Changer de carrière au Canada

Blueberry

Ce que j’aime le plus depuis que je suis ici, est le certain côté « tout est possible ».  Il est d’ailleurs parfaitement possible de changer de carrière ici et j’oserai écrire que c’est relativement simple par rapport à ce que j’ai connu en France. Par contre « possible et simple » n’équivaut pas nécessairement à « réussite automatique ».
 
Quand je dis « possible », je veux dire qu’ici ce n’est pas mal vu de vouloir faire autre chose professionnellement. Quand je dis « simple », je veux dire qu’il y a des facilités pour ce faire, notamment la reprise d’études. Car ici, ce n’est pas mal vu non plus de reprendre des études, peu importe l’âge ou le parcours. En France, c’est plutôt le parcours du combattant, c’est le cas de le dire!
 
Pas mal de gens semblent penser qu’il suffit d’atterrir au Canada et qu’ils pourront exercer le métier de leurs rêves du jour au lendemain. La plupart du temps, il faudra repasser par la case formation. Selon ce que vous voulez faire, il faudra peut-être aussi obtenir les permis nécessaires. Par la suite, il faudra faire vos preuves professionnellement, peu importe le statut, que ce soit en tant qu’employé ou à votre compte.
 
C’est exactement ce que j’ai fait il y a 5 ans, et ce que je m’apprête à faire une fois encore maintenant. Ceux qui lisent mes billets savent qu’à la base, j’ai un profil « littéraire et linguistique ». En France, je travaillais principalement dans l’accueil/secrétariat, car avec mon bagage éducatif je ne pouvais soi-disant pas faire autre chose.  D’ailleurs quand j’avais essayé, j’avais rencontré les pires difficultés. Ici j’ai également travaillé dans l’administratif, mais j’ai aussi été traductrice, ce qui était quelque chose que je voulais faire.
 
Cela n’a pas tout à fait marché comme je l’aurais voulu, la crise étant passée par là. En 2009, je suis retourné aux études pendant un an grâce à un programme du gouvernement provincial. J’ai suivi une formation en comptabilité/gestion bien à l’opposé de mon profil initial. Je travaille comme comptable depuis 2010. Je n’ai eu aucun problème à évoluer en quatre ans. C’est maintenant que je commence à être « coincée » niveau évolution car je ne suis pas agréée. J’ai pris quelques cours, mais je me suis rendue compte qu’obtenir l’agrément me prendrait beaucoup de temps et beaucoup d’argent. Et puis surtout, la comptabilité ne me parle plus vraiment.
 
Certains cours que j’ai pris avaient un aspect plus orienté sur la finance. Cela m’a énormément intéressée, et j’ai trouvé les concepts plus faciles qu’en comptabilité. Après des recherches approfondies, j’ai décidé de me réorienter dans cette voie. Pour le moment, je ne suis pas tout à fait sûre que je puisse bénéficier à nouveau du même programme provincial qu’il y a 5 ans.
 
D’ailleurs, renseignez-vous, car beaucoup de provinces ainsi que le gouvernement Fédéral ont des programmes d’aide à la formation et à la réorientation professionnelle. Si vous êtes éligibles, vous pourriez économiser beaucoup d’argent sur les frais de scolarité par exemple, ce qui n’est pas négligeable ici.
 
Au Canada, on n’enferme pas les gens dans un carcan basé sur les diplômes qu’ils ont obtenus quand ils avaient 20 ou 22 ans. Ce n’est pas non plus un problème de vouloir faire quelque chose complètement à l’opposé de ces mêmes diplômes. Même si cela ne garantit pas le succès, au moins les gens ont l’opportunité d’essayer, de faire leurs preuves et de montrer ce dont ils sont capables. Ceci est très appréciable, surtout lorsque l’on vient de France….

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Travailler en Français en Colombie-Britannique

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On entend souvent dire que le fait de parler Français et d’être bilingue est un atout considérable au Canada anglophone et que ce serait la voie royale pour trouver un emploi dans ce grand pays bilingue. 
 
Comme d’habitude, je me permets de nuancer ces propos. Le Canada est surtout un pays bilingue sur le papier. En fait, plus vous allez à l’Ouest et plus la présence francophone se raréfie, et donc les offres d’emploi requérant le Français. 
 
En Colombie-Britannique, l’Anglais est la seule langue officielle et 95% des offres d’emploi ne demandent que cette langue. Il existe des offres d’emploi bilingues, mais elles sont principalement pour des services à clientèle en centres d’appels. Si c’est votre domaine, vous n’aurez alors aucun problème. 
 
Il y a d’autres types d’emploi pouvant demander le Français, mais là non plus, ils ne sont pas légion. Pas mal de gens pensent que, parce qu’ils parlent Français, ce sera suffisant pour obtenir le poste. Rien n’est plus éloigné de la réalité. Si vous n’avez pas les qualifications requises, on ne vous fera pas d’offre basée sur le seul fait que vous parlez Français. 
 
Pour ce qui est de trouver un emploi ne demandant que le Français, vous pouvez oublier cela, ou presque. Il y a des associations francophones dans la province, mais les postes libres sont très rares et il faut en général connaître quelqu’un pour les obtenir. 
 
Là où la connaissance du Français est vraiment un atout est pour le gouvernement Fédéral. Là encore, si vous n’êtes pas citoyen Canadien, il faudra prendre patience car vous n’avez pas la priorité dans le recrutement. 
 
Comme on le constate, parler Français en milieu professionnel n’est ni une obligation en Colombie-Britannique, ni une garantie de trouver un emploi. Comme je le répète très souvent, il est primordial de parler Anglais, hors Québec. 
 
Et non, parler Chinois ne vous aidera pas à trouver un emploi, comme je l’entends si souvent dire par des personnes n’ayant jamais mis les pieds dans la province.  Il y a déjà pas mal de main d’œuvre dont c’est la langue maternelle sur place. Cette main d’œuvre est embauchée en priorité par les entreprises demandant des connaissances en Chinois. 
 

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Expérience Canadienne exigée : entre mythe et réalité

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L’emploi est la pierre angulaire de l’intégration pour les immigrants. On pourrait presque dire que, quand « l’emploi va, tout va! ».  Comme souvent lu sur ce forum, la majorité des expériences malheureuses parlent très souvent de difficultés à trouver un emploi digne de ce nom, ce qui crée d’autres problèmes. 
 
Car il n’est pas toujours facile de trouver un emploi au Canada, contrairement à ce qui est souvent présenté. Quand je dis « emploi », je parle d’un travail dans le domaine de compétences du nouvel arrivant, pas d’un petit boulot. Je rappelle que le Canada n’a pas été épargné par la crise, et que le taux de chômage est plus élevé que par le passé. 
 
A cela s’ajoute « l’expérience Canadienne » exigée par la plupart des employeurs. On entend beaucoup de choses sur cette fameuse « expérience Canadienne », propos qui ne sont pas toujours véridiques. Ce qui est systématiquement répété aux futurs immigrants est que le petit boulot est un passage obligé pour ensuite retourner sans problème dans son domaine avec poste et salaire en rapport, et mieux encore. Ce n’est pas tout à fait exact. 
 
Il faut surtout que le CV soit cohérent pour un employeur potentiel. Être livreur de pizza ou plongeur dans un restaurant ne débouchera pas forcément sur un poste de chef de projet par exemple. En fait, plus on reste dans un type d’emploi n’ayant aucun rapport avec son domaine et plus il est difficile de rebondir, surtout si l’on a rien d’autre à côté.  
 
Avoir un petit boulot pendant que l’on fait des études ou que l’on attend un permis d’exercer d’un ordre professionnel est acceptable. Les employeurs conçoivent qu’il faut payer ses factures. 
 
On entend aussi beaucoup qu’il faut faire du bénévolat, et que c’est très apprécié par les employeurs. Là encore, ce sera valorisé si c’est en rapport avec le poste. Servir des repas aux sans-abris est noble mais ne donne aucune indication sur des connaissances comptables par exemple. Être trésorier d’une association est déjà mieux. Si vous vous sentez altruistes, il vaut mieux faire un stage non rémunéré en entreprise et dans votre domaine. 
 
Si, comme moi, vous pensez que tout travail mérite salaire, redescendez d’un ou 2 échelons dans votre domaine de compétences. Si vous étiez « senior », visez des postes plus « juniors ».  Avec votre expérience étrangère et si vous travaillez dans un secteur offrant des perspectives, vous devriez trouver. Si cela coince, visez un poste légèrement différent mais toujours dans votre branche. 
 
Le petit boulot n’est nullement un passage obligatoire, tout comme cela ne garantit nullement l’accès à un meilleur emploi par la suite. 
 

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Didier: 6 mois à Vancouver

Blueberry

Pour ce billet, j'ai décidé de donner la parole à Didier, alias PertiG sur ce forum. Il est avec sa famille sur Vancouver depuis 6 mois, et nous livre ses premières impressions. 
 
Peux-tu te présenter? 
Je suis franco-malgache, j’ai dépassé la quarantaine, marié et papa de 2 enfants. 
J’ai passé une grande partie de mon enfance à Madagascar, et la vie d’adulte en France (dont 2 ans en Allemagne) 
 
Pourquoi le Canada? Pourquoi Vancouver? 
J’avais depuis pas mal de temps l'envie de changer de pays car piégé par une routine parisienne que je m'étais moi-même créée.  
D'autre part, ma fille aînée dès l'âge de 8 ans a commencé à montrer des signes de surmenage, donc cela a accéléré le processus d'immigration. 
Partir s'installer dans un nouveau pays a longtemps été un rêve, mais nous n'avions  pas vraiment de destination bien précise. 
En réalisant un comparatif sur différents pays, petit à petit le Canada s’est révélé comme une évidence, et le rêve est devenu projet il y a 7 ans lorsque j’ai commencé à participer au salon Destination Canada. La même année je suis partie avec ma femme et ma fille aînée faire un voyage exploratoire à Seattle et Vancouver. 
Le Canada représentait pour nous le bon compromis entre l’Europe (il y a un niveau de protection sociale) et l’Amérique (culture du tout est possible). 
Quand je dis "culture du tout est possible", c'est qu'on ne range pas les gens dans une boîte parce qu'à 22 ans ils ont fait un certain cursus académique. 
D'autres raisons motivantes sont que le Canada est un pays bilingue (en théorie), égalitaire qui promeut de manière plus effective l’égalité homme-femme. Etant père de 2 filles, ce sujet m'est important. 
 
J’ai choisi une province anglophone car l'anglais ne me paraissait pas un obstacle mais plutôt comme un atout aussi bien pour l'avenir des enfants que pour celui des parents. 
 
Et puis, Vancouver, vue la beauté exceptionnelle du cadre et les belles rencontres que nous avons pu établir dès le 1er séjour, on se voyait mal affronter l’hiver dans une province du Centre ou de l'Est du Canada. 
 
Peux-tu résumer ton parcours depuis ton arrivée?  
Je suis arrivé en été 2013 à Vancouver avec mes deux filles. Nous avons été hébergés quelques jours chez des amis  pour nous permettre de trouver une location. La recherche fut rapide car j'ai trouvé en une semaine notre première location. 
Ce que je peux dire c’est que je suis à la fois épuisé mais aussi heureux. 
Epuisé, car au quotidien mener de front à la fois l’installation dans un nouveau pays,  les courses, les loisirs avec les enfants, les devoirs des enfants, les petits conflits entre enfants, le rangement de la maison, la mission free-lance, la rédaction de mon blog etc etc...tout cela n’est pas de tout repos. 
Mais heureux finalement car cela reste un privilège de vivre dans un endroit qu'on a vraiment choisi. 
J’ai résumé les premières actions ici (( http://www.liferebootspirit.com/les-6-actions-incontournables-pour-tout-nouvel-immigrant-arrivant-en-famille/ ) , je me suis inscrit à un dispositif d’accompagnement à la recherche d’emploi (http://www.skillsconnect.ca/). 
Les tâches administratives sont très simples à faire, contrairement à ce que j’ai pu connaître en France. J’ai récemment acheté une voiture d’occasion, et cela m’a pris 20 minutes chez ICBC pour effectuer le transfert de propriété et d’assurance du véhicule ! 
Je travaille en freelance sur une mission informatique et heureusement cela ne doit me prendre qu’au maximum 20 h par semaine. 
 
 
Quel était ton niveau d’Anglais avant de venir ici? Trouves-tu difficile de vivre en Anglais?  
 
Je qualifierai personnellement mon niveau d’anglais d’intermédiaire, il n’est vraiment pas exceptionnel. Je suis à l’aise pour parler de sujets professionnels, et beaucoup moins pour comprendre certaines blagues de collègues. 
 
C’était difficile les toutes premières semaines de vivre en anglais, mais ensuite l’appréhension de faire des fautes diminue. Au fil du temps, à force de parler avec tout type de personne, l'anglais devient plus fluide, la compréhension plus rapide. 
J'ai quelques fois du mal à comprendre certains accents très prononcés comme celui d'un collègue d'origine indienne. 
 
Peux-tu nous donner tes impressions sur le marché et la recherche d’emploi?  
Vancouver est une ville relativement modeste en comparaison des villes de l’Est du Canada.  
Par rapport à mon domaine professionnel (l'informatique), les offres d’emplois existent, mais elles sont moins nombreuses et peut-être moins bien payées qu’à l’Est du Canada. De plus le bassin d’emploi est constitué majoritairement de PME, donc il faut utiliser le réseautage pour espérer décrocher un entretien dans ce type de structure. 
 
 
Quelques impressions générales sur Vancouver après 6 mois ici? 
Vancouver est une ville calme et apaisée. C’est agréable au quotidien de voir des gens souriants, courtois et plutôt décontractés. C’est assez frappant surtout lorsqu’on est resté très longtemps à Paris. 
 
Mon expérience reste récente, mais ma perception est que les gens sont beaucoup moins dans la défiance et plus dans la confiance. Et cela représente un sacré confort au quotidien. 
Par ailleurs, ayant choisi d'être à North Vancouver où tout est boisé et vert, j’ai toujours un peu l’impression d’être en vacances. 
Les restaurants à Vancouver sont généralement de très bonne qualité, et les sushis sont délicieux. 
 
 
Quelles sont les facilités et difficultés que tu as rencontrées?  
Trouver un logement n’est vraiment pas un problème à Vancouver ; même sans historique bancaire ni emploi j’ai pu trouver une location en 1 semaine. 
Le seul couac administratif que j'ai eu est avec le MSP (Medical Service Plan, l'assurance maladie provinciale) qui n'avait pas pris en compte ma nouvelle adresse. 
La difficulté que je peux rencontrer ici est d’ordre culturelle, les gens manquent un peu de spontanéité : même au niveau amical, il faut que tout soit organisé, planifié. Ayant vécu en Allemagne, je retrouve un côté germanique. 
Il y a un point qui me gêne c’est la violence routière : j’ignore les statistiques, mais je trouve qu’il y a une certaine incivilité de beaucoup de conducteurs sur les routes.  Il y a très peu de radars et de policiers pour pouvoir freiner certaines conduites que je considère comme agressives et dangereuses. 
 
Comment cela se passe pour les enfants?  
J'ai choisi d'habiter à North Vancouver pour que mes enfants soient dans la meilleure école francophone (avec un système éducatif canadien) de la région de Vancouver. 
Et c'est la meilleure décision que j'ai prise car mes deux filles y sont heureuses et épanouies. 
Ne serait-ce que pour cette seule raison je trouve que les sacrifices en valent le coup. 
Ma fille aînée a 2 heures de cours hebdomadaire d'anglais par semaine. 
Ma fille cadette commencera les cours d'anglais l'année prochaine.  
Mais à force d'entendre l'anglais un peu partout, elles commencent toutes les deux à comprendre un tout petit peu. 
Pour les prochaines vacances scolaires du printemps, les enfants seront au centre de loisirs anglophones (Spring break day camp), et ce sera un challenge d'immersion linguistique pour les deux. 
 
Quelques conseils pour ceux qui voudraient pousser à l’Ouest?  
En me basant sur mon expérience, j'en donnerais 3 : 
Avoir le bon état d’esprit, pour pouvoir affronter les nombreux obstacles. 
Ne pas hésiter à demander, à parler et faire des rencontres: les gens ici sont ouverts et bienveillants. 
Il est préférable d'avoir un intérêt pour les activités extérieures, pour pouvoir apprécier la Colombie-Britannique à sa juste valeur. 
 
Merci Didier, bonne chance pour la suite! 

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A table à Vancouver

Blueberry

Un des aspects que j’apprécie le plus à Vancouver est le multiculturalisme. Bien sûr, l’influence Asiatique est très forte, mais il n’y a pas que des Chinois ici. En fait, tous les pays sont représentés.
 
Une des belles choses de l’immigration sont les recettes de cuisine qui font aussi le voyage. Il parait que Vancouver serait la ville du Canada où les restaurants ethniques seraient les plus authentiques. Je ne sais pas si c’est vrai, mais en tous cas, c’est délicieux! Voici ma « promenade culinaire ».
 
Si vous vous trouvez dans le West End et que vous voulez des sushis sortant de l’ordinaire, allez à Kadoya http://www.kadoya.ca/. Toujours dans le West End, si vous avez envie de succulentes pâtisseries Bulgares, direction Acacia Fillo Bar http://www.acaciafillobar.com/.
 
Si vous êtes Downtown et que vous voulez manger Vietnamien c’est à Joyeaux Cafe que cela se passe. http://www.joyeaux-cafe-restaurant.com/.
 
Si vous vous trouvez sur Commercial Drive, 2 restaurants à essayer : Harambe pour des plats Ethiopiens http://www.haramberestaurant.com/ et Cafe Kathmundu pour goûter la cuisine Népalaise http://www.cafekathmandu.com/new/default.php. Un régal!
 
Sur Broadway/Kitsilano, ne pas manquer Banana Leaf, un de mes restaurants préférés –avec Harambe-. Excellente cuisine Malaysienne et Singapourienne http://bananaleaf-vancouver.com/. Pour des plats Mexicains, allez à Las Margaritas http://www.lasmargaritas.com/.
 
Il n’y a pas que sur Vancouver même que l’on trouve de très bons restaurants. Si vous êtes sur North Vancouver, essayez Casba, restaurant Iranien, fréquenté par énormément de gens de la communauté Iranienne http://cazbarestaurant.ca/ .
 
Si vous poussez jusqu’à New Westminster, allez prendre un brunch Sri-Lankais au Coconut Grove. Le Dimanche uniquement, 15$ buffet à volonté http://coconutgroverestaurant.ca/. Si vous voulez manger Indien, essayez Royal Tandoori, très authentique http://www.royaltandoori.ca/en/.
 
Bon Appétit! 

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Décalage horaire…et autres

Blueberry

Récemment, une ancienne camarade de classe m’a demandé quand est-ce qu’on allait se revoir. Ma pensée initiale fut : « probablement jamais ». Ne voulant pas la vexer, j’ai gardé cette pensée peu charitable pour moi et lui ai répondu que je ne savais pas.
 
C’est un sujet sensible, presque tabou, mais force est de constater qu’une immigration change les rapports familiaux et amicaux. C’est inéluctable quand on est séparé par plusieurs fuseaux horaires et un océan, autrement dit quand on vit dans un autre pays et sur un autre continent depuis un certain temps.
 
Il y a d’abord l’éloignement géographique. Vu le prix des billets d’avion, je ne peux pas me permettre de rentrer tous les mois, sans compter qu’avec 2 semaines de vacances par an, c’est un peu juste. La réciproque semble être vraie aussi. En presque 8 ans, je compte le nombre de gens qui sont venus me voir sur les doigts….d’une seule main. A cela s’ajoute le décalage horaire. Quand je commence ma journée, les Français la finissent. Bien sûr, il y a Facebook et Skype, mais cela ne remplace pas le face-à-face.
 
Puis, vient un décalage « socio-culturel » qui peut générer pas mal d’incompréhensions de part et d’autre. On n’a plus la même vie, et surtout, les mêmes préoccupations. J’écoute les informations Françaises d’une oreille de plus en plus distraite, et ma famille et mes amis ont tendance à penser que je vis des aventures extraordinaires tous les jours, tel James Bond. Ben non, il faut bien que je travaille pour payer mon prêt immobilier et manger! Ils me répètent aussi souvent combien j’ai de la chance d’être au Canada. Oui peut-être, mais s’ils avaient lu mon blog, ils sauraient que tout n’a pas été facile non plus.
 
Une immigration met les choses en perspective, niveau relationnel. Cela fait aussi un tri, souvent malgré soi. J’ai accepté le fait qu’il y a certaines personnes que je ne reverrais probablement jamais, et que les contacts avec d’autres sont plus sporadiques. Je me suis aussi aperçue que les personnes qui me manquaient le plus étaient mes parents. Pourtant, j’ai de bonnes relations avec le reste de ma famille.
 
Avant d’émigrer, je n’avais pas vraiment réfléchi à la question, en grande partie parce que c’est une décision très personnelle et que j’estimais faire ce qu’il y avait de mieux pour ma vie. Cela peut sembler égoïste. Ça l’est dans une certaine mesure. Si j’avais trop pensé sur ce sujet, je ne serais probablement pas partie.
 
Dans les moments de moral à zéro, je me demande si le prix à payer n’a pas été un peu lourd pour cette vie que j’ai ici et à laquelle j’aspirais tant en France. J’en ai raté des mariages, naissances, enterrements et réunions de famille et d’amis. Nul doute que je vais encore en manquer pas mal! Le reste du temps, je ne tergiverse pas trop. J’ai choisi de vivre ailleurs et j’assume mon choix et ses implications.  

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Vivre en Anglais à Vancouver

Blueberry

On me pose assez souvent la question de savoir s’il est difficile de parler Anglais tout le temps et de vivre dans un milieu Anglophone. Personnellement, cela ne m’a jamais posé problème, car en arrivant à Vancouver, je parlais déjà couramment cette langue, de par mes études initiales et ayant vécu un certain temps en Grande-Bretagne.

J’ai juste dû passer de l’Anglais Britannique à l’Anglais Américain. Car oui, même si la province est définitivement celle qui est restée la plus British de toutes les provinces anglophones, l’Anglais parlé est similaire à celui des États-Unis.


Alors, comment faire pour améliorer son niveau si celui-ci est moyen voire débutant? Il n’y a pas vraiment de recette-miracle, il faut s’immerger dans la langue le plus possible. Pour cela, il faut écouter et parler, écouter et parler encore et encore. Si vous êtes résident permanent et que votre niveau est débutant ou très moyen, vous pouvez bénéficier de cours gratuits « ELSA » délivrés par le gouvernement provincial welcomebc.ca Si votre niveau est trop élevé pour ELSA, vous pouvez vous inscrire dans une école privée, il y en a à profusion ici, mais cela coûte cher.


Il y a également d’autres moyens qui sont aussi gratuits et peut-être plus efficaces que les cours. Il faut créer le plus d’occasions possibles pour parler et écouter. Pour cela, l’excellent site Meetup, mais également ToastMasters. Cette organisation, en plus de vous aider avec votre niveau d’Anglais, vous aidera également à surmonter votre timidité pour parler en public ou avec un accent.


L’accent, parlons-en justement. Beaucoup de gens sont complexés par leur accent. Vancouver est une ville très cosmopolite et presque tout le monde a un accent. Pas d’inquiétudes à avoir sur ce point! Apprendre une langue étrangère est avant tout une affaire….d’oreille. Cela prend quelques temps à l’oreille pour s’habituer aux sonorités d’une autre langue. Vous ne deviendrez pas donc bilingue en 3 mois, ceci prend des années. Il faut être patient dans l’apprentissage et la progression, et ne pas se décourager lors des moments inévitables de frustration. Évitez aussi de trop passer de temps avec des francophones, cela ralentira vos progrès.

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Traditions d’Automne Canadiennes

Blueberry

L’Automne est définitivement ma saison préférée ici. En plus du festival des couleurs, la météo est également ensoleillée et les températures relativement douces. Comme beaucoup, j’étais en t-shirt pour l’Action de Grâce –Thanksgiving- à mi-Octobre.
 
L’Automne est la saison des récoltes en tout genre et plus particulièrement celle des courges, potirons et autres citrouilles. Ici, on ne fait pas que les sculpter pour Halloween, on les mange aussi. La province de Colombie-Britannique compte environ 25 variétés, dont certaines sont très goûteuses. Au fil des années, j’ai découvert et essayé pas mal de recettes, salées ou sucrées, et courges et potirons sont maintenant régulièrement au menu.  
 
L’Automne est aussi la célébration de Thanksgiving, Halloween et du 11 Novembre.
 
Thanksgiving, ou l’Action de Grâce en bon Français, est une tradition aujourd’hui principalement Nord-Américaine, bien qu’aussi célébrée au Liberia et dans les Iles Norfolk. A la base, c’était pour fêter l’abondance des récoltes et remercier Dieu. L’Action de Grâce était à l'origine une fête religieuse des Protestants Britanniques. Aujourd’hui, cette tradition est laïque et est surtout l’occasion de passer du temps en famille ou entre amis, autour d’un repas. Le repas justement est composé en général de dinde farcie accompagnée de légumes et patates douces, jus et sauce à la canneberge, gâteau au potiron. Il y a pas mal de variantes toutefois. On aime ou on n’aime pas….moi j’aime!
 
Halloween –contraction du vieil Anglais pour All Hallow Eve- autrement dit « veille de la Toussaint » est une tradition celtique venant d’Irlande. Elle est célébrée le 31 Octobre.  Au départ, c’était une célébration des morts et du passage de la saison claire à la saison sombre. Halloween n’a d’ailleurs commencé à être célébrée en Amérique du Nord vers les années 1850 après l’arrivée massive d’immigrants Irlandais fuyant la famine. Aujourd’hui, c’est devenu une fête pour les enfants et l’occasion de manger trop de friandises. Pour Halloween, on sculpte aussi les fameuses lanternes –Jack O’ Lantern-. Plus d’infos sur le personnage de « Jack » et l’origine de la lanterne ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack-o%27-lantern
 
Sur une note plus sobre, les commémorations du 11 Novembre sont bien plus importantes ici que celles du 8 Mai. D’ailleurs, le 8 Mai n’est pas un jour férié au Canada. Ici, le 11 Novembre représente bien plus que l’anniversaire de la fin de la première Guerre Mondiale. Ce jour,appelé le Jour du Souvenir/Remembrance Day, est dédié à tous les vétérans et militaires encore en service. Il est d’usage de porter un coquelicot-artificiel-ce jour. L’origine du coquelicot vient d’un poème de John McCrae, médecin militaire Canadien qui était à Ypres pendant la première Guerre Mondiale. Ce poème s’intitule Au champ d’Honneur.
 
Au Champ d'Honneur,
les coquelicots
Entre les croix de
lot en lot
Qui marque leur
place; et dans le ciel
Les alouettes
chantent encore courageusement, volant
Leur rare chant mêlé
au sifflement des fusils.
Nous sommes les
morts,
Nous qui songions la
veille encore
À nos parents, à nos
amis,
C'est nous qui
reposons ici,
Au Champ d'Honneur,
À vous jeunes
désabusés,
À vous de porter
l'oriflamme
Et de garder au fond
de l'âme
Le goût de vivre en
liberté.
Acceptez le défi,
sinon
Les coquelicots se
faneront
Au Champ d'Honneur.

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Histoires de citoyennetés

Blueberry

Je suis devenue Franco-Canadienne l’après-midi du Vendredi 6 Mai 2011, après 22 mois de procédure, celle-ci constituée pour la plupart d’attente et de « silence-radio ». Prendre la citoyenneté Canadienne ce jour symbolisait d’abord pour moi la fin des procédures administratives, puis un cadeau d’anniversaire, anniversaire qui tombait la même semaine.

En tant que Française, absolument rien ne m’obligeait à prendre une nationalité supplémentaire. J’avais d’ailleurs quelque peu hésité 2 ans auparavant, quand j’étais devenue éligible pour faire une demande. Puis, finalement je me suis dit que devenir Canadienne pourrait peut-être m’aider à me sentir un peu moins en décalage avec ma société d’accueil et à estomper ce statut d’immigrant un peu trop collant à mon goût. Cela pourrait aussi me permettre de m’impliquer plus dans la vie politique, avec le droit de vote. Et puis, aussi, le fait de ne pas avoir parcouru tout ce chemin « pour rien ».

2 ans plus tard, je peux dire que devenir citoyenne Canadienne m’a aidé avec ce que j’ai décrit plus haut. Toutefois cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais plutôt graduellement. Le 6 Mai 2011, j’avais presque hâte que la cérémonie se termine, afin de retourner à « ma petite vie » et au week-end en perspective. Il y a un moment où j’avais d’ailleurs « décroché », nul doute quand le juge insistait lourdement sur le fait qu’il fallait travailler et faire du bénévolat. Définitivement pas de larme à l’œil ou d’émotion intense ce jour. Au sortir de la cérémonie, je me sentais surtout Canadienne « sur le papier ».

Il faut dire que lorsque l’on émigre à l’âge adulte, on ne peut pas devenir « le parfait Canadien ». Il faudrait d’ailleurs s’entendre sur ce qu’est « le parfait Canadien » pour commencer. Sujet sur lequel je ne me lancerai pas! Nous ne sommes pas des « produits » de la société Canadienne, nous n’en sommes pas « issus ». Notre culture d’origine sera toujours présente et occupera aussi toujours beaucoup de place, quoi que l’on en dise. Et c’est bien normal. Pour ma part, la France est le pays qui m’a vu naître et grandir et où j’ai passé le plus clair de ma vie jusqu’à présent. Forcément, ma culture d’origine ne va pas disparaître d’un claquement de doigts. Et, en fait, je ne veux pas qu’elle disparaisse.

D’ailleurs, cela me fait bien rire quand j’entends certains compatriotes Français, qui, soit ne sont encore pas ici, ou qui viennent juste d’arriver, clamer haut et fort qu’ils ne sont plus Français et qu’ils vont renoncer à leur nationalité. Ceux-là semblent confondre intégration et assimilation. J’ai un scoop pour eux : le gouvernement du Canada et les Canadiens « de souche » n’attendent pas de vous que vous deveniez plus Canadiens qu’eux. Ils ne vous le demandent pas non plus d’ailleurs. Il n’y a donc pas besoin d’en faire des tonnes!

Alors, 2 ans plus tard, est-ce que ma vie a radicalement changé avec la nationalité Canadienne? Non. Bien sûr, il m’est plus facile de me rendre aux États-Unis, et quand je reviens au Canada, les douanes ne me posent plus autant de questions. Je me sens aussi beaucoup plus impliquée dans la vie locale. Mais, est-ce que je me sens Canadienne? J’admets être un peu coincée quant à la réponse à cette question. Et je suis aussi un peu coincée quand on me demande si je me sens toujours Française.

La réponse à ces deux questions serait « oui, mais pas complètement ». Pas complètement Canadienne, mais plus complètement Française non plus. Je me sens surtout hybride. Ce mot résume bien ma situation : Franco-Canadienne vivant dans 2 cultures, 2 langues et presque dans 2 pays. Et cela me convient parfaitement!

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Acheter un bien immobilier à Vancouver

Blueberry

Oui, vous avez bien lu, acheter sur Vancouver, la ville la plus chère du Canada en la matière. Si vous voulez une maison individuelle avec jardin sur Vancouver même, il faut compter un minimum de 1.1 million $. A ce tarif, si vos revenus combinés n’ont pas 6 chiffres, vous pouvez faire une croix dessus.  Les prix prohibitifs de la ville de Vancouver s’expliquent en grande partie par un manque de terrains constructibles. Le peu disponible est vendu au prix de l’or. D’ailleurs, la plupart des nouvelles constructions dans la ville sont en hauteur.
 
Si acheter fait partie de vos projets, mais que vous ne pouvez pas vous permettre la ville de Vancouver, eh bien sortez-en, tout simplement ! En ce moment, il y a de bonnes affaires dans l’agglomération Vancouveroise, et notamment dans des villes comme New Westminster, Surrey et Coquitlam. Il faut dire que les prix se sont un peu calmés, après des années d’augmentation effrénée, y compris pendant la crise de 2008-2009 et avec un point culminant aux Jeux Olympiques de 2010.
 
Mais, avant de rêver à votre future maison, il faut commencer par le début, à savoir obtenir un prêt immobilier ou hypothèque, mortgage en Anglais. Cela ne sert à rien de visiter une propriété à 600 000$ si vous ne vous qualifiez pas pour l’acheter. Ici, vous n’êtes pas obligé de faire affaire avec votre banque habituelle. Il est très commun d’aller voir un courtier en hypothèques, mortgage broker. Ces personnes ont pour métier de vous trouver le meilleur prêt possible, selon votre situation, et ce, sans frais pour vous.
 
Le montant pour lequel vous vous qualifierez dépendra de plusieurs facteurs : salaire, apport et historique de crédit. Beaucoup de nouveaux immigrants pensent naïvement que sans fiche de paye et sans apport, ils pourront emprunter facilement et beaucoup. Il est temps de revenir sur Terre ! Ces deux facteurs sont ceux qui ont le plus d‘influence sur le montant final. Si vous avez un gros apport, le prêteur sera un peu moins regardant, mais vous ne couperez pas aux démarches administratives.
 
Pour l’apport, si vous mettez moins de 20%, Il faudra payer une assurance supplémentaire contre défaut de payement. Le montant de la prime est en général ajouté à votre hypothèque, et vous payerez des intérêts dessus. La plupart des prêteurs vous demanderont aussi de justifier de la provenance de votre apport. Ils veulent que l’apport soit votre propre argent, et non emprunté sur une marge ou une carte de crédit. Certains prêteurs acceptent un apport « emprunté » mais ils sont peu nombreux.
 
Les règles sur les hypothèques se sont pas mal resserrées ces dernières années, et il n’est plus forcément aussi simple d’emprunter que par le passé. Mais cela reste parfaitement possible. Ici, on ne vous fera également pas un prêt au même taux d’intérêt pendant 25 ans. Dans la plupart des cas, vous devrez renégocier votre prêt tous les 5 ans, sauf si vous prenez une hypothèque sur 10 ans....logique.  
 
Une fois le montant pour lequel vous vous qualifiez connu, vous pouvez commencer vos recherches. Avoir un agent immobilier est gratuit pour l’acheteur et est une bonne chose, surtout si vous n’êtes pas familier avec le marché immobilier local et la réglementation en vigueur.
 
Une fois la promesse de vente et les documents de votre prêt signés, vous n’êtes encore pas au bout de vos périples financiers. Il reste les frais de clôture, qui peuvent être conséquents. En général, en tant qu’acheteur, vous aurez des frais de notaire ou d’avocat et vous devrez rembourser au vendeur votre part des taxes foncières et municipales. Il y a également, dans la province, une taxe de transfert de propriété, dont le montant dépend de la valeur de votre bien. Si vous n’avez jamais été propriétaire, vous êtes exempté de cette taxe. Si vous achetez dans une copropriété, appelée strata ici, vous pourriez avoir des frais supplémentaires.
 
Pour ma part, après hésité et calculé pendant 2 ans, j’ai décidé de me lancer il y a 3 mois de cela. Cela n’a pas été de tout repos, mais j’ai trouvé l’appartement qui me convenait à Surrey. Tout au long du processus d’achat, j’ai été entourée par de bons professionnels, ce qui m’a permis de négocier mon prêt immobilier et le prix de mon appartement en ma faveur.
 
Après avoir emménagé, je sais que j’ai pris la bonne décision. Il y a une expression courante qui dit qu’à Vancouver, soit vous payez votre propre hypothèque, soit vous payez celle de quelqu’un d’autre. C’est très vrai. Si je devais louer un appartement similaire au mien dans un quartier similaire, cela me coûterait autant ou à peine moins que ce que je paye en étant propriétaire. Je préfère donc investir dans moi-même, plutôt que pour quelqu'un d'autre. 

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Premier emploi en Colombie-Britannique, et après?

Blueberry

Ça y est, après avoir envoyé moult CV et passé des entretiens, vous avez enfin décroché votre premier emploi. Dans le tumulte de la recherche de l’emploi en question et de l’installation dans un nouveau pays, vous n’avez peut-être pas eu le temps de vous informer sur les pratiques et lois du travail en vigueur dans la province. Quand on vient de France, -ou autre pays- connu pour sa générosité sociale et l’épaisseur de son Code du Travail,  la réalité en Colombie-Britannique peut être assez déroutante. 
 
Tout d’abord, il faut déterminer si votre industrie relève du Code Fédéral, provincial ou d’une convention particulière –syndicat-. Pour faire simple et éviter le pavé, je me baserai sur le niveau provincial, la majorité des cas de figure.  Voici quelques normes de base : 
 
Contrat de travail : ne vous alarmez pas si vous n’avez ni contrat de travail, ni lettre d’embauche, c’est très commun. Ici les employeurs sont bien moins « administratifs ». En l’absence de contrat écrit, cela signifie que vous êtes employé en contrat permanent. 
 
Paye et fiche de paye : dans la province, un employé doit être payé au minimum tous les 15 jours. Un employeur n’est pas obligé de vous verser un salaire annuel. Il peut choisir de vous payer un taux horaire ou à la pièce, selon ce que vous faites. On doit vous donner une fiche de paye indiquant le montant brut, les déductions faites et le montant net. Les cotisations de base -retraite, chômage et impôts- sont automatiquement déduites. Il peut y avoir des déductions supplémentaires si, par exemple, votre employeur ne paye qu’une partie d’une mutuelle santé ou si vous êtes syndiqué. 
 
Congés payés : Le minimum est de 2 semaines. Un employeur n’est pas obligé de donner plus. Il est très facile de prendre des congés sans solde ici, mais comme le nom l’indique, vous ne serez pas payé. 
 
Jours fériés : 10 jours par an. Le 26 Décembre et le Lundi de Pâques ne sont pas des jours fériés dans la province. http://www.statutoryholidays.com/bc.php
 
Journées maladie : il n’y a aucune disposition en Colombie-Britannique sur ce point. C’est au bon vouloir de l’employeur. La plupart donneront 2 ou 3 jours par an. Si vous êtes malade pendant plus de 7 jours consécutifs, vous pouvez demander des prestations maladie à l’assurance-emploi. 
 
Pause-déjeuner : Un employé travaillant 5 heures ou plus a droit à 30 minutes de pause. L’employeur n’est pas tenu de payer la pause. 
 
Heures supplémentaires : Si l’on travaille plus de 8 heures par jour, on doit normalement être payé 1.5 fois notre taux horaire, et 2 fois si la durée excède 12 heures. La plupart des entreprises ici ne payent pas les heures supplémentaires au taux applicable. Soit elles payeront le taux normal, soit elles donneront des congés additionnels. Certaines professions n’ouvrent également pas droit à la rémunération des heures supplémentaires. 
 
Avantages sociaux : Un employeur n’est nullement tenu de fournir une mutuelle privée, ni d’en payer le montant complet  s’il le fait. En fait, un employeur n’est pas obligé de donner de quelconques avantages sociaux, mais rassurez-vous, la plupart le font. Les tickets restaurants n’existent pas ici. 
 
Démission : Un employé n’est pas obligé de donner un préavis dans la province. La bienséance veut que vous donniez un préavis de 2 semaines avant de quitter votre emploi actuel. Selon votre emploi et votre contrat, il est possible que vous deviez donner plus. 
 
Licenciement : Ici, c’est plutôt raide quand cela arrive. On peut globalement vous virez sans motif valable et en moins de 10 minutes. Selon votre ancienneté, vous toucherez des indemnités. Le minimum prévu est de 2 semaines, le maximum de 8. Mais, tout est négociable, selon le motif du licenciement et votre employeur. Si vous pensez être injustement licencié, vous n’aurez pas d’autre choix que de prendre un avocat, car il n’y a pas d’équivalent du Conseil des Prud’hommes. Il y a une Commission du Travail, qui est principalement pour les employés syndiqués. 
 
Par-delà les considérations juridiques, il faudra également vous adapter à des méthodes et relations de travail qui seront probablement très différentes de ce qui se fait dans votre pays d’origine. Il est difficile de faire une description « type », mais ici on n’aime pas les conflits et le politiquement correct a tendance à régner; le savoir-être et l’esprit d’équipe comptent énormément. L’ambiance peut sembler plus détendue, mais les apparences sont parfois trompeuses. 
 
Le mieux, pour démarrer du bon pied, est d’observer et d’écouter attentivement ce qu’il se passe dans l’entreprise avant de commenter ou de porter un jugement. Cela vous évitera précisément de mettre les 2 pieds dans le plat. 
 

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Avoir une voiture -ou non- à Vancouver

Blueberry

Que l’on vienne d’arriver sur Vancouver ou que l’on s’y trouve déjà depuis quelques temps, l’achat –ou non- d’une voiture est une question qui se pose à un moment donné. Dans bon nombre de villes du Canada, une voiture –voire 2- est tout simplement indispensable. Pour l’agglomération Vancouveroise, la réponse n’est pas aussi claire et nette.

Tout dépendra en priorité de votre budget –qui ne sera pas toujours en rapport avec vos aspirations- et votre situation géographique et personnelle. Si vous habitez dans des villes comme Maple Ridge, Coquitlam, Port Coquitlam, Port Moody, Delta ou Langley, il vous faudra malheureusement un véhicule, ces villes étant très mal desservies par les transports en commun. Idem si vous avez des enfants.
 
J’écris « malheureusement » car, ici, posséder une voiture est plutôt onéreux, entre autres tracasseries désagréables. Une récente étude réalisée par BCCAA indique que conduire une voiture de taille moyenne 20 000kms par an peut coûter près de 10 000$. Évidemment, les coûts varieront selon le type de voiture, l’usage, le montant de l’assurance, si vous payez un crédit etc…. Le prix de l’essence ici est l’un des plus élevés du pays et l’assurance et le parking ne sont pas donnés non plus. Une place de parking dans un immeuble résidentiel peut coûter 100$/mois Downtown. Si vous prenez votre voiture pour vous rendre au travail, une place dans un parking souterrain Downtown peut coûter jusqu’à 25$/jour. Les abonnements mensuels ne sont guère plus favorables. Pour l’assurance, dans la province, ICBC a le monopole et régit tout. Un conducteur ayant un bon historique et ayant son permis depuis quelques années payera au minimum 110$/mois! En incluant réparations et maintenance, les frais d’immatriculation, de renouvellement de permis de conduire, de péage et les amendes éventuelles,  vous constaterez que l’addition est salée.

Pour couronner le tout, Vancouver a été nommée la pire ville pour conduire au Canada. Je le crois sans peine. Embouteillages, constructions et travaux incessants peuvent transformer n’importe quel trajet en cauchemar roulant! Bref, il n’est pas certain que dépenser dans le 4 roues soit la meilleure solution. S’il y a une ville où vous pouvez vous passer de voiture au quotidien, c’est bien Vancouver! Le réseau de transports en commun est relativement bien développé et fiable dans les axes North Vancouver- Surrey et Vancouver-Richmond, une majorité de l’agglomération. Comme la météo n’est pas rigoureuse, vous ne mourrez pas d’hypothermie en attendant le bus ou le métro, même s’il pleut. L’abonnement mensuel est également déductible de vos impôts.

Pour faire les courses, transporter des affaires ou vous rendre dans un endroit peu desservi par les transports en commun, 3 coopératives automobiles sont là pour vous assister.
Modo http://www.modo.coop

Zipcar http://www.zipcar.com

Car2go http://www.car2go.com/en/vancouver/

 
Le principe d’une coopérative automobile est d’emprunter une voiture pour un temps donné moyennant une petite participation financière incluant kilométrage, essence et assurance de base. Les 3 sites vous donneront plus d’infos, mais c’est une très bonne option à l’achat d’une voiture. Personnellement, je préfère Modo, ce sont les moins chers, ils sont partout dans l’agglomération et c’est une compagnie Made in Vancouver.
 
La première chose pour devenir membre est d’obtenir un permis de conduire local. Si vous êtes Français, Suisse, Américain, Britannique, ou que vous arrivez d’une autre province Canadienne, votre permis est reconnu et sera échangé contre un permis local. On vous prendra votre permis étranger et on l’enverra au siège social d’ICBC à Victoria. Pour les autres, vous devrez repasser votre permis. Plus d’infos sur le site d’ICBC http://www.icbc.com.
Si vous voulez faire un road trip, il sera plus avantageux de louer une voiture que de passer par la coopérative automobile.
 
Jusqu’à présent, j’ai pu me passer de voiture. Je me suis toujours débrouillée pour vivre à proximité de transports en commun et j’ai toujours eu des emplois auxquels je pouvais me rendre à pied ou en métro, bus etc…Je suis membre de Modo, ce qui me facilite la vie pour les courses ou autre. Il est parfaitement possible de vivre sans voiture à Vancouver! 

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Vancouver, 7 ans plus tard

Blueberry

Je ne suis pas sûre que l’on puisse encore parler de bilan après 7 ans. Si c’était le cas, le mien s’intitulerait « à l’Ouest, rien de nouveau. » Juste la vie quotidienne que je pourrais vivre n’importe où…ou presque.

7 ans déjà que j’atterrissais à Vancouver, où je n’avais jamais mis les pieds auparavant, avec mes 2 valises, mon visa de résident permanent et ma détermination à rester. Tantôt j’ai l’impression que c’était hier, tantôt je me sens à des années-lumière de ce moment. Il faut dire que j’ai parcouru beaucoup de chemin depuis.

La réflexion qui suit se base sur ma seule expérience et représente uniquement ma réalité et mon ressenti. Difficile de résumer sept années en quelques lignes!

Emploi: Le nerf de la guerre, sans lequel rien n’est possible. J’ai toujours travaillé dans mes domaines de compétences -j’en ai quelques-uns-, en relative demande ici. J’ai trouvé mon premier emploi en 6 semaines et globalement, je n’ai pas eu de problèmes pour en changer, sauf au plus fort de la crise début 2009, où je me suis retrouvée en difficulté. J’ai eu l’opportunité de travailler dans des domaines variés où j’ai beaucoup appris. Écris comme cela, c’est prometteur. Mais, si je n’élaborais pas un peu, je ne serai pas très honnête.
Les trois premières années, j’ai pas mal galéré professionnellement, ce qui a résulté en 5 employeurs et du travail en freelance. Les emplois que j’ai occupés étaient bien en dessous de mes capacités et j’ai eu beaucoup de mal à évoluer. Mon activité en freelance n’a pas marché comme je le voulais non plus. Début 2009, je me suis retrouvée « sans rien » et l’avenir s’annonçait incertain.
La bouée de sauvetage est arrivée avec un retour aux études grâce à un appui financier de la Colombie-Britannique. Associé avec l’expérience locale acquise, cela m’a ouvert la voie vers des opportunités bien plus intéressantes. Pourquoi n’ai-je pas fait cela plus tôt, me demanderez-vous? Parce que je n’en avais pas les moyens. Ce qui m’amène au point suivant.

Finances, niveau et coût de la vie : « Il n’y a pas photo », pour moi, c’est au Canada que cela se passe. J’ai toujours gagné plus qu’en France, et ce, dès mon deuxième emploi. Écris comme cela, c’est prometteur aussi. Mais si je n’élaborais pas un peu, je ne serais pas très honnête non plus. En France, je ne partais pas de très haut d’une part, et il faut comparer ce qui est comparable, d’une autre.
Les salaires de mes premiers emplois étaient bien inférieurs aux salaires moyens de Vancouver. Cela m’a pris 4 ans pour obtenir un salaire et des avantages dignes de ce nom. Revers de la médaille, je paye plus d’impôts, car je ne vis pas dans un paradis fiscal!
Pour le niveau de vie, pareil, c’est au Canada que cela se passe, surtout depuis 3 ans que j’ai un salaire en rapport. Je peux me permettre de faire bien plus que de payer les factures….donc je fais bien plus!
Pour le coût de la vie, il ne faut pas se leurrer, tout est cher ici. A bon entendeur….

Amis et social : Je compte autant de Canadiens de souche que d’immigrants parmi mes amis. Oui, des Canadiens de
souche, vous avez bien lu. Mais, évidemment, tout ne s’est pas fait en un jour et j’ai dû sortir de ma zone de confort. Les relations ne sont pas les mêmes ici, ce qui a aussi nécessité une grosse adaptation de ma part.

Mentalité : Difficile de résumer en quelques lignes aussi. 2 traits à noter : un individualisme très développé et un certain côté « tout est possible ». Je préfère m’attarder sur le « tout est possible » que j’apprécie énormément. J’aime le fait de
ne pas être obligée de rentrer dans un moule quelconque et de ne pas avoir à rester dedans non plus.

Famille et France : En 7 ans, j’en ai manqué des réunions de famille, des mariages, des naissances et des enterrements. C’est ce qui arrive quand on choisit d’aller vivre dans un autre pays, sur un autre continent. Ce n’est pas toujours facile à gérer, surtout lors de périodes de moral à zéro, qui sont très rares maintenant. Quand à la France elle-même, elle ne me manque pas plus que cela, mais pas au point de renoncer à ma nationalité Française.

Conclusion : 7 ans plus tard, je ne regrette absolument pas ma décision d’être venue à Vancouver et, par extension, d’avoir quitté la France. Tout n’a pas été facile, mais j’aime beaucoup ma vie ici. J’aime le fait d’avoir des possibilités, même si cela n’est pas automatiquement synonyme de réussite. D’ailleurs, j’aime bien ce mot, possibilité.
Alors non, Le Canada n’est pas la corne d’abondance que l’on vend à tous les coins de rue depuis quelques temps. Énormément de gens idéalisent beaucoup trop le pays. Mais, les opportunités sont réelles, pour peu que l’on arrive à les saisir et que l’on sache faire preuve de patience, parfois quasi infinie. J’aime bien le mot opportunité aussi, tiens. 
Et puis, surtout, j’aime beaucoup le Canada. C’est un pays qui me convient. J’y ai trouvé mon compte. J’espère
prolonger cette aventure Canadienne le plus longtemps possible…..rendez-vous dans 7 ans? 

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Dans ma bulle à Vancouver

Blueberry

On entend beaucoup de choses sur Vancouver, qui sont parfois très négatives ou carrément fausses. Alors oui, c’est vrai que la vie est chère, qu’il n’est pas évident pour tout le monde d’acheter, qu’il y a le Downtown Eastside et tous ses problèmes, que les Jeux Olympiques ont coûté des milliards, que la pluie tape sur les nerfs, surtout quand on arrive au mois de Juillet, et qu’il y a un gros risque de tremblement de terre. 
 
Aujourd’hui, j’ai décidé de me glisser dans ma bulle - rose bonbon pour certains - et écrire que Vancouver c’est aussi : 
 
-    Là où l’océan et la montagne se côtoient. Eh oui, ce n’est pas un mythe. Ici, vous pouvez parfaitement aller skier le matin et vous promenez sur la plage l’après-midi. Ou, en Été, vous pouvez tenter la Grouse Grind et vous rafraîchir dans le Pacifique ensuite, ou vous faire bronzer. 
-    Se perdre dans Stanley Park, à pied ou à bicyclette. Véritable bouffée d’oxygène en plein centre-ville avec vue imprenable sur les montagnes et sur la North Shore. J’adore y aller en Automne, car non seulement il y a moins de touristes, mais c’est un festival de couleurs sur les arbres. 
-    Faire du kayak à Deep Cove (North Vancouver), mon petit paradis personnel. 
-    Se promener sur les rues pavées de Gastown et se croire revenu dans une autre époque. 
-    L’expérience culinaire. Une des belles choses de l’immigration est que les immigrants amènent avec eux leurs recettes de cuisine. En plus des traditionnels plats Mexicains-Japonais-Chinois-Indiens, on peut aussi manger Ethiopien, Bulgare, Jamaïcain, Grecque, Serbe, Thaïlandais, Coréen, Malaysien, Italien, Cubain, Afghan, Népalais, Libanais, Iranien…. De quoi en prendre plein les papilles gustatives. On peut aussi boire bières et vins locaux, sans compter les multiples cafés. 
-    Le multiculturalisme. Ici, on célèbre Noël, Le Nouvel An Chinois, la Saint Patrick et Diwali, entre autres, sans que cela ne dérange grand monde. 40% de la population vient d’ailleurs. Plus de 130 pays sont représentés dans l’agglomération, sans oublier les Premières Nations. Il y a toujours une exposition, une conférence ou un concert consacré à un pays ou à un autre. Cela me fait bien rire quand j’entends dire qu’à Vancouver, il n’y a pas de culture. 
-    Davie Street où les couples homosexuels vivent et s’affichent sans que cela ne dérange grand monde non plus. Les homosexuels ont vraiment des droits au Canada, n’en déplaisent à beaucoup!
-    Le style de vie West Coast. On vit quelque peu sur un fuseau horaire différent ici. On n’est pas pressé et pas trop stressé en général. 
-    La verdure. Toute cette pluie sert à quelque chose. Ici pas mal d’arbres ont des feuilles toute l’année et le gazon est luxuriant. Combiné aux températures douces, le Printemps peut faire son apparition dès mi-Février. Il n’est pas rare de voir pousses et bourgeons à cette période. 
-    Écouter la pluie qui tombe quand j’essaye de m’endormir….dans ma bulle, à Vancouver. 

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Les montagnes Russes de l'immigration

Blueberry

Je lis toujours avec intérêt les bilans des uns et des autres, ici ou ailleurs. A travers tous ces bilans, il est évident que l’immigration n’est pas un long fleuve tranquille. Par delà les démarches administratives et d’installation une fois le visa obtenu, il existe aussi cinq étapes bien distinctes du cycle de l’immigration, étapes qui sont parfois insidieuses, sournoises, lentes ou fulgurantes. Ces cinq stades n’arrivent pas forcément dans un ordre automatique et n’ont pas de durée précise. En revanche, pas mal d’études faites sur le sujet tendant à dire que la boucle prend en moyenne 7 ans pour se boucler. 
 
Tel au parc d’attractions, embarquons sur les montagnes Russes. 
 
1ère étape, montée : lune de miel. A ce stade, tout est merveilleux et parfait dans notre futur pays d’accueil. L’herbe y est plus verte, l’air plus pur, les oiseaux chantent plus juste et l’avenir s’annonce radieux. On ne pense plus qu’à cela au point de saouler notre entourage, qui lui reste derrière, et qui parfois ne comprend pas notre décision. Les délais de plus en longs d’obtention de visa semblent accentuer cette étape. Certains en viennent même à détester leur pays d’origine et se demandent comment ils ont fait pour survivre si longtemps dans cette galère. 
Une fois sur place, un rien suffit pour nous enchanter et toutes les comparaisons sont favorables au nouveau pays. 
 
2ème étape, descente : choc culturel. Eh oui, si l’on pouvait rester en ascension éternellement, nous serions tous sur la Lune. Contrairement à son nom, le choc culturel n’est pas un choc fulgurant qui apparait du jour au lendemain….du moins la plupart du temps. Après l’étape de découverte, les premières difficultés apparaissent. Elles sont de nature très variée et propres à chacun : difficultés pour trouver un emploi, perte de repères socioculturels, incompréhension des comportements ou du mode de vie etc.… Pour ceux qui ont trop idéalisé ou qui ont eu des attentes complètement irréalistes pendant la lune de miel, la descente est trop vertigineuse et le crash, inévitable. On peut assister à certains retours vers le pays d’origine. 
 
3ème étape, montée : adaptation. On pose un regard plus réaliste sur notre nouveau pays. On comprend mieux notre environnement et l’on veut en savoir encore plus. On réévalue nos objectifs et nos attentes. Il ne faut pas crier victoire trop vite, car cette adaptation est superficielle. Notre culture d’origine commence à laisser place à une nouvelle culture. 
 
4ème étape, descente : bataille des cultures, littéralement. La culture du pays d’origine est constamment en conflit avec celle du pays d’accueil. Pour certains, c’est là où le mal du pays sera le plus fort. Plusieurs cas de figure :
-    acculturation : l’immigrant trouve un équilibre entre sa culture d’origine et celle du pays d’accueil. Voie vers l’intégration. 
-    rejet : l’immigrant rejette en bloc la culture du pays d’accueil et refuse de s’intégrer. 
-    déculturation : l’immigrant rejette en bloc la culture de son pays d’origine. 
-    perte identitaire : l’immigrant ne sait plus qui il est. 
 
5ème étape, montée et arrivée : intégration. L’immigrant devient un citoyen à part entière de son pays, sans pour autant oublier ou renier ses origines. Il donne à sa nouvelle société et en reçoit autant. Il évolue et progresse en tant qu’individu, mais fait aussi progresser et évoluer son pays. 
 
Et vous, savez-vous à quel stade vous vous trouvez dans votre parcours d’immigration? 

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Activités hivernales à Vancouver

Blueberry

S’il est vrai que la neige ne tombe que rarement sur Vancouver même, ce n’est pas le cas sur les hauteurs de West Vancouver et North Vancouver. Un des multiples charmes de Vancouver est qu’il n’y a pas besoin de rouler pendant des heures pour pouvoir chausser skis ou raquettes…tout en étant à proximité de l’océan. Pas besoin d’aller à Whistler !

Trois stations de ski sont accessibles en moins d’une heure, selon où l’on habite : Cypress Mountain à West Vancouver, Grouse Mountain et Mount Seymour sur North Vancouver. Si vous n’avez pas de voiture, le bus (Grouse Mountain) ou des navettes (Cypress, Mount Seymour) vous emmèneront sur place. Si vous roulez et que vous n’habitez pas sur West ou North Vancouver, empruntez le deuxième pont « Iron Workers/Second Narrow » plutôt que le pont « Lions’Gate » en sortie du centre-ville. Cela vous évitera de passer des heures dans les embouteillages.
 
Ensuite, quelle station choisir ? Personnellement, je vous conseillerai de faire l’impasse sur Grouse Mountain qui est l’attrape-touristes par excellence. Les prix sont plus élevés qu’ailleurs mais surtout le domaine est très petit et vous en aurez vite fait le tour, que ce soit pour le ski ou pour les raquettes.

Cypress et Mount Seymour se trouvent toutes deux dans des parcs provinciaux, et de ce fait sont plus en harmonie avec le décor naturel. Toutes deux offrent également des vues imprenables, non seulement sur la ville de Vancouver, mais aussi sur des sommets voisins et sur les îles au large de la côte. Quand le temps est clair, c’est assez spectaculaire. Si vous aimez skier, c’est plutôt à Cypress que cela se passe. C’est là qu’il y a le plus de pistes. Si vous préférez les randonnées en raquettes, c’est à Mount Seymour qu’il faut aller. Parallèlement à la station, le parc a ses propres chemins dont l’accès est gratuit.

Les trois stations sont ouvertes jusqu'à 22 heures, permettant aux Vancouverois d’aller au skier après le travail. Cela coûte aussi moins cher de prendre un forfait après 17 heures.
 
Si vous avez besoin de louer du matériel, il vaut mieux le faire sur Vancouver. Vous économiserez jusqu'à 50%chez MEC. http://www.mec.ca/AST/ContentPrimary/Services/Stores/Vancouver/Services.jsp#rentals

Si vous ne faites pas de ski ou de raquettes, vous pourrez toujours faire de la luge ou profiter des autres activités offertes par les stations. Il se passe toujours quelque chose sur les hauteurs de Vancouver !

http://www.grousemountain.com/

http://cypressmountain.com/

http://www.mountseymour.com/home

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Question de choix

Blueberry

Je ne sais pas si c’est la grisaille persistante de l’Hiver ou l’approche des 7 ans au Canada, mais me voici à nouveau en pleine introspection, remplie d’interrogations. Sauf que, cette fois,ce n’est pas lié à mon immigration. Je dois dire que je ne me considère plus comme une immigrante, mais comme une Franco-Canadienne vivant à Vancouver, entre autres.

Bien sûr le fait d’avoir immigré au Canada reste un évènement important de ma vie, mais cela ne résume en aucun cas ma vie entière, ni mon identité. En fait, je trouve très réducteur de résumer une personne à un seul statut d’immigrant. Et c’est bien souvent ce qui arrive, malheureusement. Un certain nombre de gens ne l’entendra pas de cette oreille,mais pour moi, la boucle de l’immigration Canadienne est bouclée, avec tous les hauts et les bas allant avec.

Je me suis longtemps retrouvée entre deux chaises, tiraillée entre le Canada et la France, pensant que je devais choisir entre les deux. Graduellement, je me suis rendue compte que mon choix avait été fait bien avant que j’arrive au Canada, il y a exactement 10 ans de cela, en 2003, quand j’ai commencé les démarches d’obtention de résidence permanente. 10 ans plus tard, par-delà le simple endroit où je me trouve, le Canada est l’endroit où je veux vraiment être. Cela fait du bien d’être enfin assise!

J’ai choisi de ne pas immigrer « en tribu ». Un choix peut-être courageux, peut-être égoïste mais qui s’est avéré être le meilleur par rapport à ma situation. Je pense beaucoup à mes parents, et oui ils vieillissent, mais leur place est belle et bien « là-bas » et non « ici ». J’ai aussi choisi de ne pas rester « entre Français ». C’est fou ce que l'on a pu me demander, au début, pourquoi, en tant que Française, je n’étais pas à Montréal ou ailleurs au Québec. Comme si ma nationalité et ma langue maternelle devaient automatiquement dicter mon lieu de résidence, comme si je n’avais pas mon mot à dire, comme si je n’avais pas le choix en somme!

Pourtant, nous avons tous choisi de venir au Canada, y compris les gens ayant fui un pays en guerre ou en proie à la dictature, même si ce n’était pas forcément ce dont ils avaient rêvé, j’en conviens. Et avec le choix que nous avons fait vient une cohorte de conséquences qu’il faut assumer à un moment ou un autre.

Aujourd’hui, mes interrogations portent sur le fait de continuer, ou non, à Vancouver. Après presque 7 ans dans cette ville, j’ai envie d’autre chose….du moins c’est le sentiment que j’ai. Disons que j’aime beaucoup la ville en général, mais je n’y ai pas forcément trouvé tout ce que je cherchais. Je me doute bien qu’aucun endroit n’est parfait et ne m’apportera tout ce que je veux, mais il y a un ou 2 points qui ne sont pas négociables pour moi. Je précise que si je pars, ce sera pour aller ailleurs au Canada. Je ne me vois pas vivre dans un autre pays pour le moment.

Affaire à suivre, mais tout comme j’ai choisi d’aller à Vancouver, je choisirai d’en partir…ou non! 

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Location de logement à Vancouver

Blueberry

Une des premières choses dont il faut s'occuper en arrivant est de mettre un toit sur sa tête. Comme vous le savez peut-être, il est très cher d'acheter sur Vancouver. Je parlerai donc de location. Louer est également cher ici, plus que dans beaucoup de villes et il n'est pas rare de voir des gens passer la moitié de leur salaire dans le loyer. Cela signifie-t-il qu'il faille s'installer au milieu de nulle part ou dans une cage à lapins? Certainement pas!
 
Le but de ce billet n'est pas de passer en revue les différents quartiers de l'agglomération Vancouveroise et leur prix, mais plutôt de parler des règles générales entourant une location. Néanmoins, si vous ne voulez pas tout dépenser  en loyer, je vous conseillerai tout simplement de sortir de Vancouver et d'aller voir sur des villes comme North Vancouver, Burnaby, New Westminster.votre porte-monnaie s'en portera un peu mieux et les appartements sont en général en meilleur état et plus grands. Bien sûr, si vous avez les moyens de louer à Yaletown, Downtown ou Kitsilano et que ces quartiers vous plaisent, ne vous privez pas! Vous pouvez aussi tenter de louer dans une coopérative de logements, mais les listes d'attente sont très, très longues. Plus d'infos sur ce site : http://www.chf.bc.ca.
 
Pour commencer, visitez toujours l'appartement avant de le louer. Je ne recommande pas de louer à distance, car il y a beaucoup d'arnaques, et si vous ne connaissez pas bien la ville, vous pourriez vous retrouver coincé dans un endroit qui n'est pas pratique pour vous ou qui craint. Dans une location ou une colocation, il y a 2 types de bail : bail « fermé » à 1 an one-year lease- ou bail ouvert au mois month to month tenancy-. Dans un bail « fermé », vous êtes en principe engagé pour un an. Si vous voulez partir avant, vous devrez trouver quelqu'un pour reprendre votre bail, sinon votre bailleur  peut vous demander de payer des frais supplémentaires. Au terme du bail, vous pouvez soit déménager ou re-signer pour un an. Avec un bail ouvert, vous partez quand vous voulez, mais vous devez donner un mois de préavis.
 
Ici, vous aurez affaire à 3 types de bailleurs : les agences immobilières, les sociétés de gestion de logements et les propriétaires individuels. Assurez-vous de signer un bail en bonne et due forme. Si vous ne signez pas de bail, vous ne serez pas protégé par le BC Tenancy Act qui regroupe toutes les lois sur la location de logement dans la province. Les agences immobilières sont en général les plus pointilleuses. Il faudra montrer « patte blanche » : avoir références, emploi et bon historique de crédit. En tant que nouvel arrivant, il vaut mieux vous adresser à une société de gestion de logements ou à un propriétaire individuel, qui seront un peu moins regardant sur le fait que vous ne travaillez pas encore et qui ne feront pas systématiquement un historique de crédit.
 
Au niveau de ce qui est demandé pour louer, il vaudrait mieux parler de ce que l'on ne peut pas vous demander en fait! De par le BC Tenancy Act, on ne peut vous demander de garant, ni de payer des loyers d'avance, ni avis d'imposition, ni fiches de paye. Quand on vient de France, louer ici est un régal! Par contre, on peut vous demander combien vous gagnez, le nom et le numéro de téléphone de votre employeur, des références, et votre permission pour faire un historique de crédit. Si vous venez juste d'arriver, expliquez votre situation et présentez un relevé bancaire démontrant que vous pouvez payer. En théorie, on ne peut pas vous refuser un logement sur le seul motif que vous ne travaillez pas. Dans la pratique, cela arrive mais on ne vous le dira pas de cette manière. Tout dépend du bailleur que vous avez en face de vous. Faire une bonne impression et inspirer confiance ne peut que vous aider!
 
Au niveau du loyer, demandez toujours ce qu'il inclut. La majorité des loyers ici comprend l'eau et le chauffage. Certains loyers peuvent aussi inclure une place de parking ou l'électricité ou l'accès à la piscine ou la salle de gym. Tout dépend du bailleur et du bâtiment. Il vaut mieux un loyer qui inclut le chauffage sinon vous allez payer une fortune en électricité pendant l'Hiver.
 
Au moment de signer le bail, le bailleur doit le parcourir avec vous. Ici les baux ne font pas 50 pages, donc il n'y en a pas pour longtemps. Prenez le temps de tout lire et de tout comprendre. Au niveau caution, elle est égale à un demi-mois de loyer et n'est pas pour un impayé éventuel. La caution sert en cas de dégâts et nettoyage. Si vous avez un animal, vous devrez verser une caution séparée, en cas de dégâts causés par votre animal. Il n'est cependant pas évident de trouver de logement acceptant les animaux sur Vancouver. Si vous emménagez dans un bâtiment en copropriété -Strata-, vous devrez probablement payer des frais d'emménagement et de déménagement dont le montant est décidé par le syndic. On na pas le droit de vous demander d'autres frais, comme des frais administratifs ou des frais d'agence. Si vous louez en coopérative, on vous demandera de payer une part, et non une caution.
 
Au  moment de la remise des clés, un état des lieux est obligatoire et doit être signé par les 2 parties. Si vous voyez quelque chose qui cloche faite-le inscrire et demandez à ce que cela soit réparé. Ici, les réparations sont la responsabilité du propriétaire. Il n'y a également pas de taxe d'habitation à Vancouver. Si vous vous retrouvez en litige avec votre propriétaire, vous pouvez déposer une plainte auprès de la Residential Tenancy Branch, une commission chargée des relations entre locataires et propriétaires. Un propriétaire peut également saisir la commission. Dans tous les cas, n'arrêtez pas de payer votre loyer même si vous êtes en litige. Cela pourrait jouer en votre défaveur. Si vous ne payez pas votre loyer, vous pouvez être expulsé en 15 jours ici.
 
Un dernier mot sur la différence entre colocation et sous-location sublet-, qui peut être utile pour les Pvtistes. En gros, en colocation, votre nom est sur le bail, en sous-location il ny est pas. Si vous êtes en sous-location, vous nêtes pas protégé par le BC Tenancy Act. En sous-location, vous payez votre loyer au loueur de lappartement au lieu du propriétaire. Demandez à voir le bail original pour vous assurer que la sous-location du logement est permise, d'une part, mais surtout que l'on ne vous fasse pas payer l'intégralité du loyer d'une autre.
 
Bonnes recherches! 

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Recherche d'un premier emploi à Vancouver (2ème partie)

Blueberry

Maintenant que vous êtes armés de CV aux normes locales et de cartes de contact,  il est temps de commencer la recherche à proprement dite. On dit souvent que la recherche d’emploi est en soi un travail à temps plein. C’est vrai. Le marché de l’emploi sur Vancouver est très compétitif. Beaucoup de gens sont très qualifiés et expérimentés et la concurrence peut être rude sur certains postes.  Ce qui ne signifie pas qu’il est impossible de trouver chaussure à son pied. Patience, détermination et surtout une bonne attitude sont les mots-clés.
 
Comme 100% des chercheurs d’emploi dans la ville, vous pouvez éplucher les petites annonces dans les journaux et parcourir des sites comme Craigslist ou Workopolis, mais si vous ne faites que cela, votre recherche risque de durer fort longtemps, selon votre domaine. En effet, 80% des offres d’emploi ne sont pas publiées sur les canaux classiques cités ci-dessus. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas publiées ailleurs. Internet est très utile pour votre recherche. La plupart des entreprises mettent leurs offres sur leurs propres sites avant d’aller sur Craigslist ou autres.
 
Ciblez les entreprises dans votre domaine et visitez leurs sites. Certaines n’auront pas d’offre disponible mais vous donneront la possibilité de laisser votre CV. Faite-le. Il n’y a pas de poste en Mars, mais il pourrait y en avoir un en Juin. Si vous n’apparaissez pas dans la base de données, on ne risque pas de vous contacter! Vous n’oublierez pas de mettre votre profil à jour, si besoin est. Regarder le site d’une société vous permet aussi de prendre quelques infos et noms. Voyez s’il n’y a pas une de vos connaissances qui justement connaîtrait quelqu’un dans les entreprises que vous avez ciblées. Être référé aide grandement.
 
Oui, le fameux réseautage que l’on a un peu tendance à présenter comme LA solution-miracle. La vérité est que quand on vient juste d’arriver dans un nouveau pays, on a peu ou pas de réseau. Reconstruire son réseau ne se fait pas en un jour. Il pourra parfois  s’écouler du temps avant que l’on vous fasse signe pour un emploi potentiel. Quelques idées:
Joindre l’association professionnelle -officielle ou non -de votre industrie. Si votre profession est règlementée, ce sera le passage obligé. Les associations professionnelles ont aussi leurs propres offres d’emploi et organisent 5 à 7 et foires de l’emploi.
Avoir un profil LinkedIn et réseauter sur leur site. Faite jouer le réseau de vos contacts. Bien souvent, c’est plutôt « l’ami d’un ami » qui va vous référer.
Joindre des groupes sur http://www.meetup.com , pas seulement sur le niveau professionnel mais aussi dans des domaines qui vous intéressent personnellement.
Assister à un 5 à 7 organisé par http://www.networkinginvan.com, pas forcément dans votre domaine, et ce n’est pas un problème.
Faire du bénévolat : ici c’est presque une seconde nature et n’est pas mal vu, bien au contraire. Cela vous permettra de mettre un début d’expérience locale sur votre CV et de donner une référence, aussi locale.
Prendre un cours : sans reprendre un cursus complet, prendre un cours en rapport avec votre métier pourra aider votre CV. Les employeurs ici peuvent être conservateurs devant un candidat n’affichant que des expériences et références étrangères.

Le but est de rencontrer des gens et de faire du bouche à oreille. Ces personnes ne travailleront probablement pas toutes dans votre domaine, mais pourront peut-être vous orienter vers la bonne personne. Pour cela, vous l’aurez compris, il faut sortir de chez vous, même quand il pleut à torrents. Il faudra aussi garder contact. Ici, on préfère un contact personnalisé plutôt que par voie électronique.
 
D’ailleurs, si vous voulez travailler dans la restauration ou dans un commerce quelconque, le mieux est d’aller postuler en personne. De grâce, ne vous présentez pas en jeans et en chaussures de sport! Sans mettre la tenue des grands jours, vous voulez être pris au sérieux. Il est probable que l’on vous fasse passer un entretien sur le champ. Soyez préparé.
 
Et les agences de placement dans tout cela? A moins de travailler dans la construction ou dans une usine, c’est plus une perte de temps qu’autre chose. Ici, les agences ne sont pas encadrées et poussent comme des champignons. Leur but premier est de mettre votre CV dans leurs bases de données, et ensuite il n’y a aucun suivi. Vous pouvez tenter le coup, mais sans y passer des journées entières.
 
Rechercher un emploi est aussi une organisation administrative. Gardez une copie de toutes les offres auxquelles vous avez postulées, faites une liste des entreprises que vous avez contactées, des profils que vous avez créés; si on vous donne une carte d’affaires, notez quand et où vous avez rencontré cette personne. Tout cela vous évitera d’avoir l’air niais quand on vous appellera pour un entretien.
 
La recherche d’emploi ne sera pas toujours une promenade de santé, mais ne lâchez pas l’affaire même quand la tentation est grande. Votre attitude comptera autant que toutes les démarches accomplies. 

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Fête de Noël au travail et ailleurs

Blueberry

La fin de l’année approchant à grands pas, Décembre est un mois très festif et social au Canada. Toutes les villes se parent de mille et une lumières et décorations et les traditionnelles « Christmas parties » se multiplient. Je m’apprête à passer mon deuxième Noël à Vancouver et mon calendrier est déjà bien rempli d’invitations en tout genre. Ici, pas mal de sociétés ferment entre Noël et le Jour de l’An. Les gens en profitent donc pour faire tout ce qu’ils n’ont pas eu le temps de faire jusqu'à présent et passent du temps avec leur famille et amis.
 
Il est aussi très courant pour les entreprises d’organiser soit un lunch soit une soirée de Noël, voire les 2. C’est une bonne occasion de se détendre et de mieux connaître les collègues. Pourtant, quand on vient juste d’arriver et que l’on ne connait pas encore tous les codes sociaux et culturels, une activité en apparence innocente pour se retrouver quelque peu piégeuse. Quelques conseils pour en profiter au mieux, dont certains peuvent aussi s’appliquer pour le bénévolat ou avec vos amis.
 
1.      Aux activités de Noël de l’entreprise tu participeras : bien que l’on ne vous le dise pas, votre présence est requise et obligatoire. Votre absence risque de faire mauvaise impression.  
2.      Avant d’amener quelqu’un tu te renseigneras : bien souvent, les conjoint(e)s sont les bienvenus. Parfois, le lunch ou la soirée ne sont que pour les employés. Ne vous sentez pas obligé de venir à tout prix avec quelqu’un d’ailleurs. Le comportement de cette personne sera associé à vous. Il vaut donc mieux venir seul(e) que mal accompagné(e). 
3.      De boire trop d’alcool tu éviteras : l’abus d’alcool vous fera dire et faire n’importe quoi. Autant vos amis vous pardonneront plus facilement vos écarts de conduite, au travail ou dans une activité bénévole, ce ne sera pas sans conséquences. N’oubliez pas que même si vous êtes dans une atmosphère plus décontractée, vos responsables vous regardent. Si vous ne supportez pas l’alcool, abstenez-vous, et encore plus si vous devez conduire pour rentrer chez vous. On ne vous en tiendra pas rigueur !
4.      De t’empiffrer tu éviteras aussi : vous ne voulez pas être étiqueté comme le goinfre de service. Ne vous précipitez pas sur le buffet ou sur la corbeille de pain sitôt arrivé. Ne commandez pas les plats les plus chers au restaurant ou ne faites pas 25 passages au buffet.
5.      Une tenue appropriée tu porteras, et tes vêtements sur toi tu garderas : Parce que c’est Noël, ne vous sentez pas obligé de venir déguisé en Père Noël. Ne vous présentez pas en jeans et en chaussures de sport non plus. Sous l’effet de trop d’alcool, vous pourriez être tenté(e) de vous effeuiller. Encore une fois, votre patron vous regarde !
6.      De travail et d’argent tu ne parleras pas : montrez que vous vous intéressez à autre chose que votre boulot. Ce n’est également ni le lieu ni le moment pour parler de votre augmentation de salaire ou du bonus de fin d’année –ou de l’absence de-.
7.      Tes comptes tu ne règleras point ; ta flamme tu ne déclareras point non plus : là aussi, ce n’est ni l’endroit ni le moment pour dire vos 4 vérités au Comptable ou à la Réceptionniste que vous détestez. Vous trouvez au contraire la Réceptionniste jolie et elle vous plait ? Ne dite rien non plus ! La soirée de Noël est une extension du travail, et l’employeur se doit de protéger ses employés de toute forme perçue de harcèlement.
8.      Avec tout le monde tu parleras : la soirée d’entreprise est une bonne occasion de réseauter et de parler avec les collègues que vous ne connaissez pas très bien. Ne restez pas dans votre coin ! N’oubliez pas les conjoint(e)s et votre hiérarchie non plus.
9.      La bienséance tu te rappelleras : ne parlez pas la bouche pleine, surveillez votre langage, soyez poli etc…etc…Je le répète encore, vous êtes observé !
10.  Tes hôtes tu remercieras en partant : la plupart du temps, l’entreprise paiera pour les activités de Noël, qui peuvent coûter très chères. Remerciez vos responsables, simple question de politesse. Et si la nourriture et la soirée n’ont pas été à la hauteur, gardez vos commentaires pour vous !
 
Bonnes Fêtes de fin d’année à tous ! 

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Recherche d’un premier emploi à Vancouver (1ere partie)

Blueberry

Vaste et important sujet qu’est la recherche d’emploi pour tout nouvel arrivant, où qu’il se trouve. Le nerf de la guerre pour faire court. Il faudra un peu plus qu’un CV et une lettre de motivations mises aux normes locales, certes un bon début. Il faut toujours commencer par le commencement, n’est-ce pas? Je commencerai d’abord par quelques considérations d’ordre général.

L’erreur première que font beaucoup de nouveaux émigrants est de penser qu’ils vont rapidement trouver un travail au même niveau et au même salaire que ce qu’ils avaient dans leur pays d’origine. La courte réponse à cela est : probablement pas. Bien sûr, il y aura toujours quelqu’un qui aura trouvé l’emploi parfait du premier coup, mais ce n’est pas légion. Ce qui ne signifie pas qu’il va falloir forcément passer par la case « livreur de pizzas » non plus. Je reviens sur ce point plus tard.

Le deuxième piège est de sous-estimer son niveau d’Anglais. Dois-je rappeler que l’Anglais est la seule langue officielle de la province, et que tout se fait dans cette langue? A en croire certains –qui n’ont probablement jamais mis les pieds à Vancouver- il vaut mieux parler Mandarin ou Cantonnais pour trouver un emploi et vivre ici. Parler le Chinois vous sera aussi utile ici qu’à Tombouctou, tout simplement parce qu’il y a déjà toute la main d’œuvre native sur place.

Pour en revenir à l’Anglais, votre niveau dictera le type d’emploi auquel vous pourrez prétendre. Plus il sera bas et moins vous pourrez trouver quelque chose d’intéressant. Donc, évaluez honnêtement votre niveau d’Anglais et partez de là, bien avant de regarder votre expérience et vos diplômes étrangers! Et en passant, un employeur potentiel n’aura aucune difficulté à déterminer votre niveau en entretien d’embauche.

Si votre niveau est vraiment trop bas, faîtes tout ce qui est possible pour parler tout le temps Anglais. Prenez des cours au besoin. Côté travail, vous devrez prendre ce qui se présente, en général de « l’alimentaire » payé au salaire minimum ou à peine mieux : plongeur, livreur de pizzas, caissier de supermarché….Dure réalité, mais ici il faut vraiment parler Anglais si vous voulez faire quelque chose d’intéressant professionnellement!

Pour ceux ayant un meilleur niveau, ce n’est pas pour autant que vous pourrez faire la fine bouche. Pour en revenir au premier point, avant de retrouver votre ancien niveau, il faudra faire vos preuves. Tout ce qui n’est pas Canadien n’est globalement pas reconnu ici. Visez dans votre domaine, mais un ou deux échelons plus bas que ce que vous faisiez dans votre pays d’origine. Par exemple, en France j’étais sur des emplois type assistante de direction, ici j’ai commencé comme réceptionniste. Si cela ne marche pas dans votre domaine premier, voyez si vos compétences sont transférables dans un autre domaine. Ayez un plan A et un plan B, voire un plan C.

Le but est de rentrer sur le marché du travail dans un délai raisonnable et de mettre la fameuse expérience locale sur votre CV. Par-delà le début de l’intégration, il y a aussi une autre raison limpide pour laquelle il faut travailler: le coût de la vie très élevé ici. Il y a souvent de la désinformation à ce sujet, notamment pour les compatriotes Français. A Vancouver, presque tout est plus cher, et encore plus quand on vit sur des économies.

Si l’on vous propose un premier emploi dans votre domaine, mais à un niveau et salaire inférieurs à ce que vous espériez, acceptez! Vous n’êtes nullement obligé d’y rester toute votre vie. Vous cherchez et ne trouvez pas pour diverses raisons? Revoyez vos options. Soit vous tapez dans « l’alimentaire » tout en cherchant mieux, ou vous tentez votre chance ailleurs. Mais n’attendez pas d’être au bord du précipice financièrement!

Ce qui m’amène à la troisième erreur. Beaucoup s’entêtent à ne chercher que sur Vancouver et notamment au centre-ville. Ici, tout le monde veut travailler -et vivre- au centre-ville. En tant que nouvel arrivant, vous allez être en concurrence avec tous les citoyens Canadiens, les autres résidents permanents, les étudiants et les pvtistes de toute l’agglomération. Autant dire que cela fait beaucoup de monde pour un petit centre-ville!
Il ne faut pas hésiter à sortir de Vancouver et regarder dans des villes comme Burnaby, New Westminster, Surrey, Delta, Langley….etc. Parfois, il faudra même sortir de la région Vancouveroise et aller sur une ville différente. Rien ne vous empêche de revenir sur Vancouver plus tard.

Dans la recherche du premier emploi, il faudra souvent faire des concessions, ce qui n’est pas toujours facile, j’en conviens. Mais si vous ne prenez pas un peu sur vous les premiers temps, le « retour aux sources » risque d’être rapide. La suite au prochain billet…..

Tags : Canada anglophoneEmploi

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A, B, C des démarches d’immigration

Blueberry

Je lis, et reçois de plus en plus de messages, sur ce forum de gens qui se disent prêts à changer de vie, mais dont les questions laissent plutôt penser le contraire. Au début, j’admets avoir bien ri devant certaines interventions, comme celle de membres annonçant avec aplomb qu’ils émigraient dans 6 mois….alors qu’ils n’avaient même pas leur CSQ, ni offre d’emploi; comble, ces mêmes personnes -et beaucoup d’autres-étaient persuadées que le CSQ était suffisant pour immigrer; Et ceux qui pensent qu’avec un PVT, on peut facilement embrayer sur une RP, que c’est « l’affaire de quelques jours »; et puis que si cela ne marche pas, ils feront renouveler leur PVT.

Au bout d’un moment, la perplexité a remplacé le rire devant la multiplication de ce même type de commentaires. Je sais que le forum est un lieu d’entraide et de partage, mais avant d’arriver en disant « je veux émigrer au Canada, comment je fais pour obtenir ma Green Card? » il y a quelques petites choses très simples que vous pouvez faire avant et qui répondront probablement à votre question initiale. Cela vous évitera aussi de sortir des perles comme celles citées plus haut.

A - Commencer par le commencement : se renseigner de manière pro-active sur les démarches à accomplir pour obtenir un visa. A ce stade, le permis de conduire local et les courses au supermarché sont les derniers de vos soucis!

Non, vous ne pouvez pas juste débarquer au Canada et les forumistes ne peuvent pas tout faire pour vous non plus. Informez-vous d’abord sur des sites officiels comme http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/ ou http://www.cic.gc.ca/ De grâce ne vous basez pas sur des articles de journaux ou sur des émissions de télé pour déterminer votre éligibilité. Seuls les services officiels ont l’autorité en la matière. Prenez votre temps et lisez tout, même les petites lignes, surtout les petites lignes en fait. Vous trouverez aussi beaucoup d’infos sur les autres sections de ce site. Vous avez trouvé un programme auquel vous êtes éligibles et vous pouvez faire une demande? Passez au point B.
Pour les autres, ce n’est pas la peine de vous acharner. Si vous n’avez pas le profil, pas d’offre d’emploi validée, si les quotas sont atteints, vous ne pouvez rien faire. Immigrer ou partir temporairement est devenu beaucoup plus difficile car le Canada a une politique d’immigration choisie et impose des tas de conditions. Soit vous attendez de nouveaux quotas, soit vous essayez d’avoir le profil pour faire une demande, ou vous passez à autre chose.

B- Suivre les instructions à la lettre et affiner son projet.

Là encore, prenez votre temps et lisez attentivement tous les formulaires, y compris les petites lignes. Si on vous demande des copies certifiées conformes de vos diplômes, faîte-le. Si on vous demande de signer telle page, faîte-le aussi. Regardez bien où envoyer la demande et assurez-vous d’avoir joint tous les documents requis, sans exception. Si vous avez un doute, demandez de l’aide. Si le doute persiste, contactez l’ambassade ou le bureau auquel vous devez faire votre demande, c’est la meilleure solution. Une fois le dossier envoyé, continuez d’affiner votre projet.
Dire que vous voulez immigrer pour les grands espaces et la gentillesse des gens, c’est bien, mais ne vous fera pas vivre. Sur le forum, il y aura toujours des membres qui auront eu un projet similaire au vôtre et qui partageront leurs expériences. Parfois, on ne vous dira pas ce que vous voulez entendre. Et non, ce n’est pas forcément pour vous décourager ou vous faire renoncer, mais pour vous donner une vision de la réalité sur place et peut-être vous éviter certaines erreurs. Comme pour tout, faites vos propres recherches et ne vous basez pas uniquement sur ce que l’on vous dira.

C- Patienter, vivre et profiter.

A moins de partir en PVT ou d’avoir une offre d’emploi validée, il n’y a pas de « vite » ou de « plus vite possible » dans les procédures administratives. La patience est le mot d’ordre dans un projet d’immigration. Elle sera souvent testée et mise à rude épreuve, bien au-delà de l’attente du visa. Obtenir un visa RP peut être très long, mais reste le plus facile, n’en déplaise à beaucoup. J’admets aussi sourire en lisant des commentaires type « obtenir le CSQ a été l’étape la plus stressante de toute ma vie »…. .Bref, relativisez! Ne vivez pas que pour l’arrivée du courrier. N’appelez pas l’ambassade 15 fois pour savoir où en est votre dossier. Utilisez ce temps d’attente pour préparer le meilleur départ possible et régler vos affaires. Et surtout profitez de vos proches. Une fois parti, vous ne les verrez plus aussi souvent, et en plus de la distance géographique il faudra aussi gérer l’abîme du temps qui passe.

Bonne chance à tous ceux qui sont en pleines démarches!

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Faut-il émigrer à Vancouver….ou au Canada en général?

Blueberry

Cette question semble toujours faire grand débat. Je l’écris de suite, il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Décider d’immigrer, puis choisir sa destination en tant nouvel arrivant est très personnel.

Ayant fait le grand saut à Vancouver en 2006, je reçois des messages de gens me demandant des infos et des conseils pour venir ici. Au fil des ans, j’ai été contactée par des personnes ayant des profils et des parcours très variés : célibataires, couples, familles, entrepreneurs, dans la cinquantaine etc…etc. Leur seul point commun était d’avoir une bonne situation dans leur pays d’origine : emploi stable et bien payé, plein d’avantages sociaux, propriétaires…etc…

J’admets qu’au départ j’ai été un peu surprise de voir que ces personnes voulaient quitter tout cela pour venir au Canada, et plus précisément en Colombie-Britannique. Ma perception était largement basée sur mon propre profil de l’époque : célibataire, dans la vingtaine, habitant toujours chez Papa-Maman, alternant CDD et périodes de chômage, ces dernières devenant de plus en plus longues. Pour moi, en venant au Canada, je me disais que ma situation ne pouvait pas être pire, parce qu’en France, je n’avais « presque rien ».

J’ai donc décidé de creuser un peu la question, parce que justement on entend souvent que si l’on a une bonne situation, des enfants, que l'on est propriétaire, que l’on a passé un certain âge, que l’on n’aime pas le froid, il vaut mieux ne pas tenter l’aventure.

Toutes ces raisons sont avant tout des circonstances. La bonne situation peut se perdre, inévitablement, les enfants grandissent et nous franchirons tous le cap de la quarantaine et de la cinquantaine à un moment donné. Certes, il ne faut pas négliger tous ces aspects, mais il y en a d’autres, peut-être plus importants, à prendre aussi en compte.
Si vous êtes dans l’un des cas ci-dessous, il vaudrait peut-être mieux réfléchir un peu plus à votre projet, que vous vouliez aller à Vancouver ou ailleurs :

- Vous n’envisagez pas d’être confronté aux difficultés communes à tout nouvel arrivant : quasi non-reconnaissance de l’expérience professionnelle et des diplômes étrangers ; un certain conservatisme des employeurs locaux ; éloignement familial ; ajustement culturel. Non, cela ne s’applique pas qu’aux autres !
- Vous n’êtes pas prêt à faire preuve de flexibilité et de patience et à faire certains compromis, voire même des changements majeurs. Certaines choses prendront plus de temps et ne se passeront pas toujours comme on le souhaiterait non plus.
- Vous n’imaginez pas faire autre chose que ce que vous faisiez dans votre pays d’origine : c’est un peu la somme des deux points précédents. Faire autre chose n’est pas forcément mauvais et ne signifie pas occuper un sous-emploi jusqu'à la fin de ses jours.
- Vous voulez vivre exactement de la même manière que dans votre pays d’origine.
- Vous ne pensez pas que le Canada pourrait ne pas vous plaire, et que votre projet pourrait ne pas marcher. Ce n’est pas faire preuve d’un état d’esprit « perdant » ou négatif de penser cela. C’est plutôt faire preuve de maturité.

Et si vous voulez venir à Vancouver, j’ajouterai les deux points suivants :
- Vous ne parlez pas Anglais et pensez devenir parfaitement bilingue en quelques semaines sur place. Le bilinguisme au vrai sens du terme prend des années. Au travail, il faut vous y mettre avant d’arriver ! Sinon, vous êtes condamnés aux jobines perpétuelles.
- Les économies dont vous disposez ne vous permettront pas de vivre pendant 6 mois sans travailler. Vancouver est l’une des villes les plus chères du pays. Tout est coûteux, surtout sans rentrée d’argent. Pour ce qui est de l’emploi, si vous prenez le premier boulot qui se présente, cela ne prendra pas trop de temps. Mais si vous voulez quelque chose de plus intéressant, il est plus prudent de viser 6 mois. La Colombie-Britannique n’est pas le nouvel Eldorado et les employeurs ne sont pas toujours pressés lorsqu’ils recrutent.

Bonne réflexion !

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6 ans à Vancouver et retour....sur le site

Blueberry

Après 2 ans plus ou moins loin du site, me voici de retour. Qu'ai-je fait pendant 2 ans ? J'ai vécu, tout simplement. Oui, cela semble un peu une évidence, mais la plupart comprendra le double sens de cette phrase.

2 ans au calme m'ont permis de prendre plus de recul et d'avoir plus de perspective sur les premières années de mon parcours ici. Quand je relis mes précédents billets, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont « montagnes Russes » et « décalage ». Et franchement, je suis soulagée de ne plus ressentir cela.

Il aura bien fallu 4 ans pour que le tourbillon s'arrête. Plusieurs facteurs ont contribué à ce retour à la normale, le plus important étant la stabilité professionnelle et financière. Dans mon dernier billet datant de 2010, j'indiquais que je venais juste de trouver un emploi relativement bien payé comme Comptable dans une société au Centre-ville de Vancouver. Cet emploi m'aura beaucoup aidé à éliminer les « montagnes Russes » dans ma vie pendant les 2 ans où je l'ai occupé. Non seulement j'ai acquis une expérience professionnelle intéressante et utile, mais j'ai pu mener une vie confortable sur tous les points. Enfin, je n'avais plus à m'inquiéter de savoir comment j'allais payer mes factures, mais je pouvais aussi me faire plaisir et mettre de l'argent de côté.

Socialement, tout se passe bien. J'ai toujours le même cercle d'amis proches et ai rencontré de nouvelles personnes aussi. Je me rends compte que l'aspect amical est ce qui a été le moins chaotique dans mon parcours, bien qu'ayant été un peu lent à démarrer.

En 2011, j'obtiens enfin mon permis de conduire local. Un bel exemple de procrastination ! J'ai attendu 5 ans pour un accord entre la France et la Colombie-Britannique sur la reconnaissance du permis Français. J'ai échangé ce dernier en 10 minutes, sitôt l'accord signé. Cette anecdote a bien fait rire bon nombre de mes connaissances. Je suis restée 5 ans sans voiture, et cela ne m'a nullement empêchée de faire quoi que cela soit. Un des avantages de Vancouver est que la voiture n'est pas indispensable.

2011 est aussi l'année d'obtention de la nationalité Canadienne. Cela m'a aidé à me sentir moins en décalage. Je peux maintenant voter, donc m'impliquer un peu plus dans la vie politique du pays, qui d'une manière ou d'une autre a un impact sur ma vie personnelle. J'ai constaté que le fait de dire que j'étais Canadienne coupait aussi court à pas mal de questions agaçantes, de mon point de vue. C'est juste mon expérience. Ce fait m'a aussi aidé à trouver un meilleur équilibre avec mes racines Françaises. Je n'ai pas à choisir entre être Française ou être Canadienne. Je suis les deux ! Je ne suis pas retournée en France pendant 3 ans, après mon dernier passage à Noël 2008. En 2009, j'étais étudiante sans-le-sou et les vacances n'étaient pas une option. En 2010, j'ai décidé d'aller en Australie. C'était un voyage que j'avais envie de faire depuis pas mal d'années et comme j'avais le temps et les moyens, j'en ai profité. Retour dans la mère-patrie à Noël 2011, et tout s'est bien passé. J'admets que 3 ans est un peu long tout de même. Rentrer tous les 2 ans serait peut-être mieux.

Début 2012, je me sens engluée dans la routine, un peu trop à mon goût. Des changements interviennent dans mon entreprise, ce qui me fait réfléchir. Après 2 ans, il n'y a pas de perspectives d'évolution au delà de mon poste. Je décide donc de chercher un autre emploi. Comme j'en ai déjà un, je ne suis pas pressée. Habitant à North Vancouver depuis presque 6 ans, je ressens le besoin de changer de décor aussi.

Je cherche à la fois un appartement et un emploi. En Avril, je déménage à New Westminster, dans un appartement plus grand, plus moderne et moins cher que ce que j'avais sur North Van. Je suis proche d'une station de métro. Mi-juin, je trouve un emploi en tant que Directrice Financière dans une entreprise à 10 minutes à pied de chez moi. Pour l'instant tout se passe bien, mais je suis toujours à l'affût de nouvelles opportunités professionnelles.

Ces changements m'ont redonné de l'énergie pour être plus active et surtout profiter encore plus de ma vie, sans systématiquement tout analyser. J'ai fait beaucoup de choses en 2 ans, bien trop pour être toutes racontées dans le cadre de ce billet. J'ai vécu, tout simplement.

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Bilan: 4 ans à Vancouver

Blueberry

Comme chaque année à la même période, c’est l’heure du bilan annuel. Globalement 2009 n’aura pas été une année si facile que cela, même si j’ai été sur les bancs de l’école pendant 7 mois. Elle s’est caractérisée par pas mal de contradictions et de remises en question qui étaient nécessaires mais pas toujours agréables à vivre sur le moment.

Comme indiqué dans ma précédente chronique « 3 ans à Vancouver », le début 2009 avait pris la forme d’une douche froide, à mon retour de France. A la fin de cette chronique, j’indiquais que je ne savais pas ce que l’avenir me réservait. Début Mai, ma demande de bourse d’études déposée auprès du gouvernement provincial pour faire une formation est approuvée, à mon grand soulagement. Là aussi, cela n’a pas été une mince affaire et il m’aura fallu longuement plaider ma cause. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit facile de toute façon. Comme je l’ai appris assez tôt, très peu de choses sont faciles ici, et si l’on veut quelque chose qui nous tient à cœur, la plupart du temps, il faudra se battre pour l’obtenir.

Retour à l’école mi-mai, pour une formation en gestion et comptabilité. Je suis très contente de cette opportunité qui m’est offerte, mais j’ai conscience que je suis en sursis. C’est uniquement grâce au soutien financier de la province que je peux rester ici. Un soutien qui est modeste, je le précise. Pas question de mener la grande vie ! Ma petite entreprise ne donne aucun signe de reprise tangible. Le fait d’étudier à temps plein ne facilite pas les choses non plus, car j’ai beaucoup moins de temps à lui consacrer.

Au fil des semaines, je me rends compte que cela n’est pas une si mauvaise chose dans l’immédiat. Le retour à l’école est une pause bienvenue dans ma vie tumultueuse. J’en profite pour élargir mon cercle social, qui en avait bien besoin. Je fais également du tri dans mes amitiés, pas évident mais bénéfique. Et surtout j’acquiers de nouvelles connaissances, qui me seront utiles et qui je l’espère, m’ouvriront certaines portes sur le plan professionnel, quelque soit ma décision à ce niveau là. Je prends le temps de réfléchir. Je crois que c’est un avantage lié à mon statut d’étudiante n’ayant pas trop à se soucier des finances. Je peux faire le point sans aucun stress extérieur.

Depuis quelques mois, bien avant que la crise ne se pointe chez moi, je me demande si être à mon compte est le mieux pour moi à ce stade de ma vie. Mes sentiments sont mitigés. Il est très agréable de prendre toutes les décisions, de faire mes propres heures et de travailler de la manière dont je souhaite. Mais financièrement, cela ne suit pas forcement, ce qui est normal pour une entreprise venant juste de démarrer. Cela prend du temps pour s’établir et parfois de l’argent, ce dont je ne dispose pas, que ce soit de l’un ou de l’autre. Etant ma seule ressource ici, il m’incombe de payer mes factures et de me maintenir à flots. J’aime bien profiter de la vie de temps en temps aussi, et avec l’entreprise, ce n’est pas toujours possible.
Il est mieux pour moi dans l’immédiat de faire passer mon entreprise en revenus secondaires plutôt que principaux. La fin des études se rapproche à grands pas et je me retrouve aux Fêtes de fin d’année en un rien de temps. Pour la première fois de ma vie, je ne passerai pas Noël en France avec ma famille. Je le sais depuis mon retour à l’école. Les cours et les examens ne me laissent pas assez de temps pour rentrer, et financièrement, je ne peux pas me le permettre non plus.

Cette période se déroule mieux que je le croyais. Je passe Noël et le Jour de l’An avec des amis, je suis entourée et je sors pas mal. J’ai bien eu un petit pincement au cœur le 24 Décembre, mais il a été très bref et s’est vite éclipsé. Un autre signe que je m’enracine de plus en plus. Ma famille et la France m’auront moins manquées cette année, ou peut-être ai-je mieux géré ce manque.
Comme j’ai décidé de mettre mon entreprise en deuxième position, je me retrouve de nouveau en recherche d’emploi. La situation économique est en nette amélioration, même si elle n’est encore pas fameuse. Il y a plus d’offres. Le fait de mettre une formation « Canadienne » sur mon CV m’aide aussi. J’ai plus d’entretiens pour le type de poste que je recherche. Ce qui ne signifie pas que c’est plus facile pour autant. La concurrence est rude, et certaines entreprises ne rentrent pas dans mes critères de sélection non plus.

Je travaille brièvement dans une entreprise en Février, mais la collaboration s’interrompt rapidement, car cela ne « cadre » pas, d’un côté comme de l’autre. C’est dommage, mais c’est mieux ainsi. Après cette mésaventure, je constate que ma recherche d’emploi s’améliore, et que je commence à être contactée pour des offres vraiment très intéressantes. 5 semaines plus tard, on m’offre 2 emplois, qui correspondent à mes compétences ainsi que le salaire et les avantages qui vont avec. Enfin ! Au bout de presque 4 ans, il était temps ! Je m’engage sur mon emploi actuel, car il est plus proche de mon domicile et offre plus d’avantages. Pour le moment, je suis contente de mon choix, et j’espère rester quelques temps dans cette entreprise. Mais, comme je l’ai aussi appris, rien n’est jamais définitivement acquis au Canada !

Après 4 ans, je me sens plus sereine. Avec un peu de recul, je suis d’accord quand j’entends dire que l’immigration, ce n’est pas fait pour tout le monde. Immigrer est facile, rester dans son nouveau pays l’est beaucoup moins. Quand je regarde ma propre expérience, je comprends que certains décident de jeter l’éponge et de repartir après 1 ou 2 années, voire seulement quelques mois. J’aurais pu faire cela à un moment donné, car j’ai aussi connu ma part de galères. J’en ai eu moins que d’autres, mais plus que certains. J’ai toujours persévéré, et à un moment ou un autre, mes efforts ont toujours porté leurs fruits.

Aujourd’hui, je suis en attente de l’obtention de la nationalité, et espère plein de belles choses pour l’avenir !

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Jeux Olympiques de Vancouver: la fin......enfin!

Blueberry

Ça y est, les Jeux Olympiques et Paralympiques sont enfin terminés. J’écris « enfin » car il était effectivement grand temps, sinon la province et ses habitants risquaient de mourir d’une overdose médiatique et financière.


Avant de revenir sur ceci, je n’oublierai pas de saluer la grande performance des athlètes Canadiens, qui avec 14 médailles d’or, ont pulvérisé tous les records en la matière, et qui avec 26 médailles au total se sont classés au troisième rang des nations. Les débuts ont pourtant été timides et il y a aussi eu quelques déceptions: par exemple, aucune médaille en ski alpin, alors que c'était le plus gros récipiendaire du programme « A nous le podium ». Il y en a eu d’autres, mais je ne m’appesantirai pas dessus. En tant que Française, je félicite aussi l’équipe nationale, qui avec 11 médailles, a égalé le record de Salt Lake City en 2002, meilleur résultat de tous les Jeux d’Hiver pour la France.


Revenons maintenant à l’après Jeux Olympiques, qui a pris la forme d'une grande désillusion pour la majorité des Britannico-Colombiens. La plupart des habitants semblaient s’être imaginé que les Jeux allaient apporter sérénité et prospérité éternelles à la province, et sont d’autant plus déçus de voir que ce ne sera pas le cas. Les Jeux ont surtout été bons pour l'industrie touristique et certaines infrastructures. Ce sera probablement tout ce qu’ils laisseront derrière eux pour un avenir durable, quoiqu’il soit encore trop tôt pour un jugement définitif.


Beaucoup avaient comparé les Jeux avec l'Expo Universelle de 1986, qui apporta un essor économique non négligeable pour Vancouver. Hors, à cette période tout était à faire dans la ville, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Beaucoup se sont aussi étonnés de voir le taux de chômage repartir à la hausse, alors qu’ils pensaient que les Jeux résorberaient complètement le problème, et ce pour une période durable.


La majorité semble avoir oublié que les Jeux n’étaient qu’un événement temporaire, et qu’ils sont partis bien plus vite qu’ils ne sont arrivés. Une fois la flamme éteinte, le Vanoc n’a plus de raison d’être. Son démantèlement sera achevé courant Mai. On attend avec impatience le rapport du Bureau du Vérificateur de la province sur le coût total des Jeux, qui suscite toujours autant de questions. Ce rapport sera à prendre avec quelques précautions toutefois, notamment la partie concernant les revenus. La presse a récemment révélé que le gouvernement provincial avait racheté tout le matériel utilisé par le Vanoc -ordinateurs, voitures, bureaux...- pour le revendre aux enchères. Initialement, c’était le Vanoc qui devait s’occuper de ceci. Cela « gonfle » donc ses revenus.


En ce qui concerne les Jeux, l’opacité a toujours régné. Maintenant que tout est fini, non seulement cette opacité est toujours là, mais elle s’épaissit. Car il est l’heure de « passer à la caisse » et la note est très salée. Au lendemain de la cérémonie de clôture, profitant d’une fièvre patriotique hockeyeuse, et surtout du fait que les gens avaient l’esprit ailleurs, le gouvernement Campbell a livré un beau petit budget post-olympique. Du fait que l’argent a toujours été disponible pour les Jeux, et en quantités abondantes, il faut maintenant le récupérer. Et comme d’habitude, c’est sur le volet social que des coupes massives ont été faites. Éducation, seniors, sans-abris, arts, sports, tout y passe. Par exemple, rien que sur la commission scolaire de Vancouver, 200 personnes se feront licencier d’ici à Juin, dont 150 enseignants. Le gouvernement sera également moins généreux dans son programme de prêts aux étudiants et de subventions aux universités.


Le clou de ce budget cependant a été l’annonce de l’implémentation définitive de la taxe de vente harmonisée -T.V.H- dés le 1er Juillet. Cela avait déjà été annoncé l’été dernier, mais personne ne semblait y croire. Gordon Campbell aurait-il osé prendre une telle mesure sans consultation aucune? Hélas oui! Aurait-il cru que sa troisième réélection consécutive était un plébiscite universel lui donnant tous les droits? Aussi, apparemment.


Sauf, que cette fois, les choses risqueraient de ne pas se passer comme prévues. Gordon Campbell et son gouvernement ont toujours su jouer de la certaine complaisance propre aux habitants de Colombie-Britannique. C’était sans compter sur la combinaison fatale du coût démesuré des Jeux et de la crise économique qui perdure. Il semblerait que la coupe soit pleine. Un groupe d’opposants très virulents, comprenant le NDP et un ancien premier ministre de la province, a décidé de faire signer une pétition contre la T.V.H. Cette pétition ne sera pas qu’un simple bout de papier. Si 10% des habitants de chacune des 85 circonscriptions de la province la signent, cela donnera lieu à un referendum sur la question, dont le résultat sera certainement un revers majeur pour le gouvernement. La loi est ainsi faite et il est souhaitable que cela arrive.


Comme on le voit, les Jeux ne vont pas laisser que quelques grands moments de sport. Sur les prochaines années, la province et ses habitants auront certainement un petit goût amer, financièrement parlant. Mais, comme je l’ai écrit plus haut, il est encore trop tôt pour faire un bilan définitif. Affaire à suivre donc.


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En piste pour les Jeux Olympiques de Vancouver !

Blueberry

Ça y est, 7 ans après leur attribution par le C.I.O., les Jeux Olympiques de Vancouver ont enfin débuté ce Vendredi 12 Février. Tous les yeux et projecteurs sont maintenant braqués sur la ville. Après toutes les interrogations, exclamations et protestations que ces Jeux ont suscitées, et suscitent toujours dans une certaine mesure, il est cependant difficile de rester insensible à l’enthousiasme et l’élan patriotique qui se sont emparés de la ville et à une organisation pour le moment sans problème majeur, bien qu’imparfaite. Ces petites imperfections sont normales pour un événement de cette ampleur. L’ambiance est très festive avec toutes les soirées et exhibitions organisées en marge des compétitions. Tous les événements à côté des épreuves sont gratuits pour la plupart. La ville est parée de mille et une couleurs, décorations et lumières. C’est le pays tout entier qui se présente sous son meilleur jour.

Il est pourtant vrai que les Jeux représentent beaucoup de contraintes pour les locaux, avec une sécurité renforcée, beaucoup de routes fermées et une affluence record de touristes à gérer. On n’oubliera pas non plus le coût exorbitant imposé à la province, 548$ par habitant. Ce sera 18$ pour chaque habitant du reste du pays. Puisqu’on parle de sous, il y a quand même certains avantages à être ville olympique. L'affluence record de touristes va rapporter beaucoup d'argent aux commerces divers et variés, des hôteliers aux restaurateurs, supermarchés, discothèques, compagnies privées de transport en passant également par les photographes, artistes-peintres et chanteurs locaux. Les visiteurs et Vancouverois ont déjà dépensé 12$ millions, en l’espace de trois jours !

Cet argent est plus que bienvenu, après une année 2009 très morose et avec un taux de chômage le plus élevé depuis 15 ans pour la province. Les économistes de BC Stats prévoient d’ailleurs une croissance de 4.3% pour 2010, ce qui va certainement aider à repousser la crise économique qui tend à persister. Les Jeux ont également créé de l’emploi, même si ce n’est que temporairement. Avec un taux de chômage de 8.5%, cela dépanne.

Malgré tout, les Jeux ne font pas que des heureux. Il y a notamment beaucoup de mécontents dans le Downtown Eastside, le quartier le plus pauvre de tout le Canada. Ce mécontentement est justifié. Afin de financer le coût des Jeux, le gouvernement provincial a réduit ou supprimé beaucoup de programmes sociaux pour les plus démunis. Si l’argent des Jeux avait utilisé pour régler les problèmes du Downtown Eastside, il n’y aurait plus de pauvreté dans ce quartier ! Cela démontre clairement qu'il n'y a aucune volonté politique de s'attaquer aux problèmes sociaux.
Néanmoins, ce n’est pas une raison pour « tout casser », comme ce qui est malheureusement arrivé le premier jour des Jeux. Environ 200 manifestants anti-olympiques ont causé des milliers de dollars de dégâts sur Granville Street et West Georgia. Comme indiqué dans ma précédente chronique sur le sujet, « Vancouver 2010 », il n’appartient nullement au Vanoc de régler les problèmes de Vancouver. J’avais également écrit qu’il serait rafraîchissant de remettre le sport au premier plan.

Avec 2600 athlètes venant de 82 pays, profitons-en pour ce faire ! Avec 24 médailles remportées aux derniers Jeux de Turin, le Canada arrive en position de force. Tout le monde espère des médailles d’or, car le Canada n’en avait jamais gagné « à la maison », que ce soit à Calgary en 1988, ou à Montréal en 1976. Alexandre Bilodeaux a enfin brisé la « malédiction » en remportant l’épreuve de ski de bosses Dimanche. Maelle Ricker a fait de même en snowboard.

Mais, c’est le hockey qui est au centre de toutes les discussions. Ce sera la médaille d’or ou rien pour les équipes Canadiennes ! C’est pareil pour le curling. Il y a également de grosses chances de médaille en patinage de vitesse avec Clara Hughes, Cindy Klassen et Jeremy Wotherspoon pour n'en nommer que quelques-uns. En patinage artistique, on suivra Tessa Virtue et Scott Moir, ainsi que Joannie Rochette et Patrick Chan.

Comme je suis Française, j’encourage également l'équipe de France et salue les deux médailles d’or remportées le même jour par Vincent Jay et Jason Lamy-Chappuis. J’en espère beaucoup d’autres ! On surveillera Vincent Defrasnes en ski de fond, Julien Lizeroux en ski de piste et Brian Joubert en patinage artistique.

Bonne chance à tous les athlètes !


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La 17ème et dernière

Blueberry

En cette rentrée, synonyme de retour à l'école ou au travail pour beaucoup, je réalise que je signe là ma dix-septième chronique. Dix-sept, déjà. Au risque d’en décevoir certains, ce chiffre n’a aucune signification particulière pour moi. Tout au long de ces dix-sept chroniques, reparties sur ces derniers dix-huit mois, j’ai abordé pas mal de sujets variés, certains concernant la Colombie-Britannique, d’autres me concernant personnellement. Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin, me direz-vous ?

La première raison est le manque de temps. La reprise des études en Mai, ma petite entreprise, du bénévolat et ma vie sociale occupent une très grande partie de mes journées. Parfois, je me surprends à penser que le sommeil est une perte de temps. Mais par delà ces considérations matérielles, l’inspiration me fait défaut. Je réfléchis, je commence à écrire, j’efface, je réécris et rien ne me satisfait. L’inspiration n’est plus là en partie parce que ma vie à Vancouver n’a plus rien d’extraordinaire. Non que ma vie n’ait été si extraordinaire que cela non plus. Des milliers de gens émigrent ici aussi !

Je ressens les choses avec moins d'intensité et ma vie quotidienne ne ressemble plus aux montagnes Russes. Ce que je vis maintenant, je le vivais en France aussi, et je le vivrais probablement où que je sois installée, que ce soient de bons ou de mauvais moments, des questions existentielles, des opportunités, des difficultés, des espoirs, des doutes et j’en passe ! La seule différence est que ma famille n’est pas avec moi.

Aurais-je franchi un nouveau cap ? Peut-être. Après trois ans et demi ici, je ne me considère plus comme une néo-immigrante. Par delà ma récente demande de citoyenneté, j’ai constaté que j’étais vraiment sur la voie de l’intégration. Je me sens ancrée en Colombie-Britannique et suis bien plus préoccupée par les événements locaux et nationaux que par ce qu’il se passe en France. Je m’implique aussi plus dans ma communauté.

A ce stade, Immigrer.com a atteint les limites de l'utilité pour moi, et mon utilité pour le site a également atteint ses limites. J’ai fait le tour de tous les sujets du site et les sujets du forum ne suscitent plus un enthousiasme aussi élevé, non pas parce que les questions sont stupides, mais parce qu’elles sont récurrentes et que j’y ai déjà répondu plusieurs fois. L’Univers est en perpétuelle évolution, et le site et moi ne faisons pas exception. Nos vies vont continuer sur deux espaces différents, le site à un endroit, et moi à un autre. Ce qui ne signifie nullement que nos chemins ne se croiseront plus. Rien n’est définitif dans l’Univers !

Je n’aime ni me répéter, ni disserter sur la banalité ou le futur. Cela ne pourrait donner lieu qu’à des écrits ennuyeux et médiocres. En guise de conclusion, voici où j’en suis dans ma vie à l’heure actuelle : en formation depuis Mai, tout se passe bien. J'apprécie pleinement cette opportunité qui m'a été offerte. J'espère que cela m'ouvrira plus de portes au niveau professionnel. Le retour à l'école a également donné un bon coup de pouce à ma vie sociale, qui en avait bien besoin. J'ai demandé la nationalité Canadienne en Juillet et je fais du bénévolat dans une association. Ma petite entreprise est plus ou moins en arrêt dans l’immédiat, principalement à cause des études. J'aviserai des suites à lui donner en fin d'année. Je suis toujours célibataire, mais ne perds pas espoir. Rien de palpitant somme toute !

Sur ces derniers mots, je vous laisse. Merci à Laurence et Laurent pour cette belle opportunité.

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Comment se faire des amis à Vancouver

Blueberry

Un aspect parfois négligé lorsque l’on prépare son immigration, et même en arrivant, est le côté social. On ne se rend pas toujours compte que sur ce plan là, on recommence à zéro aussi, notamment lorsque l’on vient en couple ou en famille. Au début, se faire de nouveaux amis n'est pas forcement une priorité immédiate non plus. Une fois une ébauche de stabilité trouvée, avoir une vie sociale prend de l'importance. Là aussi, tout comme avec la recherche d'emploi et autres aspects d'une nouvelle vie dans un nouveau pays, le nouvel arrivant peut se retrouver confronté à certaines difficultés.


On ne sait pas toujours où rencontrer des gens, ni comment s'y prendre avec des personnes d'une culture et d'une langue différente. Il y a également le fait qu’à l'âge adulte, il est plus difficile de se faire des amis, l’amitié devenant beaucoup plus circonstancielle. Dans nos pays d’origine, la plupart de nos amis sont des gens que nous avons rencontrés à l’école, avec qui nous avons grandi et évolué et qui nous connaissent parfaitement. Ici, cela sera rarement le cas, du moins au début.  


Il y a souvent un décalage entre les attentes du nouvel immigrant et celles des Canadiens "nés au Canada" ou d'autres immigrants étant là depuis un certain temps. Les cercles amicaux des uns et des autres ont été établis bien avant notre arrivée et se suffisent parfaitement. Ils n'ont pas forcément le besoin ou l'envie de s'agrandir. Il est important de ne pas avoir d’attentes irréalistes avec des gens que l’on vient à peine de rencontrer, et ceci peut être difficile.


Les Canadiens catégorisent beaucoup leurs amitiés. Par exemple, un collègue de travail est rarement un ami. C'est plutôt une connaissance. Et des connaissances, ils en ont des tas! En fait, sur Vancouver, rencontrer du monde est très facile. Les gens sont très avenants et n’ont en général aucun problème à vous parler et à vous aborder n’importe où et n’importe quand. On « socialise ». Le concept de « socialiser » est à la base Anglo-Saxon et est peu répandu, voire même inconnu dans le reste du monde. Ce concept est né dans les pubs d’Angleterre et s'est par la suite implanté dans tous les pays anglophones. Pour la petite histoire, le mot « socialiser » à la base n’existait pas dans la langue Française. C’est un calque du mot Anglais « socialize ».


Donc, ici on « socialise » énormément et les gens sont très disponibles. Mais, cela ne veut pas dire qu’ils sont prêts à devenir vos amis et à vous accueillir dans leur vie pour autant. Cela entraîne souvent beaucoup de confusion pour le nouvel arrivant, qui bien souvent n'est pas habitué à ce concept de « socialiser » et dans une certaine mesure à la disponibilité des gens.  


Patience et régularité sont les mots-clés dans le processus de nouvelles amitiés. Ici, il vous faudra certainement faire plus d’efforts et sortir de votre zone de confort. Vraiment connaître quelqu’un et en faire un(e) ami(e) prend beaucoup de temps. Récemment, j’ai réalisé qu’une personne que je considérai comme une amie n’en était pas vraiment une. Cela m’a pris deux ans pour arriver à cette conclusion. J’aurai passé de très bons moments avec cette personne et ne regrette rien. Si quelque chose de ce genre vous arrive, essayez de ne pas trop dramatiser. Une telle déconvenue aurait pu vous arriver dans votre pays d’origine aussi.


Une fois ces considérations prises en compte, voici quelques idées pour rencontrer du monde, et plus si affinités, sur Vancouver :


-       L’excellent site Meetup.com www.meetup.com/cities/ca/bc/vancouver/. Sur ce site, il y a des rencontres pour tous les goûts et tous les loisirs, et ce, tous les jours ou presque. Un très bon moyen de sortir et de faire des connaissances. Pour espérer un peu plus que « socialiser », il faut assister régulièrement aux rencontres que vous choisissez.


-       Faire du bénévolat. Là aussi, la régularité prime. Choisissez quelque chose qui vous engagera sur quelques mois, et pas uniquement pour un jour.


-       Joindre un club de sports.


-       Prendre des cours.


Comme vous pourrez le constater, il faut sortir de chez vous. Les soirées à la maison ne sont pas vraiment la norme ici, de même que débarquer à l’improviste chez les gens. Vous pouvez tout à fait organiser une soirée chez vous, mais ne vous attendez pas à ce que l'on vous rende l'invitation. 


L’idéal est de ne pas avoir d’attentes lorsque vous rencontrez des gens et de laisser faire les choses à leur rythme, même si cela vous paraît trop lent. Il peut même s’écouler pas mal de temps avant que vous puissiez parler de choses personnelles ou demander un service. Essayez aussi de ne pas trop analyser les comportements des uns et des autres, car bien souvent, il n’y a aucune logique derrière ceux-ci.


Pour ma part, au bout de 3 ans, je connais pas mal de monde, mais j’ai très peu d’amis. Je compte autant de Canadiens « nés au Canada », que d’immigrants et de francophones dans mon cercle. Un bon équilibre en somme. Cela m’a pris du temps et de l’énergie pour arriver à ce stade. J’espère consolider et agrandir mon cercle, mais ce n’est pas nécessairement une priorité car j’essaye encore d’atteindre une meilleure stabilité professionnelle et financière dans l’immédiat. Cela prendra encore du temps, mais je suis sur la bonne voie.


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Étudier en Colombie-Britannique

Blueberry

Avec près de 595 000 étudiants inscrits en enseignement supérieur ou en écoles d’Anglais, la Colombie-Britannique est devenue une destination très prisée pour les études. La qualité de vie, la douceur du climat, mais aussi les efforts massifs du gouvernement provincial y sont pour beaucoup.

Avec près de 430 000 étudiants inscrits dans des établissements publics, le gouvernement libéral de Gordon Campbell –fraîchement réélu pour un troisième mandat- a investi près de 20 milliards de dollars depuis 8 ans dans les infrastructures et le développement des programmes postsecondaires, principalement dans le secteur public. Ces investissements ont porté leurs fruits, avec une explosion du marché éducatif, du nombre d'inscriptions et du nombre d’établissements scolaires. Les écoles poussent comme des champignons dans la province.

Il faut dire aussi qu’au Canada, cela n’est pas mal vu de reprendre des études pour changer de carrière, de remettre ses connaissances à jour, ou d'être tout simplement curieux ou passionné par un sujet. Bien au contraire, c’est très bien perçu par les employeurs et les gens en général. Les possibilités d’études sont infinies dans tous les domaines : cours du soir, de jour, de fin de semaine, de demi-journée, en ligne, par correspondance pour obtenir certificat, diplôme baccalauréat, doctorat, attestation de réussite et j’en passe.

Comme un peu partout dans le monde, deux systèmes cohabitent: le public et le privé. En Colombie-Britannique, les deux offrent un enseignement de qualité similaire, mais avec une organisation légèrement différente. Le gouvernement Campbell est arrivé à ce niveau de qualité avec la reforme du contrôle des établissements scolaires privés dans les années 2003-2004, et la mise en place de l'agence gouvernementale PCTIA, régulant le marché éducatif privé. Cette reforme était nécessaire suite à de nombreux abus de la part d’établissements peu scrupuleux, mais il faut aussi dire que le gouvernement a tout intérêt à favoriser le secteur privé. En effet, ce secteur rapporte plus d'un milliard de dollars par an à la province et ne bénéficie d'aucune subvention publique.

Depuis 2004, tout établissement privé doit être inscrit auprès du PCTIA avant de pouvoir enseigner. L'agence a mis en place un certain nombre de mesures afin de mieux protéger les étudiants, notamment sur le plan financier. En cas de faillite de l’établissement ou d’annulation des cours, le remboursement est garanti, ce qui n'était pas forcement le cas auparavant. Le PCTIA limite également les frais supplémentaires bien souvent facturés aux étudiants étrangers.

En plus d'être inscrits, les établissements peuvent également demander une accréditation. Le PCTIA effectuera alors des contrôles très rigoureux en matière de programmes d'enseignement, d’organisation administrative, frais de scolarité, structure, qualifications des enseignants…etc. Le site de l’agence publie deux listes: une de tous les établissements inscrits et l’autre des établissements accrédités. A mon sens, cette dernière est la plus importante lorsque l’on choisit une école privée. Pour bénéficier des prêts et bourses des gouvernements fédéral et provincial, il faut être inscrit dans un établissement accrédité. Certaines banques le demandent également. Le site donne également des renseignements sur les programmes et les coûts.

Il est à noter que les nombreuses écoles de langues ne sont encore pas obligées d’être inscrites dans le PCTIA, mais cela devrait changer sous peu, un rapport de 2007 en ayant fait la recommandation. Avec plus de 100 000 étudiants internationaux venant chaque année apprendre l’Anglais, les abus en la matière sont monnaie courante malheureusement. Là encore, je conseillerai de choisir une école volontairement inscrite dans le PCTIA et accréditée par Langues Canada.

Je ne dis pas que tous les établissements et écoles de langue privés sont peu scrupuleux, loin de là! Il existe d’excellentes écoles et étudier dans le privé comporte un certain nombre d’avantages, Le premier étant une grande flexibilité. La plupart des Colleges privés a des programmes débutant chaque mois alors que dans le public c'est en général en Septembre, Janvier et Mai, et les cours sont rarement annulés. Les critères d’admission sont aussi plus souples. Dans le public, selon les filières, on pourra vous demander de reprendre certains cours du secondaire, notamment si vous avez effectué votre scolarité à l’étranger. A la grande différence de ce qui se fait en Europe, en Amérique du Nord, les établissements supérieurs choisissent leurs étudiants, donc vous n'avez quasiment aucun recours par rapport aux critères d'admission.

Les classes sont aussi plus petites, donc les enseignements vous connaissent mieux et sont plus disponibles. Les formations durent en général un an, contre deux ans minimum dans le public. L’inconvénient majeur du secteur privé est le coût des études, en moyenne 9 000$ par an contre 4 700$ dans le public. Ces chiffres n'incluent que les frais de scolarité, auxquels il faut ajouter l'achat de livres et une myriade de frais administratifs. Le coût global est en réalité bien plus élevé dans les deux secteurs. Un inconvénient aussi est quelque peu le manque de reconnaissance des établissements privés par rapport à ceux du public. Un employeur potentiel connaît mieux BCIT, SFU ou UBC que CDI, Sprott Shaw ou Vancouver Career College. De plus, certains programmes ne sont pas disponibles dans le privé.

La mentalité d’enseignement est la même dans les deux secteurs. Dans la grande tradition Anglo-Saxonne, le pragmatisme passe avant tout. Le but des études est de donner un emploi, et tout est orienté autour de cet objectif. L’enseignement est dynamique et interactif. On favorise la coopération plutôt que la compétitivité. Ici, il est normal de poser des questions et de demander des explications supplémentaires. Il est aussi normal d’ouvrir un débat et de ne pas être d’accord, tout comme il est tout aussi normal d’envoyer un courriel à son professeur et d’aller le voir en dehors des heures de cours. C’est même attendu de la part de l’enseignant.
Lorsque l'on sort d'un système archaïque comme celui qu'il y a en France, étudier ici est vraiment un régal!

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Intégration culturelle vue de Vancouver

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Après s'être intégré économiquement, l'immigrant, par la suite, prend plus le temps de s'intéresser à la culture de son nouveau pays et à ce qui l’entoure. Néanmoins, l’intégration globale ne se fait pas par étapes bien définies et dans un ordre établi. En général, intégrations économique et culturelle sont interdépendantes. Disons que, dans un premier temps, l’une a souvent préséance sur l’autre.

Tentons d'abord de définir le mot « culture ». Selon L’UNESCO, la culture est « l’ensemble des traits distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels et affectifs caractérisant une société ou un groupe social. La culture englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Elle comporte une part collective et une part individuelle.».
Comme vous le constatez, cette définition est vaste et pourrait l'être encore plus. Le but de cette chronique n'est pas de disserter sur ce qu'est la culture, mais d'essayer de voir ce qu'un changement de pays signifie concrètement pour l'immigrant sur le plan culturel. Là aussi, le sujet est vaste, chacun ayant sa propre expérience en la matière. Je me baserai donc sur mon expérience personnelle, qui n’est nullement un cas universel et absolu.

La langue est l’un des principaux vecteurs de la transmission de la culture, au sens large du terme. Pour bon nombres d’immigrants, dont la langue maternelle n’est parfois ni le Français, ni l’Anglais, la maîtrise d'une des ces langues est le premier pas majeur vers l’intégration globale. Il en va de même pour les francophones installés en provinces anglophones, mais aussi au Québec. De part ma profession de traductrice, mon Français n’a pas vraiment bougé. Néanmoins, il m’arrive parfois de chercher mes mots ou de ne plus me rappeler certaines règles de grammaire -temporairement-. Mon Anglais a par contre changé depuis que je vis à Vancouver. Initialement très britannique, ayant vécu en Écosse, il est devenu peu à peu plus Canadien et mon accent s’est « dilué ».

J’ai également adopté pas mal de caractéristiques de la mentalité Anglo-Saxonne. Ici, on va à l’essentiel, autant dans le discours que dans les faits et gestes. On ne s’embarrasse ni de tournures de phrases alambiquées, ni de fanfreluches. Le pragmatisme passe avant tout. On est concret et logique, on aime les chiffres et les faits avérés. Je suis beaucoup plus terre-à-terre maintenant, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant.
Les relations humaines se retrouvent donc aussi beaucoup plus directes et plus simples, mais bien souvent plus superficielles, selon la perception de bon nombre d’immigrants. Mais, c'est la norme. Après une petite période d'adaptation, maintenant j'y trouve mon compte, et je me surprends même à avoir un comportement similaire. Je ne recherche plus à maintenir le contact à tout prix avec les gens que je connais ou que je viens de rencontrer. Ce qui ne signifie nullement que je les ai oubliés ou que je m’en fiche. Je sais simplement que le contact se refera à un moment donné.
Des aspects aussi anodins que la nourriture, les heures de repas, la conduite, les programmes télé, les émissions de radio, le sport font aussi partie de la culture d’un pays. Niveau nourriture, le fast food n’est toujours pas dans ma cuisine, de même que le beurre de cacahuète et la jello. J’ai par contre adopté le sirop d’érable, les pancakes, muffins et autres. Je me suis également ouverte à d’autres gastronomies. Je n’arrive toujours pas à souper à 18h00. Je n'ai aucun problème avec la conduite sur boîte automatique et je ne suis toujours pas passionnée par le hockey, mais cela commence à venir. La publicité à la télé et la pauvreté des informations locales m’agacent toujours autant. En France, c’était plus ou moins pareil.

Trop souvent, la culture est réduite à l'aspect des arts et lettres, c'est à dire la peinture, la littérature, l'Histoire, l'architecture. Mais c’est beaucoup plus que cela. Trop souvent, j’entends également dire qu’au Canada « il n’y a pas de culture », ce qui est faux. C’est une culture qui est avant tout contemporaine, les premiers colons ayant débarqués entre 150 et 400 ans en arrière, selon les provinces. Pour trouver une culture plus ancienne, il faut se tourner vers les Premières Nations. Il ne faut pas oublier que les Premières Nations étaient déjà au Canada bien avant l’arrivée des colons Français et Britanniques.

L’un dans l’autre, je m’y retrouve dans mes deux cultures. Car oui, maintenant je considère la culture Canadienne comme ma culture, au même titre que ma culture Française d’origine. J’ai la chance de vivre dans deux cultures, et me rappeler de cela m’aide bien souvent dans les moments un peu difficiles, quand le moral est en baisse.

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3 ans à Vancouver

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Eh oui, l’heure du bilan a déjà sonné. J’ai parfois du mal à croire qu'il y a maintenant 3 ans, je débarquais à l'aéroport de Vancouver avec mon visa de résidente permanente, 2 valises et quelques économies en poche.
2008 a été incontestablement la meilleure de mes trois années au Canada. Après avoir travaillé quelques mois dans une compagnie minière, je me suis rendue compte que je voulais vraiment privilégier la traduction, mon domaine principal de compétences. Après quelques hésitations et une certaine procrastination, je décide enfin de prendre le risque et de me lancer.

Contrairement à ce que je croyais, cela marche! Je commence à avoir des contrats en tout genre, y compris de gros projets. Je ne ménage pas mes efforts non plus pour trouver des clients. Avec Internet, je ne suis pas limitée a Vancouver, ni même au Canada. Je contacte beaucoup d’agences de traduction, je postule sur des sites spécialisés et je fais du réseautage local aussi. Tout cela finit par porter ses fruits. Ma base de clients se construit petit à petit, le chiffre d’affaires augmente régulièrement et me permet de vivre décemment. Je ne mène pas forcement la grande vie, mais je peux payer mes factures.

Tout cela représente néanmoins beaucoup de travail et beaucoup d’énergie. Surtout que je suis toute seule pour m’occuper de tout, que cela soit pour mon entreprise ou pour le reste de ma vie. Je me sens un peu en déséquilibre pour tout concilier. Mon père vient me rendre visite en Mai, et cette visite m'a non seulement fait plaisir, mais m'a aussi permis de mieux m'organiser et de justement trouver un meilleur équilibre. Nous en profitons également pour visiter un peu plus la Colombie-Britannique et partons quelques jours aux US. Je suis beaucoup plus détendue et sereine. J'apprécie beaucoup plus les choses, surtout que maintenant, je dispose d'une grande flexibilité quant à mon emploi du temps.

Cette flexibilité a néanmoins un revers de la médaille. J’ai passé pas mal de fins de semaine et de jours fériés à travailler. Mais j'accepte, c'est la règle du jeu. Je sais qu'être à mon compte n'est pas un emploi de bureau. Le fait d’avoir mon entreprise m’a apporté la stabilité que je voulais et dont j’avais besoin depuis mon arrivée au Canada. Ma confiance et mon estime personnelles sont en hausse, et cela aussi, j’en avais besoin.

Contrairement à un statut d’employée, mes clients me font plus confiance et me considèrent comme une experte dans mon domaine. Nos relations professionnelles sont sur une base beaucoup plus égalitaire. Les aspects de l’expérience Canadienne, de la formation et des références locales disparaissent. Vous l’aurez compris, le cadre et la mentalité du bureau traditionnel ne me manquent pas du tout ! Le reste de ma vie va bien aussi. J’ai toujours mon cercle d’amis que je vois régulièrement, et sur qui je peux compter.

Néanmoins, une première période un peu creuse niveau travail et un changement dans ma vie sociale amènent des doutes début Septembre. Ces doutes en amènent d’autres. Je réalise que ma famille me manque plus que je croyais et que pas mal d’aspects de mon nouveau pays m’agacent. Cela donnera lieu à ma chronique intitulée « Dans le creux de la vague ». Par la suite, je parle de ce que je ressens à différentes personnes dont l’avis me sera très bénéfique. Il était normal d'avoir ces doutes et de ressentir ce que je ressentais.

Par la suite, les affaires reprennent et mon Automne est chargé niveau travail. Je suis très occupée et mes revenus sont très réguliers pendant plus 3 mois, malgré les nouvelles économiques plutôt inquiétantes. La crise n’est encore pas chez moi. Décembre arrive et le retour en France se profile. Du fait, que je peux travailler d’où je veux et comme je le souhaite, je décide de rester plus longtemps cette année. Ce séjour me fait le plus grand bien et j’en profite pour bien me relaxer. A ce moment là, je n’ai encore aucune idée de la tempête qui va s’abattre sur moi à mon retour.

Retour sur Vancouver vers le 20 janvier et l’atterrissage est plutôt rude. Les affaires se retrouvent presque à l’arrêt, et aucune reprise en vue. C’est arrivé presque du jour au lendemain. Heureusement que j’ai quelques économies de côté. Mes clients ne m'ont pas oubliée mais ils attendent plus longtemps pour me contacter, et ne font vraiment traduire que le strict nécessaire. Il faut donc que j’agisse rapidement. Je décide donc de regarder des offres de travail à temps partiel, mais aussi à temps plein, dans l’administratif et dans d’autres domaines. Ce n’est pas ce que je veux, mais je n’ai pas trop le choix.

Là aussi, les choses vont s’avérer beaucoup plus difficiles que ce que j’imaginais. La crise est vraiment là et je le réalise pleinement. Il y a beaucoup moins d’offres et la concurrence est énorme. Les employeurs ont l’embarras du choix et profitent pleinement de cette situation. Mon profil n’a pas forcement la priorité, et les aspects de l’expérience Canadienne, de la formation et des références locales ressurgissent. Le fait d’être à mon compte semble également poser problème. Et puis, je m’aperçois qu’un certain nombre d’offres ne sont en fait pas réelles.

Je perds mon temps, je suis pleine de doutes et très stressée et cela m'irrite au plus haut point. Je décide de retourner vers l’association d'aide à l'emploi qui m'a toujours été utile depuis mon arrivée à Vancouver. En discutant avec ma conseillère attitrée, il semblerait qu’une formation serait la meilleure option dans ma situation. Elle me confirme que dans le contexte économique actuel et par rapport à mon profil, trouver un emploi ne va pas être facile. Je réalise que tout ce qui n’est pas Canadien ne compte vraiment pas ici, et encore plus en période de crise.

Après mûre réflexion et exploration plus approfondie de cette option, nous -ma conseillère et moi- nous apercevons que je pourrais être éligible à un financement par le gouvernement provincial pour une formation. Il y a deux ans, j’ai bénéficié de l’assurance chômage suite à un contrat de travail temporaire. Cela m’ouvre donc la porte à ce programme provincial. Néanmoins, il y a beaucoup de critères à remplir et de justificatifs à fournir. Je ne peux pas nécessairement faire n’importe quelle formation et il faut que la dite formation donne des perspectives d’emploi, entre autres.

Dans mon cas, je décide de m’orienter sur une formation gestion des entreprises/comptabilité, ce qui est logique de mon point de vue et par rapport à mon profil. En tant que travailleuse autonome, cela me permettra de m'occuper de ma propre comptabilité et d'économiser certains frais. Cela pourrait aussi me permettre de développer mon entreprise en offrant plutôt de services administratifs et pas uniquement de la traduction. Cela m’ouvrira surtout plus de portes dans les entreprises locales, du moins je l’espère.

Le dossier à remplir est plutôt épais et il y a pas mal de recherches à faire. En tout, cela me prendra quasiment 3 semaines pour le monter. Maintenant, j’attends. Pour la première fois depuis que je suis ici, je ne sais pas du tout ce que le futur me réserve. J’ai réalisé qu’il y a beaucoup d’éléments sur lesquels je n’ai aucun contrôle, que ce soit pour mon entreprise, un emploi ou cette formation. Cela ne me sert à rien de stresser ou d’en vouloir au système ou à la terre entière. J’ai conscience que mon avenir ici est en jeu.

Néanmoins, je ne regrette absolument pas ma décision d’être venue et d’être restée ici, puis de m’être mise à mon compte. Si c’était à refaire, je referais tout ce que j’ai fait depuis 3 ans. Il y a une ou deux situations que je gérerais différemment, mais cela n’affecterait pas le résultat final. J’espère pouvoir prolonger cette aventure le plus longtemps possible. La prochaine étape, si tout se passe bien, sera l’acquisition de la nationalité Canadienne.

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Communauté chinoise de Vancouver

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A l’heure où tous les medias du pays semblent être braqués sur la guerre des gangs à Vancouver, prenons un peu de temps pour essayer de mieux cerner cette communauté Chinoise qui tour à tour semble fasciner et faire peur. Ici, le terme « communauté Chinoise » inclura, la Chine, Hong-Kong et Taiwan.

Comme indiqué dans ma chronique « Colombie-Britannique, 150 ans : Joyeux Anniversaire », l’immigration Chinoise est profondément liée à l’histoire de la province. Les premiers immigrants arrivèrent en 1788. Puis, une deuxième vague de travailleurs est arrivée pour la construction du chemin de fer. Peu à peu, l’immigration Chinoise est passée d’une main d'œuvre ouvrière à une main d’œuvre éduquée et très qualifiée, puis à un profil d’investisseur fortuné. Le côté « investisseur » s’est fortement développé à la rétrocession de Hong-Kong à la Chine, ce qui a entraîné une forte fuite des capitaux vers le Canada, mais aussi un afflux de capitaux en provenance de Taiwan, notamment dans les années 80.

Aujourd’hui, les immigrants Chinois sont très qualifiés, éduqués et parlent bien Anglais, contrairement aux idées reçues. Il est temps pour le cliché du petit commerçant Chinois vivant à Chinatown et ne parlant pas un mot d'Anglais de péricliter. La majeure partie de ces immigrants travaillent dans des emplois correspondant généralement à leurs qualifications, gagnent très bien leur vie et affichent une réussite probablement supérieure à la moyenne.

Les investisseurs ont massivement placé leur argent dans l’immobilier. La plupart des gros complexes immobiliers de Vancouver appartiennent à des Chinois. Quant au petit commerçant de Chinatown, il existe bel et bien et son commerce est en général prospère. Parlons-en de Chinatown justement, à tort qualifié de ghetto Chinois et de quartier coupe-gorge. De nos jours, les Chinois ne s’y « entassent » plus. Beaucoup vivent à Richmond, à Vancouver même et à Burnaby. Il ne faut pas oublier qu’à Vancouver, les Chinois ne pouvaient acheter de propriété en dehors de Chinatown, et ce jusqu'en 1947. De plus, Chinatown a le malheur d'être dans le Downtown Eastside, ce qui lui donne une réputation de quartier peu sûr.
On peut donc parler d'intégration économique réussie. Il est vrai que l'intégration culturelle est plus nuancée, ce qui ne signifie point qu’elle est inexistante. Les Canadiens nés au pays de parents chinois ne rencontrent en général pas de problème particuliers. Il en est de même pour les jeunes ayant émigrés avec leurs parents et suivi une large partie de leur scolarité au Canada. Pour les autres, eh bien tout dépend de la personne et de sa situation. Une forte fidélité à la culture et aux traditions prédomine. Les plus âgés sont souvent des immigrants ayant été parrainés par leur famille. Ils sont retraités, ce qui explique en partie leur non-connaissance de l'Anglais. Et il faut bien admettre que le multiculturalisme cher au Canada anglophone ne favorise pas l’intégration non plus, en tous cas pour cette catégorie de population.

Mais, cela ne fait nullement de la communauté Chinoise une communauté fermée. Il suffit tout simplement d'aller au delà des apparences pour s’en rendre compte. Il est à noter, qu’aussi surprenant que cela soit, les Chinois ne sont plus les premiers immigrants de la province. Depuis 2006, ce sont les Britanniques qui sont en tête, attirés sans nulle doute, par le climat familier et le petit côté « so british » de la province.

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Chronique de France

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Cette première chronique de l’année est écrite depuis la France. Eh oui, je suis de retour dans la mère patrie. L’occasion de me ressourcer, de voir ma famille et de me relaxer. C’est également l’occasion pour moi de prendre un peu de recul sur ma vie Canadienne parfois tumultueuse. Même s'il m'arrive parfois d'être frustrée ou découragée par cette grande aventure qu’est l’immigration, je réalise à quel point je suis privilégiée en fin de compte.


J'ai la chance d'être née en France et le privilège de vivre au Canada. Oui, j'estime que c'est une chance d'être née et d'avoir grandi en France. Bien que la situation économique n’est pas fameuse depuis quelques années, je n'oublie pas que j'ai été -et que je suis toujours- bien mieux lotie qu'une majorité de gens dans le monde. Je n'ai jamais connu la guerre, ni la famine. Je n’ai jamais connu la dictature, ni la censure. Je n’ai jamais été forcée de fuir en laissant tout derrière moi et ma vie n’a jamais été menacée. J’ai toujours été libre d’aller et venir. J’ai fait des études universitaires et ai accès à tout ce qui est possible et imaginable, ou presque. Et la situation est la même au Canada. A quelques nuances près.


Au Canada, j’ai connu la discrimination, ce qui ne m’était jamais arrivé en France. Je l’ai surtout connue à l’embauche et aussi sur mes différents lieux de travail, même après avoir été engagée. J’ai entendu des commentaires que l’on ne m’aurait certainement jamais faits en France et je me suis rendue compte que les clichés sur l’immigration avaient la peau dure. Ma vie est globalement plus stressante aussi. Néanmoins, je m’estime privilégiée de vivre au Canada. Ce n’est pas donné à tout le monde d'obtenir un visa et de pouvoir changer de vie. Et tout le monde ne peut pas se prévaloir d’avoir deux « maisons » non plus.


Après pratiquement trois années entre « ici et là-bas », je suis arrivée à trouver un juste équilibre entre mes deux « maisons ». J'en suis presque à penser que j'ai pris le meilleur des mes deux pays. En tous cas, lorsque je reviens en France, je réalise ce qui m’a manqué, en dehors de ma famille :


-       Aussi surprenant que cela paraisse, les odeurs en tout genre. Au Canada, tout est aéré, désinfecté et aseptisé. Au supermarché, par exemple, je sens rarement les odeurs du rayon des fruits et des légumes frais ou de la boulangerie-pâtisserie. Ou, dans un magasin de chaussures, je ne sens pas l’odeur du cuir. C’est presque un choc olfactif quand je rentre en France.


-       La bonne bouffe et la simplicité des produits. Les aliments ont plus de goût. Et il est très facile d'acheter du lait « normal» ou du beurre « normal » sans qu’ils ne soient enrichis de quoi que ce soit.


-       Les services bancaires gratuits (avec une carte Française)!


-       Une certaine douceur de vivre. Je prends plus le temps et profite plus des petites choses en France. Au Canada, j’ai parfois l’impression de courir sans arrêt.



Et, lorsque je rentre au Canada, je réalise ce qui m’a manqué, en dehors de mes amis :


-       Le service à la clientèle. Les magasins ouverts 7 jours sur 7, et souvent 24h/24. Et dire qu’en France, les gens font grève parce que le gouvernement propose une loi pour travailler le Dimanche, sur la base du volontariat et payé double!


-       La flexibilité et la simplicité administrative.


-       La conduite pépère et sur boîte automatique.


-       Le civisme et la politesse des gens !


Cependant, j’admets qu’il me serait probablement difficile de revenir vivre en France à l'heure actuelle. En plus de la situation économique peu reluisante, je suis également en décalage avec la mentalité générale et mes repères sont maintenant plus Canadiens que Français. En l’espace de trois ans, et avec une facilité assez déconcertante, j’ai superposé de nouveaux repères sur d’anciens que je croyais avoir mis plus de 25 ans à bâtir.


Je vois la France avec beaucoup plus d’objectivité, maintenant que je n’y vis plus vraiment. Beaucoup d’attitudes me choquent, surtout ce travers de toujours contester et manifester à chaque fois qu'un gouvernement veut faire des reformes, nécessaires et bénéfiques pour la plupart. Je n’aborde même pas le sujet des abus divers et variés de notre système social. Et l’immigration et le multiculturalisme dans tout cela ? Le fait d’être moi-même une immigrante m’a rendue plus compréhensive des difficultés que peuvent rencontrer les immigrants et refugiés en France, et le racisme parfois latent me choque. Cependant, cela ne m’a pas nécessairement rendue plus tolérante, surtout lorsque j’entends des récriminations qui ne sont pas justifiées. Au Canada, un immigrant, et aussi un réfugié dans une moindre mesure, doit se débrouiller seul.


Néanmoins, l’un dans l’autre, je m’y retrouve. Disons que je privilégie l'une de mes deux « maisons » plus que l'autre.


Bonne Année à tous !


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Activités de Noël à Vancouver

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La période de fêtes approchant, Vancouver se pare de mille et une décorations et d’activités en tout genre. Si vous vous trouvez dans la ville pendant les fêtes de fin d’année, voici quelques activités célébrant Noël.

Le 7 Décembre, se tient la traditionnelle parade du Père Noël au centre ville, en tout début d'après-midi. Défilés, musique, cadeaux, bonbons, sans oublier « Santa » comme le disent les anglophones.

Si comme moi, vous aimez les illuminations, ne manquez pas celles de Stanley Park. Jusqu’au 9 Janvier, le parc est éclairé d’un million de lanternes, et vous pouvez le visiter en train ou en calèche. Les enfants pourront également voir l’atelier du Père Noël, et le Père Noël lui-même s'il n'est pas trop occupé.

Vous pourrez également voir les illuminations de Capilano Suspension Bridge, à North Vancouver. Le pont et la forêt avoisinante seront éclairés jusqu'à mi-janvier. Vous pourrez aussi vous rendre au marché de Noël dans le village de Capilano pour déguster du pain d’épices et autres douceurs tout en écoutant des chants de Noël fredonnés par la chorale locale.

Si vous êtes gourmand, rendez-vous aux jardins botaniques de Van Dusen où nous seulement vous pourrez admirer les plantes hivernales, mais aussi savourer gaufres, chocolat chaud, pain d'épices et sucre candy faits par l'un des meilleurs pâtissiers de la ville. Attention à la ligne!
Retour sur North Vancouver, et si vous êtes plus sportif, vous pourrez skier, faire de la luge ou du patin à glace en nocturne à Grouse Mountain jusqu’au 24 Décembre. Les enfants pourront également prendre leur petit-déjeuner avec le Père Noël jusqu’au 19 Décembre.

Si le côté culturel vous intéresse plus, rendez-vous au Burnaby Village Museum, avec une exposition retraçant toutes les traditions et l’histoire de Noël, ainsi que d’autres activités. Une pièce de théâtre au thème similaire est également jouée sur Granville Island.

Comme vous le voyez, il y en a pour tous les goûts en matière d’activités de Noël à Vancouver. Pour ma part, j’essayerai de profiter de certaines d'entre elles avant le retour en France prévu pour mi-décembre. Quelques vacances bien méritées et l’occasion de faire le plein d’énergie positive pour 2009.

Joyeuses Fêtes à tous !

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Vie politique en Colombie-Britannique

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Les dernières élections fédérales ont donné lieu à une poussée conservatrice dans la province et un net recul du Parti Libéral. Cela pourrait-il présager de changements au niveau des prochaines élections provinciales qui se tiendront dans 6 mois ? Le très libéral Gordon Campbell, au pouvoir depuis 2001, va-t-il arriver à obtenir un troisième mandat consécutif ?

Si les Conservateurs devaient remporter les prochaines élections provinciales, ce serait très certainement un bouleversement majeur pour la Colombie-Britannique. En effet, le dernier Premier Ministre Conservateur de la province a été Simon Fraser Tolmie, élu en 1928. Il est néanmoins fort peu probable que cela se produise pour cette élection.

En fait, la province n'a jamais vraiment été dans la tradition classique "Libéraux versus Conservateurs". Avant l’élection de Gordon Campbell en 2001, les Libéraux n’avaient pas été au pouvoir depuis 49 ans. La province a plutôt été dans l’alternative sur le plan politique. De 1871 jusqu’en 1903, les Premiers Ministres successifs étaient des « Non Partisans », c'est-à-dire qu’ils n’appartenaient à aucun parti distinctif. D’ailleurs cette étiquette de « Non Partisan » se retrouve beaucoup au niveau municipal. Le principe du « Non Partisan » est de ne pas avoir de parti politique distinctif impliqué dans la gestion municipale. De nos jours, la réalité n'est plus aussi clairement définie. Pour la petite histoire, Gordon Campbell a été maire de Vancouver sous cette bannière.Puis, jusqu’en 1952, Conservateurs et Libéraux se sont succédé avec un net avantage pour ces derniers.

Puis jusqu’en 2001, la province a été dans l'alternative avec le NPD et un parti appelé Social Credit. La province est considérée comme un bastion par le NPD. Le parti a gouverné de 1991 à 2001 et reste le seul parti officiel d’opposition à l’Assemblée Législative à Victoria. Le parti le plus alternatif a été sans conteste le Social Credit, qui aura été à la tête de la province pendant de 36 ans, sur la période 1952-1991. Sous la houlette de ce parti, la province a vu le développement de BC Hydro et des universités de SFU et de Victoria, la création de BC Ferries et du système de santé provincial. Suite à des conflits internes, le parti s’est complètement désagrégé depuis le début des années 90 et ne joue aujourd'hui plus aucun rôle politique dans la province.

Comme vous l’aurez compris, la province n’est pas dans une ligne conservatrice. Les deux candidats en lice sont Gordon Campbell pour le parti libéral et Carole James pour le NPD. Les préoccupations majeures des habitants de la province sont l’économie et l’environnement, préoccupations qui ne sont pas différentes du reste des Canadiens. On pourrait presque dire que la crise financière tombe à point nommé pour Gordon Campbell, qui le mois dernier a annoncé toute une série de mesures à grand renfort médiatique: réduction d’impôts de 3% supplémentaires à effet rétroactif, création d’une caisse de retraite provinciale, réduction de 1% sur la taxe des petites entreprises, garantie illimitée sur les dépôts d’épargne auprès des Credit Unions, meilleur contrôle des dépenses du gouvernement et rappel de l’Assemblée Législative, entre autres.

Pour beaucoup, ce sont surtout des mesures qui vont bénéficier aux plus riches. La mise en place de ces mesures reste très floue dans l'immédiat. Par exemple, la caisse de retraite provinciale parait pour le moins intéressante. Mais comment va-t-elle être gérée ? Et par qui ? L’annonce de ces mesures ferait plutôt l’effet de promesses électorales que d’un programme concret, et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour faire l’amalgame.

On suivra avec intérêt la mesure sur le contrôle des dépenses du gouvernement, réputé pour être plus "cigale" que "fourmi", pour reprendre La Fontaine. Entre les Jeux Olympiques, le déménagement de la galerie d’art et le nouveau centre des conventions de Vancouver, cela fait beaucoup…de millions de dollars qui ne seront pas dépensés là où il y en aurait vraiment besoin. Par exemple, il ne sera investi que 800 000$ sur deux ans pour permettre aux gens atteints de maladies mentales de bénéficier des programmes adéquats. De même que l’on créé 156 logements abordables par ici, 40 places d’hébergement d’urgence par là alors qu’il en faudrait 10 fois plus.

L’aspect social n’est décidément pas le point fort du Gouvernement Campbell. C'est beaucoup plus celui de Carole James et du NPD. Le parti est notamment en faveur d'une augmentation significative du salaire minimum de la province, ce qui est absolument nécessaire au regard du coût de la vie. Le salaire est actuellement à 8$ de l'heure, ce qui en fait le plus élevé du pays. Malheureusement ce n’est pas suffisant, surtout en centres urbains. Statistique Canada définit le seuil de pauvreté à presque 22 000$ par an. Rapporté à la province, si vous gagnez moins de 11$ de l'heure, vous êtes en dessous du seuil de pauvreté. Vous ne serez guère mieux en gagnant 12 ou 13$. Le problème est qu’il y a pléthore d’emplois à ces salaires dans la province. Et les autres salaires n’ont pas vraiment augmenté non plus. Le NPD avait d’ailleurs introduit une motion à l’Assemblée Législative pour augmenter le salaire minimum, qui a été rejetée.

Autre exemple, les coûts liés à l’enseignement supérieur qui ont aussi bien augmenté depuis quelques années, de même que les intérêts des prêts gouvernementaux, alors que le montant des bourses a diminué. Le NPD souhaite inverser cette tendance. Même chose avec le programme de logements sociaux, largement tronqué par les Libéraux.

Quant à la question de l’environnement, les deux partis sont d’accord pour une province plus écologique et plus propre mais divergent évidemment sur les moyens pour atteindre cet objectif. Gordon Campbell a mis en place des mesures concrètes et palpables, bien que parfois impopulaires, comme la taxe sur l’essence instaurée en Juillet. Cette taxe prend la forme de 2 à 3 cents supplémentaires sur le litre d’essence. Quand on sait que le prix de l’essence dans la province est le plus cher de tout le pays, on comprend cette impopularité. Néanmoins ce même gouvernement Campbell a investi 14 milliards de dollars dans le développement et l’amélioration du transport public pour toute la province et ces améliorations sont déjà perceptibles. Des crédits d’impôts substantiels ont également été mis en place pour l’achat d’électroménager dit « écologique », pour les travaux d'isolation au sein des propriétés ainsi qu'un système de réductions sur la facture d'électricité en fonction de la consommation.

Côté NPD, Carole James supprimera la taxe sur l’essence si elle est élue et mettra en place en « Plan Vert », mais pour le moment, on ne sait pas de quoi il sera composé.
Et l’immigration dans tout cela ? Côté Liberal, on est très favorable à l'immigration en général, mais aussi à l'immigration francophone. De nouveaux programmes provinciaux ont été mis en place pour accueillir plus d’immigrants. De plus, 400 000$ seront investis sur un projet pilote pour l’immigration francophone. Cela peut paraître modeste, mais c'est une petite victoire au regard de la situation minoritaire de la francophonie en Colombie-Britannique.

Le NPD est aussi favorable à l’immigration, mais cela est moins apparent au niveau provincial. Carole James met plus l’accent sur les priorités économiques, peut-être au détriment d’autres sujets qui sont également importants. En tous cas, les 2 candidats ne devront pas oublier le poids de ces électeurs multiculturels.
Rien n’est joué pour ces élections provinciales. Les derniers sondages étaient plutôt serrés et il n’en faudra pas beaucoup pour faire basculer la balance dans un camp ou dans l’autre.

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Dans le creux de la vague...

Blueberry

Initialement j’avais pensé que ma chronique seraient sur les différentes élections qui vont se tenir prochainement dans la province, en plus des fédérales. Ce qui aurait fait l’occasion d’aborder la vie politique en Colombie-Britannique. Finalement, ce sera pour une prochaine fois.
Après être passée avec plus ou moins de succès par les phases de lune de miel, de choc culturel –qui n’est pas vraiment un choc- et d'adaptation initiale, je me retrouve depuis quelques temps dans une phase d’isolation mentale et également de certaine frustration. Dans la lignée de ma précédente chronique « Choc culturel », c’est de cette phase dont j’ai décidé de parler aujourd’hui, au travers de mon expérience personnelle.
Cette phase est essentiellement caractérisée par un certain rejet du pays d’accueil et par le mal du pays d’origine. Même si l’immigrant s’est adapté à son environnement, il peut se sentir bloqué par rapport à ce qu’il voudrait faire et incompris des gens de son entourage. La maîtrise insuffisante de la langue peut également encore poser problème.

Je précise que bien qu'habitée par une certaine confusion et plein de contractions, je suis contente d'être ici, et que je n'ai pas l'intention de retourner en France. Mais, après tout, je n’ai pas nécessairement besoin de me justifier. Je ne connais pas la plupart d’entre vous et je ne verrai ni n’entendrai vos réactions à la lecture de cette chronique. D’ailleurs, je pense que c’est pour cela que je peux parler plus librement et m’ouvrir à vous, lecteurs invisibles. Et puis, la plupart d’entre vous sont des immigrants, comme moi, donc peut-être un peu mieux placés pour comprendre que mes amis Canadiens « nés au Canada ». Enfin, cela fait depuis quelques semaines que je garde toutes ces contradictions pour moi, et il faut que « ça sorte ».

J’ai réalisé naïvement que mon adaptation ici a été plutôt superficielle. C’est plutôt une adaptation aux contingences domestiques. Oui, je sais comment trouver un emploi, louer un appartement, m’occuper de mes finances, me rendre d’un endroit à un autre, j’ai des amis pour sortir, mes repères au supermarché et ailleurs, je connais l’essentiel de la mentalité Canadienne et Vancouveroise. C’est déjà bien, me direz-vous, mais une myriade de ces aspects m’agace de plus en plus ces derniers temps comme le manque de culture générale, les programmes télé insipides, une certaine désinformation, le côté « politiquement correct » à tout prix, les relations parfois superficielles, voire carrément absentes etc.…
Sans compter que la distance avec ma famille se fait cruellement sentir, et pas seulement sur le plan géographique. Je suis venue seule ici. D’un côté, cela a été une très bonne chose car je suis devenue plus indépendante, j’ai beaucoup plus confiance en moi et en mes capacités. D’un autre, cela représente aussi beaucoup de responsabilités, qui sont parfois très lourdes à porter pour une seule personne. D’un côté, je n’ai que moi à consulter, ce qui facilite beaucoup d’aspects de ma vie, d’un autre j’aimerais bien justement pouvoir discuter des aspects de ma vie avec cet « Autre », qui tarde tant à venir. Comme écrit plus haut, je suis arrivée seule ici, et deux ans et demi plus tard, pas de changement dans ma situation familiale. Pourtant, il s’est passé plus de choses dans ce domaine que lorsque j’étais en France, mais pas suffisamment pour ce que je souhaite. D’où mes interrogations du type : vais-je rencontrer quelqu’un ici ? Est-ce que j’aurai des enfants ? Vont-ils naître au Canada? Suis-je vouée au célibat si en fait je reste ici? A l’approche de la trentaine, j’aspire à autre chose. La carrière c’est bien, mais cela ne remplit pas toute une vie.

Justement, parlons-en du travail. Dans mon bilan des 2 ans, j’avais écrit que je voulais me concentrer sur mon affaire de traduction. En aparté, si vous avez besoin de traduction ou connaissez quelqu'un qui pourrait en avoir besoin, n'hésitez pas! Allez, un peu de réseautage !
C’est donc ce que je fais depuis 6 mois et je suis très contente de ma décision de faire enfin ce que j'aime et surtout ce qui correspond à mes qualifications. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’avais pris cette décision. Sur les 6 derniers mois, j’ai travaillé régulièrement et ai trouvé des clients, mais comme toute nouvelle entreprise, les finances ne suivent pas forcement. J’ai constaté une réduction significative de mon revenu, ce qui, dans une ville chère comme Vancouver, n’est pas une chose aisée. J’ai beaucoup de pression à ce niveau. Parfois, je me demande si ce ne serait pas plus simple de retourner au bureau, dans une entreprise.

Une de mes plus grandes peurs est liée à l’argent. En fait, je suis terrifiée à l’idée de rentrer en France justement. Cela peut sembler irrationnel, comme beaucoup de peurs, mais c’est ainsi. D’un côté ma famille me manque, mais de l'autre je n'ai aucune perspective d’avenir, ou si peu. D’ailleurs c’est cela que j’aime au Canada, parmi tant d’autres aspects, même s’ils m’agacent ces derniers temps. J’aime toutes les possibilités qu’offre cet immense pays à qui s’en donne la peine, j’aime cette liberté d'entreprendre, j'aime cette liberté « d'être » tout simplement.

Le but de cette chronique n’est pas de vous décourager ou de présenter une vision sombre de l’immigration. Mais, comme vous vous en êtes déjà aperçu, ou comme vous vous en apercevrez à un moment donné si vous n'êtes encore pas ici, l'immigration est comme les montagnes Russes. Il y a des périodes de satisfaction mais aussi des périodes de doutes et de remise en question. D’ailleurs, après avoir écrit tout ceci, cela va déjà un peu mieux. Et si j'essayais justement de parler à mes amis Canadiens de tout cela? Ils me comprendraient peut-être mieux que je ne l’imagine…. Ma prochaine chronique se fera dans un autre état d'esprit, c'est promis!

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Vancouver: style de vie

Blueberry

On parle souvent de la qualité de vie de Vancouver et de son style de vie particulier, probablement uniques au pays. Il y a d’ailleurs une description humoristique de ce style de vie qui circule « en ville ». A mon tour de vous la faire partager, un peu d’humour en cette période de rentrée et avant la grisaille de l’Hiver ne nous fera pas de mal.

Vous savez que vous vivez à Vancouver quand:
- Vous connaissez la signification profonde de « périodes ensoleillées »
- Vous attendez avec impatience un jour « d’averses entrecoupées de périodes ensoleillées »
- Vous enfilez un short lorsqu’il fait plus de 5º mais gardez vos bottes et votre parka
- Vous mettez des sandales dés qu’il fait plus de 10º mais gardez vos chaussettes
- Vous gagnez plus de 250 000$ par an, mais ne pouvez toujours pas vous acheter une maison
- Votre assurance voiture coûte aussi cher que votre loyer
- Vous reconnaissez le décor dans les films et séries
- Vous savez que Dawson’s Creek est une ville et non une série TV
- Vous ne faites même plus attention lorsque vous croisez une vedette de cinéma dans la rue
- Vous prononcez correctement Osoyoos, Chiliwack et Tsawwassen
- Habiter au centre-ville et travailler en banlieue ne vous paraît pas étrange
- Vous faites la différence entre le café de Starbucks, Tim Hortons et Blenz
- Vous mesurez la distance en heures
- Vous avez votre petite histoire sur les tremblements de terre, même si vous n’en avez jamais vécu un
- Vous faites la différence entre la cuisine Japonaise, Chinoise et Coréenne, de même qu’entres les langues, même si vous ne les parlez pas
- Vous attendez sous la pluie et dans un coin désert que le signal piéton passe au vert
- Vous pouvez pointer au moins deux montagnes, même si elles sont cachées par le brouillard
- Vous avez déjà dormi avec une couette en été
- Vous passez souvent du chauffage à l’air conditionné dans la même journée
- Vous avez toujours un parapluie et une paire de soleil avec vous
- Vous culpabilisez lorsque vous jetez des papiers ou des canettes d’aluminium dans la poubelle

Après quasiment deux ans et demi à Vancouver, je me suis aperçue à quel point certains aspects de la liste étaient tout à fait vrais. Par exemple, je fais la différence entre les cafés de chez Starbuck etc.... Même chose en ce qui concerne les films. Il y a deux ans, alors que je me rendais à Stanley Park, je me suis retrouvée en plein milieu d'un tournage. L'équipe de production a permis aux passants de rester pour voir l'envers du décor, ce qui a été une expérience très intéressante.

J’arrive maintenant à prononcer correctement Osoyoos, Chiliwack et Tsawwassen...avec un peu de pratique tout de même. Pour les noms Indiens, ce n’est encore pas cela ! J’ai déjà dormi avec une couette en été. J’ai toujours un parapluie et une paire de lunette dans mon sac. Et j’admets aussi que j’ai sagement attendu sous la pluie et dans une rue déserte que le signal piéton passe au vert. Cela doit être la voie de l’intégration sans doute !
Tout n’est pas rose non plus, loin de là. Ce style et cette qualité de vie ont un revers de médaille. Le premier étant le coût justement de cette qualité de vie, qui n’est pas donné. La ville est, avec Toronto, la plus chère du pays. Mais, les problèmes de Vancouver feront l’objet d’une autre chronique.

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Emploi et intégration à Vancouver

Blueberry

Comme je l’ai déjà écrit dans une précédente chronique, l’intégration globale des immigrants passe avant tout par une intégration sur le plan économique. Ici, quelques suggestions pour essayer de faciliter cette intégration économique, que vous soyez nouvellement arrivé ou même ici depuis plus longtemps. Je donnerai quelques exemples de la situation en Colombie-Britannique.
La province est l’une des plus dynamiques du pays, malgré la récente crise de l’industrie forestière. D’autres industries phare comme la mine, la construction, la pêche et le tourisme entre autres lui permettent d’atteindre de très bons résultats économiques et d’être attractive pour des milliers de gens du monde entier, mais aussi des autres provinces.

Selon BC Stats (organisme du gouvernement provincial), le taux de chômage de la province en Mai était à 4.5%. Si l’on détaille par catégorie de population et par sous-catégorie (âge, genre…) ce que je ne ferais pas ici, les écarts sont significatifs. Le taux de chômage des immigrants est globalement 2 fois plus élevé que celui des personnes nées au Canada. Je ne rentrerai pas dans les détails non plus, le but de cette chronique n’étant pas d’aligner les chiffres. Il s’écoule une période d’entre 5 et 10 ans, avant que le taux de chômage des immigrants soit égal à celui des Canadiens dans la province.

Il y a quelques temps, un cabinet de consultants en Ressources Humaines de Vancouver (dont le nom m’échappe complètement, désolée) a publié les résultats d’une enquête sur l’immigration dans la province. La préoccupation principale des immigrants est de trouver un emploi « adéquat ». « Adéquat » signifie avant tout dans leur domaine de compétences, ou dans ce qu’ils voudraient faire, bien avant la question du salaire.

Car même si l’immigrant a un emploi lui permettant de payer ses factures, de faire vivre sa famille, et même parfois avec un salaire tout à fait décent, si ce n’est pas dans son domaine de compétences, ou si ce n’est pas ce qu’il veut faire, il aura un sentiment de décalage ou de frustration, voire même les deux, par rapport au pays d’accueil.

L’enquête soulignait aussi les principaux obstacles à l’emploi adéquat pour les immigrants de la province. On retrouve les ordres professionnels et le manque d’expérience locale. Néanmoins, le premier obstacle est le niveau d’Anglais, loin devant les ordres et l’expérience Canadienne. Dans le ROC en général, si vous ne parlez pas Anglais, cela risque de poser problème, non seulement pour trouver un emploi, mais aussi pour vivre tout simplement. Ne pas maîtriser la langue prive de beaucoup de choses et affecte l’intégration sur le long-terme, à mon sens. Un employeur ne vous engagera pas pour améliorer votre niveau d’Anglais. Il faut donc être opérationnel. Pour les résidents permanents, il y a des organismes offrant des cours gratuits. Donc, plus d’excuses !
Je mets volontairement à part la question des ordres professionnels, sur lesquels l’immigrant n’a aucun contrôle, ou si peu. Il y a des erreurs commises par les nouveaux arrivants -et par les autres- qui peuvent entraver l’accès à l’emploi et donc les premières étapes vers l’intégration. Cela s’applique d’autant plus si vous recherchez un premier emploi, mais aussi par la suite. Et sur ce point, vous avez le contrôle total pour corriger ces erreurs.

Chaque année, les gouvernements fédéral et provincial investissent des centaines de milliers de dollars dans des organismes et associations d’aide aux immigrants. Selon BC Stats, seulement 12% des immigrants de la province utilisent ce genre de services. C’est une erreur de ne pas s’adresser à ces organismes. Vous avez envoyé des tas de CV, et reçu aucun appel pour une entrevue. Vous pensez peut-être que c’est parce que vous êtes immigrant ou que vous n’avez pas d’expérience locale ? Réfléchissez bien ! Votre CV et votre lettre ne sont peut-être pas adaptés au marché local. Et même après, si vous voulez changer d’emploi ou de carrière, ces associations peuvent encore vous être très utiles.

C’est tout le but de ces organismes de vous aider à trouver un emploi, de vous donner des informations sur le marché du travail, comment créer votre entreprise, etc.…Sans compter que ces organismes ont leur propre réseau et offres d’emploi. Et, oui le réseautage ! 75% des offres d’emploi ne sont pas publiées dans la province. Si vous restez derrière votre écran d’ordinateur, les perspectives de trouver un emploi seront fortement limitées. Il faut sortir !

Profitez-en également pour sortir de votre communauté. Il est confortable de rester avec des gens qui parlent votre langue et ont la même culture. Mais il également très intéressant d’avoir un autre point de vue, surtout que les gens de votre communauté ne sont parfois pas de bon conseil.
Enfin, essayez de relativiser la recherche d’emploi. Trouver un emploi n’est facile pour personne. C’est plus difficile pour les nouveaux immigrants, j’en conviens. Il faut éviter de tomber dans les clichés du type : être obligé de faire livreur de pizza ou gardien de sécurité, en attendant de trouver mieux. C’est loin d’être systématique. Même chose avec le travers « Canadiens contre Immigrants ». Oui, la discrimination et le racisme existent, mais ils ne sont pas systématiques non plus. L’attitude est aussi importante que les démarches entreprises pour trouver un emploi.
Quand vous vous sentez découragé, ce qui arrivera inévitablement, débarrassez-vous des gens négatifs ou ne prêtez qu’une oreille distraite à leurs histoires. Si vous essayez de mettre en pratique ces quelques suggestions, vous êtes déjà sur la bonne voie pour trouver l’emploi qui convient. Ce ne sera pas toujours facile, parfois long, mais c’est possible.

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Vancouver, cet été: à voir, à faire

Blueberry

Maintenant que les jours sont plus longs, et on espère bientôt plus ensoleillés, la ville se pare d’activités de tous genres pour l’été. A Vancouver, il y a de quoi faire, qu’importent votre âge, votre budget et vos préférences.

Vous êtes sportifs ? Direction Stanley Park, Grouse Mountain et Lynn Valley. Le parc a globalement retrouvé la splendeur qu’était la sienne avant la tempête de fin 2006. Pistes cyclables, canards et oies bernaches peu farouches vous attendent. Si vous préférez un relief plus marqué, c’est à North Vancouver que cela se passe. Si vous êtes fatigué, ou si vous n’avez pas le courage d’attaquer la pente raide, le téléphérique de la Grouse Mountain vous amènera en haut ou vous ramènera en bas, au choix. Vous pourrez également sautiller sur les ponts suspendus de Capilano et de Lynn Valley.

Vous voulez bronzer ou plonger dans l’Océan Pacifique ? Direction English Bay et le quartier de Kitsilano, où de nombreuses plages vous accueilleront.

Vous aimez la culture ? Direction le campus de l’UBC et son musée anthropologique. Environ 500 000 pièces d’art de toutes origines sont abritées au musée. Toutes ne sont pas exposées, mais il y a de quoi faire. Vous préférez des artistes plus contemporains ? Direction Granville Island et ses artistes locaux : peinture, céramique, verre, vous trouverez sûrement votre bonheur. Et si vous n’y arrivez pas, vous pourrez toujours demander conseil à la voyante, installée ici !

Vous aimez à la fois la culture et vous amuser, ou vous avez des enfants ? Direction l’aquarium ou Science World. Ouvert en 1956, l’aquarium est un des plus grands d’Amérique du Nord, et compte plus de 70 000 espèces de poissons, mammifères marins et autres grenouilles. A Science World, vous en saurez plus en biologie, physique, chimie en vous amusant autant que vos enfants.
Vous et vos enfants ne voulez que vous amuser ? Direction la Pacific National Exhibition ou PNE, avec attractions, manèges et barbe à papa.

Vous voulez écouter de la musique ? Direction le Festival International de Jazz, jusqu'à la fin du mois, essentiellement au centre-ville.
Envie de francophonie ? C’est au Festival d’Eté que cela se passe, jusqu’au 24 juin, avec entre autres les Cowboys Fringants et Bruno Pelletier.

Vous aimez les brocantes ? Vous êtes lève-tôt ? Direction le Flea Market sur Terminal Avenue le Samedi matin. Vous êtes couche-tard ? Direction le marché nocturne de Richmond, ouvert tout l'été.
La botanique vous intéresse ? Direction les jardins de Van Dusen, sur Oak Street, hôte de 255 000 plantes à voir toute l’année.

Je n’oublierai pas de mentionner le Festival de Lumière, du 23 juillet au 2 Août. Il s’agit d’une compétition de feux d’artifices sur English Bay.
Si j’ajoute à tout cela les festivités du 1er Juillet et du 4 Août, respectivement fêtes nationale et provinciale, l’Eté s’annonce bien rempli sur Vancouver.

Le mieux est que tous les sites mentionnés ci-dessus sont accessibles par transports publics. On dit souvent de Vancouver que l’on pourrait faire du ski et aller à la plage au cours d’une même journée, si la météo s’y prêtait. Si l’on applique cela à la saison d’Eté, il est parfaitement possible d’aller se promener sur la Grouse Mountain la journée, et d’aller voir le coucher de soleil sur English Bay le soir.

Ainsi est faite la ville….Bon Eté, et bon séjour à Vancouver !

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Choc culturel

Blueberry

Non seulement je suis en retard, mais en plus, je me retrouve devant l’angoisse de la blanche. Je suis sûre que mes collègues chroniqueurs se reconnaîtront dans cette situation. Ce ne sont pas les idées de sujet qui me manquent, je ne sais simplement par où commencer.

Le mot « angoisse » me fait justement penser à toutes les étapes qui ont jalonnées mon parcours depuis mon arrivée au pays. Car oui, l’immigration comporte des moments angoissants. Ce n’est pas un processus de tout repos, et on n’y est jamais totalement préparé, quoi qu’on en dise.
Je pense notamment au choc culturel qui m’a frappée, et qui frappe tous les immigrants, peu après mon arrivée à Vancouver. Pourtant, contrairement à son nom, le choc culturel n’est pas instantané, et il arrive très souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Il n’est pas nécessairement le fruit d’une série d’événements non plus. Le choc culturel est d’abord un synonyme de désorientation.

Lorsqu’on arrive dans un nouveau pays, on amène tout un bagage culturel de valeurs, de références, de croyances qui orientent notre façon d’agir et de penser. Au bout d’un certain temps, on s’aperçoit que notre bagage culturel n’est pas le même que celui du pays d’accueil, et c’est ce qui produit le choc et une certaine désorientation.

Les manifestations les plus communes du choc culturel sont les suivantes : une certaine frustration et irritabilité, sautes d’humeur, sentiments négatifs à l’égard du pays et de ses habitants, sentiment d’isolement, ennui, mais aussi des symptômes physiques comme la fatigue, maux de tête et de dos. Il peut y en avoir d’autres. Par exemple, j’étais souvent fatiguée, en plus de la frustration liée à la difficulté relative de trouver un emploi et de se refaire de nouveaux amis. Quand j’ai trouvé mon premier emploi, pendant les 2 premiers jours, j’ai été malade et ne pouvais rien avaler. Par la suite, j’ai attrapé un rhume qui a mis 3 semaines à passer et avec extinction de voix en prime, en plein mois d’Août.

Beaucoup d’immigrants parlent du choc culturel qu’ils ont vécu sur leur lieu de travail. Oui, les relations et méthodes de travail sont différentes ici. Mais, d’autres aspects plus anodins du pays d’accueil peuvent contribuer au choc culturel, comme la nourriture ou la météo. Puisque j’en parle, la pluie et l’hiver ont été un gros choc pour moi, ici, à Vancouver. Originaire des Alpes, j’étais plus habituée au froid et à la neige, et à l’air sec. Le premier hiver, j’étais inconfortable physiquement. J’avais trop chaud !

Bon nombre d’entre vous doivent déjà se dire : mais, ne s’était-elle pas renseignée avant de venir ? Ne savait-elle pas qu’il pleut beaucoup à Vancouver ? Bien sûr que je le savais. Je vous entends encore : pourquoi nous parle-t-elle donc de cela, si elle le savait?

Ce qui m’amène à la comparaison suivante : nous savons tous qu’un jour nos parents vont mourir. C’est inéluctable. Mentalement, nous le savons. Mais lorsque l’inévitable arrive réellement, le gérons-nous mieux pour autant ? Dans la majeure partie des cas, non, parce qu’émotionnellement, nous ne sommes pas prêts. C’est globalement la même chose pour le choc culturel. Oui, on a fait des recherches, on est venu en voyage de prospection, on sait que cela va être difficile de trouver un emploi, qu’on ne parle pas la même langue, que l’hiver il fait très froid, que la nourriture est différente, oui, on sait tout ! Et pourtant, quand nous vivons vraiment ces situations, le prenons-nous bien ? Pas nécessairement.

Le choc culturel est sournois, on ne sait jamais quand il va arriver, ni surtout combien de temps il va durer. Il ne disparaîtra jamais complètement non plus. Pour certains, il semble ne jamais s’arrêter. Pour d’autres –dont moi- cela a été un mauvais moment à passer. Pour vivre au mieux le choc culturel, et passer à l’étape suivante de l’adaptation, il faut voyager léger et accepter de laisser une partie de son bagage culturel derrière soi. Au lieu de lutter contre la remise en question qui accompagne généralement le choc culturel, il vaudrait mieux l’accueillir, et en profiter pour faire du tri dans notre bagage.

Pourquoi ne pas ranger des valeurs qui ne nous correspondent plus ou des références qui ne sont d’aucune utilité ici, et en acquérir de nouvelles ? Cela va demander un effort supplémentaire, alors que nous trouvons que nous en faisons déjà assez, ou que nous croulons sous le poids des responsabilités (trouver un emploi, un logement, s’occuper des enfants…).

Mais, cela en vaut la peine, car la remise en question nous permet d’avancer et c’est la première des nombreuses étapes menant à l’intégration. Je situe globalement la plus grande partie de mon choc culturel entre Juillet 2006 et Février 2007. Et oui, je suis contente d’avoir surmonté cette étape ! Je me sens maintenant plus en phase entre ma propre culture et celle d’ici. Pendant cette période de turbulences, j’ai eu la chance d’être entourée de gens positifs, qui m’ont beaucoup soutenue, et puis j’ai toujours travaillé dans mes domaines de compétences, ce qui aide aussi.
Car, selon moi, la voie de l’intégration commence d’abord par une intégration sur le plan « économique et financier» de l’immigrant. Mais cela est un autre débat. Disons que maintenant, je me sens « adaptée ». Pour ce qui est de me sentir « intégrée », je vous en reparle dans quelques années.

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Vancouver 2010

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Après Montréal en 1976 et Calgary en 1988, c’est au tour de Vancouver d’accueillir les Jeux Olympiques d’Hiver en 2010. Sur fond de parcours chaotique de la flamme pour les prochains Jeux de Pékin cet Eté, examinons les controverses que les Jeux de 2010 sembleraient déjà susciter.
Comme chaque Jeux de l’ère moderne, le coût financier soulève bien des interrogations et des exclamations. Les lieux de compétitions, de même que pour les cérémonies de clôture et d’ouverture sont déjà tous disponibles à Vancouver et Whistler, nous a-t-on déclaré à maintes reprises. Il ne manquerait donc que le village olympique, si l’on suit cette logique. Dans ces cas-là, pourquoi construit-on une nouvelle patinoire à Richmond, pour le patinage de vitesse, alors que ces compétitions pourraient très bien se tenir à GM Place par exemple. Et pourquoi construit-on un deuxième stade à Vancouver même, alors qu’on en a déjà un qui fait très bien l’affaire ? Et que va-t-il advenir de ces installations après 2010 ? Elles seront réutilisées, nous promet-on, sans donner plus de précision.
Après toutes ces considérations, le coût d’abord estimé à 110 millions de dollars en 2003 est passée à 580 millions l’année dernière, et l’on pense qu’il franchira la barre des 2 milliards d’ici à 2010. Une bonne partie sera à notre charge, à nous, habitants de la ville, ainsi qu’à ceux de Whistler.
Les Jeux suscitent une controverse sociale, qui à mon humble avis, est la seule légitime. C’est celle relative au Downtown Eastside, le quartier le plus pauvre de tout le Canada où sans-abris, drogues et problèmes de santé mentale font partie de la vie ordinaire. On voit déjà des propriétaires d’hôtel en ruines, alléchés par le chant des sirènes –ou devrais-je dire des dollars-, faire des rénovations à grand frais, se débarrassant par la même occasion de locataires bien encombrants. Des gens en situation précaire se retrouvent en situation encore plus précaire, et cela est un vrai problème. Néanmoins il n’appartient nullement au Vanoc de le régler, mais bel et bien aux autorités locales et aux gouvernements provincial et fédéral. Et de ce côté, silence radio absolu. Certains y verraient même une opportunité, de déplacer le problème, sans le régler, ce qui arrangerait beaucoup de monde.
Il faut aussi signaler que les Jeux ont plus ou moins directement entraînés une augmentation du coût de la vie en général, et plus particulièrement dans l’immobilier. Une maison individuelle à Vancouver se vend en moyenne à 900 000$ depuis le début de l’année. Les salaires sont encore loin de s’être alignés sur ce nouveau coût de la vie. Il n’y a pas que pour les habitants du Downtown Eastside que les choses sont plus difficiles.

Autre controverse qui n’en est pas vraiment une, l’attitude des Premières Nations face aux Jeux. Le 6 Mars 2007, un groupuscule nommé The Native Warrior Society s’empare du drapeau olympique de Robson Square. Les raisons demeurent assez floues. Le groupe estime que les Jeux sont une humiliation pour les Premières Nations. Certaines installations sur l’axe Squamish-Whistler se trouvent sur des terrains appartenant aux Autochtones. Les 4 tribus concernées se sont regroupées en « Four Host First Nation » et ont signé un accord de coopération avec le Vanoc. A ma connaissance, le Comité n’a pas menacé, ni forcé les Premières Nations à signer. On n’a pas réentendu parler de ce groupuscule depuis, ce qui dénote d’un manque de crédibilité. Il est prévu que les tribus soient présentes dans les cérémonies d’ouverture et de clôture, et vendent leurs propres produits dérivés. Elles ont également été consultées sur le logo olympique, mais ont été déçues du résultat final.
Nous arrivons maintenant aux mouvements écologistes, inquiets pour l’écosystème se trouvant sur la « Sea to Sky Highway », entre West Vancouver et Whistler. Il est prévu et absolument nécessaire d’améliorer cette route, qui à l’heure actuelle n’est pas du tout adaptée à un trafic olympique. Par expérience personnelle, on croirait plutôt aller en enfer qu’au ciel. On met également cela sur le compte du Vanoc, à tort. Ce problème a été soulevé il y a des années, bien avant l’attribution des Jeux en 2003. La route a subie multiples réparations et améliorations, mais qui ne suffisent plus aujourd’hui. Les écologistes restent vigilants, de même que les autorités locales et ingénieurs responsables du projet. Affaire à suivre…
Aurait-on enfin fait le tour de toutes ces vraies-fausses controverses ? Je ne le pense pas. J’en oublie certainement d’autres. Il y aura toujours des mécontents et des insatisfaits, mais les Jeux seront là dans deux ans, qu’on le veuille ou non. Les exigences et attentes par rapport au Vanoc sont beaucoup trop élevées. Faire des Jeux un bouc-émissaire ne changera rien aux problèmes de la ville de Vancouver. Les Jeux Olympiques sont avant tout un événement sportif, et il serait rafraîchissant de remettre le sport sur le devant de la scène.
Je concède néanmoins que les Jeux sont une véritable entreprise commerciale maintenant. A ce propos, Calgary est la seule ville olympique à avoir fait des bénéfices. Pariez-vous qu’il en sera de même pour Vancouver ? Faites vos jeux !

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Bilan : 2 ans à Vancouver

Blueberry

Voila, ca y est, cela fait presque 2 ans que je suis à Vancouver. Il s'en est encore passé des choses au cours de cette deuxième année, mais cela n'est pas pour me déplaire. Cette année aura été plus ou moins en contradiction, caractérisée par une relative instabilité professionnelle, mais une meilleure stabilité personnelle.

Apres le choc culturel, s'en est suivie une période d'adaptation entraînant une certaine routine. Et oui, maintenant je suis bien installée à North Vancouver, mon appartement est totalement meublé
-j'ai encore quelques souvenirs persistants du camping que j'ai fait pendant 2 mois-, je suis organisée pour toute les contingences domestiques, je sais comment me rendre d'un endroit à un autre, j'ai un dentiste, un médecin, une coiffeuse etc.?etc.?

J'ai également un petit groupe d'amis que je vois régulièrement et sur lesquels je peux compter. Ce qui n'est pas négligeable, car quelque part on recommence à zéro lorsque l'on décide de changer de pays. Cela n'a pas été évident de rencontrer ses personnes et par la suite de les garder dans ma vie. Il m'a fallu aussi un petit temps d'adaptation au côté parfois superficiel des relations, mais qui somme toute permet de passer de bons moments et de vivre dans le présent. Un côté un peu Carpe Diem en résumé.

Le fait d'avoir des amis m'a permis de profiter beaucoup plus de la province et de tout ce qu'elle a à offrir. J'ai visité plus d'endroits, assisté à plus d'événements et vu plus de choses. Et surtout j'ai apprécié tout cela. Certainement bien plus que lorsque mon père était venu me rendre visite en Octobre 2006 - ne t'inquiète pas Papa, on va se rattraper le mois prochain !-Il faut dire qu'à cette période, non seulement j'étais en plein choc culturel, mais en plus mon compte bancaire ne présentait pas un solde mirobolant.

Ce qui m'amène au point suivant : le travail et les finances, véritables nerfs de la guerre -ou devrais-je dire de l'intégration ?- pour le nouvel arrivant, mais aussi pour les autres. L'année 2007 avait pourtant bien commencé. Apres avoir quitté mon premier emploi qui non seulement était mal payé, mais qu'en plus je n'aimais pas du tout, je croyais avoir trouvé un emploi plus que convenable, qui d'une part était dans mon domaine premier -traduction-, mais surtout qui était mieux payé et m'offrait une certaine stabilité. Cela a été en partie vrai. Malheureusement mon employeur avait des pratiques professionnelles assez douteuses, surtout d'un point de vue éthique. J'ai donc décidé d'interrompre la collaboration au bout de 6 mois.

Cela n'a pas été sans conséquences. Bien que cet emploi m'a permis de payer mes factures, mais aussi d'avoir quelques économies, il n'a m'a pas donné un filet de sécurité suffisant pour prendre le temps de chercher un autre emploi me convenant plus. J'ai donc dû retrouver du travail au plus vite. Et dans ces cas-là, on a tendance à prendre le premier emploi qui se présente, ce qui n'est pas toujours une bonne chose non plus.

Même si ce nouveau travail était dans mon autre domaine -secrétariat-, le salaire ne me permettait pas de vivre décemment, et j'arrivais à peine à joindre les 2 bouts dans cette chère ville de Vancouver. Mon employeur, très gentil, voulait me donner plus de responsabilités, mais sans augmentation de salaire. Donc, démission à la fin de la période d'essai. En termes de compétences, cet emploi est celui qui se rapprochait le plus du niveau que j'avais en France dans ce domaine.

A mi-septembre, je me retrouve donc une fois de plus à la recherche d'un emploi. Financièrement, je suis assez fragile, mais je décide de prendre le temps de réfléchir à ce que je veux vraiment faire professionnellement. Tout au fond de moi, je sais que je veux privilégier la traduction, qui non seulement correspond à mes études, mais qui est également ce que je veux vraiment faire. Surtout que cela a été très facile de me mettre à mon compte ici, et je ne me suis pas heurtée aux ordres professionnels non plus.

Et pourtant, j'hésite. C'est sûr, le secrétariat, c'est la facilité, des offres à profusion ou presque, donc pas besoin de trop chercher, et surtout la régularité immuable du salaire, ce qui n'est pas le cas en traduction. Du coup, je prends la mauvaise direction, avec le recul je m'en rends compte. Ce choix a aussi été motivé par ma propre situation personnelle. C'est d'ailleurs pendant cette période de doutes et de questions que je m'aperçois que ma vie en France n'était pas si stressante et que j'étais dans un confort douillet avec Papa-Maman à proximité et toujours prêts à aider en cas de besoin -pas uniquement financier-. Ici, je suis mon seul soutien. Personne d'autre ne payera mes factures à ma place. Je n'ai pas de solution de repli non plus si les choses tournent mal.

Elles ont bien failli mal tourner d'ailleurs. Au bout de 18 mois à Vancouver, j'étais déterminée à trouver du travail qui corresponde à mes compétences et surtout avec le salaire en rapport. Cela n'a pas été une mince affaire. Il a fallu attendre début décembre pour que cela se produise. Le salaire est vraiment à la hauteur, c'est indéniable, mais au fil des semaines, je me rends compte que ce n'est vraiment pas ce que je veux faire.

Un petit retour en France à Noël me fait le plus grand bien après cet Automne tumultueux. J'en ai aussi plus profité qu'en 2006. Et j'étais tout aussi contente de revenir. Finalement, oui, j'étais dans un cocon en soie en France, mais telle la chenille se transformant en papillon, je suis contente d'en être sortie et de voler de mes propres ailes. Ma vie est belle et bien ici maintenant, et non là-bas.

Tout en restant dans mon emploi actuel, je décide de prospecter sérieusement pour développer mon affaire de traduction. Finalement, les retours sont meilleurs que je l'espérais. J'en arrive à un point ou je ne peux plus tout concilier, un emploi administratif à temps plein la journée, des traductions et la recherche de contrats le reste du temps, sans oublier ma vie personnelle. Une décision s'impose. Puisque les derniers mois m'ont démontrée que c'est définitivement dans la traduction que je veux être, j'ai donc donné mon préavis de mon emploi.


Je suis contente de ma décision. Il est possible que les choses soient un peu difficiles au début, surtout financièrement, mais je me suis aperçue que j'avais plus d'options que je le croyais. Je sais que si besoin est, je pourrais toujours me tourner vers le secrétariat, même temporairement ou à temps partiel. Depuis que je suis au Canada, je suis toujours arrivée à trouver du travail dans mon domaine, je ne vois pas pourquoi cela changerait finalement.

D'ailleurs le fait d'avoir pris cette décision de faire enfin ce que je veux niveau carrière m'a rendue plus heureuse et a eu des répercussions sur ma vie personnelle. Là aussi, les choses se sont faites lentement mais sûrement.

Malgré ces quelques déconvenues professionnelles, je suis toujours aussi ravie d'être à Vancouver. Et j'espère que cela continuera. Je terminerai cette chronique en ajoutant que le forum et Immigrer en général m'ont aussi beaucoup apporté pour cette année écoulée. Je n'oublierai pas de sitôt la rencontre avec « Notre Jimmy » à Vancouver-même. Il a eu du mal à me faire avaler la pilule blanche et bleue, d'ailleurs il préfère aller à Ottawa depuis. Mais je sais qu'il reviendra !

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Colombie-britannique : 150 ans, Joyeux anniversaire.

Blueberry

Cette année, la Colombie-Britannique fête ses 150 ans. Penchons-nous un peu sur l'histoire de la province et sur les gens qui l'ont façonnée.

Les Amérindiens furent les premiers habitants de la Colombie-Britannique. Arrivés, il y a environ 6 000 a 8 000 ans de cela, on distingue 6 groupes : kootenay, salishan, haida, tlingit, wakashan et tsimshian. Statistique Canada a estimé le nombre d'autochtones vivant dans la province à un peu plus de 170 000 en 2001.

Selon une hypothèse, Francis Drake aurait été le premier Européen à aborder les côtes de la province au XVIème siècle. Officiellement, l'Espagne fut le premier pays ayant découvert la Colombie-Britannique. En 1774, le navigateur Jose Perez Hernandez longea les côtes des actuelles Iles de la Reine Charlotte, et les revendiqua au nom de la Couronne Espagnole, sans y mettre les pieds ! En 1778, le Britannique James Cook pénètre dans le détroit de Nootka, au Nord Ouest de l'actuelle Ile de Vancouver, et le revendique au nom de la Couronne Britannique. Un conflit éclatera en 1789 avec l'Espagne, qui se soldera par la conclusion des accords de Nootka en 1794, garantissant des droits égaux pour les deux pays, sans toutefois régler la question de propriété du territoire.

Un an avant le début du conflit Anglo-espagnol, le navigateur britannique John Meares débarque à Nootka avec les premiers immigrants Chinois. L'immigration Chinoise est profondément liée à l'histoire de la province, et s'est faite par vagues successives.

En 1792, George Vancouver arrive dans l'île avec mission de dresser une carte de la côte allant de l'Oregon jusqu'à l'Alaska. Alexander MacKenzie sera le premier à effectuer un voyage à l'intérieur du pays pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest ou CNO. La CNO était la concurrente de la célèbre Compagnie de La Baie d'Hudson. D'autres explorations seront faites au nom de la CNO par Simon Fraser et David Thompson au début du XIXème siècle. David Thompson a découvert le fleuve Columbia ayant donné son nom à la province.

Toujours au début du XIXème, la Compagnie de la Baie d'Hudson contrôle la traite des fourrures dans la province, mais également dans les états actuels de Washington et de l'Oregon. Beaucoup de colons Américains refusent la suprématie de la CBH. Des conflits territoriaux éclatent avec les Etats-Unis et se solderont par le Traité de l'Oregon en 1846, fixant la frontière de la province au 49eme parallèle, à l'exception de L'Ile de Vancouver, ou la CBH se base, à Victoria. L'intérieur de la province se retrouve sans statut officiel. En 1851, James Douglas devient le premier gouverneur de l'Ile et fonde une assemblée législative en 1856.

Vers 1858, des gisements d'or sont découverts à l'intérieur des terres. C'est « la ruée vers l'or », le long du fleuve Fraser, de Lilloet à Bakerville et au dela, jusqu'en 1862. 1858 est également l'année ou l'Ile et l'intérieur des territoires sont réunis en une seule province, sous administration de James Douglas. New Westminster est la première capitale. Victoria le deviendra en 1868.
En 1871, la province décide d'adhérer à la Confédération après avoir obtenu la promesse de la construction d'un chemin de fer qui la reliera au reste du pays. Il faudra 15 ans pour que le premier train arrive à Port Moody. La majorité des travailleurs étaient des Chinois. Leurs de conditions de travail et de vie étaient abominables. Non seulement leur salaire était très bas, mais ils devaient également payer leur nourriture et frais médicaux. Ils ne pouvaient ni envoyer d'argent à leur famille, ni la faire venir au Canada.

Les familles des travailleurs tués n'ont reçu ni avis de décès, ni compensation. Les immigrants Chinois étaient également les seuls à payer une taxe sur l'immigration, d'abord fixée à 100$, puis à 500$ dés 1903. De plus, ils ne pouvaient prétendre à la nationalité Canadienne.
Vers 1890, l'industrie minière se développe, principalement dans la région de Kootenay. Cette industrie demeure très importante. L'agriculture est en plein essor dans la vallée de l'Okanagan et à Kamloops.

L'arrivée dans le XXème siècle voit le développement de l'industrie forestière et de la pêche, qui restent majeures aujourd'hui. La province perd également des kilomètres carrés suite à un conflit avec les Etats-Unis sur la frontière de l'Alaska.

Les lois sur l'immigration Chinoise se durcissent. C'est le début de la « Période d'Exclusion » qui durera de 1923 jusqu'en 1947. Les Chinois de Vancouver n'avaient notamment pas le droit d'acheter des propriétés hors de Chinatown, quartier prospère et bien plus sûr qu'aujourd'hui.
Un autre épisode marquant est le traitement qu'a fait subir le gouvernement provincial aux Canadiens d'origine Japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale. Suite aux bombardements de Pearl Harbor, toute la communauté Japonaise est dépouillée de ses biens et envoyée dans des camps de travail vers l'intérieur de la province, mais aussi en Alberta et au Manitoba. Ce n'est qu'en 1949 que les Canadiens d'origine Japonaise retrouvent leur liberté. Le gouvernement provincial a eu beaucoup de mal à admettre ses erreurs.

Après un ralentissement économique, la croissance reprend dés les années 50, notamment grâce à l'amélioration des transports qui permet une meilleure exploitation et gestion des ressources. L'Expo Universelle de 1986 portait d'ailleurs sur ce thème. Le prochain grand rendez-vous de la province est en 2010 avec les Jeux Olympiques de Vancouver.

Il se sera passé beaucoup de choses en 150 ans ! D'abord considéré comme « sauvage » et « difficile à gouverner », la Colombie-Britannique se sera révélée pleine de trésors et à l'avenir prometteur.

Je terminerai cette chronique en nommant quelques célébrités contemporaines, de la scène nationale et internationale, natives de la province : Kim Campbell, ancienne Première Ministre du Canada, les chanteurs Nelly Furtado et Bryan Adams, David Suzuki, biologiste et militant écologiste, Emily Carr, artiste peintre, l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick, l'acteur Michael J. Fox.

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Présentation de Blueberry

Blueberry

Bonjour à tous,

Je m'appelle Stéphanie -alias Blueberry4579- et j'habite à Vancouver depuis presque 2 ans. Pour ce qui est du du site et du forum, je les ai découverts un peu par hasard, alors que j'étais en procédure d'immigration, il y a déjà plus de 5 ans. D'abord utilisatrice très silencieuse et occasionnelle, me voici maintenant chroniqueuse. Que de chemin parcouru !

Mon histoire avec le Canada a débuté en 2001, à l'occasion d'un séjour touristique sur l'axe Toronto-Ottawa- Montréal. Et j'ai eu le coup de foudre pour le pays. J'ai donc décidé de me renseigner pour savoir comment retourner et rester un peu plus longtemps. A cette époque, les critères de sélection étaient différents, et mon profil ne passait ni au CSQ, ni au Fédéral. Les autres options ne me convenaient pas forcément. Il fallait donc patienter.

J'avais bien conscience de la différence entre passer des vacances dans un pays et aller s'y installer. Puis, il y a aussi la fameuse question sur les raisons et motivations qui font qu'un jour on va voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Pour ma part, j'étais en quête de plus d'opportunités et de perspectives professionnelles et j'avais aussi envie de faire de nouvelles expériences. Ces raisons semblent banales, et pourtant ce sont les miennes. Peut-être y a t-il des causes plus profondes derrière cela. Je n'ai pas vraiment creusé la question pour l'instant.

Cette même année, je rencontre également mon compagnon, qui est maintenant mon ex. Notre relation devenant sérieuse, je lui fais part de mes projets d'installation au Canada. Nous décidons de faire un voyage de prospection en 2002 sur Toronto et Montréal. Mon ex est aussi enthousiasmé par le pays, le seul problème est son niveau d'Anglais. Nous partirons donc au Québec. Nous obtenons le CSQ en Août 2003, malheureusement notre relation se dégrade et nous nous séparons début 2004.

S'en suivra pour moi une longue période creuse, car j'ai dû gérer d'autres problèmes personnels et financiers, en plus de ma rupture. Les démarches d'immigration sont suspendues. Je suis aussi pleine de doutes vis-à-vis de mon projet. Il faudra quasiment un an pour que les choses rentrent dans l'ordre. Juillet 2005, je m'interroge à nouveau sur mon projet d'immigration. Finalement, je me dis que ce serait dommage d'abandonner, à ce stade. C'est mon rêve après tout, et je dois tout tenter pour le réaliser. Je reprends les démarches et obtient la résidence permanente début 2006.

La décision d'aller à Vancouver s'est prise un peu au dernier moment. Au départ, j'avais prévu d'aller à Montréal. Un ami ayant séjourné à Vancouver me donna les coordonnées de quelqu'un pouvant m'aider sur place. Apres quelques contacts pouvant s'avérer intéressants niveau professionnel, et une certaine réflexion, je redirige mon projet sur la Colombie-Britannique. Je me dis que ce serait peut-être mieux d'être dans un endroit avec un contact, plutôt que dans une ville ou je ne connais personne. Quelque part, c'était un peu risqué car il n'y avait aucune garantie que la ville me plairait - je n'y avais jamais séjourné- et que cela marcherait.

Quasiment 2 ans plus tard, je ne regrette absolument pas mon choix. Vancouver est une ville magnifique, et même si j'ai eu quelques galères et quelques doutes, jusqu'à présent, tout s'est plutôt bien passée pour moi. Là aussi, que de chemin parcouru ! Mais cela fera l'objet d'une autre chronique.


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