et surtout quelque chose que je devais gérer presque au quotidien.

Ainsi, je sais maintenant que quand il neige ou qu’il a neigé, il faut toujours rajouter au moins 10-15 minutes à son trajet quand on se rend quelque part, ces minutes supplémentaires servant à déneiger sa voiture et à essayer de sortir de son stationnement si celui-ci n’est pas dégagé.
Je sais que même pour descendre ses poubelles, il faut mettre son manteau, remonter sa fermeture éclair et surtout, mettre ses bottes. Oui, oui, je suis déjà descendue en pantoufles pour remonter aussi sec enfiler mes bottes et sortir mes poubelles.

Je sais qu’on peut avoir les doigts gelées rien qu’en sortant une main de sa mitaine pour remonter la fermeture éclair de sa veste ou pour ramasser ses clés tomber par terre.
Je sais qu’il faut avoir des bottes appropriées pour marcher sur les trottoirs glissants sous peine de se retrouver, comme moi à l’hôpital, pour une entorse à la cheville. Exit les talons aiguilles mesdames, ou alors seulement quand on a deux ou trois mètres à faire entre la voiture et notre point d’arrivée

Je sais que lorsqu’il annonce une tempête de neige, il vaut mieux éviter de partir à la campagne dans Charlevoix ou dans le Bas du fleuve parce que les routes pour rentrer à Québec pourront être fermées le lendemain ce qui nous obligera à appeler notre boss le lundi pour lui dire qu’on ne pourra pas revenir travailler.

Je sais que quand on travaille, il peut être très utile de sortir tous les midis prendre une marche sous peine de déprimer à cause de l’absence de lumière. De fin novembre à fin février, en général, quand on part de chez soi pour aller travailler, il fait nuit et quand on revient aussi.
Je sais qu’il est très pratique de laisser une paire de chaussure sur son lieu de travail qu’on enfilera tous les matins. On évite ainsi de se chauffer les pieds toute la journée dans nos bottes d’hiver et surtout de traîner avec nous la neige remplie de sel et de calcium qui s’accrochent à nos bottes.

Je sais que certains habits comme les jeans sont déconseillés par grand froid. Si l’été, on évite de porter du noir parce que ça attire et garde la chaleur, l’hiver, c’est les vêtements en jean qu’il vaut mieux éviter.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages comme ça. Ce qui me fait apprécier l’hiver maintenant, ce sont tous ces apprentissages que j’ai réalisés. Sur le moment, c’est vrai que ce n’est pas drôle de tomber, c’est vrai que ce n’est pas drôle de se trouver coincer à Kamouraska parce que l’A20 est fermée. Et si l’autoroute est fermée, ne parlons même pas des routes secondaires. Mais quand on y repense, on se dit que l’hiver québécois se compose aussi de ça : de moments qui nous font rire plus tard.

J’aime l’hiver. J’aime la neige. J’aime le ski. J’aime le ciel d’un bleu limpide qu’on ne voit qu’au Québec. J’aime la lumière unique que la neige apporte aux paysages. Et j’ai appris à vivre avec les contraintes de la neige et du froid. De toute façon, il vaut mieux car comme on dit : au Québec, soit c’est l’hiver, soit c’est bientôt l’hiver. Mais, je suis maintenant une vraie Québécoise, je vais dans le sud une semaine en février chaque année. À partir du mois de mars, je commence à chialer contre ce maudit hiver qui n’en finit plus. Et début mai, je suis vraiment heureuse de voir l’été arriver.

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Ah, l’hiver, ce cher hiver !

Etoilefilante79

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de l’hiver. Parce qu’on est en plein de dedans. Parce que je n’ai jamais vu autant de neige à Lyon, ni vu les températures descendre sous 0 si longtemps. Parce qu’au Québec, en ce moment, au contraire, il pleut. Parce que mes amis de part et d’autre de l’Atlantique me disent que j’ai piqué / ramené la neige avec moi dans mes valises. Et surtout parce que l’hiver, le froid, la neige sont des mots qui reviennent souvent quand on parle du Québec. Je ne compte plus les fois où mes amis en France, quand ils m’appelaient, me lançaient en guise de salut : alors, quel temps il fait chez toi ? Tu gèles pas ? Euh, ben écoute, dans mon appartement, il fait présentement 20 degrés, c’est super ! Et chez toi ?

J’en ris mais je dois bien avouer si l’hiver québécois peut être génial, il peut tout aussi devenir vraiment pénible. Je pense que la plupart des immigrants passent par les périodes que j’ai connues. Quand on débarque au Québec et que se pointent les premiers flocons, on bombe le torse et on se dit : pff, même pas peur ! Amenez-le-moi votre hiver, je suis prêt ! On s’achète un manteau qui nous couvre des pieds à la tête, on s’emmitoufle et on sort. Et c’est vrai que c’est génial. Les paysages sont magnifiques, le ciel est d’un bleu limpide et les pistes de ski ne sont jamais très loin. Le facteur vent, le grésil, la poudrerie, la glace, les tempêtes, les routes et les écoles fermées, on s’en fout. On aime l’hiver ! Eh oui ! Je l’ai aimé, mon premier hiver ! Vraiment ! J’ai skié, j’ai fait de la raquette, j’ai patiné, j’étais conquise.

Le deuxième a été un peu moins féérique. J’étais quand même encore sous le charme, mais je l’ai surtout trouvé long. Ce n’est que pour lors du troisième que j’ai commencé à voir l’hiver tel qu’il est, sans le charme de la nouveauté et de la découverte. Je ne l’ai pas trouvé horrible, je n’ai pas fait de dépression à cause du manque de lumière, je n’ai pas voulu prendre le premier avion pour la Floride et y rester jusqu’en mai. J’ai juste compris que l’hiver, ce n’est pas seulement les sports d’hiver et les paysages enneigés.

Mon troisième hiver a comme par hasard était l’un des hivers les plus neigeux de Québec avec plus de 5 mètres de neige. Une tempête n’en attendait pas l’autre et la ville ne savait plus où mettre la neige qu’elle ramassait tellement les dépotoirs à neige débordaient. Tout le monde ne parlait que de ça ! Et, évidemment, il a aussi fallu que je m’achète une voiture à ce moment-là, alors que je n’avais pas de stationnement chez moi.
Pourquoi ce détail a-t-il une importance ? Parce que quand on n’a pas de stationnement, on se gare dans la rue, logique. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas gratuit. Mais, quand on se gare dans la rue et qu’il neige, on se doit de surveiller les interdictions de stationner quand la ville déneige la nuit sous peine de voir sa voiture se faire remorquer et de payer une amende salée. Que fait-on quand on ne peut pas se garer dans la rue ? On emmène sa voiture dans un stationnement payant le soir, on revient à la maison à pied et on la récupère le matin avant 7h s’il vous plait. Et quand il tombe 5 mètres de neige en 5 mois, croyez moi, on refait ce petit manège souvent !

Voilà pourquoi je pense que l’hiver doit se préparer. Quand on a une voiture, avoir un stationnement privé en bas de chez soi devient, si ce n’est essentiel, au moins très pratique. Avoir une pelle en métal (essayer de déblayer 50 centimètres de neige compactée avec une pelle en plastique, vous m’en donnerez des nouvelles !), un balai, un grattoir, un produit pour dégeler les serrures, du lave glace dans son moteur (Ça devient vital quand une voiture sur l’autoroute vous envoie de la neige sale et fondue, communément appelée sluch sur votre par brise) des pneus neige (obligatoire depuis un an ou deux, il était temps !) et un réservoir au moins à moitié plein quand il fait très froid peut également nous sauver la vie. Je suis aussi adepte des démarreurs à distance parce que c’est vraiment désagréable de rentrer dans une voiture qui a passé la nuit dehors par -30 mais par pitié, ne démarrez pas votre voiture 15 minutes avant de partir, pensez à l’environnement ! Et ne la laissez pas tourner pendant que vous faites vos courses ! Oui, oui, ça m’est arrivé plusieurs fois de voir ça.

Sur ce, je vous laisse ici. Je n’ai pas fini de parler de l’hiver, loin de là, mais ce sera pour la prochaine fois ! Sachons cultiver le plaisir !

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Québec, ville de mon cœur

Etoilefilante79

La majorité des immigrants s’installent à Montréal quand ils arrivent au Québec. Après tout, Montréal est multiculturelle, dynamique autant niveau professionnel que culturel, elle dispose d’un métro et puis, c’est Montréal, quoi. Un peu comme Paris est Paris. Mais, je vais vous faire une confidence, personnellement, je n’aime pas vraiment cette ville. Trop de monde, tout le temps. J’imagine que le fait de grandir à Lyon (une grosse ville comme Montréal) a joué dans ma décision de m’installer à Québec. Une ville dont je suis tombée follement amoureuse, malgré sa réputation de gros village (pas forcément infondée d’ailleurs) et son côté homogène (blanc, francophone, catholique à 95% il me semble)

Si j’aime tant cette ville, c’est parce qu’elle a les avantages d’une grande ville sans ses inconvénients. Si on prend le monde du travail par exemple : Québec a l’un des taux de chômage les plus bas du Canada avec un petit 4 %. Évidemment, beaucoup travaillent dans la fonction publique, mais les entreprises privées sont très dynamiques et de plus en plus ouvertes à la diversité culturelle.

Concernant l’immobilier, je ne sais pas si les loyers sont moins chers à Québec qu’à Montréal mais, de toute façon, mon but n’est pas de comparer Québec et Montréal. Il existe déjà une certaine rivalité entre ces deux villes et je ne veux pas entretenir ce pattern. Chaque ville a ses atouts après tout et si moi, je suis en amour avec cette Québec, c’est avant tout pour les Plaines d’Abraham, le bois de Collonges et d’une façon générale, la nature qui se fond parmi le décor. Quand je travaillais sur la colline parlementaire, je pouvais aller manger tous les midis sur les Plaines en face du fleuve et je ne m’en suis pas privée. Avec des collègues, on s’installait sur une table à pique-nique à l’ombre d’un érable et on avait l’impression d’être en vacances. On s’achetait des crèmes glacées. C’était dur de retourner travailler après ça !

D’une façon générale, la nature, la forêt, les lacs où l’on peut se baigner, et les pistes de ski se trouvent à 30 minutes de Québec et c’est vraiment appréciable. Je suis une très grande fan du Parc de la Jacques Cartier dont je connais chaque sentier. Une demi-heure de voiture et hop, on se déconnecte complètement du rythme trépident de la ville.

Car rythme trépident il y a, à commencer quand le Festival d’été s’invite à Québec en juillet accueillant des groupes et chanteurs internationales comme Paul McCartney en 2008. Ou encore des artistes émergents ou moins connus. C’est d’ailleurs lors du festival que j’ai découvert Joseph Arthur dont j’adore chaque chanson. L’hiver, la ville ne dort pas, loin de là. C’est en février que le Carnaval de Québec a lieu. Durant cette période, préparez-vous à jouer avec vos enfants sur des glissades de neige, à voir des concours de sculptures sur glace, une course de traineau à chiens dans les rues de la ville, une course en canot sur le fleuve gelé. Je me souviens avoir même vu des gens en maillots de bain se jeter dans une neige fraîche par -25 ! Et là je me suis dit : hum, je viens de trouver ma limite à mon intégration, jamais je pourrais faire ça !

Pendant les périodes plus creuses de l’année, on peut toujours aller se divertir au Grand Théatre qui accueille chanteurs, humoristes et acteurs lors de pièces de théâtre. On peut aller à écouter de la musique classique aux violons du Roy ou découvrir de magnifiques expos au musée de la civilisation ou au musée des beaux-arts. Et, en sortant, si vous avez faim, vous pourrez vous promenez sur la rue Cartier et manger dans un bar à sushi, une pizzéria ou encore un resto indien. Ou au mieux, prenez votre voiture et à dix minutes de là se trouve le seul resto afghan de Québec dont les plats sont succulents.

Ah Québec me manque ! D’ailleurs, un ami m’a dit un jour que les Québécois se mariaient avec Montréal mais qu’ils prenaient Québec pour maitresse ! Moi, mon cœur est à 100 % dédié à Québec !

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Étudier à Québec (Partie II)

Etoilefilante79

Ce qu’il y a de bien quand on étudie en deuxième cycle à l’université, c’est qu’on peut financer une partie de ces études en devenant auxiliaire d’enseignement pour un prof. Je ne sais pas si l’équivalent existe à l’université en France. En tout cas, du temps de mes études, je n’en ai croisé aucun. C’est lorsque je suis arrivée au Québec que j’ai découvert qu’on pouvait devenir l’assistant d’un prof. Les postes sont rares, ils ne sont en général même pas annoncés, il faut donc les trouver. C’est un peu comme sur le marché du travail québécois. Il y a un marché caché.

Personnellement, j’ai trouvé mon poste grâce à une de mes profs qui m’a recommandée auprès d’un de ses collègues. Lors de ma première session, j’avais glissé un mot à chacun de mes profs que je voulais devenir auxiliaire d’enseignement et la session d’après, j’avais ma place.

La plupart des auxiliaires d’enseignement corrigent les examens des étudiants de premier cycle. Moi, j’avais en charge le projet de session de 150 étudiants. Je devais les accompagner dans leurs réalisations chaque semaine et corriger leurs projets. Ça m’a beaucoup appris, autant au niveau de mes connaissances que de mes compétences personnelles. D’ailleurs, j’ai failli continuer en doctorat après mon MBA parce que j’avais vraiment le goût d’enseigner. Mais rester étudiante pendant au minimum encore 4 ans m’a plutôt refroidie et j’ai préféré me lancer sur le marché du travail.

Je crois que si j’ai tant adoré mes deux années d’études à l’université Laval, c’est parce que je n’ai pas fait qu’étudier, je n’ai pas fait qu’apprendre des concepts abstraits. J’ai rencontré des personnes de tout horizons, j’ai tissé des liens avec certains de mes profs ce qui m’a permis de découvrir une façon d’enseigner, et en tant qu’assistante, j’ai été en contact avec des centaines d’étudiants allumés.

Et puis, à l’Université Laval, on a nos tunnels mythiques qui relient chacun des pavillons, on a le PEPS pour faire des tas d’activités sportives à prix modiques, on a le Rouge et Or, l’équipe de football qui gagne tout (sauf cette année, snif !), on a notre propre radio, on a le pub et je pourrais continuer des heures. Je suis sûre que tous ceux qui ont étudié à Laval savent de quoi je parle !

Passez de bonnes fêtes et à l’année prochaine !

Tags : Éducation

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La littérature québécoise

Etoilefilante79

Il y a très peu d’auteurs québécois publiés et connus en France. Avant de m’installer au Québec, j’avais vaguement entendu parler de Michel Tremblay et de Marie Laberge. Je ne me doutais pas que la littérature pouvait être si foisonnante et je soupçonne qu’en 4 ans, j’ai à peine eu le temps de l’effleurer.

Je parle de littérature parce que le salon du livre de Montréal vient de fermer ses portes et que j’y étais, en tant qu’auteure et lectrice. On a beau dire que les gens lisent de moins en moins, en 6 jours, plus de 120 000 personnes ont franchi les portes du salon prenant le temps de découvrir des auteurs de la relève ainsi que les valeurs sûres.

Quand je suis arrivée au Québec, le premier livre que l’on m’a conseillée, c’est le célèbre roman d’Arlette Cousture Les filles de Caleb. Ou comment entrer dans la langue et l’histoire québécoise à pieds joints. De ce livre a été tirée une série télévisée qui fut immensément populaire dans les années 90. L’histoire est triste je trouve mais elle colle à la réalité des hommes et des femmes de la fin du 19e siècle. Je crois que ce livre permet d’une belle façon de comprendre une partie de l’histoire du Québec. D’ailleurs, les livres historiques couvrant à peu près toutes les époques ou presque foisonnent au Québec et il y en a vraiment pour tous les goûts.

Personnellement, je préfère les livres contemporains et j’ai trouvé mon bonheur avec les écrivains de la relève. Mes auteurs fétiches : Stéphane Dompierre, Stéphane Bourguignon (également scénariste de la génialissime série La vie, la vie, ainsi que de Tout sur moi), Marie-Sissi Labrèche (dont le livre Borderline a donné un merveilleux film en 2008). François Blais et Nadine Bisthmuth. Si vous voulez lire quelque chose de drôle, je vous conseille d’essayer un des livres de Dompierre. Ses livres m’ont fait éclaté de rire à plusieurs reprises dans le bus le matin et le soir. Si vous voulez quelque chose de plus intimiste, à la langue directe, parfois, souvent très crue, les romans de Labrèche, vous conviendront.

Côté littérature jeunesse, il y a également beaucoup de choses à découvrir. Si vos ados ont envie de se plonger dans le quotidien d’ados québécois, je vous conseille la très populaire série Le Journal d’Aurélie Laflamme d’India Desjardins dont le premier tome sortira en film l’année prochaine.

Il existe un nouveau concept depuis l’année dernière lancée par la maison d’édition La Courte échelle et que je trouve très intéressant. Pour donner envie de lire aux jeunes, cette maison a lancé une nouvelle collection de livres d’une trentaine de pages qui forment chacun un épisode d’une série. Chaque série comporte 13 épisodes. Je trouve ça très original même si le prix (5 dollars pour un livre) reste quand même élevé puisque quand on commence une série, si on veut savoir la fin, il faut acheter les 13 épisodes. J’ai lu (K) de Sophie Bienvenu et je l’ai dévoré, ça m’a rappelé bien des choses !

Quoi qu’il en soit, j’espère vraiment qu’un jour, la littérature québécoise rayonnera davantage en France puisque j’ai découvert des perles en habitant au Québec. Avec le récent prix Médicis qu’a obtenu Dany Laferrière, écrivain Québécois d’origine Haïtienne, avec son dernier

Tags : Culture

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Étudier à Québec (Partie I)

Etoilefilante79

J’ai étudié deux ans à l’Université Laval. Deux années que j’ai adorées pour une multitude de raisons. J’ai découvert un nouveau pays bien sûr, mais aussi une nouvelle façon d’enseigner, d’étudier, et d’échanger avec les autres. La ville de Québec a beau avoir la réputation d’avoir une population très homogène (blanche, catholique, francophone à 95%), étudier à l’université à Laval m’a permis de m’ouvrir au monde.

J’imagine que certaines facultés, certains programmes accueillent davantage d’étudiants étrangers que d’autres mais en administration, les étudiants sont très cosmopolites. Instinctivement, on a tous tendance à vouloir lier connaissance avec des gens de notre nationalité parce qu’on se sent en terrain connu. Je l’ai fait, moi aussi, mais au bout d’un moment, je me suis forcée à aller vers les autres et ça a été un enrichissement sans borne. J’ai côtoyé des Québécois bien sûr, mais aussi des Mexicains, des Péruviens, des Sénégalais, des Marocains, des Canadiens anglais, des Tchèques. Et évidement beaucoup de Français. De ce fait, j’ai eu l’impression de parcourir le monde pendant deux ans tout en restant à Québec. C’était génial et j’ai découvert des tas d’autres cultures. D’ailleurs, je crois qu’en tant qu’étudiant étranger, nous sommes tout le temps en train de découvrir quelque chose. À commencer par une nouvelle façon d’étudier.

En général, quand on étudie à temps plein (obligatoire pour les étudiants étrangers sauf pour la session d’été il me semble) on prend entre 4 et 6 cours par session. Avec 4, on peut espérer travailler une dizaine d’heures à côté, avec 6, on passe sa vie dans ses bouquins en oubliant de respirer. En tout cas en MBA. Toutes les semaines, nous devons faire des lectures qui peuvent dépasser la cinquantaine de pages pour chaque cours. Des lectures souvent en anglais. En parallèle, nous devons faire avancer un travail de groupe, réaliser plusieurs travaux personnels et bien sûr, réviser pour l’examen. Quoique l’examen n’est pas systématique en maitrise. Le prof peut décider qu’un travail de groupe et deux ou trois travaux personnels suffisent. Tout est déterminé en début de session. Le prof distribue son plan de cours qui devient en quelque sorte un contrat entre l’étudiant et le prof ; et l’étudiant peut faire des suggestions.

Comme je l’ai déjà dit dans ma précédente chronique, la relation prof-étudiant n’a rien à voir avec celle qu’on entretient en France. Il n’y pas de hiérarchisation de la relation. Le prof nous note mais à la fin de la session, nous devons, nous aussi, évaluer nos profs et le contenu des cours. Ceci dit, je ne pense pas ce que ce soit seulement à cause de ça que les profs sont si ouverts. Je pense que c’est une façon d’enseigner. Pendant les cours, on échange beaucoup. En dehors des cours, on peut avoir des discussions d’adulte à adulte.
Idéal.

Tags : Éducation

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L’herbe est de la même couleur partout

Etoilefilante79

Je crois que si j’ai tant apprécié mes 4 années au Québec, c’est en grande partie parce que ma rencontre avec ce pays a presque été accidentelle. Je n’ai pas vécu cette envie de tout plaquer, cette envie d’une vie ailleurs, meilleure. Je n’avais pas de grands rêves ou de grands espoirs. Je ne suis pas passé par des mois et des mois de procédure, et grâce à ça, je n’ai pas eu le temps d’idéaliser le Québec. J’y suis allée en vacances, en 2004, et j’ai eu envie d’en découvrir plus sur ce pays. J’ai laissé murir l’idée, je me suis inscrite à l’Université Laval, j’ai obtenu mon visa d’études et j’ai débarqué à Québec avec l’idée d’y étudier pendant deux ans. Tout ce que je voulais, c’était découvrir un nouveau pays et réussir mes études. Je voulais vivre une expérience différente, enrichissante et je n’ai pas été déçue.

J’ai découvert une nouvelle approche de l’enseignement favorisant les échanges étudiants-professeurs. J’ai pu tisser des liens que je n’aurais jamais cru pouvoir tisser avec mes profs. Durant toute ma scolarité en France, que ce soit au lycée, à l’université ou en école de commerce, j’avais toujours considéré mes profs comme des personnes distantes et impossibles d’accès. Quel changement quand je suis arrivée au Québec et que les profs ont commencé à nous donner leur adresse courriel et leurs heures de présence à leur bureau ! Quel changement de pouvoir avoir avec eux des relations égalitaires ! Quelle superbe opportunité aussi que de pouvoir devenir l’assistante d’un de ses profs durant ses études et d’enseigner un peu. J’avais en charge des groupes de baccalauréat et je me suis découvert une passion qui a failli me mener au doctorat.
Vraiment, j’ai adoré mon expérience et je crois que si j’ai pu autant apprécier ce que je vivais, c’est parce que je n’avais pas de grandes attentes au départ. L’idéalisation ne peut que conduire à la déception. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est pareille.
Non. En réalité, elle est différente, mais en tout cas, elle sera toujours verte.

Chaque jour, le Québec me manque et chaque jour, je veille à ne pas idéaliser mes souvenirs, même si ce n’est pas facile. Je ne veux pas repartir et être déçue, cette fois, parce que ma mémoire aura occulté les trucs moins gais. J’essaie de rester rationnelle, de peser le pour et le contre dans ma décision. J’essaie de ne pas me réfugier dans la douceur de mon futur départ quand je vis quelque chose en France qui m’énerve.

C’est un combat de tous les jours pour arriver à ne pas tomber dans l’idéalisation mais je pense que c’est essentiel. Je ne veux pas avoir le sentiment d’échapper à quelque chose en partant. Je veux avoir le sentiment de choisir ma vie et d’y gagner. Tout simplement.

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Pourquoi on repart ?

Etoilefilante79

On immigre tous au Québec pour des raisons personnelles. On sait ce qu’on cherche, on sait ce qu’on attend, on sait pourquoi on part. Mais pourquoi est-ce qu’on repart ?

Depuis que je suis de retour en France, mes amis me demandent souvent : « Mais qu’est-ce que tu trouves si bien au Québec que tu ne trouves pas ici ? » C’est vrai, il faut dire ce qui est on est quand bien en France. On a de la bonne bouffe, une excellente couverture sociale, un hiver humide, certes, mais court et pas trop froid, la plupart de mes amis travaillent et vivent très bien. Et pourtant, mon désir de repartir se confirme de jour en jour. Je n’ai jamais voulu comparer la France et le Québec parce que je trouve ça stérile. Chaque pays a ses défauts et ses qualités. C’est à nous qu’il convient de déterminer le pays où l’on veut vivre selon qui on est et ce qu’on attend de la vie. Il faut aussi se demander si on sera capable de vivre l’éloignement pour toute une vie. Si on sera capable d’avoir des enfants et de les élever sans avoir nos parents à nos côtés.

Ce sont ces aspects-là qui me font hésiter à repartir illico. Mes parents sont nés en Guadeloupe, ils ont déménagé en France où je suis née. De ce fait, je n’ai jamais eu de relation très proche avec mes grands-parents, oncles, tantes et cousins et ça m’a manqué. Si j’ai des enfants au Québec, ils vont devoir vivre ce que j’ai vécu et je trouve ça triste. Ceci étant, il y a une grande partie de moi qui est restée au Québec et qui m’appelle.

J’aimais beaucoup me dire que j’étais une Québécoise en devenir quand je vivais là-bas. Tous les lundis soirs, j’étais rivée à mon écran pour voir Tout sur moi, les mercredis c’était pour Les invincibles. Dans ma voiture, les cd de Mes Aieux tournaient en boucle. Dans ma bibliothèque, il y avait le dernier livre de Nadine Bismuth. Et dans mon frigo… Non, dans mon frigo, il y avait du camembert qui pue et du saucisson sec ! Je n’ai jamais oublié mes racines françaises mais je me suis laissée emportée par tout un monde que je ne connaissais pas. C’est ça qui me manque, je crois. J’ai une impression d’inachevée. Mon histoire avec le Québec n’est pas finie.
O.K, je vous arrête tout de suite, non, je n’ai pas envie de retourner au Québec pour pouvoir voir la suite de Tout sur moi ! Ce que je dis, c’est que j’ai envie de continuer mon exploration de la société québécoise et que surtout, par rapport à ce que j’ai envie de faire de ma vie, j’ai l’impression que le Québec me convient mieux. Pourquoi ? Parce qu’en 4 ans là-bas, j’ai accompli plus de choses qu’en France en 25 ans. Bon, on ne comptera pas les 18 premières années parce qu’à part aller à l’école, on ne fait pas grand-chose. Mais les faits sont là. Je me suis réalisée au Québec.

Je ne dois pas tout à ce pays. Mes réussites, j’ai été les chercher. On ne m’a pas donné mon MBA pour mes beaux yeux, on ne m’a pas embauché pour mon sourire ensuite. J’ai travaillé, beaucoup, mais je dois reconnaitre qu’on m’a donné la chance de faire mes preuves. Que ce soit au travail ou avec mon roman d’ailleurs, on m’a donné ma chance. En France, tout le monde n’hérite pas des mêmes chances à la naissance.

Ah, honte à moi, j’ai fini par comparer la France et le Québec ! Difficile d’y échapper. Mais, quand on a l’opportunité de choisir entre deux pays, de décider quel côté de l’Atlantique est le plus beau vu de nos yeux, il ne faut pas gâcher ça. Alors, oui, il m’arrive de comparer, mais jamais je ne dirai le Québec, c’est mieux que la France ou la France, c’est mieux que le Québec. Jamais je ne dirais la France est un pays de m….. ou l’inverse. La seule chose que je dis, c’est que le Québec m’a donné ma chance. C’est tout.

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Retour aux sources

Etoilefilante79

Je crois que tous les expatriés, que ce soit au Québec ou ailleurs, se demande au moins une fois par an s’ils ont fait le bon choix en s’installant dans un autre pays, surtout si ce pays se trouve à 7 heures de vol de leur pays natal.

Personnellement, après 4 années à Québec, je n’ai jamais regretté ma décision d’être venue m’y installer. J’ai étudié, trouvé un travail avec d’excellentes conditions trois semaines après avoir terminé mon MBA ce qui m’a permis d’accéder à un niveau de vie bien appréciable. Malgré cette réussite, je me posais souvent la question fatidique : est-ce que je retourne en France ? Est-ce que je passe à côté de quelque chose là-bas?

C’est avec ces doutes que j’ai tout de même entamé les démarches pour ma résidence permanente. Je n’arrêtais pas de me demander si je faisais le bon choix. Ma famille me manquait, mes amis se mariaient, avaient des enfants, sans moi, et de mon côté, j’avais également ma vie au Québec. À force d’y penser, à force d’en discuter avec des amis expatriés, j’en suis arrivée à la conclusion que c’était le moment ou jamais de retourner en France quelques temps, voir comment elle avait évolué et ce qu’elle était devenue.

C’était le moment ou jamais de faire un choix pour l’avenir. Mon chum et moi venions de nous séparer, mon travail me plaisait moins, mon permis de travail arrivait à expiration et je n’avais pas encore envoyé ma demande de RP à Buffalo. J’ai réfléchi et au bout d’une dizaine de jours, j’ai décidé que j’allais passer l’été en France, fêter mes 30 ans là-bas par la même occasion, assister au mariage d’une des mes meilleures amies, voir sa fille que je n’avais pas encore rencontrée, passer du temps avec ma famille et avoir mes journées rien qu’à moi pour écrire mon deuxième roman.

J’ai donc démissionné (j’en ai pleuré à mon diner de départ, il s’en crée des liens en 2 ans), vendu ma voiture, cédé mon bail, vendu mes meubles, pris mon chat, 4 valises et un avion pour Lyon, ma ville natale.
48 heures après mon arrivée en France, le Québec me manquait déjà.
J’aime la France, j’adore le fromage et le vin pas cher, j’adore la gastronomie lyonnaise, j’adore me promener et me rappeler des souvenirs en passant devant mon ancien lycée, devant mon ancien appartement. J’adore discuter de mon enfance avec ceux qui ont grandi avec le Club Dorothée et Youpi, l’école est finie plutôt qu’avec Passe-partout. C’est dur d’être la seule à ne pas suivre quand tout le monde chante à un souper « J’ai deux yeux, tant mieux, deux oreilles, c’est pareil, deux jambes, il me semble, etc. » Les accros de Passe-partout reconnaîtront !

Mais si tout ça me fait vraiment du bien, plus je passe du temps ici et plus je me rends compte que mon avenir s’est construit ailleurs. J’ai commencé ma vie « d’adulte » au Québec. J’ai commencé un travail relié à mon domaine d’études là-bas, j’ai eu mon premier appartement dont je pouvais payer le loyer toute seule là-bas (l’appartement payé par papa et maman à Lyon ne compte pas). J’ai repris l’équitation, ma passion depuis toujours, là-bas. J’ai publié mon premier roman là-bas. J’ai vécu plein de choses au Québec et aujourd’hui, j’ai l’impression que mon passé est en France, et mon avenir, lui, se trouve de l’autre côté de la flaque.

En attendant, je profite d’être chez-moi. Mon autre chez-moi.

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