L’Alpha et l’Omega » Il y...

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« L'Alpha et l'Omega »

Il y a quelques chroniques à peine j'avais fait un petit bilan, mais je vais remettre cela pour ma dernière en tant que chroniqueur très officiel d'immigrer.com. Pour moi c'est la fin d'une belle aventure. Pourquoi cela ? la raison m'appartient, mais mes études à temps partiel, ma nouvelle job, et le besoin de rebondir avec ma blonde après un printemps et un été difficile pour moi m'amène à resserer mon temps et mes préoccupations.

Ce n'est pas que je manque d'imagination, Laurence comme Flying Antoine pourront témoigner que ce ne sont pas les thémes qui me manquent. Parmis ceux que je n'aurai pas traiter, je regreterai celui des bières et micro-brasseries du Québec, ainsi que celui sur les domaines vinicoles de l'Estrie (notamment le Vignoble de la Beauge avec un super vin doux d'apéritif), celui sur les boulangeries et panneries ou j'aurais pu vous indiquer les endroits qu'on a déniché. De la bouffe, de la bouffe. Astie de français.... J'aurais pu vous parler de nos périgrinations en région. Ca on bouge, enfin lorsque la colonne vertébrale de Curvette nous l'autorise. J'aurais pu vous parler de mes études. Je voulais aussi vous retranscrire l'histoire romancé du monstre Memphré du Lac Magog. J'aurai pu vous parler des agences de placement qui ont surtout placé mon CV dans la pile, et dieu sait que je les ai pourtant em... Mais quand le marché est plat, et bien les gens ne peuvent donner que ce qu'ils ont. Je voulais même innover côté chronique en faisant une interview pour ma der des der. Oui oui, je voulais interviewer Michel Mpambara, l'humoriste. Je comptais lui poser des questions sur sa perception de l'immigration au Québec et la manière de la vivre. Mais que les artistes sont dur a rejoindre.

Finalement je vais vous faire un dernier point bien senti.

Qu'est-ce que j'ai perdu comme temps cette année. A tatonner pour constater que j'avais besoin de formations complémentaires, à fouiner pour trouver les formations adaptées, à me battre pour m'y faire accepter. C'est que voyez vous tit Curve était plus assez employable parce qu'il lui manque la certification A36X12BNP qui ferait la différence auprès de 80% des employeurs. Mais tit Curve est trop qualifié déjà pour faire la formation toto, parce qu'on estime que des personnes de ce niveau bloquerait les formations à des gens qui en ont besoin et qui sont moins qualifiées. Je le conçois, mais je faisais quoi alors ?

Alors vous qui êtes dans votre procédure d'immigration pour encore 1 an, écoutez bien ce que j'ai à vous dire. Cherchez vraiment les compétences qu'on va vous demander à votre arrivée, parce que si vous ne les avez pas, vous allez galérer. Quand on vous dit de vous renseigner sur votre domaine et les critères recherchés par votre marché, c'est pas pour vous entendre dire « je le sais ». On s'en fiche que vous le sachiez. On veut surtout que vous vous prépariez. Préparez-vous. 1 an, 2 ans c'est long et ca vous laisse le temps de compléter vos acquis et devenir celui qu'on prendra. Renseignez-vous vraiment. Détectez vos manques. Faites des formations d'appoint de quelques dizaines d'heures (celle-ci sont plus axées savoir faire et ne posent vraiment pas de problème d'équivalence). Ne trainez pas, vous êtes déjà en retard.

Mais qu'est-ce que j'avais comme temps devant moi aussi. J'ai eu l'occasion de faire un bilan perso et de voir que je ne regrettai pas d'avoir changé de vie, malgré les difficultés et le manque de danette (provoc). J'ai eu quelques moments de doutes et de découragements. Personne n'a dit que ce serait facile. Ca ne l'est pas. On le redit pour la n-ième fois, alors photocopiez le et affichez le dans votre salle de bain pour le lire en vous brossant les dents matin et soir (le midi c'est au boulot). Repeat after me (autant commencer à être bilingue maintenant) : « ca va pas être facile ».... mais juste en dessous collez un autre papier pour répondre « mais j'y arriverai car je m'accrocherai ».

J'ai lu, j'ai visité, j'ai fait du tourisme, et j'ai rencontré des gens que je n'aurai jamais eu l'occasion de fréquenter si j'étais resté complètement dans mon domaine de prédilection. J'ai croisé des artistes, des acteurs télé et de théatre, j'ai croisé des gens passionés, des débris aussi. J'ai croisé des célébrités (comme le racontait ma chronique, petit pub) et de parfaits inconnus. J'ai rencontré des businessmen. J'ai parlé avec toute sorte de professionnels. J'ai croisé des gens qui ont lancé leur propre boîte. J'ai cotoyé des ouvriers et des commis. Je me suis fait des amis. Et j'en suis ressorti plus riche. J'en suis ressorti avec des ambiguïtés. Comme celle de voir trop souvent des gens qu'on aime pas et de ne pas voir, dieu sait pourquoi, les gens qu'on brule de revoir. Que c'est compliqué hihi !

Bref celà n'a pas été une année plate. J'ai aidé des enfants à rêver en leur permettant de redécouvrir leur sport, de le voir autrement, moi l'étranger. J'ai écris plusieurs dizaines de pages de ce qui sera bientôt l'un des premiers livres en français sur l'entraînement, l'apprentissage et la formation des lanceurs de baseball. J'en parlais en 1999 avec mon ancienne boss. J'ai lancé ma première saison de leçons de lanceurs de baseball. J'ai eu l'occasion d'animer un des ateliers du camp d'été du plus pro des entraineurs professionnels de baseball du Québec. Et j'ai étais animateur d'un camp d'été de baseball pour des enfants et des ados. Ici, vous pouvez. Et il m'a fallu plus d'un an pour le réaliser vraiment. Entre avoir envie, et le faire, le pas n'est pas si grand mais prend parfois du temps. Alors mettez vous à rêver un peu. Rêver grand même. Mais soyez conscient de ce qui dépend de vous et de ce qui ne dépend pas de vous. Sinon la désillusion et l'amertume peuvent être au rendez-vous. Ici on ne vous attend pas. A part quelques chums à Dorval, pardon au PET. On ne vous connaît pas. Aucun employeur ou presque ne vous tendra les bras. Vous n'avez plus de réseau pour vous en sortir ou si peu. Vous devez reconstruire vos amitiés, votre entourage. Manger seul pendant quelques semaine dans un restaurant d'entreprise ou bien dans un des coins bouffes des malls ou de la ville souterraine vous pèsera peut-être. Moi je pense que c'est gonflant. Tu n'es qu'une fourmi au milieu d'autre fourmis. Mais tu n'ai pas de la même fourmillière. Alors la joie de voir quelqu'un de connu au milieu du monde n'en est que plus délectable. Ou comment croiser Laurence dans la rue, par hasard, 3 fois en moins de 5 semaines !! et même 4 fois !

Un thème qui me touche de près dernièrement, c'est celui de la santé. Curvette a des problèmes de dos depuis exactement 11 mois. Je ne remet pas en cause les compétences générales des praticiens. Mais leur nombre comparé au volume de gens à traiter est tel que la qualité en souffre. Aujourd'hui elle a passé un scanner et on verra si on détecte enfin quelque chose. Ca serait un début. Ca fait 11 mois que personne n'a pris ses responsabilités pour creuser le terrain et chercher de quoi elle souffre. Pas le temps en fait. Alors je trouve cela dommage. Dommage que le système soit dépassé en volume par la masse des gens à voir. On peut se scandaliser par la forme de protectorat qui est faite vis à vis des médecins qui veulent immigrer au Québec. On en aurait vraiment besoin pour désengorger le système.

Pourquoi je suis venu au Québec ? des raisons très vagues, beaucoup de petites raisons plus qu'un impératif majeur. Un compte à rendre avec la Chiraquie ? pas vraiment, même si tout ne va pas. J'avais un bon boulot, très (vraiment très) bien payé avec des collègues en général sympa. J'étais dans une région bonne pour les rhumatismes, mais pas pour l'ulcère. Mais j'y avais retrouvé des amis de promotions parmis les plus proches. Que voulez-vous, quelques semaines de tourisme et le fait d'avoir entendu parlé du Québec depuis 10 ans dans la famille parce qu'un oncle s'y était installé donnait un air de familiarité à cette idée. Et puis on y joue encore (mais jusqu'à quand) au baseball. Cela a une grande place dans ma vie. Et je me suis donné le droit de vivre cette passion en grand après 14 ans de confidentialité étouffante en France. Et puis dans la famille on a eu des Huskies. Et on passait 3 mois par an au frais à la montagne. Donc l'hiver, même rude, ça me tentait. L'envie de changement est parfois aussi plus fort. Le goût du défi et de sourire en se rappelant les gens qui disent « ah, si j'osais, je partirai ici ou là bla bla.... ». On en parle ou on le fait en somme. Je l'ai fait.

Je vais vous donner mon avis sur un point particulier. Faites en ce que vous voulez. Mais de voir les aventures de Kroston au Québec, au Yukon et plus loin, je ne peux que vous dire, « ne vous enfermez pas à Montréal ou à Québec ». On peut croire qu'il y a beaucoup plus d'emplois. Mais le nombre de demandeurs est immensément plus grand. Et surtout l'anonymat reste important. Vous ou quelqu'un d'autre. Who cares ? Vous êtes plus prêt des administrations, mais combien de fois par an y allez-vous ? Par contre quel est le prix et l'état de votre logement ? Comment sont vos voisins ? Vous parlez avec eux ? Et la communauté, vous avez le sentiment d'appartenance ? Je ne suis pas persuadé que ca vive vraiment dans les grandes villes. Demandez plutôt à Monikebek de vous ré-expliquer l'esprit des régions. Que vous ayez des enfants ou pas, pensez-y, allez au fond de chose en grattant la couche de vernis que laissent les lieux communs devant vos yeux. La grande ville va peut-être vous cacher le vrai Québec.

Jouons au jeu des « j'aime / j'aime pas ».
J'aime :
Le Fjord du Saguenay, North Hatley. La Patronne à la Guimauve, les Arachides et les Brunettes. Des terrains de baseball partout. La taille des crèmes glacées (rien à voir avec la Côte d'Azur). Les gens qui roulent cool (comparé à Paris ou la Côte d'Azur). Le ski de soir. Le patin sur les lacs gelés (merci Alain). Ma bibliothéque. Les arrêts 4 côtés. La tranquilité d'esprit et la sécurité dans ma rue, mon quartier (ou même Verdun) et le métro. La population étudiante. Le magasin Métro C de Verdun qui a plein de sorte de bière. La Blanche de Chambly, la Blonde de Chambly. Chapters et Indigo. Les sites touristiques québécois, surtout historiques et autochtones. Mexx, Le Château, Bedo et Tristan, pis un peu Simmons aussi. Les chauffeurs qui s'arrêtent pour quelqu'un qui cours après le bus. Les nombreux spectacles gratuits et de qualités offerts par la ville. Aller au Mont-Royal

J'aime pas :
Les bibittes, les temps d'attente pour avoir un RV pour une radio ou voir un spécialiste. Le zim bam boum de mon astie de voisin. Les écoles primaires sans cantines. Les gens qui collent au cul sur la Highway (Linda Lemay se trompent dans sa chanson). Le tutoiement à tout va. Les horaires à la c.. mal synchronisés des bus de mon quartier. Le dégagement malodorant de l'usine Labatt de Lasalles. Le Wal-Mart de Lasalle. L'accueil chez Paragraphe. Attendre Curvette au Dollorama. Le prix du gaz qui augmente. Les pubs à la Télé. Quand TQS ou TVA coupent le son d'un film à 1 minute de la fin pour annoncer le film d'après. La majorité des gens qui n'ont pas l'habitude culturelle de garder la porte entrouverte pour le suivant. Monter le Mont-Royal. Les sodas super dégueux et colorés que vous pouvez même pas imaginer le nombre de goûts différents qu'on peut trouver !!!

Voilà, ma vie change. J'entame plusieurs trimestres de cours à temps partiel avec l'ETS et l'UQAM. Et je travaille dans un organisme de recherche à l'École Polytechnique. Je vais développer des outils d'étude du mouvement humain. Pour un entraîneur de baseball, c'est le pied. J'apprend plein de choses dans le domaine. Et j'ai la chance de lier ainsi ma carrière et mon passe-temps. J'ai mangé mon pain noir, et je m'octroierai le droit de vivre le plaisir que m'apporte ma nouvelle job un peu en égoïste. Ceux que je cotoie de temps à autres, pardonnez moi.

Je voulais remercier très officiellement Flying pour m'avoir soutenu. Je me suis découvert des ressources insoupçonnées, enfin pas tout à fait, et j'ai aussi appris ou étaient mes limites. Merci encore. Pis si tu veux nous vendre Flying Juliette qui est le plus cool bébé de la Terre, dis moi ton prix.

Voilà, j'en profite aussi pour faire la bise à Peg qui a peut être découvert le restaurant Om sur l'avenue Saint Laurent, Peanut qui vient de dépasser les 2 mois requis pour m'écrire, et Béa qui se reconnaîtra, elle et sa Guimauve au chocolat. Je souhaite aussi de (très) belles rondeurs à Volvo Noir. Et beaucoup de courage à vous tous qui êtes en procédure. Et de la patience, beaucoup de patience comme toujours.

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Tous les mêmes » Encore du...

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« Tous les mêmes »

Encore du Baseball !! Pourquoi pas ?! Mais je m'abstiendrai de parler du sport professionnel, du baseball qui est un peu en déconfiture au niveau des Expos et de l'assistance dans les stades, que ce soit à Montréal comme à Toronto. Plus de baseball de 1ère division l'an prochain ? plus de Grand Prix de Formule 1 ? Les Canadiens qui n'en finissent plus de rechercher leur gloire d'antan. Et des stars trop payées (même en dollars canadiens) pour le cœur qu'elles mettent parfois à pratiquer leur profession. Vivement une bonne bouffée d'air frais et d'amateurisme.

Tiens, des petits jeunes qui s'amusent, et qui gagnent parfois (même si c'est pas le plus important), ce sont ceux de mon arrondissement. Ils viennent de remporter leur championnat en phase finale, après des matchs de poules plutôt convaincants. J'ai rencontré un des lanceurs de 14 ans hier en partant travailler. Ils sont tous passionnés dans son équipe. Des jeunes qui ne pratiquent pas un sport par mode mais par passion.

Le président de ma Ligue me demande d'être son entraîneur assistant l'an prochain pour l'équipe des 11-12 ans. Il faut dire qu'ils ont terminé la saison sur les chapeaux de roue, après un départ un peu expérimental. J'ai assisté à plusieurs de leur matchs (de leur « games » comme on dit si poétiquement) depuis les estrades. Cependant, j'ai remplacé l'assistant durant un match il y a 2 mois, et je me suis vraiment régalé. L'an prochain peut-être ?

C'est l'âge charnière pour le sport. On appelle cela la fenêtre d'opportunité en terme d'apprentissage. Et nous sommes persuadés qu'il faut des coachs passionnés (et patients) et qui connaissent leur affaire pour que les jeunes prennent un bon virage. Les jeunes sont presque tous les mêmes partout. « Les jeunes sont des jeunes » comme dit le dicton anglais. Et il faut rendre le jeu aux enfants et ne plus en faire une histoire d'adultes, de parents insistants et de coachs impatients.

Mais il n'y a pas que ma commune. J'ai pris une semaine de sans solde pour rejoindre l'équipe d'entraîneurs d'un camp d'été de baseball du côté de Monkland. Tous les ingrédients étaient réunis pour une belle semaine de jeu. Des entraîneurs expérimentés qui se prennent pas la tête, mais qui veulent surtout faire partager leur passion pour le baseball. Une température estivale de retour. Pas de pluie et du soleil en masse (j'ai enfin travaillé mon bronzage). Enfin une quarantaine de ‘tits jeunes de 5 à 15 ans répartis en groupe d'âges pour apprendre ou améliorer les rudiments de ce jeu familial.

Au programme, pleins d'ateliers de jeux, à caractère pédagogique, le matin. Pour concurrencer le soccer, on a vraiment dû faire une effort pour les occuper plus souvent et les faire courir et les mettre en mouvement plus longtemps (les nouvelles générations ont raison de dire que le baseball ne bougeaient pas assès comparé au foot, mais c'est aux entraîneurs de s'adapter maintenant, sinon on va se faire bouffer définitivement) Et l'après midi des matchs et des mini-games avec des scores fleuves!! Il y en a pas un seul qui ai eu le temps de s'ennuyer.

Ce qui m'a frappé, durant l'heure du lunch, c'est leur capacité à s'autogérer pour imaginer des jeux ou tout le monde participe. Pas besoin d'entraîneur. Ils modifient les règles, pas de temps mort, pas de chicane, ou elles sont vite réglées. Il y a 3 ans, j'avais offert à ma sœur –professeure des écoles- un livre traitant de la ‘psychologie des cours de récréation'. Voir ces jeunes joueurs s'organiser parfaitement dans leurs jeux m'a rappelé l'essentiel de son contenu. Ils s'organisent, ils se hiérarchisent, ils ont des régles et un mode de fonctionnement qui n'a rien à envier à celui (parfois stéréotypé) des adultes. Très souvent, ils n'ont pas besoin de nous dans leur jeu.

Europe, Asie, Afrique, Amérique.... les enfants sont presque tous les mêmes partout. Ici aussi. C'est bientôt la rentrée. Les petites voisines vont revenir de congés. Elles étaient en camp d'été ou chez leur père. La rue va s'animer après ce mois d'août trop calme. On va bien voir quels nouveaux jeux elles auront ramené de l'Ontario. Et je sus persuadé que ca va jaser dur à la récréation dans quelques jours. Et pas seulement sur les nouvelles modes lancées par des commerciaux et designers féroces à l'ouvrage. Les enfants n'ont pas toujours besoin des adultes dans leur monde. Ici aussi.

Marc Mellet

Je Suis Montréal. Il ne...

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Je Suis Montréal.

Il ne s'agit pas d'une tendance mégalomane que j'aurais développée depuis ma dernière chronique très terre à terre et très proche de mon quotidien. Soyons tous rassurés. Il s'agit du titre de l'exposition photo qui se tient sur l'avenue McGill College au cœur du centre-ville de Montréal. C'est vous dire comme c'est central ! L'an dernier, l'expos présentait les photos formats géants (environ 1m50 par 1m) de Yann Arthus-Bertrand, le célèbre artiste qui photographie la Terre vue du Ciel (qui est aussi le titre de son fameux livre).

Cette année, l'exposition a pour thème Montréal, grande métropole du Québec, 2ème plus grande ville francophone après Paris, Montréal qui a perdu son rang de 1ère ville du Canada au profit de Toronto, anglophone, il y a déjà bien longtemps.

J'ai redécouvert la rue McGill habillée des « toiles » il y a quelques jours à peine, et totalement par hasard en revenant de déposer quelques CV, mon précédent job s'arrêtant. Je suis alors passé d'une photo à l'autre. Les thèmes sont variés. Il s'agit du travail de 9 créateurs qui ont sillonés chacun 3 arrondissements de Montréal.

Certaines suggèrent le parcours de quelqu'un, attraction particuliere dans son quartier, ou bien totalement anonyme, un coiffeur, un restaurateur, ou un sans-domicile fixe qui a fait le choix de cette vie il y a plusieurs années malgrès sa carrière d'ingénieur ! question de conviction, question de valeurs, question d'être en paix avec soi-même. D'autres couvrent l'architecture d'un monument, d'un immeuble particulier. D'autres encore changent l'angle de vue sur le canal Lachine, ou le Mont-Royal, sur le Stade Olympique de nos Amours. On y évoque aussi les 300 et quelques km de (vraies) pistes cyclables (50 km à Paris ??).

J'ai eu alors l'idée d'en extraire quelques unes pour vous les commenter dans ma chronique.

Ma première photo présente un parc, symbole de tous les parcs. Flying-Antoine l'a dit dans une de ses chroniques, mais le répéter ne fait pas de mal. Montréal est une ville verte. Il y a de nombreux arbres dans les rues. On y trouve de nombreux parcs un peu partout. Des parcs de villes très aménagés, très agréables pour pic-niquer et farnianter le WE (et aussi la semaine pour ceux qui ont les horaires aménagés). Des parcs avec des fontaines, des terrains de sports (oui oui il existe encore des terrains de baseball malgrès la présence du soccer depuis 20 ans), des concours internationaux de chateaux de sables, des concours de scuplture su glace etc etc.... et il y a les parcs natures, plus grands, plus sauvages, avec des boucles de randonnées de 3 à 12 km, des fermes biologiques, des expositions d'artisanats, des maisons historiques, et pas mal de kilomètres carrés d'arbres et de prairies avec leur lot de moustiques. Depuis 2 mois, Curvette et moi visitons l'un après l'autre les nombreux parcs de l'Ile, même les plus oubliés. Vive la citronnelle.

Ma deuxième photo représente une dizaine de couples en train de s'embrasser au belvédère du Mont-Royal. Des couples hétérosexuels de différents âges, des couples lesbiens ou gays aussi. A l'heure où Ottawa a légalisé l'union entre conjoint de même sexe, il est inquiétant de constater que la photo a été lacérée, abimée en travers du couple gay. Un symbole de la bêtise, de l'intolérance de certains qui nient la réalité des sentiments de milliers de gens. Une note a été collée sur la photo par les organisateurs. Pas de militantisme. Une simple note technique mentionnant que cette photo a été vandalisée, qu'elle est un original. Qu'elle appartient au public, à chacun et à tous et qu'il incombe à tous de veiller à son bon état. Un peu plus loin, un tag vocifère au milieu d'une photo d'un des premiers couples gays mariés. Il reste encore du chemin à faire avant d'ouvrir toutes les mentalités à plus de tolérance. Même au Canada.

Des parcs ? toujours des parcs, mais pour enfants cette fois-ci. Ma troisième photo est une vue noir et blanc, en perspective d'une pyramide en toile d'araignée. Un véritable pont de singe pour l'enfant vif que j'étais et qui adorait se balancer et se pendre au dessus du vide sur son portique. Cette photo me rappelle peut-être mes souvenirs lointains. Dans une autre ville, un petit quartier ensoleillé, un terrain de jeu sur une colline, dans un autre continent. Les parcs d'enfants aménagés sont très nombreux à Montréal. La ville en est fière (même si ceux sont les anciens élus qui l'ont fait, et les autres avant eux). Cependant le commentaire de la photo rappelle le taux de natalité misérable des femmes du Québec. La révolution sociale au Québec a eu des effets secondaires qui auront un impact important sur la pyramide des âges dans quelques années. En attendant, on voit en contre-jour ces enfants sur leur pyramide à eux. Et l'artiste de conclure qu'il ne faudrait pas qu'il y ait plus de parcs que d'enfants au Québec dans quelques années.

Deux autres photos présentent des immigranst italiens. Le film québécois Mambo Italiano m'inspire peut-être ? Sur la première, on voit un vieux monsieur tenant une plus vieille photo encore de la maison familiale. La maison achetée avec l'argent chèrement gagnée par les premières générations de la famille venues s'installer il y a déjà longtemps. À l'époque, l'objectif était de pouvoir à terme s'offrir SA maison. En attendant, on dépendait souvent de la famille proche, des cousins plus ou moins éloignées.

Sur la deuxième, on voit un vieil Italien, et sa fille aussi si je me souviens bien. La mémoire me manque. Je préfère vous retranscrire le commentaire officiel qui vaudra mille pirouettes de votre chroniqueur. « Comme beaucoup d'immigrants, Salvatore est retourné un moment dans son pays d'origine, l'Italie, mais est revenu à Montréal quand sa femme est morte. Il est revenu là ou toute sa famille habite depuis des générations maintenant. Comme quoi nous prenons racine là ou nous sommes. Car l'homme après tout, n'est pas un arbre. Contrairement à l'arbre pris dans la terre qui le fixe, l'homme bouge, avance. Il ne peut pas vraiment s'arrêter »



Zigzaguons au Québec ? ….Pendant qu’la...

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Zigzaguons au Québec ?

.....Pendant qu'la job n'y est pas..... Si elle y étaiT on vous le direz !

Voilà, c'est pas du grand Mozart, mais c'est juste mon entrée en matière pour ma chronique tardive. Et justement son retard est dû essentiellement au sujet lui même.... démonstration sera faite.

Après avoir constaté que le marché de l'emploi dans ma spécialité était aussi rapide que le Saint-Laurent gelé en hiver, j'ai compris qu'il me fallait remettre à jour mes connaissances tout en prenant une légère tangente dans mon parcours. J'ai donc commencé à regarder les formations courtes, à distance et en cours du soir. Il y en a beaucoup. C'est la jungle.

J'ai pu constater que les formations les plus connues n'étaient pas forcément les plus adaptées à mon cas. De niveau maîtrise, je m'entendais dire que j'étais déjà trop qualifié pour ces formations.... curieux, j'entendais le contraire durant les entrevues.... mes compétences n'étant pas remises à jour suffisament.... par contre pour des jobines je m'entendais dire que j'étais à nouveau trop qualifié.... c'est tannant à la longue. Avec 4 ans d'expérience, on me répliquait lors des admissions : «ah mais monsieur, tu dois plutôt viser les formations courtes de quelques heures ou quelques jours.» Oui mais je suis pas Crésus non plus. J'ai besoin de remettre à jour pas mal de connaissances. A 500 pièces les 20-30 heures de formation dans un outil, un langage ou une méthode particuliere, ca va me couter 2000 pieces (le prix du visa presque). OK, je connais la citation «si vous pensez que l'instruction coûte cher, essayez l'ignorance», mais faut pas pousser. Ca me paierait 2 années d'inscription en fac !!! ces prix, c'est bon pour les entreprises qui font faire des formations à leurs employés, pas à un particuliers.

Mais j'ai trouvé chaussures à mon pied. Des cours sur des compétences particulières. Avec des examens, et des projets à rendre. D'ailleurs ma chronique est en retard à cause de journées chargées et de nuits blanches à plancher. Et à partir de septembre, je suis en cours du soir, dans un programme cours de 2ème cycle. La taille patron, idéal pour moi. Les bons thèmes de cours, le bon prix, les bons horaires, le niveau maîtrise. J'ai été admis, et j'ai fait mon inscription. Me voilà à moitié sauvé.

En attendant et bien je passe de jobines en jobs. Mais je ne regrette pas ma job à 50 000 pièces et quelques de cadre spécialisé (vous savez, on parlait d'Ouvriers Spécialisés, maintenant c'est pareil, mais avec les cadres). Maintenant, c'est pas super payant, voire pas du tout et je déteste certes travailler pour des cacahouettes, mais je rencontre des gens d'horizons tellement différents et que je n'aurais jamais eu l'occasion de rencontrer autrement. Je m'enrichie de vie, à défaut de billets. Bon, il ne faut pas se laisser exploiter pour autant.

De toute façon, moins de 2 ans après être entré dans la vie active, je savais que je n'étais pas carriériste. Quand un ancien boss m'a dit «penses à ta carrière», je n'ai pas eu à cœur de lui dire que je pensais surtout d'abord à ma vie. Qu'elle me plaise, quitte à ce que ce soit moins linéaire.

Donc, oui, comme je le disais il y a quelques semaines sur le forum. Vous devez rêver grand. Ici vous pouvez le faire. Mais pour donner corps à cela, vous devez aussi savoir ce que cela prend. Parfois cela prend du temps, parfois de nouvelles compétences, quelques soit celles que vous avez déjà. Parfois de la chance et de l'opportunisme. Parfois celà prend d'admettre que le domaine dont on rêve est au fraise et qu'il faut aller voir ailleurs. L'espace de quelques mois. On en retire toujours quelques chose. Avec quelques expériences canadiennes en plus, j'ai de moins en moins de mal à décrocher des entrevues et à intéresser potentiellement des recruteurs.

Et puis regardez nous, tout chroniqueurs que nous sommes. J'ai traversé quelques remous. Redflag aussi qui au début a bossé dans la restauration, a travaillé dans le domaine lié à ces études universitaires, a cherché pendant un moment une nouvelle job pour enfin rebondir dans la vente de produits scientifiques. Flying qui a travaillé à Val d'Or comme gérant, puis qui a (re)monté sa propre boîte et qui envisage une progression de carrière en tant que potentiel associé dans les Ressources Humaines.

K2 aussi a bourlingué avec des jobs variées. Il suffit parfois de relire ses chroniques ou relire ses messages pour s'en rendre compte. And ze Best of the Champion de la Coupe (des Confédérations), si vous en doutez encore, Kroston, dont le parcours tient de l'aventure très souvent. Demandons lui, et à sa femme aussi, de nous citer les différentes jobs par lesquelles ils sont passés. Je dois refaire ma démonstration ?

En faisant le point du parcours de certains d'entre nous, désolé de ne pas toutes et tous vous citer, vous réaliserez peut-être comme nous ne sommes pas des exemples de chemin rectiligne et allant droit au but (à part Peggy probablement, qui a par contre préparé son affaire depuis longtemps). Chacun a sa vision du chemin. Mais ne soyez pas trop restrictifs, vous risqueriez des désillusions.


Le Mur de la Culture ?...

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Le Mur de la Culture ?

Cela fait bientôt 2 ans que je suis installé au Québec, ou disons plutôt à Montréal la Métropolitaine. Assez rapidement quelque chose m'est apparue, mais je n'ai vraiment réalisé que sur le tard, à partir de l'adolescence de l'intégration. Je reprendrai le titre d'un livre qui date déjà un peu, pour affirmer : « Qui est québécois ? ».

Cet ouvrage traite de l'identité québécoise, sa définition floue, la manière dont des gens d'origines et d'ethnies différentes, mais tous installés au Québec depuis une ou plusieurs générations, voient leur nationalité québécoise.

Peu après l'arrivée en tant que résident, il y a déjà tout un travail de curiosité pour découvrir et absorber une culture qui n'est pas (encore) la notre. Cela va des habitudes quotidiennes, le changement de magasins pour les courses (!), les lieux de sorties etc, l'abandon du Danette pour le Fudge, en passant enfin par les simples références culturelles à des faits, des personnages historiques, des romans ou des films que nous ne connaissont pas. Le moindre Québécois l'a vu durant la fin de son primaire ou son secondaire, mais en arrivant ici, nous sommes peut-être plus démunis qu'un enfant sur ce point là. Côté radio, télé, cinéma, théâtre et show-biz, il faut aussi réapprendre pas mal.

Mais qui sont donc ces nouvelles têtes à la télé, sur la couverture des magasines crét.... pardon kétaines, sur mes paquets de yaourt aux fruits ? Qui sont donc ces autres humoristes que je ne connais pas. Vaste programme d'ingurgiter en accéléré (pour ceux qui veulent) ce flot de culture et de confiture de tous les goûts et de toutes les sortes.

Alors que diriez vous d'en avaler un peu plus ? Changeons de chaînes, par exemple, ou rentrons dans une librairie anglophone ou une presse internationale. Jetez un coup d'œil avec moi sur les ouvrages et les magasines, sur la programmation des chaînes anglophones. Ki cé donc ceux-là ? Et bien oui, on recommence à zéro. Qui est donc ce présentateur, cet acteur, ce musicien régional pourtant si connu ? Mystère que je ne peux combler car ce mystère parle anglais, voire espagnol.

Là ou ça se corse, comme le café bien grillé qu'on affectionne ici, c'est dans le métro ou les transports en commun, lorsque je croise nombre de personnes d'ethnies asiatiques, indiennes ou pakistanaises par exemple. Je parviens à détecter parfois un encart publicitaire connu dans des journaux tabloïdes qui ne m'évoquent rien. Leurs représentants culturels, leurs stars d'ici ne m'évoquent rien, je serai incapable de les identifier, de découvrir leurs talents, leurs caractéristiques.

Et pourtant il s'agit là aussi du Québec, de notre Québec. Mais je me rends compte que cette partie là de la réalité m'est grandement inaccessible. Et lorsque j'y pense, je me dis que nos prises de tête sur les détails du québécois occidental moyen ne sont vraiment que des raisons de se disputer pour presque rien, pour une réalité qui n'existe même pas pour des dizaines de milliers d'autres personnes.

Après tout, chacun va se faire sa vision du Québec, en touriste ou une fois installé à résidence. Et nous ne verrons pas et ne vivrons pas les mêmes réalités. Je suis parfois un peu agacé de me dire que toute cette vie culturelle à côté de moi m'est plutôt inaccessible, car le mur pour y accéder est grand à franchir, ne serait-ce que par la barrière de la langue.

De même, on parlait tout récemment sur le forum du parti au pouvoir au Québec. Les structures politiques et gouvernementales sont basées sur le style des institutions anglo-saxones occidentales. L'expression du pouvoir et de l'autorité n'est pas universelle et prend différentes formes selon l'origine ou les racines de la personne, selon son ethnie. Ce type d'institution représente l'expression du pouvoir d'une partie de la population. Mais vu l'accroissement de la diversité au Québec, on peut se demander si elles restent adaptées à une réalité et à des formes culturelles de plus en plus changeantes.



Va y avoir du Sport...

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Va y avoir du Sport

Une promesse est une promesse. Bon d'accord, j'avais dis que je ne parlerai plus de baseball dans mes chroniques. C'était l'année dernière à la même époque. On prédisait déjà la dernière saison des Expos à Montréal. Ils sont toujours là, peut-être même jusqu'à fin 2004.

Cependant, plusieurs amateurs de ce sport sont intervenus sur le forum ou sont arrivés au Québec entre temps. Et puis face à la montée du soccer et de la Crosse (qui nous piquent pleins de joueurs),je lance la croisade. Enfin utiliser le terme que vous voullez, je défend mon pré vert. Aussi, avec Jupiter en conjonction avec Neptune, tout celà en alignement avec la 10eme planête, et bien je crois vous avoir démontré qu'il était inévitable et évident que je reparle de baseball ici. J'ai bon là ? quelqu'un est convaincu ?

Sinon pour me justifier, je peux toujours évoquer un sujet connexe et la raison de ma chronique. Rappelez-vous la maxi-chronique de FrenchPeg sur l'entrée en business et les procédures à suivre. On ne parle plus de sport là. La Reine de la Trad a mis tous ses efforts dans le lancement et le développement de son affaire. A son livre de chevet américain sur la traduction en étant à son compte, je répondrai par mon « How to Develop a Thriving Pitching Lesson Business ». Ca c'est des titres en anglais qui n'en veulent de la traduction.... loi 101 oblige.... enfin tant qu'elle existe.

Au tout début de mes démarches en décembre dernier, j'ai bénéficié du conseil d'un jeune entrepreneur français. Il a créé son affaire à Montréal, une société de développement d'esprit d'équipe et de cohésion de groupe, par le jeu et par le sport, pour les entreprises. Son concept et sa mise en place lui ont valu un prix d'entrepreneurship au tournant du millénaire. L'entrevue et ses conseils m'ont permis de passer un cap psychologique en commençant à donner corps à mon idée, déjà vieille de 3-4 ans. Je n'oublie pas les conseils et la motivation d'un ami perpignanais, catalan, qui se reconnaîtra j'en suis sûr.

Les possibilités de travailler à temps plein comme instructeur des lanceurs de baseball sont réduites (malheureusement). Question aussi de budget parental, de budget des clubs. Les clubs ne dépendent pas tous du même système hiérarchique provincial ou national, de la même ligue amateure, et ne bénéficient donc pas du même système financier. Bref le marché tient plus à des choix de personnes et à leur budget familial et loisir, qu'à des stratégies de marchés et de communication d'entreprises. Je ne m'étale pas sur mes infos, mais de ce côté ci de la frontière, les possibilités sont plus restreintes qu'en Arizona, en Californie, Texas ou Floride (sans parler de la contrainte du climat et des gymnases à louer en hiver). Mais la demande existe.

Je n'envisage pas gros au début. Je vise plutôt le développement de relations solides avec un noyau de joueurs, d'entraîneurs et de clubs. Le bouche à oreille fera aussi une partie du reste. Je tâche bien sûr de rebondir professionnellement dans l'intervalle de temps ou la business démarrera. Je me forme pour saisir l'occasion de lier mon domaine informatique et le sport, lorsqu'elle passera.

Donc il s'agit de coller à la réalité du terrain. Mais ne me dites pas que je vise petit ou que je manque d'ambition. Je sais lire aussi entre les lignes et n'en pense pas moins. Un responsable de baseball me donnait son opinion il y a peu. Notamment au sujet de mes tarifs et des budgets en vis-à-vis. En substance il disait « Marc, il y a peu de clubs et peu de parents qui seront prêts à investir et à payer ce prix pour de l'expertise sur les lanceurs de baseball, même si elle est de très bonne qualité, même si elle sauve la santé de dizaine de jeune qui se blessent chaque année ». Peut-être, peut-être pas. Je lui ai prouvé que c'était possible en obtenant par exemple un gros client la semaine dernière. Il s'agit d'une prestation avec un club pour faire l'évaluation et la correction de la technique d'une dizaine de lanceurs. Même avec un tarif dégressif (vu le nombre de joueurs), je suis resté proche de mon prix. Je connais mon produit, je sais d'ou il vient, et je connais sa valeur. « Si vous pensez que l'instruction coûte chère, essayez l'ignorance ».

Il n'est donc pas toujours bon d'écouter, en tout cas de suivre, les conseils des autres. Surtout si cela vous ralenti et met des doutes dans votre projet. Pour l'immigration c'est pareil. Vous allez avoir des avis d'amis, de proches, de membres de la famille. Ne vous laissez pas toujours influencer. Vivez votre vie. J'ai eu cette chance d'avoir des parents compréhensifs, et discrets sur le sujet. Je les en remercie. Je ne regrette rien de mon immigration (même pas les Danettes....), que ma situation professionnelle soit moins bonne ou pas (bon si vous connaissez quelqu'un qui cherche de la main d'œuvre à temps partiel ou à mi-temps, n'hésitez pas....). Ma vie, elle, est plus riche, et je me connais mieux maintenant.



Un Curve, une Curvette, la...

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Un Curve, une Curvette, la Fin.

On ne comptait plus les années. Celà passe tellement vite. A force de penser que c'était là pour toujours, on oubliait que la fin de l'histoire était envisageable. En plus tout semblait aller au mieux depuis quelques mois. Le rythme de croisière ? pas forcément. Toujours en quête d'authenticité, toujours vrais, constamment en mouvement et en renouvellement et souvent jamais satisfaits de l'état courant. Cependant quelle complicité exceptionnelle pourrait-on dire ! de celle qui reste, même après le mot fin.

Tous le monde l'auras compris bien entendu. Je parle de la fin de la série « Un gars, une fille » ici au Québec. Un arrêt programmé malgrès un succès et un taux d'écoute toujours aussi fort après 6 ans. Je pense que la majorité d'entre-vous connaissent cette série, et ont eu la possibilité de la suivre sur une des chaînes de leur pays. C'est une comédie d'origine québécoise, internationalisée depuis déjà plusieurs années. Dans les autres pays, les textes québécois sont repris et adaptés jusqu'à 25% par un script-auteur. En France, le format que je connaissais est un peu différent car les acteurs sont dans la début trentaine, et les épisodes sont quotidiens, de 7 minutes environ. Ici, l'émission dure 30 minutes, avec 3 thèmes de 10 minutes par soir (3 jours de tournage), et toujours des scènes de 1 minute, 1 minute 30, qui s'enchainent. Les thèmes sont les mêmes dans tous les pays. Je devrais plutôt dire que ce sont les scènes des autres pays qui sont semblables à ce que nous avons ici.

En effet, la série est la création de Guy A Lepage. Acteur de 41 ans né dans le quartier d'Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Il a commencé sa première émission à l'âge de 23 ans et avoue qu'au fil des années, il se trouve de moins en moins poche pour apprendre ses textes (surtout que c'est lui qui les écrit, c'est dire). Acteur par accident, il se trouve de moins en moins mauvais après 19 ans de carrière !! si si, c'est lui qui le dit ! il n'avait jamais voulu faire acteur. Il apprécie beaucoup plus sa job d'auteur et adore vraiment écrire des histoires. Je sais que certaines et certains sur le forum seront sensibles à la mention de son goût pour l'écriture, ce qui leur rappelera leurs propres écrits que je lirais volontiers. Pour protéger son bébé, il travaille de très près avec tous les producteurs, outre-Atlantique notamment. Et il participe aux premiers tournages afin de s'assurer que cette version correspond bien à son idée originale dès les premiers pas. Il a par ailleurs refusé la proposition américaine d'achat du concept. C'était visiblement un peu trop du genre, « on signe et on fait l'adaptation comme on veut »..... pour rester poli, il leur a répondu un « non merci ». Bonne claque pour ceux qui pensaient que l'argent pouvait tout acheter et qu'ils pourraient s'approprier l'idée sans contrainte de la part du papa toujours fier de son oeuvre.

La Loulou du Québec, c'est Sylvie.... l'actrice Sylvie Léonard ..... La quarantaine, spontanée et touchante. La Muse. Côté caractère, je ne peux passer sous silence l'affirmation de Guy A Lepage lorsqu'on lui demande si son rôle du Gars lui ressemble. Il répond « dans la vraie vie, j'aurai crissé mon camp ». Ce qui veut tout dire sur le caractère du personnage de Sylvie..... (mais je vous rassure, Guy affirme aussi ne pas être aussi drole dans la vraie vie que dans la série, il n'est pas assès fin et se trouve même assès plate). Ce personnage de la Fille a permis à l'actrice de personnaliser la condition des femmes ainsi que certaines contradictions dans leurs désirs de vie. Sylvie, c'est une sexologue qui connaît ses « heures de gloire » au fur et à mesure des saisons. Il suffit qu'elle passe une fois à la télé, et voilà qu'elle se prend pour une célébrité. Finalement elle deviendra réellement une célébrité en montant son propre journal féminin. Bel exemple pour vous qui avez des rêves en immigrant. Si vos rêves dépendent d'un employeur, il se peut que vous risquiez d'être déçus parfois. Mais si vous avez le rêve de créer, alors faites comme Sylvie. Soyez opportuniste et lancez vous.

Les personnages principaux nous ressemblent toujours, attachants et drôles, avec leurs sacrés défauts. Sans compter le lot de la famille proche, des amis encombrants (très encombrants), ceux parfois trop intimes (on découvre physiquement qui est Geneviève, l'ex-maîtresse et associée du héros repentant.... on peut deviner sa faiblesse....). L'émission a entre autre remporté plusieurs prix télé ici. Meilleur émission humoristique, meilleur texte (à la grande joie de Guy A Lepage, auteur d'abord.... ah ! je l'ai déjà dit !!), série humoristique, meilleure réalisation, meilleure interprétation, notamment de 1998 à 2000. Mais la série ne s'était pas endormie pour autant depuis 3 ans. Loin de là. Sylvie et Guy avaient su se renouveller et nous proposer des tranches de vie toujours aussi savoureuses, avec son lot de petits messages.

Mais notre Gars et notre Fille ont décidé que ce serait la fin de cette fenêtre sur couple, notre révélateur de défauts qui fait sourire ceux qui vivent en couple, et renforcent l'opinion de ceux qui vivent leur célibat par choix. C'est la fin. Je ne la raconterai pas. A vous de la découvrir un jour. Au revoir Guy. Au revoir Sylvie. Vous allez nous manquer.




Un peu de tout dans...

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Un peu de tout dans l'Auberge Québécoise.

Je profite du printemps naissant pour me disperser un peu. La variété étant le sel de la vie, aujourd'hui je vous promet, pas de sujet d'actualité internationale, pas de grande envolées sur la société, pas de description sur telle ou telle procédure. Du tout venant, des idées et du en vrac.

Depuis quelques semaines, j'ai pris pour habitude de me rendre dans un de mes lieux de prestation en passant par le bord de fleuve. Je pourrai prendre la voie de service de l'autoroute A20, pour aller plus vite, mais plus vite pour quoi, plus vite vers la retraite ? Je réside dans le sud-ouest et je me déplace à Lasalle puis à Lachine plusieurs fois par semaines.

Lors de ce parcours, il m'arrive de révasser, mais pas trop longtemps, je suis au volant et c'est blindé de panneau d'Arrêt dans le secteur, il s'agit pas d'en rater un !! je me souviens alors de ces quelques mois ou je me rendais dans mon entreprise à Cannes, situé face à la plage. C'était le printemps et j'avais une vingtaine de kilomètres à couvrir. Pendant un moment j'ai pris l'autoroute, puis finalement j'ai saisi la chance de flanner, même si ce n'était qu'en voiture, le long du littoral. Quel plaisir c'était d'admirer les couleurs du soleil tout neuf sur la mer, sentir la fraicheur du matin, écouter le bruit de la mer à quelques mêtres, deviner les falaises se découper au loin. Le contraste des couleurs me donnait un tableau ennivrant. Et les gens que l'on croise le matin sont tellement différents de ceux du retour, dans la cohue de 18 heures.

Le bord des rapides de Lachine me renvoie à mon passé, mais m'offre un présent tout aussi touchant, et que je prend plaisir à vivre. Lorsqu'il faisait -35 degrés sous zéro, le spectacle du fleuve fumant était Stephen-Kinguesque !!! l'autre rive du fleuve, là-bas au loin semblait être un monde inaccessible, une vision fantasmagorique. Quelques jours après, le fleuve dégelait, les plaques de glaces défilaient et l'on sentait alors toute la puissance du Saint-Laurent. Au détour d'un virage, il y a un petit parc au bord de l'eau. C'est la maison d'un banc de canard. Auraient-ils perdu la carte du Sud ?? que font-il encore là ? Le temps se suspend, les voitures ralentissent, s'arrêtent un instant, et personne ne dit rien ni ne klaxonne. Tant mieux, un instant de paix et de simplicité est le bienvenu. Je quitte Lasalle et son moulin.

Plus loin je croise le Canal Lachine et ses écluses. L'eau est encore gelé ? Cela ferait une belle piste de patin ! c'est en projet je crois, comme le canal à Ottawa ? En longeant le bord du fleuve à Lachine, on sent que le passé est encore vif. Les maisons ont du caractère. Leur histoire se fait sentir. Il y a même une micro-brasserie qu'il faudra bien que je visite un jour.

Ce sont ces petits moments dont on se souvient longtemps. Parce qu'ils font appel aux sensations, aux émotions. Parce qu'ils font vibrer le corps et l'esprit. La quiétude de ce paysage me permet de rester serein et ma situation moins stable que par le passé, en France, n'a plus le même poids.

Mais il ne faut pas s'empêcher de voir les belles choses de la vie. Celles qui sont simples. La relation avec les gens a aussi son importance. Je commence à me sentir vraiment chez moi. Je fais partie du paysage et je m'y plais. Je croise parfois des têtes connues.... des parents de joueurs, des joueurs eux-mêmes, des étudiantes et étudiants qui travaillent à temps partiel à la bibliotèque ou dans un magasin du coin. On se reconnaît, on se dit quelques mots, ou on échange plus longtemps. Quelle sensation de ne plus être tout à fait un inconnu au milieu de tout. Certes, on se perd de vue avec des personnes rencontrés au tout début, on ne se voit pas assès avec certaines et certains, mais le lien est là, parfois fort et précieux. Il faut encore donner du temps au temps et ne pas forcer les choses, au risque de faire fuir et de créer le vide autour de soi.

A propos des relations interpersonnelles, nous sommes allés voir le film l'Auberge Espagnole. D'une part je le recommande, car vous allez passer un bon moment. D'autre part, à la lumière de l'immigration, certains thèmes du film prennent une perspective plus grande. L'histoire se passe à Barcelone, qui se situe en Catalogne, avant d'être en Espagne. Et croyez-moi lorsque je vous le dis, j'ai baigné dans cette ambiance de nombreuses années.

Le film aborde notamment le sujet brulant de la langue. Certains personnages sont confrontés au scénario suivant : Catalan ou Espagnol ? Espagnol ou Catalan ? un petit air d'Anglais-Français ou Français-Anglais ? Cette année, le Festival Montréal en Lumière avait entre autre pour thème la Catalogne. Catalogne qui un temps se voulait fortement indépendantiste, qui a trouvé sa voie dans la modernité, l'avant-gardisme, l'affirmation d'une identité en mouvement, mais qui ne se coupe pas de son glorieux passé. Le sujet du Festival comme certains passages de ce film ne laisseront surement pas insensibles les québécois de tous horizons.

Notamment, le film mentionne qu'une personne est à la fois elle-même sans se renier, mais aussi un peu des gens et des amis qu'elle cotoie. Ceux que nous fréquentons font aussi de nous ce que nous sommes. On y voit une belle leçon d'apprentissage de la tolérance. Et oui on y croise aussi des personnages qui rappellent parfois le concept du maudit français étendu à d'autres nationalités. Ce brassage de gens d'horizons différents devraient vous donner à réfléchir en plus de vous faire passe un très bon moment.




Qui a eu cette idée...

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Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer l'école.

Historiquement, l'enseignement au Québec était effectué par les ordres religieux. Jusqu'à récemment, il y avait donc des écoles essentiellement anglophones protestantes, et des écoles francophones et catholiques. Les immigrants d'ethnies et de confessions ‘autres' devaient donc trouver leur place dans l'un ou dans l'autre des deux systèmes. Fondamentalement, il y avait deux enseignements monoculturels dans lesquels les membres des groupes ethniques de l'époque devaient se fondre en abandonnant leur spécificité. Pour qu'une minorité particulière ait accès au système d'enseignement, il fallaient l'accord de commissions. Celles-ci décidaient d'ouvrir ou de fermer leurs écoles à telles tranches d'immigrants ou minorités en fonction des enjeux religieux, linguistiques ou politiques du moment.

Dans les années 70, l'ouverture au pluralisme linguistique amène le gouvernement du Québec a lançer le PELO, ou Programme d'Enseignement des Langues d'Origines. Cette orientation est mentionnée dans la Politique Québécoise de la langue française en 1977. Il s'agissait d'un investissement à long terme dans l'espoir que la reconnaissance du pluralisme linguistique au sein du système scolaire contribue à l'amélioration des relations interethniques. Les communautés les plus visées sont celles de langue italienne, espagnole, arabe et celles du sud-est asiatique.

Le programme commencera à stagner dans les années 1990 en étant concurrencé par des écoles privées ethnique, même s'il est très apprécié par les familles qui en bénéficient. Dernier point, cette politique d'enseignement interculturel qui s'appuie sur les langues ne devait pas servir à l'enseignement de la religion ou de la culture au sens folklorique.

Même si certains analystes critiquent le système actuel en disant qu'il a subi une révolution avortée, on ne peut que constater que l'enseignement pédagogique a été très imaginatif et offre de nombreuses possibilités aux enfants et aux adolescents. De nombreux enseignants d'autres pays francophones s'appuient régulièrement sur des supports pédagogiques québécois particulièrement appréciés.

Dans les années 90, de nouvelles idées sont apparues pour pouvoir passer dans la pratique à une forme transculturelle. On avait un système interculturel qui développait des rapports harmonieux entre groupes ethniques, en multipliant des occasions d'échanges dans l'éducation. Il fallait passer à un système transculturel encourageant les membres des ethnies et des minorités à dépasser les frontières de leur groupe. Vaste débat, vaste chantier.

Au delà de la prise de tête, concluons que le système est loin d'être sclérosé. Et la révolution qu'il a subit est encore jeune ce qui lui évite d'être un mammouth qu'il serait impossible de faire évoluer. Il est donc toujours possible de le réorienter, de le revaloriser, de le modifier et de l'améliorer. Retenons surtout que le Québec œuvre pour trouver des méthodes afin d'intégrer ses ethnies et minorités sans les couper de leurs racines et en leur offrant les meilleures chances possibles.

Le gouvernement fédéral du Canada et les provinces possèdent chacunes certains pouvoirs que ne possèdent pas l'autre. Ce sont les provinces qui décident des grands axes pédagogiques de leur enseignement primaire, secondaire, post-secondaire et universitaire. De fait, les programmes ne sont pas nécessairement les mêmes du Québec à l'Ontario, de Colombie-Britannique au Manitoba. Il en est de même pour la structure de la scolarité, le nombre d'années et les diplômes obtenus.

Si vous arrivez en famille, je ne peux que vous conseiller la lecture du livre « Vous et L'Ecole, les Coulisses du Système Scolaire » (1995, ISBN 2-921659-01-8). Parents, vous y apprendrez vraiment comment fonctionne le système, comment procéder aux inscriptions, qui va choisir l'école, la vie à l'école ici, le parascolaire et la garderie, les accidents de parcours, les autorités scolaires, votre rôle en tant que parents. Vous saurez tout de ce qui parait tellement évident à quelqu'un qui a grandi dedans.... et même peut-être plus. Bref tous ce qui serait –hélas- trop long à traiter ici.

Je pense que vous devriez chercher aussi sur les sites internets des diverses Commissions Scolaires (celle de Pointe de l'Ile par exemple avec laquelle j'ai eu des contacts, www.cspi.qc.ca ou encore celle de Montréal www.csdm.qc.ca le centre de l'ile) et voir toutes les infos pratiques. Il y a aussi le Conseil Scolaire de Montréal www.csim.qc.ca.

Si vous arrivez comme-moi, professionnel junior avec quelques années d'expériences, le diplôme n'est pas trop trop loin et il a encore de l'importance pour la suite de votre carrière. Se pose alors la fameuse question des équivalences. Je me rend compte depuis peu de l'intérêt de pouvoir reprendre des cours à peu près à n'importe quel moment dans sa carrière. Le système est vraiment flexible et offre pleins de possibilité d'apprentissage.

J'avoue que heureusement pour moi j'ai un diplôme reconnu acquis dans une université qui a des Accords Bilatéraux et des Conventions avec le CREPUQ (Recteurs et Principaux du Québec). En effet, je n'ai pas senti le besoin en arrivant de faire faire une équivalence par le MRCI. Hors je vois que c'est systématiquement demandé lors des admissions. Dans mon cas, je peux me considérer chanceux car ma formation est plutôt bien reconnue. Sinon j'aurai perdu 4 mois au moins pour faire faire l'équivalence. Et je n'aurai pas pu m'inscrire.

Soyez prévoyant, ne vous bloquez pas, et étudiez vraiment la question à l'avance. Ne vous contentez pas d'un tir au jugé, mais essayez d'estimer si ne pas faire d'équivalence peut vous pénaliser à un moment ou à un autre. Par contre, certaines formations vont étudier le contenu de vos études et vos notes par elle-même et ne vous réclameront pas forcément le papier du MRCI.

De nonbreux messages ont traité de cas particuliers. Impossible de les couvrir tous. Consultez surtout les FAQ, et pour ceux qui sont concernés par des études en France ou dans des systèmes équivalents, le livre « Les Systèmes Scolaires Regard Croisés France-Québec ». Un peu vieux, 1991 et loin d'être une bible, mais il pourra rendre des services (ISBN 2-89415-058-X)

Je n'ai fait qu'un bref petit tour de la scolarité au Québec, malgrès la longueur déjà respectable de la chronique (il y a plus long et plus complet hihi). Cependant j'espère surtout que celà vous amènera à être imaginatif dans vos recherches d'informations et à être actif durant votre procédure. Il y a de nombreux sujets sur lesquels vous pouvez apprendre avant d'avoir le visa. C'est une bonne thérapie contre l'attente souvent pesante.

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Pour information, je laisse aussi les titres de ces autres ouvrages qui m'ont aidé à apporter certains éléments à ma chronique. Si le cœur vous en dit dans quelques mois ou quelques années, vous pourrez toujours vous y plonger.

Immigration et diversité à l'école, ISBN 2-7606-1824-2, 2001
Une Révolution Avortée, l'enseignement au Québec depuis 1960, ISBN 2-89415-055-5, 1991
Pluriethnicité, éducation et société, construire un espace commun, ISBN 2-89224-168-5, 1991

Sois poli avec la dame...

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Sois poli avec la dame.

Quelques mois en arrière, le sujet du respect et de la tolérance avait été soulevé par un chroniqueur s'intéressant au rugby (!). Cette chronique avait amené de nombreux messages sur le forum. Tout le monde s'accordait sur cette grande qualité humaine qu'ont les canadiens : le respect des autres.

Certains feraient passer celà pour une forme d'indifférence qui évite finalement de rentrer réellement en contact avec son prochain. Peut-être dans une grande cité, mais dans une ville de région, franchement c'est difficilement croyable. On a parlé aussi de tolérance et chacun avait amené des arguments dans le sens du respect comme dans celui de la tolérance.

C'est vrai aussi que le Canada bénéficie d'un capital sympathie important dans de nombreux pays. Certes c'est une image, mais tout ceci prend ses racines dans des faits réels, dans la rencontre des gens et des peuples.

Il y a quelques semaines, je me suis trouvé bien surpris de découvrir l'ouvrage de Carolle Simard, « Cette impolitesse qui nous distingue ». Cette professeure de l'UQAM soulève de nombreux problèmes de langages et de comportements apparus chez les nouvelles générations (ah ! ces nouvelles générations !!). Elle se penche notamment sur des symptômes « inquiétants » comme le port de la casquette (de baseball ?) à tout-va (même en cours ou lors d'un entretien d'embauche).... les manières à table ou dans le metro (ceux qui ont vu des gens déjeuner le matin dans les rames du métro savent peut-être de quoi elle veut parler en matière de sans-gène)..... parfois les bousculades dans certains lieux (sans s'excuser), ce qui correspond plus à une attitude du « c'est mon trottoir, c'est moi, ma personne, c'est mon passage et ma ligne droite ».,, la goujaterie sous prétexte de l'égalité des sexes.... sans oublier le tutoiement.

Moi qui pensais que le tutoiement provenait essentiellement d'un parallele avec le « you » anglais qui ne distingue pas vraiment le « tu » et le « vous », il semblerait plutôt que ce soit un héritage de la révolution tranquille. Le vouvoiement était la règle il n'y a pas si longtemps mais le « tu » s'est généralisé au Québec. De plus les structures sociales et les modèles de relations d'autorités ont bien sauté à ce moment là. Les codes d'usages transmis ont alors été remplacé par quoi ?? mystère ?

A grand coup d'exemples frappant, elle démontre les problèmes relationnels que celà peut engendrer. Pourtant, nous en avons parlé de temps à autres sur le forum. Le « tu » permet de lever aussi bien des barrières et facilite par exemple les relations entre employés.... et avec le boss. Mais est-il normal d'envoyer balader son patron ou un inconnu en le tutoyant ? ce n'est pas si facile d'injurier quelqu'un en le vouvoyant !!

S'agit-il d'un relâchement des comportements ? Le problème n'est pas tant dans l'emploi du « tu ». Il semblerait que les générations précédentes aient appris à distinguer les situations ou elles pouvaient utiliser le « tu » et le moment ou elles devaient employer le « vous ». L'auteure s'alerte -à raison- de ce que les nouvelles générations n'aient même pas appris à faire cette distinction. Elles ne sauront donc même pas agir autrement, puisqu'on ne leur aura pas transmis ce savoir-faire. Ils ont de plus en plus tendance à ne pas pouvoir se réfréner, deviennent arrogant face à tout obstacle qui se dresse devant eux.

Carolle Simard arrive à la conclusion que les générations les plus récentes ont pris très bien conscience du fait que les générations précédentes et le système ont baissé les bras en masse. Cette gérération a vite appris à franchir des limites qu'on ne leur a pas montré. L'idée du bon exemple est-elle démodée ? On dit que la politesse n'est presque rien, mais peut-on se passer de presque rien ?


Fondamentalement, les québécois sont des nord-américains. Le mauvais point est que la nouvelle génération semble se comporter comme le grand voisin du sud qui n'est pas spécialement réputé pour la finesse de sa population et son savoir-vivre. Sans forcer la généralité, on peut distinguer statistiquement des types de comportements, et c'est la molesse et la familiarité qui ressort dans cette étude.

Je mettrais un bémol tout de même à l'opinion de l'auteure du livre. Nous trouvons tous que la société ici est d'une douceur bien plus grande que dans certains de nos pays d'origine. Les gens y sont plus amicaux et on s'y sent plus à l'aise, plus en sécurité. Alors le cri d'alarme de Madame Simard peut nous parraître démesuré. D'un autre côté, je me dis que si elle a constaté une telle érosion de la politesse, le Québec devait être plus qu'un paradis relationnel il y a 30 ans !! Vu le climat social de l'autre côté de l'océan, ses exemples me font sourire. Le changement est-il superficiel ou profond ? Il est tout de même bon que des gens se lèvent suffisamment tôt pour dire « eh, nous prenons un chemin glissant, il est encore temps de corriger le tir ».

Je ne fais que relater une partie des idées contenues dans cette étude. N'allez pas en déduire que c'est ma propre opinion et que je crache dans la soupe. Ma vision personnelle se construit depuis mon arrivée, au fil du temps et de mon vécu. Mais ces recherches sur le sujet m'ont suffisamment étonné pour que je vous en fasse part. Après tout, mon rôle de chroniqueur m'impose aussi d'apporter de l'eau au moulin de votre propre réflexion en mouvement.



Le Hockey, c’est la religion...

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Le Hockey, c'est la religion du Canada

Il y a quelques jours, l'équipe de hockey professionnelle de Montréal, le Canadien, a viré le 25ème entraîneur de son histoire, Michel Therrien. L'attitude peu combattive de certains joueurs qui ne prennaient pas leurs responsabilités a amené l'équipe à des résultats décevants comparés aux possibilités entrevues à la fin de la saison dernière. La présence de Montréal en phases finales du championnat avaient réveillé la ferveur endormie de la ville. Cette fiche de résultat a eu raison de celui qui a presque réussi un exploit en Ligue Professionnelle de hockey en restant à la barre de l'équipe depuis novembre 2000.

Certes il n'est pas le seul à avoir été remercié en milieu de saison et on sentait venir le vent (glacial) de la porte de sortie depuis déjà quelques semaines, malgrès l'attitude souvent favorable des analystes sportifs à son encontre. Je ne peux m'empêcher de penser que virer certains joueurs qui touchent un salaire de 2 millions, 2.7 millions ou 3 millions (sans citer de nom) avec des résultats minables, ou les faire passer dans une des équipes réserves, voire leur infliger des amendes salées pour manque de professionnalisme, aurait pu aussi faire la job. Mais André Savard, le Directeur Général du Canadien, a pris la décision que son poste impose la plupart du temps. Virer le coach, en espérant provoquer un choc psychologique des joueurs avec la venue de Claude Julien, ancien joueur des Nordiques de Québec dans les années 80.

Julien était l'actuel entraîneur des Bulldogs de Hamilton en Ligue Américaine, avec des résultats magistraux depuis le début de la saison. Seule la fin du championnat dira si Savard a eu raison de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Il était presque impossible de ne pas parler de l'actualité du hockey et du Canadien de Montréal. Cependant les vrais raisons de ma chronique était de vous faire part de mon étonnement et de mes sentiments envers ce sport. En effet, bien que passionné de baseball depuis 15 ans, et grand amateur de rugby devant l'Eternel, j'étais loin d'être indifférent à la place du soccer/foot en Europe et en France. Pour ceux (et celles) qui trouvent qu'on parle beaucoup de sports dans les médias français (et du foot en particuliers), vous vous rendrez probablement compte bientôt qu'ici la place de la puck de hockey dans la grille télé ou dans votre quotidien n'a rien à envier à celle du ballon rond.

Personnellement, je savais que le Canada était LE pays du hockey, comme d'autres sont le pays du fromage, le pays du Soleil Levant, ou la pays des râleurs chauvins. Mais depuis que je suis installé à Montréal, j'ai une sensation profonde que c'est plutôt une religion avec beaucoup de pratiquant au quotidien. Le hockey influe sur la vie de bien des jeunes et des moins jeunes.

Je ne vous parlerai pas des débats quotidiens d'une demi-heure à la télé ou de la Soirée du Hockey qui est une institution. Un exemple de la priorité qui lui est dû est le nombre de patinoires d'extérieurs qui sont montées, entretenues et démontées chaque années dans tous les quartiers. Les enfants y jouent comme on jouerait au foot sur le square du coin. Ou encore, dernièrement un ami adepte de grand bol d'air frais m'a proposé de patiner sur l'un des plans d'eau gelé de Montréal. Lorsque je suis allé prendre les patins, la préposée m'a automatiquement remis des lames de hockey, moi qui n'avais jamais mis que des patins artistiques à pointes. J'ai dû ré-apprendre à patiner. Mais ici un " vrai gars ", ca porte des patins de hockey.....

Il est certains que je peux tourner le bouton de ma télé, ne pas lire les journaux, même les quotidiens gratuits distribués dans le métro. Donc en fonction de vos rapport aux médias, vous n'aurez pas la même perception de ce sport après votre arrivée ici. On peut supporter le hockey ou l'ignorer. Certaines de mes amies me font remarquer qu'elles ne ressentent pas cette place envahissante. Peut-être parce que la télé et les journaux ne sont pas leur support d'information privilégié. Cependant comme vous pouvez le constater sur le forum depuis peu, si vous n'aimez pas le froid, les grands froids, et les sports de glace, réfléchissez 7 fois avant de choisir le Canada.



Les Mains dans le Fromage...

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Les Mains dans le Fromage

Après de multiples pélerinages dans les Cantons de l'Est, nous avons fini par devenir des fidèles de l'abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. Non pas que nous comptons rentrer dans les Ordres ou que nous avons des choses à nous faire pardonner, mais suivant la règle monastique Bénédictine, un vrai moine vit du travail de ses mains (œuvre de création), notamment en produisant des fromages divins, à partir de lait de chèvre et de vache. Ils assurent aussi leur subsistance grâce à un verger, une cidrerie et une ferme (et quelques dons offerts par des mécènes et perçus en vrais dollars).

Situé au bord du Lac Memphrémagog célèbre pour son monstre vert (mais non c'est pas Kroston), l'abbaye se laisse deviner au fil de la route, en haut d'une colline ou entre deux boisés. Le dôme de la station de ski de Owl's Head se dessine en toile de fond. Nous nageons entre eau, terre et ciel dans un paysage bucolique.

Architecturellement, je trouve le clocher et le fronton gris clair vraiment très réussis, notamment avec l'ajout subtil de pierres de frises roses et gris foncé sous le toit du clocher et autour de certaines fenêtres. Mais ce n'est rien comparé au couloir qui mène à l'église abbatiale. Quelle sensation étrange de se savoir au Québec mais de s'imaginer à Séville ou au Maroc tant les couleurs des mosaïques qui le composent ont des accents du Sud.

La fromagerie existe depuis 1943. Le premier fromage qu'on y a fabriqué a été l'Ermite, un bleu. Je lui ferai donc honneur en vous faisant découvrir sa fiche. C'est un pâte persillée, fort et vraiment corsé. Il a un gout assès particuliers, se révèlant très salé, piquant et relevé. D'ailleurs il va me sembler indispensable de le marrier avec un vin adapté pour atténuer son petit je ne sais quoi qui me déplait. Est-ce dû à sa surface grîsatre et légèrement collante qui agit en bouche ? Sa pâte de couleur crème, assès granuleuse et friable est gonflante à étaler. Il faut poser les morceaux délicatement sur un pain, ou bien les déguster tel quel. Il a une odeur de noisette et de cave. Dernièrement, des amis nous on fait découvrir qu'il pouvait s'adapter à des fruits, notamment les poires.

J'aurais pu vous parler de son frère, le Bénédictin, un autre bleu. Ou encore du Mont Saint-Benoît bien adapté aux omelettes (dont je suis passé maître) et aux quiches que confectionne ma Belle. Il y aurait aussi l'Archange qui peut-être utilisé en fondue et le Chèvre-Noit (l'un de mes préférés) qui se marrie tellement bien avec un Porto ou mon Banyuls chéri. Je préfère vous laisser découvrir ces 14 fromages par vous mêmes à Noël ou lors de votre prochain séjour au Québec. On en trouve même dans certains IGA et Provigo en fonction du chef de rayons.

Enfin je vous avais promis de vous tenir au courant de mon résultat au concours de la chaîne télé TVA de l'an dernier. Las, j'ai pas pogné la cave à vin avec ses 36 bouteilles. Quelqu'un d'autre a enquillé le précieux nectar à ma place. Sûrement un imposteur qui a truqué le tirage au sort. En attendant je vais me passer un peu de Carmina Burana et de chants Grégoriens et je vous dis à l'an prochain.


Bienvenue à Star Academy ! Pendant...

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Bienvenue à Star Academy !

Pendant mes 4 ans sur la Côte d'Azur, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de voir beaucoup de stars. Durant le Festival de Cannes bien sûr, je suis allé m'imprégner de l'ambiance.... Et a part Aznavour et Samy Naceri en jeans, je dois avouer que je n'ai pas vu grand monde.

Retour vers le futur. Je suis à Montréal depuis un an et quelque. Montréal, ses 3 millions et quelques d'habitants, sa diversité ethnique, sa tolérance ou son respect (comme on veut). Montréal et sa Coupe Grey. Montréal et ses stars de tous les jours. Depuis que je suis ici, le hasard le plus total m'a permis de croiser ou de rencontrer des stars internationales ou des grands artistes d'ici. Laissez-moi vous en présenter quelques uns.

Par exemple il y a quelques mois, j'ai croisé Linda Lemay à l'aéroport de Dorval. Elle n'avait pas son Laurent avec elle, mais s'en allait du côté de la Vieille Europe (le continent, pas la magasin de camembert et d'huile d'olive....). Rafraîchissante et comme on l'imagine.

Plus récemment j'ai eu la chance de faire la connaissance de Marc Gagnon. Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de lui, il est l'athlête canadiens le plus titré au Jeux Olympiques, 5 médailles dont 3 en Or en patinage de vitesse. Vraiment pas prise de tête. Surtout de la discussion en masse, comme tout Marc qui se respecte. A propos de patinage, la semaine dernière, on a croisé le couple Salé-Pelletier en pleine séance d'autographe en ville. Ils présentent sacrément bien. Vraiment très pros jusqu'au bout des cils.

Plus haut, plus loin. J'ai eu l'honneur de parler à Julie Payette, l'astronaute en chef canadienne, la First Lady dans l'Espace si vous préférez. Elle pratique la course à pied, le ski, les sports de raquette et la plongée sous-marine. Elle parle couramment le français et l'anglais et peut converser en espagnol, en italien, en russe et en allemand. C'est pas fini. Elle est pianiste et choriste et s'est produite notamment avec le Chœur de chambre de l'Orchestre symphonique de Montréal, avec le Piacere Vocale de Bâle, en Suisse.

Plus terre à terre, j'ai croisé devant Cathedral Church en plein centre-ville , le présentateur de l'émission Le Grand Blond avec un Show Sournois. Ce qui ma frappé d'emblée, c'est son énooorme sourire. La joie de vivre ?

Dernièrement dans le Vieux-Montréal, je me suis retrouvé nez à nez devant Geneviève Borne, la brune incendiaire de Dans Ma Caméra, émission de la chaine TVA. Chaque semaine elle part seule, caméra à l'épaule, à la rencontre d'artistes pour capter des moments de leur vie au quotidien. Mais elle semble toujours pressée, ce jour là aussi.

Enfin, l'une des stars les plus chaleureuses et les plus humaines que j'ai croisée est une actrice de la série Virginie sur Radio-Canada. Elle et ses amies on a discuté dans un restaurant pendant plusieurs heures. Un moment attachant.

Mais le plus important c'est que la star de ma vie, je la vois tous les jours. Chaque matin. Elle est dans le miroir situé devant moi.

Un an, ça se fête...

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Un an, ça se fête.

Il y a quelques jours, j'ai fêté mon premier anniversaire d'arrivée ici. Un an déjà, comme dis la formule consacrée ! Bon je dois nuancer un peu ; j'étais venu en tourisme il y a plusieurs années, puis ma blonde s'est installée à Montréal plusieurs mois avant moi. Je suis venu la voir plusieurs fois pendant ces quelques mois de séparation, et j'ai donc pu prendre mes marques. Lors de mon arrivée, je me sentais déjà un petit peu chez moi. Chez moi, mais pas encore intégré pour autant.

Bien sûr, j'ai croisé, rencontré, fraternisé et me suis lié d'amitié avec d'autres immigrants de première génération, des européens, des africains du nord, des asiatiques, des australiens, des togolais, des dominicains, et aussi des français, tous arrivés récemment. Je dois avouer que nous n'avons pas encore de relations en masse avec des québécois pures-laines ou installés ici depuis 2 à 3 générations.

Cependant, nous commençons à avoir une vie communautaire bien remplie. Ma fiancée participe depuis un an à certaines activités associatives du quartier et je m'y met moi aussi avec des responsabilités sportives depuis peu. Bref, en reprenant une vie normale, la rencontre normale et évidente de gens tout à fait normaux, devrait entraîner une augmentation normale, naturelle, de notre cercle de connaissances. Normal.

Que dire sinon que j'apprécie, lorsque je vais à la bibliothèque, de discuter avec une partie du personnel. C'est agréable aussi de parler régulièrement avec certains parents lorsqu'ils veillent au bien être de la communauté en étant assignés aux carrefours pour faire traverser les écoliers. On se reconnaît, on discute hockey et baseball, et climat aussi !! A ces moments là, j'ai l'impression de ne plus avoir d'accent. Seul vrai point noir dans mes relations, mon voisin bruyant, plutôt égoiste, franchement pas ouvert d'esprit.... et que je n'ai jamais vu partir travailler en un an.

S'intégrer c'est aussi gagner sa croûte. Comme certains le savent, je suis arrivé ici avec des contacts sérieux pour un poste dans mon domaine d'activité. Après plusieurs mois de missions avec notamment plus de 3 heures de trajet par jour, je préfère désormais rechercher un nouvel emploi dans un autre domaine. Dans mes champs d'activités potentiels, de compétences, le marché est vraiment au ralenti. Alors pourquoi ne pas considérer que c'est un moment propice pour faire le point, pour découvrir aussi mon pays à un rythme différent, sous un regard plus profond ? c'est ce que j'ai fait durant quelques temps.

Mais ce ne sont pas les projets qui me manquent. Comme me disaient certains chroniqueurs, on est sur le bon continent pour çà. Alors il y a deux semaines, j'ai investi dans la première pierre d'un projet qui me trotte en tête depuis 3 ans.

Une des contraintes de mon idée réside dans l'obtention de grands locaux durant l'hiver. Je sais, l'hiver de l'an dernier a été assès particulier, un hiver un peu maigrichon. Alors que la neige arrive depuis peu, je me rend compte que c'est un peu mon 3ème hiver en fait, que je vais affronter. En effet, j'ai passé plus d'un mois ici début 2001. Je trouve pour l'instant que le changement d'heure et le froid me réussissent pas mal et me boostent. Le Grand Réfrigirateur peut bien arriver, je suis “mieux“ motivé pour atteindre ma deuxième bougie.

Minorités, Majorités. Disposant de temps...

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Minorités, Majorités.

Disposant de temps libre, j'ai lu quelques livres et articles sur la notion de minorité au Canada. Un point rapide et synthétique me semble intéressant. L'étude des définitions Internationales, Canadiennes et enfin Québécoises, des termes Minorités et Majorités révèle une confusion importante. Il en est comme de l'Amour. Tout le monde sait ce que c'est, mais personne ne le definit parfaitement.

Les critères retenus par le Pacte International pour la détermination d'une minorité sont l'ethnie, la religion et la langue, traits dont certains sont immuables, d'autres pouvant être rejetés. Il y a corrélation entre ethnicité et vie culturelle.

Les minorités sont percues par les pouvoirs publics canadiens comme des groupes qui diffèrent de la majorité (ou des majorités, les deux peuples fondateurs) par des caractéristiques raciales ou culturelles (mais pas religieuses).

En ce qui concerne le Québec, il n'y a pas une mais plusieurs définitions selon qu'on utilise par exemple celle du Conseil du Trésor, celle de la Charte des droits et libertés de la personne, celle du fameux rapport Chancy de 1985 traitant de l'école québécoise et des communautés culturelles. La plupart parlent de cultures, mais entendent par culture un mélange d'ethnicité, de visibilité, d'origine géographique et linguisitique. Je citerai celle de Chancy qui est considérée comme la plus complète et la plus nuancée.

" Toute communauté distincte des Amérindiens et des Inuits et des communautés d'origine francaise et britannique, distincte par ses caractéristiques physiques, par sa langue, par ses institutions, par ses coutumes, par ses croyances religieuses et par les valeurs selon lesquelles elle structure son mode de vie. Chaque communauté peut avoir en commun une ou plusieurs de ces caractéristiques et elle peut aussi en partager l'une ou l'autre avec des communautés d'accueil. En dernière analyse, le fait de partager des caractéristiques communes amène la plupart des individus à développer un sentiment d'appartenance ". Il s'agit donc de tout ceux qui n'appartiennent pas aux peuples fondateurs ou aux peuples autochtones. C'est la non-appartenance à ces trois groupes qui constitue le substrat de toutes minorités.

Historiquement, toutes ces visions ont evoluées depuis 150 ans selon la mode du vocabulaire, les pseudo-sciences et les développements démographiques. De raciales, elles sont passées à culturelles puis revenues à l'aspect racial, ethnique, visible, mais toujours sans critères précis. Et elles continuent d'évoluer sur notre territoire, car elles sont à la base de nombreuses politiques publiques dont notamment des politiques nationales pour aider ces minorités (délicat d'accorder aux uns ce qu'on nie à d'autres à cause de la définition de minorités visibles).

Toujours est-il que le Canada est parmis, sinon le pays qui se défend le mieux dans ses politiques et programmes envers les minorités.

La Carte RP. Ne partez...

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La Carte RP. Ne partez pas sans elle.

La fréquence des messages sur la carte de Résidents Permanents s'est accrue depuis quelques jours. Et effectivement après avoir été encore en étude en avril 2002, la voici enfin en silicone et en plastique.

Quelques informations clés : Cette carte est la seule garantie du statut de résident permanent lorsqu'on reviendra au Canada après un séjour a l'étranger. Tous les résidents permanents devront la posséder d'ici le 31 décembre 2003. Pour ceux déjà installés, il faudra la demander avec un formulaire spécial très détaillé, à partir du 15 octobre 2002. Les demandes seront étalées en fonction de la date d'arrivée sur le sol canadien ces dernières années. La calendrier est disponible sur le site www.cic.gc.ca . Depuis le 28 juin 2002, tous les nouveaux résidents permanents recoivent automatiquement leur carte par le courrier APRES leur installation au Canada, a l'adresse qu'ils ont fournie à leur arrivée. Le gouvernement Canadien étant maitre chez lui, il n'y a pas grand chose à dire sur cette nouveauté.

Mais là ou je ne suis pas d'accord, mais alors pas du tout, c'est le PRIX de cette carte obligatoire, imposée de force, nécessaire et sans compromis. 50 dollars, c'est cher et c'est pas cher à la fois pour un nouveau service. Au premier degré, on entend que la carte va jouer le rôle du visa agraphé dans le passeport. Excusez-moi, mais 50 pièces pour un bout de plastique, ca m'arrache le dentier....sans compter le prix des photos au format IMM0008, le prix des attestations conformes, les frais d'envoie au Centre de Traitement en Nouvelle-Ecosse..... 70 dollars à mon sens.

En creusant un peu plus, on s'apperçoit que le formulaire de demande est aussi detaillé que l'IMM0008. Que peut-on en conclure ? Que le gouvernement vous charge cette somme pour « supporter une partie des couts » « d'infrastructure et de production des cartes » et SURTOUT de mise en place d'une gigantesque base de données des immigrants lachés ici depuis des années. Toutefois cette méthode de partage des frais est conforme à la Politique du Gouvernement sur le recouvrement des couts. De plus, par le passé, les hausses des frais d'immigration n'ont jamais diminué le nombre de demandes d'immigration.

Pour ceux qui n'ont pas entendu parlé d'Immigration Canada depuis 7 ou 8 ans, grande et amère va être la surprise de devoir dire entre autre ou vous avez travaillé depuis 5 ans, quand vous vous êtes absentés du Canada. Excusez du peu, mais prenons l'exemple de mon oncle et sa famille installés ici depuis 10 ans. Quelle va etre sa réaction devant l'obligation de remplir ce formulaire, surtout à ce prix ?

Vraiment, ca me hérisse de voir mis en avant tout l'aspect marketing seulement autour de cette carte obligatoire (à maximum 10 dollars, pièces et main d'oeuvre) en occultant les raisons réelles du cout de ce « nouveau service ». Pris au hasard sur le site du CIC : « les Cartes RP seront OFFERTES aux résidents permanents.... », je dirai plutot VENDUES. « Environ 1.5 millions de résidents POURRONT demander.... », je dirai encore DEVRONT OBLIGATOIREMENT. S'il vous plait, arrêtez au moins les belles formules et la langue de bois. Ca m'énaaaaarve.

Voici de quoi vous faire stresser. La carte sera valide 5 ans maximum ce qui fait qu'Immigration Canada vous controlera de nouveau régulièrement. A vos frais. Beau prétexte que cette carte pour éviter de dire les vrais contraintes. J'ai comme l'impression que les demandes de citoyennetés vont bientôt être saturées.

Tadoussac les Flots. Nous quittons...

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Tadoussac les Flots.

Nous quittons Saint-Rose du Nord avec quelques regrets en nous promettant d'y revenir bientôt pour 4 ou 5 jours de vrai repos. Autant la veille, la journée avait été belle et chaude, autant aujourd'hui les éléments se déchaînent. Il sera difficile de s'arrêter sur la route pour admirer le paysage ou voir une quelconque curiosité recommandée par le guide. Je tache de rester sur le chaussée et de ne pas rater un virage malgres les trombes d'eau qui s'abattent. La journée est mal engagée.

Nous arrivons tout de meme à Tadoussac en un seul morceau. On dit souvent que c'est la première impression qui compte, et là je suis assez amer. Les panneaux sont nombreux mais pas un ne m'indique clairement le centre du port, le cœur du village. Pas d'indication de parking non plus. Nous nous engageons au hasard et finissons par nous garer à côté d'un atelier de mécanique auto en haut du village. Pas fainéant, nous descendons à pied en espérant ne pas nous faire embarquer la voiture !

Après quelques minutes (ou je comprends enfin par ou j'aurais du arriver), nous découvrons la vue sur le fleuron de l'histoire locale, l'Hôtel au toit rouge. Je me rappelle alors d'un livre racontant les étés d'enfance à Tadoussac d'un jeune montréalais. Certaines images me reviennent, dont celle de la piscine de l'hôtel. Du haut de ma science, je fais remarquer à Chris qu'avant d'être dans le jardin, la piscine était située en contre-bas de la route actuelle, au bord de la plage. Je me penche par dessus la rembarde et essaye de retrouver certains indices de son emplacement exact, m'improvisant historien pour la cause.

Nous longeons le petit quai et aboutissons au départ d'un petit sentier d'interprétation. Très motivés malgré la pluie, nous nous y engageons. Tout autour du cap, des panneaux explicatifs décrivent l'embouchures du fjord, la physionomie des fonds marins tres particuliers dans ce secteur, la faune et la flore du littoral. Ce qui me frappe, ce sont les rochers du cap recouverts d'une variété de sapins, sous un temps de Bretagne. Étrange contraste que ce mélange de mer et de montagne. En toute naiveté, nous essayons de deviner au loin le dos d'une baleine.

Au retour, l'appel du ventre étant le plus fort, nous attaquons la caféteria donnant sur le port. Le choix de plats est restreint, les prix honnêtes, mais la vue sur Tadoussac, au chaud et à l'abris, est agréable. Entre deux gouttes, nous apercevons un troupeau de kayaks fatigués débarquant sur la plage.

Après quelques flâneries, nous décidons d'aller voir la fameuse dune issue du déboisement intensif du siecle d'avant. Presque horrifiés, nous constatons que c'est toute la zone sur plusieurs hectares qui s'est couverte de dunes sabloneuses. Peut-etre vexée par mes pensées, la vrai dune se couvre de brouillard au moment ou je m'approche pour la photographier. Peut-être pour mieux la respecter.

Un peu frustré, je reprend la route du traversier pour passer sur l'autre rive du fjord. La demi-heure d'attente valait le coup car nous croisons une baleine lors du depart. Cela provoque une vague d'excitation sur tous les ponts. Je reste ensuite admiratif devant la dextérité du pilote et la précision de ses manœuvres. Le chemin est encore long jusqu'à Montreal et ses 42 degrés avec humidité.

Un Fyord et ça repart...

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Un Fyord et ça repart.

Après quelques kilomètres de trajet, nous bifurquons au village de Rivière-Eternité. Au bout du chemin, nous arrivons au Centre d'Interprétation du Fyord du Saguenay. En élèves attentifs, nous visitons le musée, puis nous dirigeons vers le bateau amaré non loin de là.

La croisière dure une bonne heure et trente, sous un soleil de plomb, qu'appaise à peine la brise sur le fyord. Nous profitons des commentaires du guide qui nous fait découvrir quelques curiosités camouflées çà et là (que je ne dévoilerai pas, pour jouer le jeu) en plus de la très connue Statue de la Vierge Marie et des quelques phoques "exhibitionnistes" qui squattent cette zone touristique.

Nous continuons assiduemment de brasser le fyord (!) tout au long de la journée, d'étapes en étapes jusqu'à arriver à Sainte Rose du Nord, sur l'autre rive. Nous soupons dans un des 3 restaurants du bourg. Depuis la terrasse il nous est impossible de déterminer s'il s'agit d'un village de montagne ou bien d'un petit port de pêche, selon qu'on regarde à droite ou à gauche.

Durant le repas, nous notons que de petits groupes de jeunes flannent dans la rue principale en contre-bas, se dirigeant probablement vers le quai. Des images de mon adolescence, en vacances dans les Pyrénées, me reviennent alors. Dans cette petite station de Pyrénées 2000, nous étions quelques uns à nous retrouver chaque été, à Paques ou à Noël. Toutes les années s'en ajoutaient de nouveaux et le groupe grossissait.

Un peu plus tard, nous les imitons et descendons jusqu'au fyord. Poussant plus loin, nous crapahutons quelques minutes entre rochers et sapins sur un sentier qui s'ouvre en pointe au bord de l'eau. Le panorama sur les falaises au crépuscule, leur robe tombant dans les vagues noires, est ennivrant. Au loin de gros nuages bourgeonnent, illuminés de l'intérieur par quelques éclairs épais et menaçants.

Nous retournons au gîte, niché dans une petit baie de l'autre côté d'un cap, où nous étions déjà passé déposer nos bagages. La première fois, le chien bien sympathique de la maison était venu quémander son lot de carresses (en pleine mue, il m'avait laissé quelques souvenirs au passage), ce coup-ci c'est le chat qui arrive, l'air de rien depuis le fond du jardin, pour voler sa part.

Prenant quelques minutes, sur le conseil de notre hôte, nous nous glissons dans le chemin des voisins, traversons le bout de leur jardin et aboutissons sur une petite plage secrète. A 10 mètres du bord, au milieu de l'eau, une table de rochers offre un solarium ou doivent venir se prélasser les nymphes du fyord lorsque les humains ne sont pas là.

Notre chambre située à l'étage est bien douillette (et pas trop onéreuse). Elle donne sur un lieu de vie, une salle à manger et une cuisine pour ceux qui veulent rester plusieurs jours. Nous nous mettons à l'aise puis je m'installe dans la chaise berçante pour regarder, à travers les carreaux, la foudre qui tombe au loin.

Nous sommes vaillants et nous levons plus tôt que la veille. La dame du gîte s'affaire aux fourneaux et nous concocte un solide petit déjeuner. Tout à notre affaire (nous aussi), nous répondons bien volontiers à ses nombreuses questions sur notre présence au Québec, mais ne manquons pas de la faire parler sur la vie de Sainte Rose du Nord, notamment le développement de la pêche blanche en hiver. Après quelques brefs aux revoirs (le chien aussi), nous poursuivons notre marathon.

Au frais dans la Vallée...

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Au frais dans la Vallée Glaciaire

Profitant du pont de 3 jours, nous somme partis faire un tour rapide du fyord du Saguenay. Comme nous l'a rappelé le guide de la croisière de dimanche, un fyord est une vallée glaciaire envahie par la mer. En celà, cette merveille de la Nature est souvent aussi profonde que les falaises qui l'entourent sont hautes rempli d'une eau sombre, insondable et ténébreuse, il dégage alors un mystère et une histoire fascinante.

Même si nous avons rencontré, par hasard, deux amies de Montréal venues en camping pour quelques jours, nous étions plutôt décidés à dormir confortablement et sans bibite dans des Couettes et Cafés recommandés par notre vieux guide un peu défraichi. La semaine précédente, nous avions logés dans des "Resorts" des Whites Mountains, aux Etats-Unis. Malgré leur confort, la piscine et le sauna à disposition, ainsi que le bain a remous privé dans la chambre, le service était vraiment trop impersonnel. Nous préférions cette semaine privilégier le contact.

Durant le trajet de samedi, nous avons fait étape à Port-au-Persil, à la limite du Charlevoix. C'est un petit village d'artistes au bord du Saint-Laurent. On y trouve en particuliers une auberge-restaurant située dans un ancien magasin général. La batisse est vraiment pleine de charme. La vue sur le fleuve depuis la terrasse, assis dans une chaise berçante, donne envie de s'arrêter là aussi longtemps que le goût de papilloner ailleurs ne reapparait pas.

Manger là, c'est comme aller diner chez sa grand-tante Marthe ! La cuisinière vient de temps à autres dans la salle à manger discuter d'un plat, faire gouter sa nouvelle création et souligner une modification à un plat existant, pour enfin alimenter la conversation entre les tables. Mais il semble qu'elle n'en ait pas vraiment besoin. Ici on ne peut pas manger seul. A certaines tables, on note des habitués, surement des habitants du village qui semblent venir tous les soirs. A côté de nous, un couple de vieux québécois, artisans à la retraite tenant un magasin à Piémont, nous harcèle de questions bien sympathiques. L'ambiance est amicale, chaleureuse et familiale.

Mais j'allais oublier de parler du repas, un mélange à la fois de finesse grande cuisine et de plats du terroir Charlevoisien qui tiennent au corps. On repart bien sûr enchantés par notre étape, avec l'envie de revenir bientôt.

Nous couchons samedi à l'Anse Saint-Jean, petit village étendu, aboutissant au pied d'une petit baie du fyord. Chris nous a choisi un Bed & Breakfast tout au bout du village, l'avant dernière maison, au calme, à la fois au bord de l'eau et en lisière de forêt, avec vue sur le fyord depuis la chambre. L'air est doux, clair et frais. On réapprend à respirer. On avait presque oublier ce que c'était. La nuit a été fraiche.

Le réveil a été plus tonique. La grande table de 8 était dressée par nos hotes et 4 couples y prenaient place. Quatre québécois bon vivants, 2 jeunes touristes français de Bourgogne, et nous même. La conversation fusait de toute part et la bonne humeur s'échangeait au même rythme que la confiture maison et le pain doré. Après quelques remarques sur la finale de la Coupe du Monde, nos hotes ont évoqué le jumelage du village avec Florac dans les Cévennes. D'ailleurs 40 habitants de l'Anse venaient de s'y rendre le mois dernier. C'est déjà avec un brin de tristesse que nous avons quitté tout ce petit monde pour poursuivre notre voyage....



Parlons travail. Je pense souvent...

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Parlons travail.

Je pense souvent aux difficultés que peuvent rencontrer la grande majoritée des immigrants lorsqu'ils arrivent dans leur nouveau pays. Ma fiancée et moi pouvons nous considérer privilégiés car elle a d'abord travaillé en visa temporaire (un peu comme une période d'essai pour savoir si le Québec nous plaisait vraiment, sans avoir encore à faire le grand saut de l'immigration permanente) et occupe toujours son poste, pendant que moi, en arrivant ici j'étais déjà en contact depuis plusieurs mois avec mon employeur actuel.

Certains diront que notre situation confortable ne me donne pas le droit de parler de choses que je ne connais pas, de difficultés que je n'ai pas rencontrées. Libre à eux.

Comme d'autres le savent, je suis arrivé en sol québécois avec une opportunité avancée de travailler dans mon domaine. Qui plus est, mon expérience passée et mon niveau d'étude ont été reconnus. Precisons enfin que j'ai obtenu le même niveau de rémunération et le tableau est complet. Sur ces points là, impossible de me plaindre.

Pourtant, je voudrais mettre en garde ceux qui, comme moi, seront tenter de trouver le boulot trop parfait. En effet, je m'étais dis qu'à changer de continent et de vie, autant trouver le job qui me fait plaisir, quitte à refuser une ou deux propositions (ma Blonde assurant un premier revenu, nous pouvions nous le permettre). J'ai par exemple eu une proposition d'embauche où l'employeur, ne doutant de rien, me proposait 60 % de mon ancien salaire. Un peu léger comme attitude à mon avis.

Je m'étais fait une idée trop précise de ce que je cherchais, tellement précise que je n'avais plus aucune flexibilité dans mes choix. Si comme moi, vous tentez d`être trop rigide, sans coller aux contraintes de la réalité, vous risquez quelques désillusions.

J'ai un salaire, c'est l'essentiel. Mais j'attendais autre chose de ce travail. En l'espace de quelques mois, les besoins du clients avaient changés et lorsque je suis finalement arrivé sur le projet, le contenu du poste s'était vraiment éloigné de ce qui était prévu.

Je comptais travailler dans les locaux de ma société, j'ai atteri finalement chez le client avec 3h de trajet bus-métro par jour. Je devais travailler en équipe, je me suis retrouvé seul chez le client. Je comptais participer activement à la vie de mon entreprise et je me comptente des miettes.

J'ai eu du mal a l'accepter et j'ai pensé démissionner. Apres tout, si ce qu'on m'offrait ne correspondait pas à mes envies actuelles, pourquoi "perdre" mon temps dans ce job, alors que d'autres pouvaient me convenir ailleurs. Cependant, j'ai pris mon mal en patience pendant 4 mois. Depuis quelques jours, d'autres collaborateurs m'ont rejoint sur le projet. La définition des tâches reste la même, mais leur contenu s'est notablement enrichi. Une certaine dynamique s'est créée. Et petite consolation, on est donc plusieurs à se trainer ensemble tous les jours dans les longs trajets bus-métro !!!

Cette expérience des premiers mois m'a ramené à un peu plus d'humilité et d'ouverture, non pas envers les autres et mon nouveau pays, mais surtout envers moi-même et mes aspirations.



Gravier à gauche" L'Exposition Universelle...

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"Gravier à gauche"

L'Exposition Universelle de 1967 n'a pas seulement laissé à Montreal les 2 Iles artificielles sur le Saint-Laurent. Elle a offert aussi un cadre
étonnant au circuit de Formule 1 Gilles Villeneuve, le seul vrai circuit de F1 en Amerique du Nord.

Depuis sa création le circuit a été modifié de nombreuses fois mais,
surenchère médiatique (et peut-être norme de sécurité) oblige, on dit que cette année, les changements sont majeurs. Cela n'a pas l'air d'affecter les employés du Parc des Iles qui ont fait grève pour une ré-évaluation de leurs salaires.

Sans grossir les chiffres et sans trop se tromper, on peut affirmer que le nombre de spectateurs présents n'a cessé de croître depuis 1998 pour atteindre plus de 300 000 personnes l'an dernier dans l'enceinte du circuit. Dont de nombreux Américains. Plutot loin de l'amateur de char, roulant a la bière et fan du Nascar et de l'Indycar, il s'agit plutôt d'une clientèle haut de gamme qui va consommer chic et cher. Plus de 5 millions de dollars par jour pour l'ensemble des Américains, avantages il est vrai par le taux de change. Il y aura même quelques stars que l'on ne verra jamais et qui arriveront par jets privés et hélicoptères (30 appareils l'an dernier à Dorval).

Air Canada, commanditaire du Grand Prix se frotte les mains car c'est près de 15 000 Américains qui vont transiter par ses avions cette semaine, malgré les effets du 11 septembre sur les habitudes des passagers. Le tourisme va donc se porter plutôt bien avec des retombées de l'ordre de 60 a 70 millions. Les hôtels sont pleins, les terrasses des restaurants avancent sur les trottoirs, voire sur les rues fermées a la circulation.

Au centre-ville, sur Sainte-Catherine et surtout sur Crescent (l'artère chic et branchée), on attend près de 300 000 personnes, au total (mais qui les a compté ??), écumant le bitume sur toute la durée des festivités et prêtes à faire la fête lors des évènements associés à la course. Plus loin sur Saint-Laurent, c'est 250 000 personnes qui vont déambuler et faire le bonheur des restaurateurs. Tout ce petit monde va bien sur dépenser, dépenser et encore dépenser dans les boutiques les plus en vue... et aussi dans les autres espère t'on !

Montréal est prête à exploser mais curieusement, en tant qu'habitué du Festival de Cannes, je ne ressens pas cette ambiance grisante et un peu trouble des préparatifs. Les journaux télévisés notamment ne nous gavent pas vraiment de l'avant course et ne traduisent pas (pas encore ?) l'atmosphère des à-cotés. Peut-être est-ce du à la concurrence avec la Finale de la Coupe Stanley de Hockey, la finale de Basket américain, ainsi que la Coupe du
Monde de Football ?

Le centre-ville est surement déjà un chaudron chauffé à blanc et prêt à déverser son flot dès que quelqu'un aura appuyé sur le bon bouton, mais j'ai la sensation que la ferveur du Grand Prix se propage moins loin dans Montréal que celle de la Coupe Grey de Football canadien à l'automne dernier. J'avais vraiment été marqué alors par l'intensité, la liesse et la chaleur lors des préparatifs de la grand finale, match pourtant située loin du centre, au Stade Olympique dans l'Est.

Toujours est-il que c'est LE week-end de l'année à Montreal, celui qui annonce le début de l'été et ouvre les festivités culturelles.

J'veux d'la Visite. Recevoir de...

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J'veux d'la Visite.

Recevoir de la famille est souvent l'occasion de manger plus et mieux. Non pas que nous préparions habituellement du Kraft Dinner (Sortes de pâtes industrielles toutes précuites et un peu caoutchouteuses fabriquées par le sponsor officiel des étudiants montréalais!) à tous les repas de midi, mais on ne prend pas tous les jours 30 a 45 minutes pour se mitonner des bons petits plats.

Donc, mon père ayant fait le grand saut par-dessus l'Atlantique, j'avais à coeur que nous lui offrions de bons moments au Québec, avec pleins de petits souvenirs à ramener en France, notamment gastronomiques.

Via des collègues de bureau, j'ai commandé 3 énormes homards fraîchement cuits, directement de Gaspésie. De sacrées bêtes avec des pinces comme ça ! Et qu'elle fumet de crustacé frais ! Heureusement que je ne prenais pas le bus et le métro vendredi après-midi !! Mais lorsque je suis allé à l'aéroport accueillir mon père, le chauffeur de taxi en aurait volontiers pris un pour lui. Dans le hall d'arrivée, les gens se demandaient ce que je faisais avec cette sorte de glaciaire ! Je n'aurais pas eu l'air fin si l'agent de sécurité m'avait demandé d'ouvrir ma grosse boite isolante.

Toujours est-il qu'ils sont revenus en bonne santé à la maison. Je dois même dire qu'ils étaient encore coriaces le samedi midi. J'ai mis presque 1 heure pour finir de trier le mien. On a du attaquer les pinces avec le marteau. Je m'y suis repris à plusieurs fois. Vous auriez vu l'épaisseur de la coque! Un petit peu de vin blanc d'Alsace nous a quand même permis de digérer ce festin et de faire de la place en prévision du lendemain.

Dimanche, histoire de le changer des Pyrénées, on a amené mon père a la montagne ! Pour contraster avec la petite station de mon enfance, nous avons choisi Mont-Tremblant, la station kitch et chic de la région. C'est un peu la Rue Principale de Disneyland au milieu des sapins. Des maisons très neuves et très colorées, façon cartons pâtes. Ca a du cachet. Au milieu du village, on a déniché un Pub-Restaurant qui brasse sa propre bière. On en a goûté 2, une rousse et une noire, pour arroser des saucisses aux gibiers. La petite marche dans le Parc nous a ensuite fait le plus grand bien !

Sur notre lancé, on est allé visiter lundi l'Abbaye de Saint-Benoît du
Lac, au sud-est de Montréal. Les moines y fabriquent leurs fromages et pressent leur cidre. De plus, le site au bord du lac est enchanteur. Un vrai tableau. Je vous recommande d'aller un jour dans le petit village de North-Hatley. Dans mon imagination, ça a quelque chose de Tintin et L'Ile Noire. Nous avons à nouveau apprivoisé le Pub-Restaurant local. La salle à manger affleurait un canal d'eau sombre avec de l'autre coté des petites maisons style Bed & Breakfast au charme fou. La, nous avons découvert une bière blanche crémeuse et une bière au blé et à l'abricot qui ont satisfait au plus haut point nos papilles fatiguées.

Mais ce n'est pas fini. Mardi soir après une journée de tourisme bien
remplie, mon père nous a préparé, pendant plus de 2h30, SA paella
royale, arrosée d'un petit vin blanc sec. La recette est secrète alors
je n'en dirais hélas pas plus. Enfin, mercredi soir, au Stade Olympique, on a commencé le régime. Dans les gradins des Expos, ça a été Hot dog (mayonnaise-ketchup) et limonade !

P.S : Merci a Linda Lemay pour m'avoir inspiré le titre de ma chronique.

Re: cave Salut tlm, Pour...

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Re: cave

Salut tlm,

Pour ma part j'ai ramene une petite cave d'un peu plus de 30 bouteilles.

Alors, apres 1 an et demi sur le forum, j'ai vu passe pleins de messages sur la cave a vin, mais personne helas n'a su dire si lors de la premiere arrivee, l'installation au Quebec, les bouteilles de la cave etaient soit exemptees de taxes, soit taxees a un taux inferieur.

En fait je compte me renseigner prochainement, quitte a me faire rembourser les taxes que j'ai payees.

Sinon, ce qu'il y a faire lorsque les bouteilles vont arriver par males separees. A l'arrivee (aeroport le plus souvent), il faut disposer d'une liste des bagages, incluant donc le nombre de bouteilles.. en principe il faut distinguer les bouteilles de vin par rapport aux alcools tres forts genre mirabelle (tiens elle est bien bonne celle la....), alcool de prune ou de poire etc etc....

Ils vont signer l'un des exemplaires de ta liste (l'autre il le garde). AVANT d'aller chercher tes malles, il faudra passer au Siege Social de la SAQ pour montrer la liste et payer les taxes SAQ pour tes bouteilles (en gros presque 2 dollars par litres un truc comme-ca....). Ils te feront alors une attestation comme quoi tu as bien paye.....

Puis tu files chez ton transporteur pour reccuperer des papiers d'arrives de tes malles....

Avec les papiers transporteurs ET l'attestation de la SAQ (et peut-etre une exemplaire de la liste :) ), tu vas aux douanes. La ils vont te faire a nouveau payer des droits de douanes un peu inferieur si je me souviens bien.... 1.2 a 1.5 dollars le litre je crois.... bon ceux sont des taux approximatifs... je me souviens plus trop.... mais en gros par bouteille je peux dire que j'ai paye en gros 3 dollars.... ca fait raler... mais vu que pour moi c'etait des bouteilles cooperateurs pour la plupart, j'avais deja pas eu a paye certaines taxes francaises a l'achat..... j'ai donc etait puni d'avoir ete trop radin sur le portefeuille...

Une fois deleste tu retournes chez le transporteur pour reccuperer ton bien et esperer que les bouteilles (payees) sont en bon etat... sinon t'as plus qu'a pleurer....

J'avais fait un autre message un peu plus complet il y a quelques mois.... je crois que j'avais ete plus precis.... tu peux toujours chercher sur le moteur de recherche.....

Cordialement

Curveball

P.S : Le Gewurztraminer, blanc d'Alsace, me convenait tres bien avec un gros Homard de Gaspesie.... on s'est bien regale samedi dernier .... j'en salive encore...

Connais-toi toi-même. Un philosophe a...

Curveball

Connais-toi toi-même.

Un philosophe a dit : Je ne peux guère parler que de moi puisque c'est la seule chose que je connaisse. Alors je vais parler un peu de moi pour une fois, même si je ne suis pas un philosophe ! De plus je vais aborder certains sujets qu'Emma a traité dans sa chronique mais d'une autre manière et avec mes conclusions personnelles.

L'an dernier, séparé de ma fiancée par la distance durant 10 mois, je suis tout de même venu au Québec 4 fois en vacances (merci les 35 heures !). Chaque séjour me permettait de vivre ma future vie en une sorte de période d'essai sans conséquence. Lorsque je suis arrivé fin octobre, immigrant frais émoulu, il ne m'a pas fallu plus de 2 jours pour sentir un changement. Dans la rue, dans le bus, dans les magasins, j'avais une impression de modification de rythme des mouvements, de modification des couleurs et des odeurs. L'air même semblait différent.

Il s'agissait de ma perception. Je ne voyais plus mon environnement, mon nouveau pays comme je l'avais déjà vécu lors de mes fréquents séjours, mais à travers les yeux d'un nouveau venu sans plus d'attache matérielle derrière lui, sans date de fin de vacances et de retour au travail ou tout est toujours pour avant hier des que l'on descend d'avion. J'étais un « rien » avec son chemin à tracer au milieu de « tout ».

Même si ma fiancée et moi étions installés dans de très bonnes conditions, assurés de son revenu, même si je disposais déjà d'un contact sérieux avec un employeur potentiel, cela ne comblait pas une
sorte de vide intérieur. Peut-être ce vide avait-il été laissé là par la fin de ma procédure d'immigration et du déménagement qui avait pris tout mon temps depuis des mois. Une sorte de contre-coup. Même «favorisé» par rapport à d'autres immigrants, j'avais ce droit aux doutes, aux incertitudes et aux inquiétudes.

Pendant 6 mois, j'ai probablement vécu ICI, mais en me raccrochant partiellement (et peut-être trop) a mon ancienne vie LA-BAS, à mes habitudes de vie rangée, ou tout était bien en place généralement, mais ou trop peu de choses finissait par dépasser du cadre. Les premiers mois ici, je n'ai pas eu peur en soi d'avancer, j'ai juste trop calculé et anticipé chacun de mes choix importants, chacun de mes gestes pour essayer de garder le contrôle des conséquences. Peut-être par réflexe professionnel et scientifique? Probablement pour que ces résultats correspondent à ce que je voulais vraiment obtenir de ma nouvelle vie.

A immigrer, à changer de continent, j'avais envie de choisir. Conscient que se retrouver avec si peu de contraintes ne se reproduirait que peu de fois dans ma vie et dans ma carrière, je voulais que le résultat soit trop parfait. Un peu ambitieux ? Un peu prétentieux ? Beaucoup de fierté à le faire probablement....

A suivre dans mes archives

Connais-toi toi-même. -La chronique complète-

Curveball

Connais-toi toi-même -La chronique complète-

Un philosophe a dit : Je ne peux guère parler que de moi puisque c'est la seule chose que je connaisse. Alors je vais parler un peu de moi pour une fois, même si je ne suis pas un philosophe ! De plus je vais aborder certains sujets qu'Emma a traité dans sa chronique mais d'une autre manière et avec mes conclusions personnelles.

L'an dernier, séparé de ma fiancée par la distance durant 10 mois, je suis tout de même venu au Québec 4 fois en vacances (merci les 35 heures !). Chaque séjour me permettait de vivre ma future vie en une sorte de période d'essai sans conséquence. Lorsque je suis arrivé fin octobre, immigrant frais émoulu, il ne m'a pas fallu plus de 2 jours pour sentir un changement. Dans la rue, dans le bus, dans les magasins, j'avais une impression de modification de rythme des mouvements, de modification des couleurs et des odeurs. L'air même semblait différent.

Il s'agissait de ma perception. Je ne voyais plus mon environnement, mon nouveau pays comme je l'avais déjà vécu lors de mes fréquents séjours, mais à travers les yeux d'un nouveau venu sans plus d'attache matérielle derrière lui, sans date de fin de vacances et de retour au travail ou tout est toujours pour avant hier des que l'on descend d'avion. J'étais un « rien » avec son chemin à tracer au milieu de « tout ».
Même si ma fiancée et moi étions installés dans de très bonnes conditions, assurés de son revenu, même si je disposais déjà d'un contact sérieux avec un employeur potentiel, cela ne comblait pas une
sorte de vide intérieur. Peut-être ce vide avait-il été laissé là par la fin de ma procédure d'immigration et du déménagement qui avait pris tout mon temps depuis des mois. Une sorte de contre-coup. Même «favorisé» par rapport à d'autres immigrants, j'avais ce droit aux doutes, aux incertitudes et aux inquiétudes.

Pendant 6 mois, j'ai probablement vécu ICI, mais en me raccrochant partiellement (et peut-être trop) a mon ancienne vie LA-BAS, à mes habitudes de vie rangée, ou tout était bien en place généralement, mais ou trop peu de choses finissait par dépasser du cadre. Les premiers mois ici, je n'ai pas eu peur en soi d'avancer, j'ai juste trop calculé et anticipé chacun de mes choix importants, chacun de mes gestes pour essayer de garder le contrôle des conséquences. Peut-être par réflexe professionnel et scientifique? Probablement pour que ces résultats correspondent à ce que je voulais vraiment obtenir de ma nouvelle vie. A immigrer, à changer de continent, j'avais envie de choisir. Conscient que se retrouver avec si peu de contraintes ne se reproduirait que peu de fois dans ma vie et dans ma carrière, je voulais que le résultat soit trop parfait. Un peu ambitieux ? Un peu prétentieux ? Beaucoup de fierté à le faire probablement.... Mais c'est un peu comme si j'avais dressé des barrières, au lieu de prendre ce que chaque jour pouvait m'apporter. Des barrières peut-être inutiles ? Mes loisirs, mes sorties ? Tout était un brin trop planifié. Juste d'un rien. Comme si j'avais gardé l'ancienne vie et que seul le décor, les accessoires et les voisins avaient été modifiés. Comme lors d'une tournée de théâtre ou l'on change de scène mais pas de texte.

Je n'ai pas laissé assez de place à l'imprévu, à la découverte, à la fantaisie que peut apporter l'immigration. Mon arrivée ici s'est programmée comme un projet d'entreprise réglé aux petits oignons, pas comme une aventure avec son charme et ses surprises.

Ai-je des regrets que tout aille trop bien à quelques petites choses près ? Je n'ai pas eu le temps de savoir en fait. Depuis 1 mois maintenant, mes yeux voient encore d'une autre façon. Je vie a Montréal d'une 3eme manière, encore différente des précédentes. Et ça me convient vraiment.

Depuis, je me surprend à penser « qu'est-ce que je suis bien ici ». Je regarde autour de moi les gens, la ville et la vie et me dit encore «qu'est ce que suis heureux d'être à Montréal ». Je pourrais développer
les diverses raisons qui me font « sentir bien ici », mais cela deviendrait vraiment long à détailler et trop personnel. Et puis je n'ai pas envie d'expliquer comme si je devais justifier ce que je dis plus haut !

Désormais je suis convaincu qu'immigrer a été le bon choix pour nous, pour moi. Est-ce que je change vraiment ? Difficile à dire. Je m'adapte, je vie autrement ? Toujours Marc Mellet mais plus tout à fait le même, et ça me plait bien.

N'oubliez pas cependant que c'est mon cas, mon immigration, pas la vérité absolue que je chercherais à vous assener par dogmatisme. C'est maintenant. Ce n'était pas encore comme cela 4 mois en arrière, ce ne sera peut-être plus comme cela dans 4 mois ? Ca sera mieux je l'espère.

Immigrer n'est pas simple. Ca demande des sacrifices. Mais ça peut payer en retour sous diverses formes, parfois inattendues. Ca peut donc vous révéler un peu plus à vous-même. Je fais référence à ce concept souvent répété en cours de philosophie et évoqué en partie par Jean-Paul Sartre dans la citation suivante : « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre. L'autre est indispensable à mon existence, aussi bien d'ailleurs qu'à la connaissance que j'ai de moi». Lorsqu'on voyage, qu'on émigre, on part découvrir d'autres pays et sociétés, rencontrer d'autres personnes. En fin de compte, on finit peut-être par se rencontrer soi-même.

Curveball

Salut, Lorsque ma Blonde est...

curveball

Salut,

Lorsque ma Blonde est arrivee en visa de travail temporaire, on envisageait avant son retour, prevu 7 mois apres, de faire 2 semaines de tourisme.

Or le visa est fait sur la base des informations donnees dans l'offre d'emploi, le contrat ou la convention fournie initialement pour obtenir le visa.

On a demande tous simplement si c'etait possible de "prolonger" apres coup de quelques jours pour rester en tourisme. ET la reponse a ete un grand oui.... un grand OUI plutot (l'autre c'etait un petit oui du bout des levres....)

Il faut faire une demande entre 4 et 6 semaines avant et (a l'epoque) ca ne posait pas de probleme. En etant clair et direct dans ta demande, tu interagis avec eux pour rester dans la legalite la plus complete.

Si tu sors du territoire le jour de fin de ton visa (par exemple aux States) et que tu re-rentres en disant que tu viens en tourisme pour 2 semaines, je ne sais pas comment ca va etre percu. Desole, pas d'info la dessus. Je te conseille juste d'anticiper la procedure. Et donc de demander directement a l'administration concernee. Le mieux c'est de demander lorsque tu les rencontres la 1er fois. Question directe, reponse de suite.... pas d'attente au telephone, pas de file d'attente au Ressource Humaine Canada.....

Je pense meme me rappeler qu'on nous avait donne un formulaire, mais je n'en suis plus tout a fait sur. C'etait il y a quand meme 16 mois, et depuis ca a bien bouge pour nous deux !!!

Cordialement


Le MRCI s'amuse 12 mars...

Curveball

Le MRCI s'amuse

12 mars 2002

Aujourd'hui c'est à mon tour de vous emmener en croisière. Notre première escale se fera au MRCI (communication et Immigration Québec). Certes le voyage sera moins mouvementé que la traversée homérique de FrenchPeg, que je vous encourage à relire par ailleurs, un peu plus loin en bas à gauche !

Me voilà donc fraîchement débarqué fin octobre et en bon élève, je n'ai pas attendu pour m'inscrire aux 2 types de réunions pour le nouvel immigrant. La 1ère réunion d'une journée consiste dans mon cas en de nombreux rappels et je ne m'attarderai pas sur cet îlot. Je donnerai donc quelques coups de rames supplémentaires pour aborder par tribord la semaine d'informations sur la réalité socio-économique du Québec.

Derrière ce titre un peu pompeux se cachent 4 a 5 jours d'écoute et
d'échanges entre un animateur (le Gentil Organisateur, ou G.O, de notre croisière. Bien sur) et un groupe fraîchement diplômé es-visa par le Ministère de l'Immigration. Outre que le G.O va vous apporter l'essentiel de son savoir sur des sujets aussi variés que l'histoire et la géographie, la langue (cuite au lait de coco), le tissu économique, les compétences du travailleur canadien, le CV a la Québécoise (et son cocktail) et les entretiens d'embauche (éventuellement)... notre sympathique agent du gouvernement (genre Fox Mulder), va aussi tacher de favoriser les ateliers par groupe de 2 personnes.

Là, je peux vous dire que ça m'a fait plaisir de discuter avec des gens
d'horizons différents, qui n'ont pas la même formation que la mienne, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes raisons d'immigrer. Ca m'a enfin sorti de mon ordinateur et de ses fatal errors (!) accumulées depuis 2 ans, pour découvrir d'autres vrais immigrants en chair et en os, comme moi ! C'était donc vrai. Nous devions être 35 200 futurs immigrants à prendre la route en 2001, et nous nous vîmes 38 300 en arrivant au port (enfin surtout 38 299 d'entre nous a l'aéroport et 1 au port de Montréal).

Certes j'ai retenu de cette escale quelques informations pratiques sur les habitudes du marché de l'emploi et une liste complète de sites internet d'annonces, d'universités et d'organismes para-gouvernementaux. J'y ai surtout fait la connaissance de 4 a 5 personnes avec qui je reprends contact de temps en temps ou que je croise à l'occasion dans Montréal. Ca nous sort de l'anonymat. N'oubliez pas que pour la majorité d'entre vous, il s'agit de
votre premier vrai cercle de connaissances en débarquant ici. C'est pourquoi je vous encourage à prendre rendez-vous après votre arrivée pour cette escale bien sympathique au MRCI.

Au fait, je voulais vous signaler que je n'ai visiblement pas gagné au
concours des fromages TVA (télé du Québec) pour gagner une cave a vin. C'est frustrant. Bon, Décibel, une petite bière pour compenser ?

Curveball

Le NAS. Big Brother vous...

Curveball

"Le NAS. Big Brother vous regarde t'il ?"

Pour poursuivre notre voyage ensemble, je pourrais bien vous demander votre billet avant de monter à bord et vous trouveriez cela très normal. Si toutefois je vous réclamais votre NAS (Numéro d'Assurance Sociale) pour vérifier que vous n'êtes pas clandestinement entrée au port de Montréal, en
aurais-je le droit ? Faisons escale à Développement des Ressources Humaines Canada (DRHC) pour aller à la pêche aux informations.

Le NAS est un numéro a 9 chiffres, utilisé par les administrations
canadiennes pour vous identifier. Il est indispensable pour travailler ou étudier ici. On l'obtient, une fois son visa validé, en remplissant un
formulaire d'une page et en montrant ses preuves d'identité et de statut au Canada. Il est gratuit lors de la première demande.

La carte NAS n'est PAS une pièce d'identité. Il faut utiliser un autre
document pour justifier de son identité. A la base, il reste un numéro
confidentiel réservé aux informations sur votre revenu. Historiquement le NAS est devenu le plus direct et quasiment l'unique moyen d'identifier les différents dossiers traités par les organisations du gouvernement.

Le NAS est une clé pour accéder aux données officielles de quelqu'un. Toutefois, accompagné de vos renseignements personnels, il est utile pour ouvrir un compte en banque et faire une demande de carte de crédit. Les coopératives de crédit et les sociétés de fiducie qui vous versent des intérêts doivent aussi vous demander votre NAS. Votre employeur en aura besoin pour communiquer avec Revenu Canada.

Tout le monde n'est pas habilité à vous réclamer votre numéro. En effet, le NAS sert à un but précis imposé par la loi. En cas de doute retenez 2 points : Demandez si la loi vous oblige à le donner. Demandez pourquoi la personne
en a besoin et quel usage en sera fait. Rappelez-vous enfin qu'on ne peut généralement pas vous refuser un produit ou un service si vous avez refusé de donner votre numéro.

Pour la liste des organismes qui ont légalement le droit de demander et d'utiliser le NAS voir mon message "liste NAS curveball 17 avril".

Même si le problème n'est pas spécifique a l'Amérique du Nord, je tenais toutefois a mentionner le thème de la protection des renseignements personnels. Il est désormais tellement plus facile de collecter des informations privées, de les diffuser à grande échelle, de procéder par recoupement pour utiliser ensuite les résultats à votre insu.

Sans tomber dans la paranoïa, jetez un petit coup d'oeil aux conseils
fournis par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) ainsi que par le
Commissariat à la Protection de la vie privée du Canada. Cela peut éclairer d'un jour nouveau certaines habitudes. Les adresses des sites sont incluses dans le message du forum.

Nos Amours" Nous reprenons notre...

Curveball

"Nos Amours"

Nous reprenons notre croisière, rendue périlleuse par les blocs de glace encore présents sur le Saint-Laurent. Notre escale de cette semaine sera le Stade Olympique, la maison controversée des Expos. Deuxième grande équipe de baseball de Montréal, après le Royals des années 20 a 60, elle est aussi celle qui est le plus en mal d'amour et de reconnaissance.

Débarquez avec moi sur le quai, que voyez-vous ? Des gradins vides au 9/10eme, dans un stade inadapté à la symbiose entre le public et son équipe. Les Expos vont peut-être jouer leur dernière saison a Montréal en 2002, et même si les partisans se mobilisent en masse pour assister aux matchs, il est probablement trop tard pour éviter le naufrage financier (et le chômage pour plusieurs centaines d'employés québécois).

Peu de conditions, en fait, ont conduit à cette prise d'eau dans les cales. L'animosité à peine cachée de la dizaine d'actionnaires envers le représentant et directeur des Expos constitue la première torpille. Pendant que l'un écopait l'eau du bateau, les autres s'évertuaient à remplir les ballasts lors de luttes de pouvoir et de querelles de clochers indignes de propriétaires d'entreprises, québécoises de surcroît. Sans compter leur mauvaise influence sur les décisions du Premier Ministre de l'époque quant à la construction d'un nouveau stade pour relancer le baseball a Montréal.Le Québec ne dispose hélas pas de 1 ou 2 très grosses entreprises désireuses d'injecter des fonds dans une équipe de Ligue Majeure de Baseball. Il n'y a qu'un panel d'entreprises provinciales d'où n'émerge pas un vrai patron pour tenir l'équipe d'une main de fer. On parle désormais d'une dette à éponger de plusieurs dizaines de millions de dollars, et d'investissements de 200 a 250 millions pour les joueurs et les infrastructures. Depuis 1998, on doit donc se tourner vers des fonds américains. Mauvaise publicité pour une équipe québécoise qu'on voulait indépendante.

Pourtant les Expos, qui ont été la risée des journalistes sportifs de Montréal dans les années 90, disposaient alors d'un staff technique et administratif admiré par les autres équipes. C'était le 2eme club formateur après Atlanta, ce qui faisait l'envie de très nombreux entraîneurs. Personne ici n'en prenait conscience. Ni média, ni partisan.

Mais voilà le 2ème problème. Les Expos forment de très bons joueurs qui, faute de moyen financier suffisant pour les retenir à Montréal, partent après 3 a 4 ans vers des ports mieux achalandés. Difficile d'accepter cela pour les supporters, habitués pendant des décennies à assister aux phases finales du championnat de Hockey avec les stars du "Canadiens".

Enfin, en 1994, les Expos pouvaient (devaient) être champion et assurer ainsi leur avenir. La grève du baseball, en amputant 1/3 des matchs, a scellé le sort de l'équipe en la fragilisant financièrement et en obligeant la vente, en 1995, des meilleurs joueurs arrivés à maturité.

Alors profitez bien de cette escale, parce que dans un an, l'îlot des Expos aura probablement été englouti par un séisme financier qui va le rayer des océans du baseball. Par la bêtise et l'inconscience de certains entrepreneurs, par la cupidité des joueurs professionnels qui ont provoqué la grève.

Quel dommage pour le sport montréalais. J'ai bien aimé Titanic, mais là ça me fait mal au coeur en tant qu'ancien joueur. Espérons que l'équipe de Hockey des Canadiens ne soit pas la suivante à sombrer.

Ne restons pas de glace...

Curveball

"Ne restons pas de glace."


Est-ce que certains d'entre-vous se souviennent du
film "Un jour sans fin" avec Andie McDowell et Bill
Murray. Ce gars détestable reste bloqué a Punxtawney
indéfiniment et il revit le jour de la marmotte encore et
encore et encore et? Disposant finalement de tous le
temps libre auquel il n'a jamais rêvé, le voilà qui
apprend (entre autre) a sculpter la glace. Cette scène
m'est restée et je la revis régulièrement depuis le début
de l'hiver.

Ce que je pensais être plus proche d'une légende d'hiver
s'est avéré être un spectacle bel et bien vivant au
Québec. Que ce soit à la Fête des Neiges annuelle de
Montréal, lors d'un concours municipal de sculpture sur
neige, dans le joli cadre de la place centrale arborée de
St-Jerome, face à la Cathédrale ou encore dans le patio
ensoleillé, confidentiel, d'un des hôtels de la station
de ski de St-Sauveur, pas un WE ne passe sans que je
puisse m'émerveiller.

Quelle diversité dans les techniques ! La glace est
découpée et martyrisée par un César de la tronçonneuse,
souvent très rapidement et à grand renfort de musique
techno pour faire oublier le bruit de l'engin. Le cube de
neige de 2 mètres de haut, quant à lui, se voit attaqué
avec bien plus de douceur et de lenteur, par des équipes
plus ou moins bien organisées. Elles ont du ressortir les
grands couteaux hors des tiroirs de cuisine, et descendre
les scies des établis du garage ! On frôle ici
l'artisanat plus que le professionnalisme, mais les
résultats reste envoûtants.

Criant de simplicité, on trouve ici un clown triste à
gros nez, là une lanterne de marin, et ici un pingouin
protégeant du vent son bec sous son aile. Quant aux
autres ?uvres, elles s'apparentent le plus souvent à de
l'art (trop) moderne (pour moi) et je cherche encore ce
qu'elles représentent. L'esprit de leur créateur, torturé
durant plusieurs heures par le froid ambiant ?

Les sculpteurs sur glace, précis dans le geste, rapides
dans l'exécution, font vibrer la matière pure et nous
gratifient de petits bijoux qu'on voudrait ramener à la
maison. Ici une tête d'indien apparaît, là un cygne fin
et délicat éclôt, magnifié par les milles couleur et
reflets de la glace en plein soleil.

Peut-être bien que je devrais monter une équipe pour l'an
prochain ? Il y a des candidats ? En attendant, je vais
mettre un bloc d'eau au congélateur, puis je vous tiens
au courant du résultat !


Curveball

Attention aux generalisations" Il y...

Curveball

"Attention aux generalisations"

Il y a quelques soirs, j'étais en train de consulter le web à la
bibliothèque de ma commune. Un adolescent a commencé à crier après la
responsable informatique (avec qui je discute très souvent) suite à un
problème qu'il avait lui-même crée sur l'un des PCs. La responsable a alors
eu la mauvaise idée de le lui faire remarquer.

Il est devenu vraiment agressif. Il l'a insulté durant 2 minutes. Lorsqu'il
lui a exigé son nom, je me suis levé pour l'interpeller. Visiblement
surpris, il m'a hurlé "de quoi je m'occupais, si ça me regardait". Il s'est
quand même calmé.

Un pré-adolescent a alors commencé à me rabaisser en m'assurant que j'étais
un débile en plus de me mêler de ce qui ne me regardait pas. Il a fini par
me lâcher "que je n'avais rien à faire ici et que je devais retourner dans
mon pays !" Difficile à avaler après des mois de procédures pour
s'installer.

Dégoûté pendant quelques jours, j'ai essayé de tirer quelques conclusions.
Surtout ne pas généraliser. Je suis tombé sur un jeune n'ayant visiblement
pas appris la tolérance, croyant peut-être déjà tout connaître de la vie. Il rayonnait !

Comble du paradoxe, il se mêlait aussi de ce qui ne le regardait pas !

En l'entendant parler, j'ai compris que sa notion du racisme et de la
xénophobie s'arrêtait apparemment a la dualité noir-blanc ce qui l'empêchait de comprendre la portée de ses propos envers moi, un "blanc". Je doute qu'il ait ouvert beaucoup de livres d'histoire traitant des 2 derniers siècles.

D'un autre coté, j'en ai tiré 4 leçons. L'immigration peut nous confronter à une faible minorité de gens aveugles et peu tolérants, et ça peut faire mal de se sentir rejeté. Ne pas s'occuper des affaires des autres de manière générale, même si ce sont des gens que je fréquente. J'ai 2 ennemis
potentiels parmi les fauteurs de troubles, et je ferai attention pour que ma blonde n'ait pas d'ennuie avec eux. J'ai gagné la reconnaissance des
employés du quartier.

Curveball

Les pieds dans le fromage...

Curveball

"Les pieds dans le fromage"

On a coutume de dire que depuis tout petits, les français
de France sont éduqués à supporter des plats d´un aspect,
d´un goût et d´une odeur qui rendraient malades une bonne
partie des nord-americains. Mais çà, c´est de la légende !

Me fiant aux échos tant de fois entendus, je pensais que
la variété des fromages québécois ne saurait atteindre
celle du vieil européen ! grave erreur qui risquait de me
tenir loin de la face cachée du fromage d´ici.

En bon français à peine débarqué, je me suis tourné vers
mes anciens fromages d´origine pour entamer une 1ere
phase d´adaptation. J´y ai inclu rapidement du (très)
vieux Cheddar du Vermont, et de l´Oka, un classique
québécois au lait cru, issu de la ville du même nom.
Plus récemment, je me suis essayé à la Tomme au Cidre de
Pomme produite à Sherbrooke.

Bien lancé sur les chemins de la gastronomie fromagère,
je me suis mis en chasse de la crème des crus, dans les
fromageries du marché Atwater. Quel bonheur de pouvoir
déguster ces gros cannons du terroir, poser des questions
même si la moitié des réponses des fromagers restaient
trop vagues à mon goût !

Après une heure d´affinage, j´étais à point. Je suis
repartie avec dans ma besace le puant Lechevalier-
Mailloux, le soyeux Saint-Basile et le rampant Victor-et-
Berthold. Ajoutez-y un Cru des Erables et un Windigo....
quelle dégustation maison en perspective !!

Il y a bien des manières de s´intégrer au Québec. La
mienne passera par le ventre.

Ah, j´allais oublier. La chaine de télévision TVA propose
en ce moment un concours sur les fromages du terroir
québécois. Il y a une cave à vin complète a gagner... je
vous tiens informés au cas où !!

Curveball

mercredi 12 décembre 2001 Parmi...

Curveball

mercredi 12 décembre 2001

Parmi les anonymes de Dorval.

Si familier et pourtant si différent. L´aéroport de Dorval et son hall de
débarquement n´ont pas la même clarté en ce vendredi soir. Est-ce mes yeux
d´ancien touriste qui ne voient plus comme avant ou bien mon esprit de
nouvel immigrant qui pense différemment et me trompe ? est-ce la lumière de
ce jour d´octobre ? Peut être est-ce seulement l´adrénaline du Grand Jour ?
ou finalement mes 3 heures de sieste dans l´avion qui m´ont assommé !
Curieuse impression.

Aujourd´hui, je n´aurai pas mon habituel coup de tampon du douanier. J´avais
pourtant mon discours bien rodé depuis 10 mois : "Bonjour, je viens en
tourisme, voir ma fiancée qui travaille en visa temporaire, et je repars
dans 10 jours" avec l´envie de lui dire aussi "souviens- toi, je suis déjà
passé il y a 2 mois". Mais ce soir, il va falloir improviser.

J´attends grand maximum 5 minutes dans la file et un Agent d´Immigration me
prie de le suivre. Mon coeur bat plus fort. Une fois installé, il me demande
de sortir mes papiers d´immigration. Après quelques questions de convenance
sur ma vie, ce que je fais et si le voyage était bien, il note au stylo
quelques informations sur le CSQ et l´IMM1000, notamment la somme dont je
dispose (j´ai toujours pas saisi s´il me demandait mon argent en poche ou le
total en banque, ce qui fait une différence appréciable !). En 5 minutes
l´affaire est dans le passeport, bien plié en 9.

Direction Immigration Québec. Le stress est retombé, je n´ai plus peur.
Trois minutes passent et je ressort du bureau avec des documents en plus et
un RV pour la réunion d´information du nouvel arrivant. Très classique.
Une fois récupérés mes bagages (et la déclaration de ma cave à vin faite, ça
va me coûter des sous cette affaire), je décide de faire sauter la banque !
Aujourd´hui c´est jour de fête et je m´offre la taxi ! Il faut dire que je
suis tanné de relier le centre ville avec la navette, chaque fois que je
viens en touriste, pour ensuite prendre le métro et encore le bus, et
arriver chez moi exténué. Je l´ai trop fait ces derniers mois.

J´y suis. La lumière filtre à travers les stores. Les bagages posés devant
la porte... ma fiancée qui ouvre....elle me serre dans ses bras longuement.
Comme concluait Sam, à la fin du Seigneur des Anneaux, je pourrais presque
dire à ma Blonde : "Et bien, me voici de retour".

Curveball

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